Climat : 10 arguments sceptiques qui ne tiennent pas la route

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La prolifération des mauvais arguments climato-sceptiques devient presque vertigineuse.

par Roy W. Spencer, Ph. D., traduit par Skyfall.fr

imgscan contrepoints 962 climato-sceptiquesIl y a quelques très bons arguments pour être sceptique des prévisions de réchauffement climatique. Mais la prolifération des mauvais arguments devient presque vertigineuse.

Je comprends que beaucoup des choses que nous pensons savoir de la science finissent par être fausses. Je saisis ça. Mais quelques-unes des explications que je vois sont à la limite du ridicule. Donc, voici mon Top 10 des arguments sceptiques stupides. Je suis sûr qu’il y en a plus, et peut-être en ai-je raté certains d’importance. Bien.

Mon but évident ici n’est pas de faire changer d’idée des gens qui se sont déjà fait leur opinion, mais d’atteindre plus de 100 commentaires (le plus souvent désagréables) en réponse à ce billet. Alors aidez-moi !

1. Il n’y a pas d’effet de serre

Malgré le fait que le rayonnement infra-rouge descendant du ciel puisse-être mesuré, et s’élève à un niveau (~ 300 W/m2) qui peut à peine être ignoré ; sa négligence pourrait bousiller les prévisions des modèles météo ; conduirait à des nuits très froides s’il n’existait pas ; il peut être facilement mesuré directement avec un thermomètre infrarouge de poche pointé vers le ciel (car un thermomètre IR mesure le changement de température IR induit à la surface d’une thermopile, CQFD)… S’il vous plaît arrêtez le truc du « pas d’effet de serre ». Cela nuit à l’image des sceptiques.

2. L’effet de serre viole la seconde loi de la thermodynamique

La deuxième loi peut être écrite de différentes façons, mais l’une d’elle est que le flux net d’énergie doit se diriger du corps le plus chaud vers celui le plus froid. L’effet de serre ne contredit pas cela. La violation apparente de la 2ème loi semble naître du fait que tous les corps émettent un rayonnement IR… y compris un corps plus froid vers un corps plus chaud. Le flux net de rayonnement thermique se dirige toujours néanmoins du corps chaud vers le corps froid. Même si vous ne croyez pas à l’existence d’un flux bidirectionnel, et que le flux a un seul sens… le débit dépend de la température de ces deux corps, et changer la température du corps plus froid va changer la vitesse de refroidissement (et donc la température) du corps plus chaud. Donc, oui, un corps froid peut faire d’un corps chaud un corps encore plus chaud… comme lorsque vous mettez des vêtements.

3. Le CO2 ne peut être responsable du réchauffement parce que le CO2 émet des IR aussi vite qu’il en absorbe

Non. Quand une molécule de CO2 absorbe un photon infrarouge, le parcours moyen dans l’atmosphère est si court que la molécule transmet de l’énergie aux molécules environnantes avant qu’elle ne puisse (en moyenne) émettre un photon infrarouge dans son état temporairement excité. Il est également important de préciser que la vitesse à laquelle une molécule de CO2 absorbe des IR est pratiquement indépendante de la température, mais la vitesse à laquelle il émet des IR augmente fortement avec la température. Il n’est pas nécessaire qu’une couche d’air émette autant d’IR qu’elle en absorbe… en fait, en général, les taux d’émission et d’absorption IR sont très loin d’être égaux.

4. Le CO2 refroidit/ne réchauffe pas l’atmosphère

Cet argument est un peu plus subtil car l’effet de serre refroidit l’atmosphère supérieure, et réchauffe la basse atmosphère, par rapport à une situation sans gaz à effet de serre. Puisque tout absorbeur d’IR est également un émetteur IR, une molécule de CO2 peut à la fois chauffer et refroidir.

5. L’ajout de CO2 dans l’atmosphère n’a aucun effet car l’atmosphère est déjà 100% opaque dans les bandes d’absorption du CO2

Tout d’abord, non, elle ne l’est pas, et c’est en raison de l’élargissement des bandes d’absorption dû à la pression. Deuxièmement, même si l’atmosphère était 100 % opaque, cela n’aurait pas d’importance.

6. La température dans la basse atmosphère est due au gradient de température adiabatique

Non, le gradient adiabatique décrit comment la température d’une parcelle d’air change par la compression/expansion adiabatique lorsqu’elle baisse/augmente d’altitude. Ainsi, cela peut expliquer comment les températures changent au cours de renversements convectifs, mais pas ce qu’est la température absolue. Expliquer la température absolue de l’air est une question de budget énergétique. Vous ne pouvez pas écrire une équation basée sur la physique pour obtenir la température moyenne à n’importe quelle altitude sans utiliser de budget énergétique. Si la compression adiabatique explique la température, alors pourquoi la température de l’atmosphère à 100 mb est presque la même que la température à 1 mb, malgré 100x plus de pression atmosphérique ?

7. Le réchauffement fait augmenter le taux de CO2, pas l’inverse

Le taux d’augmentation du CO2 atmosphérique est actuellement de 2 ppm/an, un taux qui est 100 fois plus rapide qu’à n’importe quel moment dans l’enregistrement des carottes de glace de Vostok sur 300.000 ans. Et nous savons que notre consommation de combustibles fossiles émet du CO2 200 fois aussi rapidement ! Alors, où est l’augmentation 100x plus rapide de la température aujourd’hui causant cette augmentation de CO2 ? Allez les gens , réfléchissez. Mais ne vous inquiétez pas… le CO2 est l’élixir de vie !

8. Les modèles du GIEC sont pour une terre plate

Je ne sais pas d’où vient cette petite friandise de désinformation. Les modèles climatiques traitent d’une Terre sphérique en rotation, une Terre avec un cycle jour/nuit (diurne) d’éclairage solaire et de la force de Coriolis atmosphérique (due à la fois à la courbure de la Terre et à la rotation). Oui, vous pouvez faire une moyenne globale des flux d’énergie et les afficher dans un dessin pour enfant de la terre plate, comme le schéma de bilan énergétique Kiehl-Trenberth qui est un outil d’apprentissage utile, mais j’espère que la plupart des gens sensés peuvent faire la distinction entre une poignée de nombres moyens globaux dans un schéma conceptuel, et un modèle climatique global en véritable 3D.

9. La température moyenne mondiale, ça n’existe pas

Vraiment ? ! Y a-t-il une température moyenne de l’eau de votre baignoire ? Ou d’une pièce de votre maison ? Maintenant, nous pouvons discuter sur la façon de faire la moyenne (Spatiale ? Pondérée par la masse ?), mais vous pouvez calculer une moyenne, et vous pouvez la suivre au fil du temps, et voir si elle change. L’exercice n’est futile que si votre échantillonnage n’est pas assez bon pour surveiller de manière réaliste les changements au fil du temps. Simplement parce que nous ne connaissons pas la température moyenne à la surface de la Terre avec une précision meilleure que, disons 1°C, ne signifie pas que nous ne pouvons pas surveiller les changements dans la moyenne au cours du temps. Nous n’avons jamais su exactement combien de personnes étaient localisées aux États-Unis, mais nous avons des estimations utiles de la manière dont le nombre a augmenté au cours des dernières 50 à 100 années. Pourquoi la « température » est-elle si importante ? Parce que l’émission infrarouge thermique en fonction de la température est ce qui stabilise le système climatique… plus les choses sont chaudes, plus l’énergie est perdue dans l’espace.

10. La terre n’est pas un corps noir

Eh bien, personne n’a dit qu’elle l’était. Dans la bande IR, cependant, elle est proche d’un corps noir, avec une émissivité moyenne de l’ordre de 0,95. Mais si un modèle climatique utilise 0,95 ou 1,0 pour l’émissivité de la surface cela ne va pas modifier les conclusions que nous faisons sur la sensibilité du système climatique à l’augmentation du dioxyde de carbone.

Je suis sûr que je pourrais venir avec une liste plus longue que cela, mais ce sont les principaux problèmes qui me sont venues à l’esprit.

Alors, pourquoi suis-je en train de remuer un nid de frelons (encore) ? Parce que quand les sceptiques adoptent de la «science» qui est pire que la science du GIEC, nous faisons du mal à notre crédibilité.


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