Pollution à Paris : Hidalgo nous enfume

Anne hidalgo credits Parti Socialiste via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0)

Pénaliser les automobilistes parisiens sous prétexte de combattre la pollution semble être la nouvelle marotte d’Anne Hidalgo. Mais est-ce vraiment efficace ?

Par Daniel Fischer.
Un article d’Emploi 2017

Pollution à Paris : Hidalgo nous enfume
Anne hidalgo credits Parti Socialiste via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0)

À l’occasion du dernier épisode de pollution qu’a connu l’agglomération parisienne, on a pu assister à une surenchère frisant l’hystérie dans les médias et à la télévision, Madame Hidalgo n’étant pas la dernière à se joindre à ce concert dans un souci de soigner sa clientèle électorale et de continuer sa pêche aux voix écolo bobo.

Que nous a-t-on dit ?

Les circonstances climatiques limitant les échanges normaux dans l’atmosphère, il fallait que les vilains automobilistes, et principalement les possesseurs d’un véhicule diesel, restent chez eux un jour sur deux, et ceci pour éviter un désastre sanitaire chiffré à 48.000 décès supplémentaires en année pleine.

Quelle est la réalité ?

Sur l’origine des particules fines : il suffit de voir une carte de France de la pollution du 1er au 8 décembre pour constater qu’elle atteint son maximum dans le quart Nord/Nord Est du pays et la vallée du Rhône, c’est-à-dire sous les vents dominants ramenant sur l’Hexagone les poussières émises par les centrales thermiques d’Europe centrale, et plus spécifiquement d’Allemagne : le 6 décembre, à 20h, 52% de la production électrique outre-Rhin provenait de centrales à charbon (28% anthracite et 24% lignite, le plus polluant). Dans ces conditions les émissions imputables aux moteurs diesel ne représentent plus qu’un petit pourcentage de la pollution totale, ceci sans compter les effets controversés du blocage des voies sur berge et des ralentissements qui en résultent sur la circulation.

Sur l’exposition des populations et les risques sanitaires : ce qui est important, plus que les pics de pollution, c’est la durée d’exposition au risque. L’effet à court terme frappant des personnes fragilisées (asthmatiques, personnes âgées) est relativement facile à mesurer. Par contre, le chiffre de 48.000 décès prématurés, répété ad nauseam par les médias est plus difficile à vérifier et, pour tout dire, peut valablement être mis en cause :

  • Une étude de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) datant de 2002 donne pour l’Europe de l’Ouest, sur une population totale de 412 millions d’habitants, environ 5 millions de décès dont 23.000 liés à la pollution de l’air urbain, soit la moitié de ce qu’avancent les médias pour le seul territoire de la France métropolitaine. Les statistiques donnant l’espérance de vie par département prouvent d’ailleurs que l’on vit plus longtemps dans les villes — censées être plus polluées — qu’à la campagne (à Paris 81 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes à comparer à l’Aisne, respectivement 78 et 83 ans.)
  • La pollution de l’air dans les appartements et les bureaux n’est pas prise en compte alors que le réflexe en cas de pic de pollution conduit à se confiner hermétiquement chez soi et que, en automne ou en hiver, on passe généralement plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur, alors que les concentrations en polluants peuvent y être 15 fois supérieures. On peut utilement se référer au Guide de la pollution de l’air intérieur publié par l’Ademe ou aux très sérieuses études publiées par le Nature Research Journal donnant les concentrations très élevées en terpène dans l’atmosphère des cuisines où l’on grille de la viande saupoudrée de poivre ou d’herbes aromatiques.

Sur les mesures antipollution et leur coût :

  • Rendre les transports en commun gratuits et envoyer la population parisienne en cohortes serrées dans le métro, l’expose à un risque de pollution beaucoup plus élevé du fait des particules fines émises par le métro lui-même lors des périodes de freinage !
  • La gratuité des transports en commun se traduit pour le contribuable par une facture qui dépasse les 4 millions d’euros par jour pour la SNCF et la RATP, à laquelle s’ajoutent au moins 100.000 euros par jour pour le Vélib, l’Autolib et le stationnement non payant. Comme l’écrit le Syndicat des transports d’Île-de-France, le coût de la gratuité des bus et des métros, mise en place pendant 6 jours en décembre s’élève à 23 millions d’euros. Avec cette somme, le STIF aurait pu acheter 50 bus électriques qui auraient roulé 14 ans sans émettre de pollution.

Conclusion : une fois de plus, méfions-nous des emballements médiatiques !

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