La fermeture du nucléaire allemand, cause de la pollution à Paris ?

Pollution Charbon (Crédits Señor Codo, licence Creative Commons)

La consommation électrique ne diminuant pas, les Allemands ont dû revenir au charbon : nos microparticules seraient alors tout simplement les suies de leurs centrales.

Par Norbert Duroy d’Emploi-2017.

Autrefois, le peuple était prié de battre sa coulpe lorsqu’une peste quelconque s’abattait sur la ville. Aujourd’hui, nous subissons une pollution par microparticules. Le gouvernement, sous la pression des écologistes, voudrait que les automobilistes en soient reconnus coupables. Est-ce justifié ?

Les arguments reposent sur une analogie avec la pollution par l’ozone. La molécule d’ozone O3 est très réactive. La concentration (jamais atteinte) de son équilibre avec l’oxygène ordinaire (dioxygène O2) dépend fortement de la température : l’ozone se forme spontanément dans les zones chaudes, se détruit dans les zones froides. Par grand beau temps, une zone d’air chaud se forme près du sol. Au-dessus, la température diminue de 6,5°C par 1.000 mètres. L’ozone formé près du sol est détruit en altitude, la concentration au sol reste faible. Un grand nombre de polluants, en particulier les molécules azotées produites par les gaz d’échappement, stagnent près du sol. Ils catalysent (augmentent la vitesse de réaction) la formation de l’ozone dont la concentration augmente. L’eau froide (pluie, nuages) en sens inverse, catalyse la destruction de l’ozone. Il résulte de tout cela une pollution de beau temps localisée sur les villes et liée à la circulation automobile.

Un autre type de pollution nous est familier. Des nuages de sable (irritant les yeux et le nez) balayent souvent le sud et parfois le nord de la France. Ils viennent du Sahara. La pollution n’est pas localisée, mais s’étend sur des zones de plusieurs milliers de kilomètres. Le sable est chimiquement inerte, aucune molécule ne peut catalyser sa destruction. Il reste dans l’atmosphère jusqu’à ce que la pluie ou les caprices du vent le fassent se déposer sur le sol.

De même, les microparticules sont des agrégats de molécules carbonées chimiquement inertes. Malgré la réticence des médias à publier des cartes de la pollution nous savons qu’elle s’est abattue sur de larges régions de la France (et non pas seulement sur la région parisienne) et qu’on l’a également constatée hors de nos frontières, au Benelux et en Allemagne. Cette pollution ressemble donc beaucoup plus à celle du sable saharien qu’à une pollution par l’ozone.

D’où vient-elle, quel serait dans ce cas l’équivalent du Sahara ? La production de polluant est assez énorme pour affecter des zones de plusieurs milliers de kilomètres ; un tel phénomène n’avait pas été observé auparavant. La plupart des hypothèses ne rendent pas compte de ces deux observations. Les épanchements agricoles ? lls ne sont pas nouveaux et on n’en connait pas qui soient des agrégats carbonés. La pollution engendrée par les moteurs diesel modernes n’est pas nouvelle. Même en y mettant le coup de pouce, elle n’atteindrait pas 15% de la pollution mesurée en région parisienne et beaucoup moins ailleurs. La seule nouveauté susceptible de produire de grandes quantités de microparticules est la remise en service de centrales au charbon : après le tsunami japonais, l’émotion populaire orchestrée par les écologistes conduisit à la fermeture des centrales nucléaires allemandes. Les énergies nouvelles ont joué un grand rôle oratoire.

En pratique, soit parce que les mises au point ont pris du retard, soit pour des raisons plus fondamentales (les générateurs photovoltaïques ne fonctionnent pas la nuit), elles ne fournissent au mieux qu’un appoint. La consommation électrique ne diminuant pas, les Allemands ont dû revenir au charbon : nos microparticules seraient alors tout simplement les suies de leurs centrales.

Si c’est bien le cas, les automobilistes parisiens n’y seraient pour rien. La cause de la pollution parisienne serait la fermeture des centrales atomiques allemandes.


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