La fermeture du nucléaire allemand, cause de la pollution à Paris ?

La consommation électrique ne diminuant pas, les Allemands ont dû revenir au charbon : nos microparticules seraient alors tout simplement les suies de leurs centrales.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Pollution Charbon (Crédits Señor Codo, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La fermeture du nucléaire allemand, cause de la pollution à Paris ?

Publié le 24 mars 2014
- A +

Par Norbert Duroy d’Emploi-2017.

Autrefois, le peuple était prié de battre sa coulpe lorsqu’une peste quelconque s’abattait sur la ville. Aujourd’hui, nous subissons une pollution par microparticules. Le gouvernement, sous la pression des écologistes, voudrait que les automobilistes en soient reconnus coupables. Est-ce justifié ?

Les arguments reposent sur une analogie avec la pollution par l’ozone. La molécule d’ozone O3 est très réactive. La concentration (jamais atteinte) de son équilibre avec l’oxygène ordinaire (dioxygène O2) dépend fortement de la température : l’ozone se forme spontanément dans les zones chaudes, se détruit dans les zones froides. Par grand beau temps, une zone d’air chaud se forme près du sol. Au-dessus, la température diminue de 6,5°C par 1.000 mètres. L’ozone formé près du sol est détruit en altitude, la concentration au sol reste faible. Un grand nombre de polluants, en particulier les molécules azotées produites par les gaz d’échappement, stagnent près du sol. Ils catalysent (augmentent la vitesse de réaction) la formation de l’ozone dont la concentration augmente. L’eau froide (pluie, nuages) en sens inverse, catalyse la destruction de l’ozone. Il résulte de tout cela une pollution de beau temps localisée sur les villes et liée à la circulation automobile.

Un autre type de pollution nous est familier. Des nuages de sable (irritant les yeux et le nez) balayent souvent le sud et parfois le nord de la France. Ils viennent du Sahara. La pollution n’est pas localisée, mais s’étend sur des zones de plusieurs milliers de kilomètres. Le sable est chimiquement inerte, aucune molécule ne peut catalyser sa destruction. Il reste dans l’atmosphère jusqu’à ce que la pluie ou les caprices du vent le fassent se déposer sur le sol.

De même, les microparticules sont des agrégats de molécules carbonées chimiquement inertes. Malgré la réticence des médias à publier des cartes de la pollution nous savons qu’elle s’est abattue sur de larges régions de la France (et non pas seulement sur la région parisienne) et qu’on l’a également constatée hors de nos frontières, au Benelux et en Allemagne. Cette pollution ressemble donc beaucoup plus à celle du sable saharien qu’à une pollution par l’ozone.

D’où vient-elle, quel serait dans ce cas l’équivalent du Sahara ? La production de polluant est assez énorme pour affecter des zones de plusieurs milliers de kilomètres ; un tel phénomène n’avait pas été observé auparavant. La plupart des hypothèses ne rendent pas compte de ces deux observations. Les épanchements agricoles ? lls ne sont pas nouveaux et on n’en connait pas qui soient des agrégats carbonés. La pollution engendrée par les moteurs diesel modernes n’est pas nouvelle. Même en y mettant le coup de pouce, elle n’atteindrait pas 15% de la pollution mesurée en région parisienne et beaucoup moins ailleurs. La seule nouveauté susceptible de produire de grandes quantités de microparticules est la remise en service de centrales au charbon : après le tsunami japonais, l’émotion populaire orchestrée par les écologistes conduisit à la fermeture des centrales nucléaires allemandes. Les énergies nouvelles ont joué un grand rôle oratoire.

En pratique, soit parce que les mises au point ont pris du retard, soit pour des raisons plus fondamentales (les générateurs photovoltaïques ne fonctionnent pas la nuit), elles ne fournissent au mieux qu’un appoint. La consommation électrique ne diminuant pas, les Allemands ont dû revenir au charbon : nos microparticules seraient alors tout simplement les suies de leurs centrales.

Si c’est bien le cas, les automobilistes parisiens n’y seraient pour rien. La cause de la pollution parisienne serait la fermeture des centrales atomiques allemandes.


Sur le web.

Voir les commentaires (30)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (30)
  • Cette information commence à circuler, les médias écolobobo prennent bien soin de ne pas publier les cartes qui mettraient en cause la sortie du nucléaire de l’Allemagne: les sponsors gaziers et pétroliers des écologistes veille aux grains.

    • Oui, mais pas le chauffage au bois.

    • AirParif n’explique pourquoi il y a eu pic de pollution aux particules. Qu’un tel type de pollution soit d’abord interne plutôt qu’externe à Paris est acceptable. Mais comme le dit l’article, la météo ne provoque pas cette pollution, tout au plus une météo calme et sèche ne joue pas son rôle d’évacuateur.

      A mon avis, le pic vient
      1/de la baisse des seuils d’alerte en 2012
      2/de l’augmentation globale dans l’air des particules sur toute l’Europe à cause des centrales au charbon ou la destruction des déchets (Suède).

      Même si les filtres contre les fumées des sites d’incinération ou des centrales s’améliorent (solutions industrielles d’envergure), leur nombre sans oublier la production même de lignite des mines à ciel ouvert contribuent àune augmentation certaine dans l’air.

      • Il est plutôt sain que le pollueur subisse les conséquences de ses actes, au lieu de les exporter chez le voisin. Des vents réguliers qui masquent généralement la pollution locale, et ne la laisse apparaitre qu’en leur absence, nuisent aux efforts de dépollution.

    • Ces propos d’AirParif sont ceux de Jean-Félix Bernard politicien EELV-Les Verts mis à la tête d’AirParif (cherchez l’erreur) !

      Quand on est juge et partie …

  • Cette thèse est exactement celle que présentait au Sénat Jean-Marc Jancovici en 2012 dans une intervention décapante: les Allemands veulent offrir le confort moral du non-nucléaire à leurs escrologistes, en faisant payer aux autres (principalement aux pay d’Europe ayant une grande capacité de production nucléaire, France en tête) la pollution que cela cause à côté.

    Fait ironique: la combustion massive de charbon libère des isotopes radioactifs dans l’atmosphère et dans le sol, ce qui rend les centrales à charbon bien plus contaminantes que les centrales à fission classiques: http://www.scientificamerican.com/article/coal-ash-is-more-radioactive-than-nuclear-waste/

  • Mais voyons c’est bien connu que a Paris le vent vient le plupart du temps de l’est. C’est pour ca que la banlieue est est plus cher que celle de l’ouest, n’est ce pas?

  • Belle construction intellectuelle, mais aucun chiffre qui étaye les dires, donner les ratios permettrait de se rendre compte que c’est une construction « sur le sable » (sic!)
    Se remettre en mémoire le fabuleux smog londonnien, ce n’étaient pas les voitures alors qui produisaient ce terrible brouillard, le chauffage et quelques industries y suffisaient, rien de neuf dans ce phénomène.
    Mais il est tellement plus gratifiant de taper sur le voisin, surtout s’il a fait des choix qui contreviennent a ceux de nos « élites » qu’il serait dommage de s’en priver.

  • Moui ….

    La France étant essentiellement soumise a un flux d ouest (océanique) , il serait étrange que les particules « allemandes » atterrissent majoritairement chez nous.

    • Et les particules radio actives de Tchernobyl, elles sont arrivées comment ?

      • Le brasier nucléaire de Tchernobyl en 1986 à propulsé à très haute altitude un volume considérable de radionucléides qui ont alors profité des courants de haute altitude pour voyager loin et amener de nombreuses zones d’Europe à des niveau considérables de radioactivité, supérieurs a ceux de Kiev en Corse par exemple et dans les Alpes du Sud, suite à des pluies conséquentes. Le phénomène pour les particules en cause dans le smog de l’IdF n’est pas du tout le même et là le lavage nous en débarasse au niveau atmosphérique (après il faut voir ce que cela a comme conséquence sur l’acidification des sols…entre autre)
        Pour en savoir plus sur ce qui s’est passé en 1986, il faut se procurer l’étude d’André Paris. Son étude est bien plus précise que celle des instances françaises officielles qui pour la Corse par exemple ont « produit » deux mesures là où André Paris à fourni des cartes détaillées(voir sur le site CRIIRAD)

  • « La seule nouveauté susceptible de produire de grandes quantités de microparticules est la remise en service de centrales au charbon » ou bien, comme c’est le cas maintenant, l’abaissement du seuil d’alerte. la concentration de micro particules n’a pas cessé de baisser, les seuils règlementaires d’alerte ont baissé encore plus vite.

    • La baisse des seuils a été largement évoquée par les médias, et au vu des difficultés constatées par ceux qui étaient touchés par le smog, cette baisse n’était pas un « luxe » écolobobo !
      Pour ce qui est de l’augmentation de la pollution allemande par l’usage du charbon, elle est connue et chiffrée, elle est remontée de 1% suite à la réduction de la production nucléaire en Allemagne. Il semble donc très vraisemblable qu’il faille chercher les causes de cette pollution sous les lampadaires bien français, pas sous les lampadaires outre Rhin !

      • Hubert : « et au vu des difficultés constatées par ceux qui étaient touchés par le smog »
        ————————————–
        même « difficultés » que pendant la pleine lune ou chez les « électro-sensibles » : effet nocebo, grandement aggravé par le battage médiatico-politique et la rumeur répétée par des couillons prêts à gober n’importe quoi.
        Et comme avec la folie de la pleine lune, il suffit de regarder les chiffres d’admission dans les hôpitaux. Pas de changement, nada, que dalle.

      • Je n’ai RIEN senti, mais alors absolument rien du tout.

        Je ne suis pas le seul.

  • Et tout ça pour dire quoi? Je vois pas trop le but de cette pirouette à part de taper encore sur les « écolos ». Quoiqu’il arrive, c’est leur faute: s’il y a de la pollution, c’est à cause d’eux; si on prend des mesures pour contrer la pollution, c’est un scandale ( celle ci fut qualifier d’imaginaire dans un des articles précédent); bref de la pure mauvaise foi comme d’habitude.

    • Personne ne nie la pollution (son attribution est par contre parfois suspecte). Personne ne nie que la révolution industrielle avec l’usage massif du charbon à créé des épisodes de Smog comme à Londres au début du siècle. On a quand même fait de gros progrès depuis.

      En revanche, j’imagine mal le monde sans la révolution industrielle du début du siècle. Et j’imagine encore plus mal le monde d’aujourd’hui sans industrie maintenant qu’il doit nourrir 7 milliards d’individus. Il faut lutter contre la pollution, mais pas au détriment de l’industrie et de l’économie.

      Les écolos sont pour la plupart de mauvaise foi ET de dangereux irresponsables, car ils nient l’impact des mesures qu’ils préconisent sur l’économie.

    • c’est le contrepoint de la méthode ecolo, contre les énergies fossiles contre le nucléaire etc…facile de dénoncer…

    • Enlevez toutes les autos puisque cela pollue…
      Qui paiera alors l’enrobé des routes?
      Ah oui, plus besoin, puisque plus de voitures même électriques qui polluent quand même!
      Les bus circuleront entre les nids d’oies sur les pistes de latérite, et les camions de pompiers seront tractés par des chameaux, vitesse limite 5 km/h.
      On s’apercevra que les poussières subsistent quand même.
      A moins que les routes ne soient financées uniquement par la TVA!
      Et bonjour le taux!

      • Question pollution, le métro est condamné à Paris s’il faut respecter toutes les normes environnementales!
        A moins de limiter la vitesse à quelque 10km/h.

  • et oui, pour un écolo, le vent ne souffle jamais d’est,et quand des particules nous arrivent de l’est, c’est parce que le vent qui souffle d’est, et ben, il est au dessus du vent d’ouest.
    D’ailleurs quand il souffle du Nord, c’est parce qu’il est chaud,enfin froid, puisqu’il vient de l’arctique qui est chaud?
    Avec les écolos, les choses les plus compliquées sont simples.
    paraît que l’intérieur des maisons est plus pollué que le périph?
    Moi, j’habite dans ma bagnole depuis lors.

  • Au fait je ne sais pas si vous avez vu, mais la première cause de production de particules fines due aux transports ne sortent pas d’un pot d’échappement mais correspond à l’abrasion mécanique, des revêtements des routes, des pneus et des freins.
    C’est Airparif qui le dit : http://www.airparif.asso.fr/pollution/air-et-climat

    Est-ceq ue vraiment ça va diminuer avec les voitures électriques ?

    • Bien d’accord avec vous!
      Il faudrait même interdire les bus…
      le métro n’est pas meilleur!
      Parions que les solutions alternatives seront pires o)
      Sauf à vivre sous des tentes ……………….

    • En principe oui, ça devrait diminuer en ville.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La semaine dernière, l’Allemagne a annoncé la relance de ses centrales à charbon suite aux risques de rupture d’approvisionnement en gaz par la Russie. Présentée comme temporaire, cette solution paraît pourtant irrémédiable depuis la décision de fermeture progressive du parc nucléaire allemand par les sociaux-démocrates il y a près de 20 ans - et accélérée par Angela Merkel suite à l’accident de Fukushima en 2011.

Aujourd’hui, l’Allemagne pâtit donc d’une décision idéologique animée par un principe de précaution sans la moindre base ra... Poursuivre la lecture

Article tiré de la note de février 2022 de Jacques Rigaudiat, conseiller maître honoraire à la cour de comptes« Réussir la transition électrique » (86 pages).

Suite à leur consommation, le tarissement inéluctable des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), dans 20 ans, 50 ans ou dans plus d’un siècle, aura des conséquences plus graves que le réchauffement climatique dû au CO2 qu’elles émettent.

Il en résulte que la transition énergétique vers des sources d’énergies décarbonées (nucléaire, eau, vent, soleil…) est, ou sera, n... Poursuivre la lecture

Nous avons montré dans un précédent article que la stratégie énergétique 2050 annoncée par le président de la République relance insuffisamment le nucléaire, et que décarboner de façon compétitive et résiliente l’économie française à l’horizon 2050 nécessite de disposer à cette échéance d’une puissance installée nucléaire de l’ordre de 85 GW (60 à 65 % du mix électrique).

EDF est en grande difficulté financière, à cause de la sous-évaluation du prix de vente de l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique), fixé à 42 euro... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles