France : ces sept questions qu’on n’ose pas poser

Alors que la France s'enfonce de moins en moins lentement et de plus en plus surement, certaines questions ne sont toujours pas posées.
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France : ces sept questions qu’on n’ose pas poser

Publié le 8 juin 2013
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Alors que la France s’enfonce de moins en moins lentement et de plus en plus surement, certaines questions ne sont toujours pas posées.

Sur la dette, pour commencer. Cette dette qu’on ne remboursera pas, sauf en prélevant aux Français la bagatelle de 17% de leur patrimoine – une bien belle idée, qui assimile patrimoine des Français et actif de l’État pour mieux « libérer » les citoyens, et surtout les jeunes, du fardeau qui les accable.

Pourquoi ne pose-t-on pas la question, à chaque euro dépensé par l’État au nom des citoyens, de savoir s’il est réellement nécessaire que cet euro soit dépensé par l’État ? Quelle que soit, d’ailleurs, l’utilisation de cet euro ; qu’il s’agisse d’aider Pierre, Paul ou Jacques, d’investir dans des plans de relance mûrement réfléchis et des secteurs porteurs qui vont, assurément, apporter aux Français le bonheur qu’on leur promet tous les cinq ans ?

Ou sur la corruption. Celle de quelques parlementaires, qui ne s’insurgent pas vraiment de l’optimisation fiscale des fabricants de tabac et ne leur en touchent mot lorsqu’ils dinent à leurs frais. L’occasion est pourtant belle lorsque lesdits fabricants invitent des députés à un repas à plus de 10 000 euros, ou des gradés des services des douanes dans une loge onéreuse à Roland-Garros, au mépris des règles d’éthique et de quelques conventions ratifiées par la France.

Heureux qui, comme un journaliste français, peut dénoncer la corruption de quelques Lords outre-Manche, en insistant sur les enquêtes poussées menées par leurs homologues. Sans toutefois réaliser le même travail d’investigation, ni remettre en question la parole pré-mâchée des hommes politiques français prompts à dénoncer l’optimisation fiscale légale pratiquée par les entreprises mais si hésitants à enquêter sur des déclarations de patrimoine pour le moins étranges.

Sur les idées qui ont cours en France, peut-être ? Quand une ministre de la culture se bat pour maintenir pour les livres un prix élevé, il y a de quoi s’étonner. À peu près autant que quand on propose d’exproprier les propriétaires d’une entreprise ou ceux qui cherchent à fuir l’enfer fiscal français.

Ou quand une partie de la population se rassemble contre des valeurs qu’elle n’apprécie pas plus volontiers quand le gouvernement veut offrir aux couples de même sexe la possibilité de se marier que quand la France bat des records de prélèvements, de dépense publique et de chômage.

Sur les biais dont font montre les journalistes qui pourraient poser la plupart de ces questions également. Réchauffement climatique anthropique toujours aussi prégnant, manifestations occultées, traitement partial de l’information, les journalistes travaillent dans une totale indépendance. Qu’ils soient massivement subventionnés n’arrange rien à l’affaire ; la liberté de la presse au nom de laquelle ils réclament des subventions et jouissent de confortables niches fiscales ne semble pas requérir qu’on corrige au moins les fautes en reprenant une dépêche AFP.

Sur les raisons pour lesquelles des hommes politiques incapables de voter un budget à l’équilibre sont aussi bien rémunérés aussi. Si c’est pour attirer d’excellents décideurs issus du privé, ça ne fonctionne pas ; la plupart sont fonctionnaires et font de la politique une carrière. Beaucoup sont aussi des repris de justice, et ce n’est pas tout à fait un autre sujet.

Ils bénéficient, pour agrémenter leur salaire élevé, d’avantages fiscaux non négligeables qu’ils refusent systématiquement de supprimer, tout en demandant des efforts supplémentaires aux citoyens qui les financent.

Sur la légitimité du financement public accordé à des associations pléthoriques et à des syndicats riches et qui agissent contre les travailleurs. La soupe est bonne, peu importe s’il faut la réchauffer chaque année à coup de pratiques mafieuses ou leurrer les salariés vers une lutte finale qui n’aboutit qu’à la fin de leur contrat de travail.

Sur les conséquences de la politique de nivellement par le bas menée depuis des décennies en France, avec le départ des jeunes et des riches. Ce n’est sans doute pas si grave, qu’ils s’en aillent tous, et les Français restants pourront savourer leur victoire idéologique. Non, la concurrence n’est pas une bonne chose ; elle récompense les meilleurs et punit les moins bons. Elle n’est alors que justice, mais c’est un détail ; la seule justice qui compte en France est la justice sociale, prendre à ceux qui créent pour donner à ceux qui réclament.

Ces questions ne seront pas posées par les représentants du peuple français, ni par les médias. C’est donc aux Français de les poser.

Quand vous voyez que l’échange se fait, non par consentement, mais par contrainte ; que pour produire, il vous faut la permission de gens qui ne produisent rien ; que l’argent va à ceux qui échangent, non pas des valeurs, mais des faveurs ; que les hommes deviennent plus riches par l’influence politique que par le travail, et que vos lois ne vous protègent pas d’eux mais les protègent de vous ; quand vous voyez la corruption récompensée et l’honnêteté devenir un sacrifice ; vous savez que votre société est condamnée. (Ayn Rand)

Mais ils peuvent avant tout se les poser à eux-mêmes, et se demander s’il vaut vraiment la peine de rester dans un pays qui n’a rien à leur offrir et tout à leur prendre.

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  • Soyez rassuré, Baptiste. Les fonctionnaires travaillant au sein de l’administration fiscale savent pertinemment que la fameuse taxe à 17 % sera tout bonnement innaplicable. Seuls quelques énarques planqués à Bercy et quelques économistes gocho bobos le pensent…

    • On taxe les flux, pas les stocks. On appellera cela une expropriation pure et simple.
      Je suis vraiment choqué de voir régulièrement dans les média des soit-disant experts qui nous sortent que l’Etat Français ne va pas aussi mal qu’on le dit puisque la valeur des actifs des ménages surpasse largement la dette publique…

      • Exact. Au surcroît, même si l’Etat venait à exproprier l’intégralité du patrimoine des Français, qui pourrait le racheter ???? Les étrangers ne se précipiteraient certainement pas, craignant de se faire spolier à leur tour, alors même que les français ne pourraient racheter les actifs confisqués. Leur raisonnement est donc tout bonnement stupide. L’Etat ferait de toute manière défaut.

      • et l’ISF, c’est quoi ?
        et la taxe foncière, c’est quoi ?

  • Petite coquille :  » Sur les biais dont font montre les journalistes  » (ou alors ma maîtrise du français laisse à désirer)

    Excellent article !

  • +1

    « Quand vous voyez la corruption récompensée et l’honnêteté devenir un sacrifice » : LA définition du socialisme !

  • TRES intéressant…

    La connivence des journalistes, le Monde en tête, tels des Pères missionnaires de la désinformation, la Bonne parole, à l’intimidation des beaux sentiments, à la désignation d’un impur figure de style qu’ils pointent du doigt dans l’Histoire ou chez les autres quand ça les arrange…Une chappe de plomb, prête, pré-écrite, et qu’importent les détails s’ils sont bidonnés…

  • Kerwoont dej 0od
    8 juin 2013 at 19 h 15 min

    Merci à Baptiste de rappeler que nos responsables administratifs ont de fait déjà commencé à hypothéquer les économies des Français en continuant à emprunter pour assurer le train de vie de l’État et de nos indécrottables élus.
    Le taux faible qui s’appliquent aux emprunts mensuels de nos bons gouvernants ne s’explique que par le pari pris par les débiteurs que le Français ne se révoltera jamais contre la taxation-spoliation qui le martèle depuis plus de 40 ans.

  • et quand il ne restera rien d’autres dans ce pays , que des chomeurs , des smigards , des retraités , des immigrés , des délinquants , que tout ce petit monde sera à la recherche de travail et de revenus , que les patrons et les entreprises auront taillé la route sous des cieux plus cléments , que se passera t’il ? comment les politiques pourront t’ils continuer à s’octroyer les revenus et avantages qu’ils ne méritent même pas ?

  • Excellente indignation, que je partage….

    à un point près…

    le paragraphe sur les « idées en cours en France » … qui mélange
    – un soutien artificielle aux marchés culturels ( livres, subvention cinéma, obligations de diffusion, taxes diverses et variées)
    – un loi annoncée longuement discutée et démocratiquement adoptés ( il y a très rarement des lois adoptées avec 100% de citoyen d’accord)
    – un taux d’imposition trop élévé alors qu’aucun citoyen ne semble disposé à rendre une partie même symbolique des subventions qu’il reçoit … ( ce n’est pas le taux d’imposition qui me choque, il s’agit d’un choix de société partagé par tous les français depuis 60 ans… mais son manque total d’efficience )

    Sur tous ces sujets : la démocratie française, les subventions à l’économie etc.. il est bon d’en débattre…

    • Un *choix* de société partagé par tous les Français ? Quand ont-ils eu le choix ? Quand on voit que d’anciens pays socialistes ont accepté la flat tax sans problème, on se demande si les Français y seraient hostiles. Quand on voit comment les municipalités construisent de coûteux ronds-points et ralentisseurs à chaque carrefour, on se demande si ce sont bien les Français ont choisi de se faire casser les amortisseurs pour très cher. Quand on voit l’argent englouti dans des aides et incitations diverses, on se pose vraiment la question : si les Français étaient si consensuellement d’accord, pourquoi faut-il les inciter avec leur propre argent, en payant de nombreux incitateurs par dessus le marché ?

  • Merci Baptiste pour ce très bon article.

    Je rajouterai juste une question: pourquoi le libéralisme est-il un gros mot en France?

    Pourquoi entend-on même parfois certains dire que François Hollande tient une politique ultra-libérale? (et surtout, pourquoi certains autres osent le croire… et le répéter!)

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