C’était Georges Pompidou

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C’était Georges Pompidou

Publié le 13 avril 2014
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Georges Pompidou, président méconnu au parcours hors normes, a contribué à la modernisation de la France. Revue de la biographie d’Alain Frerejean republiée à l’occasion du 40ème anniversaire de sa mort.

Par Jean-Baptiste Noé.

Georges Pompidou (CC, Bundesarchiv/Egon Steiger)
Georges Pompidou (CC, Bundesarchiv/Egon Steiger)

Georges Pompidou devient le plus méconnu des présidents de la Ve République, alors même qu’il a été au pouvoir de 1962 à 1974, d’abord comme Premier ministre du Général de Gaulle, puis comme Président.

Les commentateurs ont beaucoup évoqué le parcours hors norme de cet enfant de l’Auvergne, dont le grand-père était analphabète, d’abord professeur de Lettres classiques en lycée, puis conseiller du Général de Gaulle à la Libération, homme de confiance de Guy de Rothschild et enfin homme politique. Il demeure à ce jour le seul président de la République qui a exercé de hautes responsabilités dans l’entreprise. Ses adversaires politiques n’ont pas manqué de lui reprocher le fait d’être l’homme des Rothschild, lui qui était capable de citer un poème de Paul Éluard en conférence de presse, pour répondre à une question tortueuse posée par un journaliste.

Sous sa direction, la France s’est profondément transformée. Passant de l’âge rural à l’âge industriel, il est l’homme symbole de ce que Jean Fourastié a nommé, plus tard, les Trente Glorieuses. Il a œuvré pour la concentration des entreprises françaises et la modernisation de l’appareil productif. On lui doit notamment la généralisation de la mensualisation, permettant à plusieurs milliers d’ouvriers d’être payés au mois et non plus à l’horaire (1970). Parmi ses réalisations économiques il y a le protocole franco-allemand qui permet la création d’Airbus, en 1967, et en 1973 le début d’Ariane espace. À cela il faut ajouter la grande aventure du nucléaire civil, qui permet à la France de se doter d’un parc performant, bien avant les débuts de l’augmentation des prix du pétrole. Les grandes dates du nucléaire civil ponctuent le mandat de Pompidou : 1969, décision de construire des centrales nucléaires en France, 1971, accord entre la Snecma et General Electric pour le partage des savoir-faire dans le domaine nucléaire, 1974, décision de construire l’usine de Tricastin, puis engagement d’EDF pour la construction de 13 tranches de réacteurs nucléaires.

FrerejeanCette modernisation se marque aussi dans le domaine de l’aménagement urbain, avec la construction du périphérique parisien à la place des anciennes fortifications, et l’aménagement du quartier des Halles. Les antiques halles sont transférées à Rungis, qui est aujourd’hui un des premiers marchés au monde, et le centre Beaubourg est édifié. Si tout le monde ne l’apprécie pas, il s’est tout de même imposé dans le domaine de l’architecture contemporaine.

Alain Frerejean, un des grands spécialistes de Pompidou, lui a consacré une biographie, que les éditions Tallandier republient à l’occasion du 40ème anniversaire de sa mort. On y découvre la simplicité d’un homme qui n’a pas été mû par des plans de carrière politique, et qui est pourtant parvenu aux plus hautes responsabilités. L’auteur évoque aussi l’affaire Markovic, dans laquelle on a essayé de nuire à son épouse ; affaire qui a profondément affecté Pompidou, qui a gardé une rancune tenace à ceux qui ont attaqué sa femme ou qui n’ont pas agi pour la défendre. Cette biographie nous replonge dans une France un peu oubliée. À sa lecture, on se rend compte à quel point notre pays s’est transformé.

Alain Frerejean, C’était Georges Pompidou, Fayard, 2011 (première édition), 448 pages.


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  • Bonjour
    C’était un homme pas du tout libéral, plutot les grand travaux, centrales nucleaires, ariane TGV, et pour l’information la tres libéral ORTF.
    Quand j’y repense c’était l’horreur.

    • Pas plus libéral que ses successeurs, mais bien moins horrible pourtant.

      • Bonjour MichelO
        La télévision s’est libéralisée (merci Mitterand), à l’époque de l’ORTF il y avait une ligne directe entre le ministere de l’information (sic) et le directeur de l’ORTF.
         » Il est ainsi tuteur (ou directeur) de l’ORTF, de la SOFIRAD3 (Société financière de radiodiffusion), de la Société nationale des entreprises de presse (SNEP), de l’agence Havas, de l’AFP et des Actualités Cinématographiques… Le garant de la liberté de la presse » wiki. La liberte de la presse c.a.d. la censure.

        • Ca avait le mérite de la franchise. Pour le reste, pouvez-vous me citer une différence dans le traitement de l’information télévisuelle par rapport à ce que seraient les ordres directs de l’Elysée s’il avait besoin d’en donner ?

          • Pöur l’information c’était le black-out total. En effet actuellement on a soit tf1 et ses marronniers soit France3 et ses reportages GCT.

            Sur la censure par exemple Brassens
            Liste non exhaustive des chansons de Georges Brassens interdites par le comité d’Écoute en Radiodiffusion (wiki):
            Le gorille
            Hécatombe
            La mauvaise réputation
            Le mauvais sujet repenti
            La mauvaise herbe
            Vénus callipyge
            La complainte des filles de joie
            Putain de toi
            Les deux oncles
            La tondue
            La fille à cent sous
            Le cocu
            Brave Margot
            La femme d’Hector
            Le fossoyeur
            Les croquants
            Le pornographe
            Les trompettes de la renommée
            Le mécréant
            Le temps ne fait rien à l’affaire

            Maintenant plus de censure à priori … sauf le cas dieudonné.
            L’état UDR c’est aussi les écoutes du canard, et l’organisation du SAC et ses méthodes musclées…

            • Ben mes copains et moi, on les connaissait toutes. On s’en foutait pas mal qu’elles ne passent que sur les radios périphériques, ou même pas. On s’échangeait les disques. Pierrot le fou était interdit aux moins de 18 ans pour anarchie morale et intellectuelle, et alors ? A 18 ans, on pouvait aller le voir, alors qu’aujourd’hui personne ne tournerait un Pierrot le fou, il n’aurait pas les subventions, pas un producteur ne prendrait le risque. La liberté d’expression, ça n’était pas un problème. Ce qui comptait dans nos discussions d’étudiants, c’étaient les théories scientifiques, philosophiques, ce qu’il fallait faire et ce qu’il fallait sacrifier pour gagner 10000 Frs par mois à 30 ans. On passait des mois, des années même je crois sans regarder une seule fois le JT. La politique, l’état, ça n’avait qu’une part mineure dans notre existence, on n’était que rarement confrontés aux lois, normes, obligations, incitations qui font aujourd’hui les 2/3 de notre existence.

              Pompidou a fait de son mieux, dans un contexte colbertiste. Les successeurs ont été bien plus horribles. En 75, l’interdiction aux mineurs d’A bout de souffle a été levée, les règlements et la dette ont pris leur essor. 1984 est passé, did you think it would be so obvious ?

  • mam'selle Scarlett
    13 avril 2014 at 8 h 35 min

    Voilà un bel article de désinformation.

  • Bonjour
    Il ne faut pas oublier la loi de 1973
    D ou la creation de la dette
    Merci

  • la dette a commencer à poindre après la loi du 3 janvier 1973 , en 1980 le chômage a coûté le second mandat à giscard , puis mitterrand avec delors ont mis en place le traité de maastricht qui enfonça bien davantage a france .
    les pays qui se servent de leur planche à billet contrairement à ceux qui en ont fait l’abandon , ( excepté les USA pour cause de guerre ) ne connaissent pas la débâcle financière que nous connaissons .
    la dette arrive à monter quand les gestionnaires dépensent plus que le pays apportent en garantie et cela planche ou pas et pire quand il lui faut emprunter avec des intérêts .

    • Exemples ? Sources ?

    • d’autres pays ont interdit le Trésor Public local de présenter ses propres effets à l’escompte de la Banque centrale nationale, ils n’ont pas tous une dette publique galopante pour autant : Finlande, Suisse ou Norvège par exemple.
      la dette a explosé à partir de cette période parce que c’est à partir des années 80 que nous avons du affronter la conjonction de la hausse du nombre de fonctionnaires + les générations de retraités issus des générations post Seconde Guerre Mondiale.

    • l’inflation prive les acteurs économiques du fruit de leur travail. C’est pourquoi il faut une monnaie stable. Autres raisons pour lesquelles la monnaie doit être stable, c’est que la monnaie est un 1) instrument d’échange 2) un instrument d’évaluation commun 3) une réserve de valeur. L’inflation corrompt ces trois finalités de la monnaie

    • 1/ La fameuse loi de 73 n’a pas empêché l’Etat d’emprunter à la BNF, ce n’est que depuis Maastricht que c’est le cas.
      2/ Si on regarde la Belgique, soumise à Maastricht diminuer sa dette relative de 50 points et le Japon qui n’y est pas soumis voire sa dette passer à pres de 250%, c’est marrant.
      3/ L’Etat empruntait déjà aux marchés avant, la majorité des créanciers sont composés des pensions, des assurances vies, etc. D’ailleurs, il suffit de voir l’évolution des taux, plus bas après cette loi pour se rendre compte que c’est faux.
      4/ faut arrêter de confondre les taux journaliers de la BCE et les taux longs des obligations. Les banques ne peuvent pas faire le swap entre les divers taux.
      5/ regardez l’évolution des dépenses et des recettes en chiffres absolus. La charge de la dette peut être rapidement compensée en n’augmentant pas les dépenses pendant un an ou 2.
      6/ La dette a été triplée par rapport à il y a 20 ans, la charge de la dette non. (En chiffres absolus et constants.)
      7/ comparez les estimations de croissance et la croissance observée, regardez l’évolution du déficit selon les écarts et vous trouverez a cause de la dette.

      Cette théorie de la conspiration est une fumisterie de plus, comme toutes les théories de la conspiration.

    •  » la dette a commencé en 73…  »

      la dette a commencé au US à cause des déficits engendrés par la guerre du vietnam, obligeant les américains à laisser filer le dollar vers le bas et enclanchant une inflation latente qui ne s’arretera que dans les années 90 et encore. dans l’ensemble de l’occident, les salaires dérappent ( accord de grenelle en france : augmentation de 30% du salaire minimum ). les pays arabes qui vendent du pétrole aux occidentaux, ne peuvent plus leur acheter les produits finis qu’ils convoitent et augmentent à leur tour fortement le pétrole en 73 en prenant pretexte de la guerre du kipour. comme l’inflation mange tout et que desormais, pour des causes sociologique bien facile à comprendre, c’est les salariés qui  » commandent  » dans les démocratie occidentale, il devient  » inutil  » voir impossible politiquement d’équilibrer un budget national, et les économistes keynésiens exultent …
      voir dans tout ça, la loi machin truc de 73 comme responsable, c’est comme croire que c’est la grenouille qui a creusé la botasse …

    • « les pays qui se servent de leur planche à billet contrairement à ceux qui en ont fait l’abandon , ( excepté les USA pour cause de guerre ) ne connaissent pas la débâcle financière que nous connaissons . » la république de weimar, le zimbabwé sous Robert Mugabe,…. des exemples il y en a à la pelle à commencer par les dictatures d’inspiration marxiste en afrique.

    • La dette à commencer à poindre son nez quand l’état providence à commencé à exploser. Personne n’a mi un pistolet sur la tempe des politiciens pour les obliger a emprunter. Si nous n’avions pas été diriger par des démagogues ambitieux et malhonnêtes rien de tel ne serait jamais arrivez et les finances de la France seraient saines. La dette n’est pas une fatalité, cet argent à été dépenser par nos homme politiques pour acheter des voix en sachant parfaitement qu’ils ne seraient plus de ce monde quant il faudrait passer à la caisse. La France est diriger par des escrocs, la loi de 73 ne change rien à l’affaire.

  • La banque Rothschild fait des fusions acquisitions, et non pas du crédit. On ne peut donc MEME PAS dire qu’elle a bénéficié de cette loi.

  • Il ne faut pas oublier que les banques privées payent des intérêts à la banque centrale européenne, qui à la fin sont redistribués aux banques centrales nationales, dont la banque de France détenue à 100 % par l’état. L’état encaisse donc une partie de ces intérêts : http://www.lefigaro.fr/societes/2012/04/13/20005-20120413ARTFIG00597-la-banque-de-france-verse-34milliards-a-l-etat.php.
    Certes, le taux d’intérêt des banques privées est plus élevé que celui de la banque centrale. Cela peut s’expliquer de deux manières :
    – Le secteur bancaire n’est pas assez concurrentiel : il y aurait un oligopole des banques privées, qui appliquerait un taux de marge à ses clients. Cela me semble difficile à accepter, car les marchés financiers sont constitués d’un très grand nombre d’acteurs, qui ne peuvent s’entendre entre eux sur les prix à fournir.
    – Les banques privées courent un risque en faisant des prêts « de détail » : celui de ne pas être remboursées. Ce sont des choses qui arrivent : pensez au récent défaut grec ! Les prêteurs n’ont pas été remboursés ! En prêtant aux banques privées, la banque centrale court un risque de défaut beaucoup plus faible, tandis qu’en prêtant aux acteurs de l’économie, les banques privées courent un risque plus grand, ce qui justifie des taux d’intérêt différents.
    En résumé, le taux d’intérêt plus élevé des banques privées s’explique soit par un manque de concurrence du secteur de la banque de détail et des marchés financiers. Soit par la prise de risques des banques privées, prise de risques qui a un coût

    • la première hypothèse n’est pas crédible. donc, ce qui explique le taux d’intérêt plus élevé des banques privées s’est la prise de risques des banques privés.

  • Hipolyte Canasson & Acolyte Polisson
    13 avril 2014 at 14 h 42 min

    C’est drôle qu’un des plus ‘sourcilleux’ des ministres de goôchh veuillent re-industrialiser la France façon Pompidou en inventant des systèmes inspirés de la tuyauterie tordue du musée BEAUBOURG : MONTEBEAUBOURG qui s’expose en marinière faite en France et costard sympa du même tissu.

  • « On lui doit notamment la généralisation de la mensualisation, permettant à plusieurs milliers d’ouvriers d’être payés au mois et non plus à l’horaire (1970). »

    cela me semble plutôt antilibéral… Ceux qui voulaient travailler plus pour gagner plus ne peuvent plus !

    • ça tombe bien il n’était pas libéral comme aucun des présidents d’aucune des républiques française…

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