La retraite par répartition est un système de Ponzi, la preuve mathématique
Publié le 21/12/2012
Cet article propose une preuve mathématique que le système de retraite par répartition est une chaîne de Ponzi, c’est-à-dire qu’il relève du même procédé financier que l'arnaque de B. Madoff.
Par Acrithène.
À quelques occasions, je vous ai indiqué que la retraite par répartition était une chaîne de Ponzi, et que ce fait relevait des mathématiques et donc dépassait toute analyse sur la conjoncture ou la démographie. C’est-à-dire qu’un mathématicien dans sa tour d’ivoire, ne connaissant strictement rien au monde extérieur, pouvait dès le début montrer que ce système était impossible, et ce hors de toute considération concrète. Et d’ailleurs, les économistes le savaient.
J’imagine que certains de mes lecteurs sont déjà sceptiques quant à l’usage des mathématiques en économie sans considérations pour le concret. Je leur répondrais que quelque chose qui respecte les mathématiques n’est pas nécessairement réel (et donc ni digne d’intérêt). En revanche, quelque chose qui ne respecte pas les mathématiques ne peut tout simplement pas être réel.
Valeur future et valeur présente
Pour comprendre ma démonstration, il est nécessaire de comprendre ce qu’est une valeur future, et réciproquement une valeur présente. La valeur dans un an d’un euro aujourd’hui, correspond au nombre d’euros que vous obtiendriez en échangeant votre euro d’aujourd’hui. Concrètement, vous donneriez un euro aujourd’hui, et recevriez une somme dans un an. La différence entre les deux est définie par le taux d’intérêt, i, sur la période. Ainsi :
Cela signifie que si vous renoncez à consommer 1€ tout de suite, vous libérez un pouvoir d’achat un peu plus grand que 1€ dans un an.
Et inversement
Ce qui implique que si vous renoncez à dépenser 1€ dans un an, cela vous permet de dépenser un peu moins de 1€ en plus aujourd’hui.
De même, si vous aviez échangé des euros actuels, contre des euros de dans t périodes, vous auriez dû composer les intérêts, pour réaliser le même type de raisonnement. Vous auriez :
Par transfert de pouvoir d’achat du présent vers le futur :
et, du futur vers le présent :
Ainsi la valeur actuelle d’une dépense à une période t, est égale à :
Ce qui signifie que si vous placez cette somme aujourd’hui sur un compte en banque, vous aurez à la période t exactement le montant nécessaire pour réaliser votre dépense
Ce raisonnement permet d’établir la « contrainte budgétaire intertemporelle » d’un agent économique.
Cette contrainte traduit le fait qu’à une période t, vous n’êtes pas obligé d’équilibrer vos dépenses () et vos revenus (
), car vous pouvez par l’épargne déplacer vos revenus présents vers le futur (avec le gain d’un taux d’intérêt) ou déplacer des revenus futurs vers le présent par l’emprunt (avec la perte du taux d’intérêt).
Vous respectez votre contrainte budgétaire intertemporelle si la valeur actuelle de vos dépenses présentes et futures est inférieure ou égale à la valeur actuelle de vos revenus présents et futurs. C’est la condition de votre solvabilité à long terme.
La retraite par répartition
La condition de solvabilité
Dans les modèles macroéconomiques, la contrainte budgétaire intertemporelle a un nom croustillant. On l’appelle « no ponzi game condition ». Dans le cas de la retraite par répartition, cette condition s’écrit :
C’est-à-dire que la valeur présente de l’ensemble des cotisations présentes et futures couvre la valeur présente de l’ensemble des pensions présentes et futures
. Cela autorise le système à être parfois en déficit (et donc de perdre le paiement d’intérêts sur une dette) et parfois à constituer des réserves (et donc de dégager du rendement sur leur placement). Mais si cette condition n’est pas remplie, le système n’est pas financièrement stable, c’est alors un ponzi qui a besoin d’apports extérieurs pour survivre.
Les financiers connaissent quant à eux ces sommes sous les termes « somme des flux actualisés » ou, en anglais, « discounted cash flows ».
Preuve du Ponzi
Démontrons désormais qu’il s’agit effectivement d’un Ponzi.
Le système par répartition prétend donner un meilleur rendement que l’épargne (sans quoi il n’a aucun intérêt, vu qu’il suffirait d’épargner les cotisations). Si on note r le rendement de la répartition, et que nous rappelons que iest le taux d’intérêt sur l’épargne, on a donc :
D'où :
Ce qui signifie qu’il a été plus profitable à la période t-1 de placer ses cotisations dans le système par répartition que de les épargner. Par ailleurs, par définition du rendement r du système par répartition, on a :
C’est-à-dire que la différence entre ce que touchent les retraités en pension en t et ce qu’ils avaient versé en cotisations en t-1 est expliqué par le rendement r du système. Si le système est favorable à chaque génération, on a donc
Ce qui implique :
C’est-à-dire une relation qui ne respecte pas la « no ponzi game condition ». La valeur actuelle des recettes est inférieure à celle des dépenses.
Concrètement, que cela veut-il dire ? Cela signifie qu’il est impossible que le système délivre un rendement strictement supérieur au taux d’intérêt pour chaque génération. Cela implique aussi, que si une génération a obtenu du système un rendement supérieur à celui de l’épargne, au moins une autre génération obtiendra un rendement inférieur à l’épargne. Il s’agit, vis-à-vis de l’épargne, d’un jeu à somme nulle. Cela signifie que si une génération a bénéficié du système, une autre sera nécessairement perdante. Or, ceci est toujours le cas, car à l’initialisation d’un système par répartition, une génération reçoit la première des pensions, sans avoir versé de cotisations auparavant (vu que le système n’existait pas) : elle obtient donc un rendement infini.
Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=108821




Plus on attend pour faire la réforme des retraites par répartition, plus les jeunes d'aujourd'hui seront dépouillés par leurs aînés....
Les hypothèses du conseil d'orientation des retraites sont hautement fantaisistes et pêchent par excès d'optimisme....
Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault fait feu de tout bois pour concocter aux Français blasés une resucée de réforme des retraites....
Conscient de la catastrophe qui s'annonce, François Hollande a annoncé une série de négociations sur les retraites au printemps....
Si, plutôt que de verser des cotisations au système de retraite par répartition, un salarié moyen de 62 ans avait investi chaque année 20% de son salaire brut dans le CAC40, il disposerait aujourd’hui d’un capital de 800 000€....
Afin de maintenir l'équilibre comptable, les taux de cotisation sociales devront représenter la moitié du salaire brut en 2040....
Pour payer les retraites, AGIRC et ARRCO puisent dans des réserves qui seront épuisées dès 2017. A quand la retrait par capitalisation, enfin?...
L'appelation correcte de ce système, tenant compte de son origine historique et de son fonctionnement, est donc : système Pétain-Madoff.
à l'origine c'est Bismarck-Madoff, mais à la sortie c'est toujurs de la daube.
En investissant l'argent ce serais possible mais il faudrait également tenir compte de l'inflation. Le jeu mathématique deviendrait plus intéressant. A partir de quel benef peut on espérer que la machine fonctionne ?
En fait je parle de Fond Souverain... impossible en pays communiste
Bon article, mais il s'agit d'un raisonnement en système fermé (l'Etat comble régulièrement les trous). Il est de plus difficile de parler de rendement du système par répartition, où tout du moins celui-ci n'a pas le même sens que dans l'épargne individuelle.
Sinon
« Dans les modèles macroéconomiques, la contrainte budgétaire intertemporelle a un nom croustillant. On l’appelle « no ponzi game condition ». »
C’est une condition nécessaire mais pas suffisante. L’inégalité doit être vérifiée pour une somme de 1 à n, quelque soit n.
« Le système par répartition prétend donner un meilleur rendement que l’épargne (sans quoi il n’a aucun intérêt, vu qu’il suffirait d’épargner les cotisations). »
Il a l’avantage de pouvoir être mis en place immédiatement et permet aussi une redistribution selon les desideratas politiques.
Il me semble que sans l'inflation cette modélisation n'a aucun sens.
Elle cherche juste à justifier une opinion qui est que la capitalisation vaut mieux que la répartition.
Le système par répartition n'a pas été mis en place par hasard, c'est parce que le système par capitalisation précédent était catastrophique sur le plan social.
Être libéral signifie-t-il toujours être égoïste et individualiste? J'espère que non.
Vous pêchez encore une fois par ignorance. La retraite par répartition a été mise en place quand Pétain a spoilé l'épargne durant la seconde guerre mondiale, en échange d'une garantie de revenue de vieillesse.
Qu'avez vous contre l'individualisme ? Vous n'êtes pas la personne la plus importante à vos yeux ?
fergunil ,
Exact , la retraite par répartition de Pétain ou retraite des vieux travailleurs , mise en place par un membre de la CGT , n'a pu fonctionner qu'en ponctionnant et vidant les réserves des caisses de retraite par capitalisation , qui avait été mise en place en 1930 , car , ne l'oublions pas , à la mise en place de la répartition , il n'y avait pas un sou en caisse !!!
Un peu alambiquė comme dėmonstration : en fait Si les recettes sontbinfėrieures de maniēre durables aux dėpenses le systēme capote
"Le système par répartition prétend donner un meilleur rendement que l’épargne"
NON
Jamais je n'ai entendu cet argument de la part d'un zélateur du système. D'ailleurs en général ces gens vomissent "rendement" et "épargne" ; ils ne jurent que par la "solidarité" et la "gestion collective et démocratique".
Un système par répartition n'est pas un Ponzi en soi. Il le devient en pratique de la même façon qu'un système par capitalisation (qui n'est pas non plus un Ponzi par nature) peut cacher un Ponzi : sous l'effet de la magie du verbe d'un ou plusieurs escrocs.
Il faudrait faire attention à ne pas confondre les zélateurs de la télévision et des forums avec ceux qui ont réellement de l'importance.
Si la répartition a un rendement inférieure à l'épargne, elle ne présente aucun intérêt économique, ni social (vu que la redistribution est tout à fait possible dans un système par capitalisation)
Un actuaire réputé, Jean-Jacques Gollier, démontre brillament que la cotisation d'un régime par répartition n'est qu'un impôt et pas autre chose.
"brillamment"
Vous raisonnez en système fermé et sans prendre en compte les réactions des autres acteurs, la croissance, la démographie, et les variations réglementaires. C'est du travail de sagouin.
Ce n'est pas parce que vous êtes nul en maths qu'il faut parler de travail de sagouin.
Les pensions et cotisations sont indicées, elles sont donc totalement variables et incluent la croissance, la démographie et les variations réglementaires, et même n'importe quelle source de variation que vous pouvez imaginer.
Il y a un petit différent tout de même. Je me rappelle quand mes parents ne payaient pas de cotisations sociales, ni pour la retraite, ni pour les accidents, ni pour la maladie. L'Etat les a obligé à cotiser sans avoir droit, ils devaient d'abord constituer un pécule avant d'avoir droit aux remboursements et à la retraite. C'était au départ un sorte de capitalisation qui est devenue une répartition. Dès le départ il y avait donc tromperie ! Les assurances sociales obligatoires ont été fondée sur une capitalisation étatique qui a disparue, où est passé le capital ?
Jean-Marie BRUTY
Depuis quand les responsables de la répartition de la misère savent compter ? Je me souviens dans les années 80, l'AGIRC proposait aux cédants d'entreprise de passer le taux de 8 à 16% et en compensation le cédant se voyait attribuer 75% des points qu'il aurait acquis s'il avait cotisé dès l'origine à 16% ! Un client me demandait ce que j'en pensais ? "Il faudrait être con pour passer à côté !" l'inconvénient est que le repreneur était tenu d'accepter les 16 sans pouvoir revenir en arrière et rapidement les travsactions tenaient compte du taux Agirc, taux 16, négociation du prix à la baisse. C'est ainsi que dans les années 90 le taux est passé à 16 OBLIGATOIRE pour tout le monde. Il faudrait s'amuser à faire l'historique de l'Agirc, récup des cadres sup, des cadres banques etc... et on s'apercevrait, on se douterait de la faillite de ce ce régime depuis belle lurette et que depuis les années 70 il n'a été utilisé que des rustines. A cette époque, ce régime se gaussait d'avoir 30 ans de prestations d'avance, c'est à dire payer les retraites sans cotisations. Quand je pense que je me suis fait allumer par l'Agirc car j'avais écrit dans les années 80 que ce régime ne pouvait connaître que la faillite, j'étais un vil menteur mercantile pour vendre mes contrats...
Loin de moi l'idée de m'en prendre au contenu de cette démonstration brillante mais votre dernier paragraphe y suffisait entièrement même pour un ex-taupin en math sup. Par ailleurs, je suis quelque peu surpris que vous vous efforciez de montrer la supériorité financière de l'épargne sur notre système de retraite ketoulemondnouzenvi car je n'ai jamais été confronté à qui que ce soit convaincu du contraire... le seul argument dont disposent et abusent ses partisans concerne la redistribution des richesses en elle-même.
Je suis bien de votre avis. Sur mon blog beaucoup de gens contestaient le fait qu'il s'agisse d'une chaîne de ponzi. J'ai écrit ce billet pour ramener le système à ce que les macroéonomistes appellent un ponzi game. C'était sans grande prétention.
Et si i > r est-ce que la démonstration est encore valable ?
Non. Mais dans ce cas le système par répartition n'a aucun intérêt.
C'est ce point là qui devrait être développé parce qu'il n'est pas du tout évident pour un non-financier. Je ne comprends même pas comment une répartition pourrait générer un rendement. Et qu'aurait-on dû faire pour la génération zéro ? emprunter pour payer leur pension ?
Gardons bien à l'esprit que la retraite par répartition est une création politique, si bien qu'elle s'impose par la force aux citoyens.
Un système qui n'a aucun intérêt pour les simples citoyens peut en revanche en avoir provisoirement un pour les hommes politiques, dont le mot d'ordre a toujours été "après moi le déluge".
@pasm
Si l'épargne rapporte plus, à chaque période, que la répartition, un "arbitrage" simple (que l'Etat mettrait surement en place) serait de récupérer les cotisations sur une période, les placer, payer les rentes avec et garder la différence qui continuerait à s'accumuler sur un compte.
On aurait ainsi une fausse répartition, générant du surplus à chaque période.
Mais fondamentalement, l'inégalité est impossible "en continu" dans ce sens (dominance stochastique). La raison en est que le rendement supposé de la retraite par répartition est aligné sur la croissance de l'économie en général, et même de façon plus restrictive encore, sur le revenu disponible des agents. Il s'agit d'une valeur très peu risquée (il y a diversification entre tous les agents), donc le taux est très faible. Par contre, le taux de rendement de l'épargne (particulièrement si elle est placé dans des titres "risqués" -actions, obligations "corporate", même) contient une prime de risque. Sans que le risque soit significativement plus fort puisqu'on parle d'une retraite donc d'horizons très longs et d'une diversification à la fois temporelle et transversale.
L’escroquerie de l’AGIRC est bien plus avérée que vous semblez le penser. 1) les cotisations obligatoires et énormes me privent de ma liberté civile de choix et de capacité d’investissement. 2) Elle vous vend très chère une promesse d’assurer vos revenus, cette promesse est basée sur l’acceptation des générations suivantes de vous entretenir au motif fallacieux de la solidarité. 3) Cette promesse n’est pas tenue depuis très longtemps puisqu’elle appelle pudiquement une « cotisation d’équilibre » pour rééquilibrer le déséquilibre ! 4) Elle annonce des « réserves » alors qu’elle ne devrait pas en avoir sauf en escroquant un peu plus le cotisant. Si elle a des excédents, ils devraient bénéficier aux cotisants puisque la promesse aux prestataires est tenue. 4) Elle déclare la guerre aux chaumières car elle achète des châteaux ! Faut oser quand même avec les cotisations destinées aux pensionnés ! 5) Où passent les bénéfices techniques des cadres sup expat en tranche C qui ne liquident jamais leur régime ? Elle se retranche derrière un taux de mortalité exceptionnel des cadres à 65 ans, certainement. La situation financière de l’AGIRC est beaucoup plus dramatique que ce qu’elle annonce et ce que nous pouvons en penser. Quand aurons-nous un dossier sur la table ?
Effectivement "il est impossible que le système délivre un rendement strictement supérieur au taux d’intérêt pour chaque génération"
Le problème étant que le système par répartition n'a pas pour vocation première de "donner un meilleur rendement que l’épargne" mais de donner à tous une pension décente.
Il s'agit de partage, de répartition des richesses, de soutien inter-générationnelle et non de rentabilité (bref, le sujet est politique avant d'être mathématique)
Encore une remarque idiote (avec David, on tient un spécialiste) ! Si vous parveniez à mobiliser votre cerveau, vous comprendriez que la pension moyenne versée par le système par répartition n'a rien de décente, contrairement à la capitalisation. C'est précisément parce que vous et vos complices socialistes en faites un sujet politique, par idéologie anti rentabilité, par dogmatisme égalitariste, que vous appauvrissez sciemment non seulement les retraités mais également les plus jeunes réduits en esclavage du système par répartition. Deux crimes en un issus de la même idéologie socialiste !
mouais...
Beaucoup d'approximation dans ce modèle très simpliste.
Entre autres :
- Non prise en compte de l'inflation
- Non prise en compte du risque
=> Depuis quand est-il possible d'épargner 500 000€ (20 ans de retraite à 2000€/mois) sur une période de 42 ans à un taux d'intérêt élevé et fixe sans aucun risque?
Le système décrit n'est pas le système réel donc ok cela peut être comparé à un système de Ponzi. Et alors ?
De plus des arguments sont faux.
Vous dites que si le système par répartition a un rendement inférieur au système par capitalisation, alors il n'a aucun intérêt.
Or il n'y a pas que le rendement à considérer, il y a le risque aussi !!!
Si c'est un système avec un moins grand rendement mais avec un moins grand risque, il a de l'intérêt !
Bref pour moi cette démonstration n'a aucune valeur !
Justement, les risques du système par répartition, on est en plein dedans : réduction du nombre de cotisants, arbitraire de l'état, négation de l'individu ...
http://www.lefigaro.fr/societes/2013/02/12/20005-20130212ARTFIG00367-les-fonds-de-pension-anglo-saxons-fragilises-par-la-crise.php
Peut-on réellement dire que le système par répartition est plus risqué que le système par capitalisation?
Si on veut vraiment comparer proprement les deux systèmes, il faudrait donc comparer le rendement, le risque, mais aussi la répartition du rendement, et la répartition du risque des deux systèmes.
Qui bénéficie du meilleur rendement, qui supporte le plus gros risque?
Là sont les vraies questions à se poser.