Investissement : pourquoi les ETF ne sont pas à la mode ?

Bourse (Crédits jam_90s, licence Creative Commons)

Malgré leur progression incontestable dans l’univers de l’investissement, les ETF ne sont pas à la mode. Voilà pourquoi.

Par Régis Yancovici.

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Bourse (Crédits jam_90s, licence Creative Commons)

 

Non les ETF ne sont pas à la mode ! Tous les types d’investisseurs n’ont pas succombé à leurs attraits. De leur côté, les professionnels de l’investissement les ont adoptés depuis de nombreuses années. Au niveau mondial 287 milliards de dollars ont été investis dans les ETF en 2015 (+23% par rapport à 2014). En Europe, les flux acheteurs ont été de 68 milliards de dollars. Au total, les actifs en ETF sont légèrement supérieurs à 3.000 milliards de dollars(1). Mais il existe un type d’investisseurs encore absent des ETF : les particuliers français. Plusieurs raisons à cela :

  • Bien que la France fournisse des bataillons de mathématiciens, d’analystes quantitatifs… au monde de la finance, force est de reconnaitre que les Français préfèrent se passionner pour d’autres sujets que l’économie ou la finance. En 2010, le CODICE (Conseil pour la diffusion de la culture économique) a posé une série de 20 questions aux Français. La note moyenne a été de 8.3/20 (accessible ici). Il y a quelques jours, Standard&Poors a rendu les résultats d’une enquête menée dans 144 pays (accessible ici). Il s’agissait de mesurer des compétences basiques en finance. La France arrive en 25ème position, derrière Myanmar et le Botswana. Pas brillant. Puisque les français ne vont pas aux ETF (malgré le bénéfice qu’ils en tireraient), les ETF devront venir aux français. Ainsi pour être adoptés, les ETF devraient être « poussés » par les distributeurs de produits financiers (Agences bancaires, Conseillers Financiers…).
  • Un des charmes des ETF est leur faible coût. Les frais de gestion en moyenne se montent à 0.1% pour les grands indices, de 0.4% à 0.7% pour des indices plus spécifiques. Ces niveaux sont à comparer avec les OPCVM classiques dont les « frais courants » se montent à 2.4%. Ce niveau de frais permet de rémunérer tous les intermédiaires entre le gérant de l’OPCVM et le client final. Dans le cas des ETF, c’est impossible. Aucun intermédiaire n’a donc d’intérêt à les proposer à sa clientèle. Pourtant, plusieurs solutions, dont la nôtre, permettent aux investisseurs particuliers d’accéder à une gestion en ETF de leur compte titre, leur PEA ou leur contrat d’assurance(2).
  • Les ETF seraient ennuyeux. La gestion active permettrait, elle, de raconter des « histoires » aux clients. L’histoire de performances passées exceptionnelles, l’histoire du gérant qui voyage dans le monde entier à la recherche des meilleures opportunités… J’en connais également. Mais je connais surtout l’histoire du gérant sous-performant. Toutes les études sur le sujet nous la racontent. Je connais l’histoire du gérant qui fait vivre tous les intermédiaires en prélevant des commissions élevées. Enfin, je ne crois pas que les investisseurs français aient plus besoin « d’histoires » que les investisseurs des autres pays ayant déjà adoptés les ETF.

Mais la principale raison pour laquelle les ETF ne sont pas à la mode est ailleurs. « La mode, c’est ce qui se démode » disait Cocteau. Or, les ETF prennent une place à part entière et de manière durable dans les portefeuilles des investisseurs. Ce n’est pas prêt de changer.