Comprendre l’arnaque des retraites avec l’exemple suisse

Entrevues by Festival EntreVues 2015(CC BY-SA 2.0)

En Suisse, une proposition d’augmenter le montant de cotisation de l’Assurance vieillesse révèle que les cotisations actuelles sont insuffisantes au regard du nombre de bénéficiaires. Comme les retraites en France.

Par Francis Richard.

Comprendre l'arnaque des retraites avec l'exemple suisse
Comprendre l’arnaque des retraites avec l’exemple suisse-Entrevues by Festival EntreVues 2015(CC BY-SA 2.0)

L’AVS est une escroquerie légale

Le principe de l’AVS, Assurance vieillesse et survivants, en Suisse, lui-même est une escroquerie. Si un particulier se livrait à ce genre de fraude financière, il serait passible de sanctions pénales. Mais l’État peut se permettre ce qui est interdit à un particulier, il lui suffit de légiférer pour que soit blanchie toute opération frauduleuse menée par lui.

Tout système de retraite par répartition, tel que l’AVS en Suisse ou l’Assurance Vieillesse en France (qui est née sous le régime de Vichy), est en effet un système de Ponzi, c’est-à-dire une escroquerie pour laquelle son inventeur Charles Ponzi a été condamné aux États-Unis à plusieurs peines de prison au XXe siècle.

Un système de Ponzi est un système par lequel on rémunère les apports des clients précédents avec les apports des nouveaux. Ce magnifique système s’effondre quand les apports des nouveaux clients s’avèrent insuffisants pour rémunérer les apports des précédents.

Dans le cas d’un système de retraite par répartition, les rentes, qui correspondent aux cotisations versées par les rentiers tout au long de leur vie, sont payées avec les cotisations des actifs. Ce système de retraite s’effondre quand ces dernières cotisations s’avèrent insuffisantes pour payer les rentes.

Le versement des retraites, un acquis social ?

Sous couvert d’acquis social, un vol légal est donc opéré.

Quelle que soit sa rémunération dite brute, un actif verse à l’AVS une cotisation de 8,4% basée sur celle-ci, 4,2% lui sont déduits, 4,2% sont prétendument versés, en sus, par son employeur, alors qu’en réalité c’est une part de rémunération qui lui est soustraite.

Après une vie complète de bons et loyaux services, la rente à laquelle l’actif en question peut prétendre est au maximum de 2 350 Fr par mois, même si, en capitalisant ses cotisations, il aurait obtenu une rente plus élevée : la différence, la part volée, c’est l’acquis social.

En fait d’acquis social, il s’agit d’un vol, qui consiste légalement à prendre un montant dans la poche des uns pour le verser dans la poche des autres, au nom d’une solidarité, qui n’en a que le nom. Ce vol a pour vertu de donner bonne conscience à celui qui reçoit et de spolier un autre en toute tranquillité.

Ce vol a pour résultat mirifique de détruire les solidarités naturelles entre les êtres humains et de favoriser l’individualisme : 10% de plus, c’est pour les uns autant de pris aux autres. Le problème est que déjà les cotisations des actifs ne suffisent pas pour équilibrer l’AVS.

Les comptes de l’AVS parlent d’eux-mêmes

Aujourd’hui tout un chacun peut consulter les comptes de l’AVS, sur le site de l’OFS, l’Office fédérale de la statistique. Il ressort de cette consultation que :

  • les dépenses en 2015 représentent un montant de 41,735 milliards
  • les recettes en 2015 sont légèrement inférieures et représentent un montant de 41,177 milliards
  • les comptes de 2015 présentent donc une perte de 579 millions
  • le capital s’élève à 44,229 milliards et correspond à seulement 12,7 mois de dépenses…

Ce qui est remarquable également, c’est que les recettes proviennent pour 26,1% (10,737 milliards) de contributions des pouvoirs publics, pour la bonne et simple raison que les cotisations ne suffisent pas, et de loin, à assurer l’équilibre.

Cette insuffisance des cotisations devrait empirer puisqu’il y a de plus en plus de bénéficiaires de rentes (1,825 million au total en 2003 et 2,475 millions en 2015) et de moins en moins d’actifs en proportion. Augmenter les rentes de 10% signifierait qu’il faudrait augmenter les recettes de plus de 4 milliards environ, compte tenus des divers transferts…

Bref l’ « AVS forte » des initiants revient à prolonger la durée de vie de l’escroquerie AVS en augmentant les cotisations et les contributions des pouvoirs publics. Et, comme d’habitude avec l’État-providence, dont l’AVS est l’un des ornements, il y aura des gagnants et des perdants, mais ce n’est jamais ceux qu’on croit…

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