Le début de la fin du réchauffement climatique

Marché du carbone, médias, réseaux sociaux : tout semble indiquer que l’idéologie du réchauffement climatique perd de sa superbe.

Marché du carbone, médias, réseaux sociaux : tout semble indiquer que l’idéologie du réchauffement climatique perd de sa superbe.

Par Joanne Nova.

Commençons l’analyse historique. Le réchauffement climatique anthropique est un marché mourant, et une science zombie.

Le Carbon Capture Report, installé dans l’Illinois, comptabilise, sur une base journalière, les mentions du « Changement Climatique » dans les médias anglophones. Grâce à Peter Lang, on peut voir la tendance générale ci-dessous. Le grand pic, fin 2009, correspond à la conjonction du Climategate et de Copenhague (ie la conférence de la dernière chance). Depuis, c’est la chute.

Le nombre de mentions du « changement climatique » dans les articles de presse, de blogs et dans les tweets a soudainement diminué le 29 Juillet 2011.

Source : Carbon Capture Report

Mais la baisse de la mi-2011 (précisément le 29 juillet), où les articles ont diminué de moitié, a attiré mon attention ; ce fut un changement radical duquel ils ne se sont jamais remis.

Media Matters et Joe Romm font du bruit autour de la nomination de Paul Ingrassia (sceptique) comme rédacteur en chef adjoint de Reuters, après laquelle la couverture du changement climatique a diminué de moitié.

Media Matters a comptabilisé un déclin de la couverture du changement climatique de 48% après le recrutement d’Ingrassia en 2011.

Mais Ingrassia a commencé en avril 2011, pas en juillet. Media Matters compare les 6 mois avant la chute, d’octobre 2010 à avril 2011 aux six mois qui la suivent : octobre 2011 à avril 2012. Media Matters et Romm ont raté la vue d’ensemble.

Le graphique de Carbon Capture Report ci-dessus inclut les nouvelles, les articles, les blogs et les tweets. Le changement apparaît dans les nouvelles et les tweets, mais ne rattrape pas les blogs avant le 15 octobre 2011. Quand le changement advient, l’utilisation de « changement climatique » dans les blogs s’effondre d’environ 70%. Qu’est-il arrivé ? (Suggestions bienvenues). La chute est-elle artificielle ? Inclut-elle les commentaires ? Est-ce le moment où l’armée à 50 centimes (chinoise) a reçu ses nouvelles instructions ? (et pourquoi ?), ou, qui sait, peut-être que les financements pour les activistes en ligne se sont arrêtés ? Je n’ai pas de données…

Les mentions du changement climatique dans les blogs ont apparemment chuté après le 13 Octobre 2011.

Les mentions de « l’énergie éolienne » sont tombées de leur falaise la même semaine que le « changement climatique ». Le point juste avant la chute est le 26 juillet 2011.

Les mentions de « l’énergie éolienne » diminuent à partir du 26 Juillet 2011.

Le terme « énergie solaire » a eu un accroc la même semaine, mais en est revenu puis a oscillé. Ce n’est pas la même trame.

Les mentions de « l’énergie solaire » dans les médias, les blogs et les tweets.

Je me suis demandé quels événements avaient entraîné la chute. Je me suis dit qu’il y aurait des indices dans le marché du carbone, et effectivement, l’engrenage fatal de la baisse des prix a commencé en juin 2011.

Prix des crédits carbone.

Les mentions mondiales de « crédits carbone » ont atteint un énorme pic le 10 juillet.

Que s’est-il passé ?

Tout le monde parlait de crédit carbone le 10 Juillet 2011.

Ainsi commença la chasse

J’ai égrené les pages de Climate Change et de Tom Nelson à travers la Wayback Machine. (Continuez les recherches, vous pourriez trouver quelque chose que j’aurais manqué). À la mi-2011, il semble qu’un certain nombre de sondages pas si bons que ça soient sortis, par exemple : Sondage : Beaucoup remarquent les catastrophes, peu les modifications climatiques (11 juillet), et La croyance dans le changement climatique en baisse de 27% en quatre ans ? (12 juillet). Il y avait aussi des articles parlant d’un nouvel âge glaciaire, comme : « La terre pourrait entrer dans un nouveau mini-âge glaciaire d’ici 10 ans » (14 juin) et Chistopher Booker a publié : « Réchauffement climatique ? Nouvel âge glaciaire ? » (6 juillet). Rien de cela n’est suffisant.

La bourse climatique de Chicago s’est effondrée fin 2010. Ce n’était pas l’amorce de la tendance, mais clairement une de ses victimes précoces. Les Républicains ont gagné la Chambre des Représentants des États-Unis en novembre 2010 et le Cap & Trade était dès lors tenu pour mort. En février 2011, les énergies renouvelables sortaient de l’agenda de « l’Europe de l’austérité » et je notais que l’argent fuyait ces projets.

Ce qui semble le plus important est un rapport clef de la Banque Mondiale paru le premier juin qui disait que le marché international du carbone avait de gros problèmes : La Banque Mondiale prévient un risque « d’échec » du marché international du carbone (Guardian, 2 juin). Une autre version affirme : « Le marché des crédits carbone sur le point de s’effondrer ». Ils parlaient du marché CDM international, qui n’est pas le même que le marché de l’UE, bien que le Guardian possédait une fuite suggérant que le plus gros marché européen avait également des problèmes.

Le marché international des crédits carbone a souffert un effondrement presque totale, avec seulement 1,5 milliard de dollars échangés l’an dernier, montant le plus faible depuis l’ouverture du système en 2005, dit un rapport de la Banque Mondiale.

Un marché naissant des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis est également sur le déclin, et seul le marché carbone interne de l’Union Européenne reste sain, valorisé à 120 milliards de dollars. Cependant, les documents qui ont fuité semblent montrer que même le système européen est en danger.

Le marché international de crédits carbone est né avec le Protocole de Kyoto, comme moyen d’injecter des investissements dans les technologies peu émettrices de CO2 dans les pays en voie de développement.

Sous ce système, appelé Clean Development Mechanism (CDM), des projets comme les fermes éoliennes ou solaires dans les pays en voie de développement reçoivent des crédits pour chaque tonne de CO2 évitée. Ces crédits sont achetés par des pays riches pour atteindre leurs objectifs de réduction des émissions.

Le 25 juin 2011, sur What’s Up With Thath, on put voir que le prix européen diminuait également. De plus, la Pologne bloquait la législation européenne. Les crédits carbone européens ont commencé à plonger. En Grèce, on pouvait à peine s’en débarrasser.

La semaine dernière, la Grèce a débuté la mise aux enchères de ses EUAs (European Union Allowances). Ils ont besoin d’argent, et d’autres pays suivront probablement, par exemple le Portugal. Mais ils n’ont guère eu de chance : du million de permis qui étaient à vendre, seulement 6000 ont trouvé preneur. La raison : personne n’achète…

Entre temps, la Pologne a bloqué un accord communautaire sur les émissions de CO2. Ils sont le plus gros producteur de houille et de charbon d’Europe, et la part du charbon dans leur électricité (92% en 2004) est la plus importante parmi les membres de l’UE. Ils défendent également les gaz de schiste. Le résultat pour eux : la plus grande augmentation parmi les 27 du PIB en 2009 et la troisième en 2010.

Finalement, Yvo de Boer a confirmé ce que tout le monde sait : le Protocole de Kyoto est mort.

Et à propos du pic monstrueux des articles sur les crédits carbone ?

Le 10 juillet, peut-être le monde des médias a-t-il enfin réalisé ce que les traders, les bloggeurs, puis les bureaucrates s’étaient déjà dit. Le prix de tout ce qui avait un lien avec les crédits carbone chutait. Peut-être se sont-ils tous réveillé d’un coup, l’ont annoncé, et ont ensuite perdu tout intérêt… Pendant ce temps, tous les groupes qui publient normalement les communiqués de presse réduisent leurs effectifs ou ferment, et ne se sentent plus dans l’esprit d’informer le monde ; ainsi la pluie de nouvelles sur les éoliennes ou le changement climatique s’est-elle ralentie comme s’est ralenti les investissements, et les journalistes se sont tournés vers d’autres industries.

Cela semble dur à croire, mais le pic du 10 Juillet pourrait avoir été causé par le Premier Ministre australien, Julia Gillard. Avec un style et un timing impeccable, alors que les marchés carbone chutaient, Julia Gillard signait pour l’Australie la plus chère des taxes carbone au monde. Elle en annonçait les détails le dimanche 10 juillet. Elle a vraiment choisi le dernier moment pour sauter du canot de sauvetage vers le bateau en feu. Et l’Australie l’a chèrement payé.

Copenhague fut donc le pic, les marchés ont vécu sur leur inertie pendant encore un an, mais discrètement, les gros poissons s’en allaient sans faire de bruit. Pendant ce temps, les économies grecques et de quelques autres pays européens se heurtaient au mur, en même temps que la promesse d’industries renouvelables et de marché carbones se révélait vaine. Le marché carbone de l’UE a maintenu ses prix en 2010 mais a perdu sa force, et le rapport de la Banque Mondiale montrait déjà que les investisseurs un minimum sérieux commençaient aussi à partir ; du reste, ils ont continué à fuir depuis.

Pure spéculation…

Peut-être tout ceci a pris 18 mois, mais la Grande Peur du Réchauffement Mondial fut testée en conditions réelles pour la première fois à Copenhague et a échoué. La conjonction, en Europe, de mauvaises politiques économiques depuis des années, et quelques hivers froids ont scellé son sort. Dans quelle proportion le FOIA (Freedom of Information Act) et le Climategate ont-ils joué, nous ne le saurons probablement jamais.

Si les médias avaient vraiment transmis ce qui se passait autour du Climategate à l’époque, ils auraient pu être des leaders d’opinion, plutôt que de simples rapporteurs de l’histoire, après les faits, qui racontent au monde ce qu’il sait déjà. De ce fait, les médias traditionnels s’engagent dans leur propre spirale infernale, notamment parce que nous ne les croyons plus capables de publier des nouvelles sans erreurs. Les journalistes scientifiques auraient pu en finir avec la peur du réchauffement climatique il y a des années s’ils avaient fait leur travail. Vous pouvez remercier Booker, Bolt, Ridley ou Delingpole : Dieu merci, il y a les blogs.


Sur le web. Traduction : Bézoukhov pour Contrepoints.

Lire aussi : La taxe carbone en 6 questions