De l’indépendance des journalistes

Publié Par h16, le dans Édito

Un récent sondage sur Internet montre à quel point les journalistes sont politiquement très orientés à gauche.

Par h16.

Tiens, un sondage sur l’indépendance et la pluralité des médias ! Tiens, ses résultats corroborent ce dont on se doutait déjà et vont nettement dans le sens des résultats des (très) rares sondages déjà effectués ! Et tiens, ce sondage n’est pas jugé suffisamment intéressant par ces mêmes médias pour qu’ils en parlent ! Coïncidence ? Je ne crois pas. Alors, comme je ne suis qu’un petit blogueur sans aucune prétention à l’objectivité, je m’y colle.

Avant d’aller plus loin, il est bon de préciser que ce sondage n’est pas un sondage traditionnel, par téléphone, avec l’habituelle méthode des quotas (qui a elle-même ses problèmes). C’est un sondage internet, qui, s’il indique peut-être une tendance, ne permet aucune affirmation péremptoire. L’échantillon étant de plus de 5000 participants, il semble cependant un peu facile de remettre totalement en question les résultats obtenus, d’autant qu’ils sont, comme je le disais en introduction, corroborés par d’autres sondages effectués par d’autres méthodes.

Ainsi, la revue Marianne dans son N° 209 de la semaine du 23 au 29 avril 2001 s’était intéressée à l’opinion des journalistes et en particulier à leur penchant politique et avait tiré la conclusion suivante de son sondage : « Les journalistes sont, à une écrasante majorité de gauche. L’écart avec la population est ici maximal: au total 6% de journalistes pensent voter à droite, contre au moins 50% dans le peuple français. »

Fouchtra. Marianne, journal de gauchistes ? Oh. Je suis tout surpris de l’intérieur.

Et on se rappelle qu’ils avaient même, plus récemment, demandé directement pour qui votaient leurs propres journalistes, ce qui avait permis de découvrir, sans surprise, que majoritairement, ils votaient pour François Hollande (40%) à ce moment-là. Vu les performances du capitaine de pédalo, on peut croire que les votes seraient un peu différents s’ils étaient refaits aujourd’hui, mais on ne peut pas écarter une vraie obstination bornée qui les referait voter pareil, hein. On découvrait aussi, dans la foulée, que Jean-Luc Mélenchon réalisait 31,7% des suffrages, et François Bayrou, en troisième, 8,3%. Les petits candidats comme Joly, Cheminade ou Poutou totalisaient un peu plus de 8%, et Nicolas Sarkozy récoltait… 0% des votes. Méluche à 31% chez Marianne, c’est quasiment 4 fois son score réel (mais comme on le verra, pas question de parler ici de déconnexion avec le concret).

Du reste, l’exercice avait été mené à d’autres reprises et dans d’autres rédactions, avec toujours des résultats proches : on « découvre » ici que 74% des journalistes votent à gauche, et moi-même, je rappelais il y a quelques temps que les compositions politiques des équipes de différentes rédactions ne laissaient guère de doute sur la coloration générale des opinions émises :

Une presse un tantinet à gauche

Tout ce libéralisme, toute cette propagande pro-capitaliste, pro-business, pro-libérale étalée ainsi dans autant de rédactions, brr, ça fait froid dans le dos, hein ?

Bien sûr, on trouvera aussi, relayés de façon nettement moins discrète, quelques articles vantant le pluralisme de la presse et sa bonne adéquation avec les demandes du public, mais après les éléments ci-dessus, fatalement, ça laisse songeur.

On en arrive à présent au sondage que j’évoquais en introduction. Cette fois-ci, au lieu de regarder une rédaction ou l’autre et d’analyser le spectre politique des gens qui y militent travaillent, les sondeurs ont cherché à savoir comment le public percevait la pluralité de la presse, et comment la presse traditionnelle se comparait à internet en termes d’indépendance et de liberté d’expression.

Et là, c’est un peu le drame.

Je ne passerai pas en revue la douzaine de camemberts proposés comme résultat du sondage (qui sont laissés à l’appréciation du lecteur), mais je me contenterai des quatre suivants, qui dressent un portrait sans concession de la profession journalistique vue par un échantillon de 5300 internautes. Ainsi, le premier camembert montre une belle défiance des internautes face aux médias traditionnels : internet leur semble le mieux placé pour défendre la liberté d’expression. Zut et crotte.

oijm - liberte expression

Voilà qui est dommage pour toute un profession dont le credo officiel est, justement, de tout faire pour protéger cette liberté-là. Deux explications possibles : ou bien ils ne font pas assez de publicité pour la liberté d’expression, ce qui est très surprenant sachant que ce concept leur a quasiment servi de dentifrice pendant tout le temps où la droite était au pouvoir. Ou bien la partialité avec laquelle ils la défendent ne rend pas crédible leur action. Il y a une troisième explication : sur les 5300 internautes se sont discrètement glissés 5200 libéraux (évidemment mangeurs d’enfants communistes) qui ont honteusement biaisé les résultats, en montrant cette abominable partialité.

Partialité qui ne serait pas complètement impossible à en croire l’opinion qu’ont ces internautes de l’orientation générale des journalistes. Surprise et fourchette en plastique, on retrouve encore un fort biais à gauche :

ojim - opinion des journalistes

Autrement dit, lorsqu’on demande aux journalistes, ils se situent tous majoritairement à gauche. Lorsqu’on demande à leur lectorat, ce dernier acquiesce vigoureusement. Et pourtant, nos amis encartés brandissent dès qu’ils le peuvent la pluralité, la neutralité ou l’objectivité de leur profession. Et ceci se ressent dans leur production puisqu’on a souvent droit à des articles (récupérés ici sous forme de Pignouferies de Presse) qui, sous couvert de journalisme d’information, présente des événements une version biaisée, politiquement orientée, en faisant passer l’article devenu éditorial ou billet d’humeur/d’opinion comme un reportage ou un documentaire.

Et lorsqu’on fait cette remarque aux journalistes, ceux-ci se défendent de toute démarche militante, parfois avec véhémence (il est même probable que certains, l’œil – gauche – parcouru de tics nerveux, éructent quelques insultes poivrées à la lecture de cet article). Ce qui aboutit, d’années en années, au constat suivant :

ojim - journalistes loins de la réalité

Pour l’internaute, les journalistes semblent maintenant complètement déconnectés de la réalité. Cette déconnexion perçue est intéressante puisqu’elle est le pendant logique de la déconnexion observée chez les politiciens qui s’abreuvent, justement, des informations que veulent bien leur distiller les journalistes.

Mais c’est le graphique suivant qui résume à lui seul le problème au cœur de cette profession, surtout en France : à l’évidence, vu depuis internet, le journaliste moyen est un mouton de Panurge, qui ne fait, finalement, que suivre un pesant troupeau de ses congénères qui vont, tous ou quasiment, dans le même sens. Finalement, ce n’est pas tant, selon ce sondage, les pressions politiques, les annonceurs ou l’audimat qui poussent les journalistes à porter tous à gauche dans un bel ensemble, mais bien le conformisme.

oijm - conformisme des journalistes

Et même si l’on n’oublie pas que ce sondage n’est que de taille modeste, qu’il ne porte que sur des internautes, que l’échantillon est peut-être lui-même biaisé, le conformisme et la reproduction intellectuelle massive qu’on trouve chez les journalistes, tous les jours, est une évidence difficile à cacher. Bien sûr, on peut admettre sans problème qu’il y a probablement un écart entre la réalité de terrain et la perception de cette réalité par ces internautes, mais à la limite, peu importe : le journaliste du XXIème siècle n’a pas pour but de contenter un lectorat issu du XXè. Il ne doit pas avoir pour mission d’informer comme le faisaient ceux de 1950 ou 1980. Il ne peut plus prétendre ignorer internet. Il ne peut donc plus ignorer que la masse des consommateurs d’information se trouve sur ce média avant tous les autres et que la nature décentralisée et pervasive de ce dernier l’oblige à modifier de façon importante sa manière de procéder. Par exemple, il va leur devenir de plus en plus difficile d’évincer tout un bloc d’opinions politiques au prétexte qu’elle n’est pas assez bisou, ou que la presse se doit de conscientiser le citoyen dans un sens précis. Par exemple, le journaliste ne pourra plus se contenter de pousser dans les tuyaux la purée AFP. Il va lui falloir ajouter de l’analyse, de la matière grise, se mouiller, arrêter de suivre le troupeau. Par exemple, le journaliste ne peut plus se considérer comme l’unique détenteur de l’information, sa position n’est plus un privilège. S’il y a bien eu, un jour, un quatrième pouvoir, avec internet, celui-ci s’est distribué sur une masse considérable de gens qui ont, effectivement, dépouillé les journalistes en titre de cet attribut.

Aussi délicat soit-il d’interpréter des données en provenance d’un sondage internet, celui-ci montre à l’évidence l’absolue nécessité de toute une profession à se renouveler. Et malgré ces évidences, malgré ces sondages qui pointent tous dans la même direction (non pluralité, conformisme, biais), la remise en question de la profession, en France (et dans une certaine mesure, dans pas mal d’autres pays, notamment francophones), ne semble même pas amorcée (par exemple, les subventions continuent toujours à couler pour les mêmes journaux).

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  1. La statistiques qui est la plus importante, me semble celle qui montre que les journalistes agisent par conformisme idéologique.
    ça les empêche souvent d’anticiper les évènements importants à venir et d’etre à la remorque des ideologies passeistes dans leur travail.

    1. Nul besoin ! Le sondage par lui-même est suffisamment éloquent et montre parfaitement que plus personne (hormis les crétins, les maisons de retraite et certains politocards) ne leur prête la moindre attention.

      Dès lors, les griller au lance-flamme en ferait des martyrs dont les socialauds seraient capables de nous rebattre les oreilles pendant des siècles… (genre : « ils se sont battus pour vous » etc… etc…)

  2. Je ne comprend d’ailleurs pas trop cet acharnement sur la parité « homme/femme » et le silence complet concernant cette dichotomie.

    Le manque de décisionnel féminin serait un grave problème par contre la surreprésentation des communistes et collectivistes serait la « saine représentation de la pluralité » !?

    1. llmryn ! Tu fais du mauvais esprit ! Allons, allons, c’est bien connu que le socialisme et le marxisme sont des amis du peuple et que tous les zintellectuels sont de gauche, voyons !

      Y comprend rien, ce llimryn, te jure, faut tout lui zesppiquer…

  3. Le plus frappant dans les sondages évoqués par h16 est ce qu’ils ne montrent pas, ou tout du moins qu’ils affichent en négatif. Le gouffre qui sépare d’une part ce qu’on appelle « l’opinion publique », avec la monumentale dose de mauvaise foi et de travestissement éhonté de la réalité que cette expression suppose, et d’autre part l’opinion véritable des Français, est encore plus profond que la simple répartition gauche/droite des écrivaillons.

    En effet, comme les dernières élections l’ont une fois encore démontré, une nette majorité des Français ne vote plus. Ce faisant, ils expriment leur refus de légitimer un quelconque parti existant et rejettent en bloc la fausse alternance proposée. A l’opposé, les journalistes sont clairement enfermés dans leurs dogmes idéologiques mortifères.

    D’une certaine manière, ce constat est rassurant. Les Français sont beaucoup plus matures que ne le croient les tenants du pouvoir. Les Français ont bien conscience qu’ils ne sont plus en démocratie. Pour les minables gardiens du dogme social-démocrate que sont devenus les journaleux officiels, le réveil sera brutal le moment venu.

    1. @Cavaignac
       » . Les Français sont beaucoup plus matures que ne le croient les tenants du pouvoir  »

      C’est la raison pour laquelle je trouve qu’on voit trop souvent ici des commentaires du genre
      « les Français sont des veaux …… ils ont une ignorance crasse de l’economie etc… » qui discréditent Contrepoints.
      Ces commentaires traduisent plus la deception cinglante de quelques individus paumés de ne pas voir des idées radicales et extrémistes approuvées par l’opinion publique, qu’une analyse objective de l’etat de la société française.
      En revanche, oui dans son ensemble la caste journalistique est très déconnectée.
      Je donnerai l’exemple de JP Pernaud de TF1 qui était l’invité recemment d’une chaine concurrente – France 5 – et où un autre confrère journaliste lui passait de la pommade et demandait pourquoi , malgré l’internet son journal reste au top des audiences. Et il répondait stupidement que c’est parce que les Français se méfient d’internet et font davantage confiance à un média comme TF1

      1. Objectivement, les Français n’ont pas une bonne compréhension de l’économie. Cela ne veut pas dire qu’ils sont des veaux mais plutôt qu’on les a sciemment induit en erreur en flattant leurs vices au lieu de leurs vertus. Les institutions perverses du socialisme corrompent jusqu’aux meilleurs pour les convaincre de se transformer en parasites.

      2.  » ils ont une ignorance crasse de l’economie  »

        on ne doit pas frequenter les mèmes millieux !! je confirmes que dans le monde agricole, trompés ou pas , les francais ne comprennent rien a l’economie, il confondent souvent le chiffre d’affaire avec le compte de resultat, ont un comportement moutonnier, et un esprit foncièrement anti-liberal ( refus de la concurence, habitude de reclamer en permanance, jalousie des voisins … )

    2. Cavaignac: « Les Français sont beaucoup plus matures que ne le croient les tenants du pouvoir.  »

      C’est pourquoi nous n’aurons jamais la démocratie participative, ils ont bien trop peur de devoir lâcher leurs pouvoirs pour être au service du peuple.

      turnover: « ils ont une ignorance crasse de l’economie etc. »

      Les Français sont les champions du monde du rejet du capitalisme.

  4.  » les journalistes sont totalement deconnectés des realités  »
    etant agriculteur, quand un reportage concerne le metier dans un media, je zappe.
    les propos sont toujours orientés et montrent la plupart du temp une meconnaissance absolu du millieu agricole. ils sont orientés par la ligne éditoriale du media avec en plus, le filtre du syndicat aupres de qui on a montré pattes blanches pour filmer dans une ferme ( a 90 % la FNSEA syndicat  » majoritaire unique  » , parfoi la  » conf  » qui a un minimum l’ecoute des media parisiano-gauchiste bien pensant ).
    la conclusion du reportage est toujours ce que le syndicat ou la société, veut que l’on sache:
    les agriculteurs sont des plouks, mais il ne faut pas avoir peur de consommer leurs produits, car en france, tous est controlé, et il faut continuer a leur donner beaucoup d’argent pour les defendre contre les produits etrangers bas-de-gamme et socialement dumpingé !
    la realité est toute autre: la france est le 2ieme pays derrière les US pour la quantité de pesticides a l’ hectare, et les produits francais sont plus chèrs car l’agriculture francaise comporte la plus grande concentration de fonctionnaire de l’histoire depuis la poche de Dunkerque.

    1. jimmimack : « la realité est toute autre: la france est le 2ieme pays derrière les US pour la quantité de pesticides a l’ hectare, »
      ————————-
      Les US pratiquent l’agriculture EXtensive, leur rendement à l’hectare de céréales (excepté le maïs, très productif et peu traité aux pesticides grâce au maïs BT) est bien plus faible qu’en Europe (ils se rattrapent sur la surface), comment peuvent-ils avoir le plus de pesticide à l’hectare ???
      Ah non, ils ne peuvent pas, cf les stats de la FAO. Ceux qui utilisent le plus de pesticides à l’hectare, c’est les petits pays réputés écolos, comme les Pays-Bas ou le Danemark.

  5. Force est de constater que les media de la gauche française se caractérise par les dimensions suivantes :
    - l’outrance : elle ne se refuse rien, elle ne respecte aucune limite à la bienséance ou à l’objectivité dès lors qu’il s’agit de dézinguer ses contradicteurs. De ce fait, l’exagération tout comme les attaques personnelles font partie de ses techniques préférées
    - l’intolérance : elle est incapable d’admettre la critique, de débattre avec ses contradicteurs, voire d’en tirer une autocritique qui la fasse évoluer. Elle ne sait pas faire autrement que d’ostraciser ceux qui ne pensent pas comme elle
    - la morgue : donner constamment des leçons à autrui comme elle le fait nécessite un robuste sentiment de supériorité. A un tel niveau de mépris, on peut toutefois se demander si cela ne cache pas son exact contraire, un vrai complexe d’infériorité. Ce comportement ne serait alors qu’une surcompensation, ce qui n’amoindrirait en rien le résultat final mais en dirait long sur son origine pathologique
    - la haine de la réussite : au premier de laquelle se trouve la haine de l’argent bien sûr, mais celle-ci ne doit pas masquer la haine de la réussite sous toutes ses formes : la haine des philosophes et journalistes brillants qui par leur travail méthodique et acharné apportent des points de vue éclairants, la haine de l’institution catholique française dont on peut difficilement réfuter le dévouement et la totale tolérance, la haine des grandes entreprises qui par la qualité de leur organisation on atteint une dimension mondiale et son devenues aussi puissantes que des Etats
    - le mépris du réel : parmi les propos tenus, nombreux sont ceux qui n’auraient jamais été exprimés par des personnalités ou des média ne serait-ce que « dégrossis » en matière d’économie (qu’elle soit macro ou micro). La compréhension des faits, la recherche d’une solution réaliste qui tienne compte de l’environnement économique, social et humain, l’art de trouver le compromis entre des éléments concrets avec lesquels il est impossible de ne pas composer, la capacité d’intégrer les dimensions multiples et changeantes de l’environnement international, la sensibilité sociologique qui permet de sentir parmi les phénomènes sociétaux ce qui est bon ou pas sur le plan épistémologique, toutes ces compétences sensibles sont dramatiquement absentes du discours de la gauche
    Tout cela est inquiétant. Comment en effet ne pas rapprocher certaines de ces dimensions avec le comportement dictatorial ? Le discours de la gauche française est clairement malsain et nauséabond. Combien de temps va-t-elle sévir ? Jusqu’où va-t-elle mener notre démocratie
    Le régime politique dans lequel nous vivons n’est plus démocratique qu’en apparence; la réalité est celle d’un pouvoir oligarchique qui s’impose à travers la tyrannie médiatique. Celle-ci est d’autant plus efficace qu’elle s’exerce avec le consentement apparent de ses sujets et qu’elle impose sa grille idéologique grâce à de puissantes techniques de manipulation.

  6. H16: « Il ne peut plus prétendre ignorer internet. Il ne peut donc plus ignorer que la masse des consommateurs d’information se trouve sur ce média avant tous les autres et que la nature décentralisée et pervasive de ce dernier l’oblige à modifier de façon importante sa manière de procéder. » Oui mais ces rigolos de l’information suivent les subventions … Et toute l’histoire des disfonctionnements de la France se voit lá. L’information est surement une chose trés décentralisée par nature (voir Hayek sur la connaissance), mais les subventions, au contraire, c’est l’inverse: on sait d’ou ca vient. Les « journalistes » ne se forcent pas trop pour chercher des informations, mais par contre montrent une conformité confondante á l’origine de leur financement. On peut ajouter les arts, music, education, etc.etc Et on arrive á un gros probléme… Tous servent bassement l’état, leur source de financement (qui compte pour eux). Il n’ont pas cette relation avec le privé. On en arrive á la conclusion que nous avons affaire á une manipulation de l’opinion d’ampleur nationale.

  7. Hippolyte Taine dans « Origines de la France contemporaine » disait:

    Presque toujours, lorsque les gouvernements mettent la main sur une institution, c’est pour l’exploiter à leur profit et à son détriment; ils y font prévaloir leurs intérêts ou leurs théories; ils y importent leurs passions; ils y déforment quelque pièce ou rouage essentiel; ils en faussent le jeu, ils en détraquent le mécanisme; ils font d’elle un engin fiscal, électoral ou doctrinal, un instrument de règne ou de secte.[...]

    Partant, l’État est mauvais chef de famille, mauvais industriel, agriculteur et commerçant, mauvais distributeur du travail et des subsistances, mauvais régulateur de la production, des échanges et de la consommation, médiocre administrateur de la province et de la commune, philanthrope sans discernement, directeur incompétent des beaux-arts, de la science, de l’enseignement et des cultes.

    Ref: http://chezrevel.net/les-liberaux-francais-etaient-ils-liberaux/

    1. Dites ça au journalistes debutant qui gagne 1500 euros brut par mois. Ça lui remontera le moral à l’heure où les suppressions d’emplois se multiplient.

  8. Une « détail » me saute aux yeux dans le premier graphe : aucun des 4 premiers journaux vendus en France n’apparaissent (dans l’ordre : le parisien, le monde, le Figaro, les échos, je vous passe l’équipe), c’est bien dommage pour la crédibilité de ce post…

    1. h16h16 Auteur de l’article

      Si vous avez un sondage ou une étude menée sur ces 4 journaux, je prends, sans souci. Mais j’ai cherché et n’ai pas trouvé.

      Ceci dit, les journalistes de ces rédactions proviennent tous des mêmes écoles que les autres (ESJ notamment). Les chats ne font pas des chiens.

  9. Que conclure : que les personnes qui s’intéressent à la politique et à la vie sociale sont souvent de gauche… Cela semble être du plus naturel possible : si vous pensez que l’on peut consacrer son travail et son temps à mettre l’intérêt commun au centre de ses préoccupations, bien avant son intérêt personnel, cela n’a rien d’étonnant… D’une certaine, manière TOUS les politiques devraient être de gauche, en ce sens. Dans ces conditions que les observateurs de la vie politique que sont les journalistes soient aussi majoritairement de gauche semble assez trivial.

    Quand au mythe de l’objectivité, je partage globalement l’avis h16 : je n’y crois guère, s’il on s’intéresse à un objet ou à un fait, mais que l’on s’interdise d’avoir un avis (pour ne pas prendre partie), c’est renier sa capacité de réflexion, voire même même une sorte de dénégation d’intelligence.

    1. VinsK: « si vous pensez que l’on peut consacrer son travail et son temps à mettre l’intérêt commun au centre de ses préoccupations »

      On peut difficilement dire que ce n’est pas le cas des autres mouvances, nous somme tous humains. Depuis mon socialisme de jeunesse je n’ai jamais changé d’idéal humaniste, j’ai juste appris ce qui marchait ou pas.

      Mais je vois la gauche (et particulièrement la Française) comme des gamins ou des simplets: ils veulent faire le bonheur de leurs « enfants » en leur donnant des sucreries.

      C’est une récompense immédiate et évidente pour le donneur et le receveur, ça permet de passer pour des gentils mais en fait ça pourrit les dents et sur le long terme c’est néfaste.

      Ils n’ont aucune idée des effets à long terme de ce qu’ils bricolent, toutes leurs mesures et idéologie reflète depuis toujours cette pensée immature et simpliste.

      Il est beaucoup plus difficile d’être responsable et d’agir en conséquence, d’abord parce que les mesures « évidentes » pourrissent l’avenir et le chantage démagogique des premiers est très difficile à contrer. (« Tu n’aime pas tes enfants » « Tu favorise les riches/patrons » etc. etc.)

      Retraite à 60 ans intenable, taxation mortifère, réglementation ubuesque etc. etc. tout reflète cette immaturité ou, parlant d’adulte, cette imbécilité.

    2. « …mais que l’on s’interdise d’avoir un avis (pour ne pas prendre partie), c’est renier sa capacité de réflexion, voire même même une sorte de dénégation d’intelligence »

      En ce sens, le sondage est rassurant.

    1. Quand on voit par exemple un Jacques-Alain Miller, le frère du précédent qui officiait chez Ruquier et se prennent familialement pour des éminences françaises, celui que brave en ce moment Copé sur Le Point (qu’on aime ou pas le Maire de Meaux), on est confondu par tant de bêtise arrogante suffisante associée à tant de culture dont on aurait ôté les piliers qui servent à réfléchir d’une manière sensée et équilibrée, au-delà des clichés et des poncifs à la mode. Mon Pépé me répétait souvent (il avait servi de chirurgien dans les tranchées donc il savait ce qu’était la vérité humaine, à des années lumières il semble du bloubiboulga marxiste pour dames pipis et gogos adeptes du Kremlin et des mausolées de la Place Rouge) « il vaut mieux une tête bien faîte qu’une tête bien pleine ». Cela s’applique à beaucoup « d’intellectuels » dits de gauche, très présents dans la presse pour véhiculer la pensée du ramolli du bocal locataire de l’aquarium Elyséen. Intellectuels, il sont les seuls d’ailleurs, c’est de notoriété mondiale, à s’affubler de cet attribut tant la bêtise sous-jacente est récurremment crasse chez cette cohorte au verbe aussi mal fagoté à l’adresse d’un lectorat en fuite que son militantisme est déplorable pour la démocratie. Internet n’a pas tué la presse, elle s’est suicidée toute seule dit ‘article ci-dessous en tête des articles joints. Internet a remis la liberté de pensée et son corollaire populaire la démocratie au goût du jour, au grand dam de messieurs les journalistes, qui croyaient la partie pliée tant leur fange poussait la balance vers l’extrême des extrêmes. La réponse du peuple lecteur fut pourtant sans équivoque : une baisse de 50% du CA des journaux papiers alignés, des chutes vertigineuses d’audience pour les stations de radio et de télé qui sont alignés sur la rue de Solférino et la Place du Colonel Fabien (j’ai l’impression de parler d’un autre siècle en utilisant ces noms, comme de penser qu’il existe encore une Place et un station de métro Stalingrad à Paris alors que la ville et le dictateur sanguinaire sont morts et enterrés depuis plus de 50 ans (j’imagine bien la tête des gauchistes avec une place et une station de métro Hitlerburg à Paris… bien que Hitler était un socialiste nationaliste de gauche patenté, mas que ses descendants ne reconnaissent pas). Cela fait 10 ans que je n’ai plus jamais écouté France Inter, 20 ans France 3, 2 ans France 2. Je ne lirai plus jamais de ma vie Marianne, Le Monde, Le Nouvel Obs, Libération, l’Humanité… Je cite, je cite, peut-être que ces rédactions sont déjà mortes, déjà au rayon de la paléontologie. On oublie vite aussi la bêtise tant on sait à quel point elle a nui autrefois, aux temps des cavernes de l’info, u débat d’idées, aux temps où il fallait faire allégeance à ces médias alignés pour espérer faire carrière dans n’importe quel domaine. Internet à n’en pas douter a apporté la liberté. Une question bête : Drucker est-il encore vivant ? Désolé, je n’ai plus la télé et je ne paye plus cette redevance obligatoire merdique qui nourrit la gauche, de notoriété publique.

      1. Une autre phrase aussi m’avait paru très intelligente, je ne sais plus de qui elle est : « La démocratie et le pluralisme en France, c’est quand on pense comme eux. » Qui ? La gauche, évidemment. Quand on ne pense pas comme eux, la liberté d’expression est toujours menacée. Un coach québecois professe que pour porgresser, il faut sortir de sa zone de confort (ou de conformisme). Avec la gauche, c’est un chantier titanesque qui s’ouvre à ce titre.

  10. Vous devriez vous demander si les journalistes auxquels vos sondes semblent faire confiance ne sont pas les memes que ceux que vous vouez aux gemonies quand ils sont dans la presse traditionnelle.

    traditionnelle ?

    1. Avec la propagande de gauche que tout citoyen lambda subit depuis son enfance :

      - Éducation nationale (collèges, lycées, fac…)
      - Médias écrits, radios, télés…
      - Show biz…
      - Intellos en tous genres…

      On se demande comment ils ne font pas de meilleurs scores aux élections ?
      En même temps, c’est entrain de venir, et le vote des étrangers aux élections locales va le confirmer !!!

      Comment lutter efficacement contre ce cancer qu’est la gauche dans notre pays ?

  11. Juste pour dire : que des journaux connus comme étant de gauche soient majoritairement « peuplés » de journaliste de gauche, ça n’est pas très étonnant.

    On rêverait de voir des statistiques du même style sur le figaro par exemple.

    Un autre biais : par quel site ce sondage a t il été diffusé ? Si c’est par un site qui attire des gens plutôt de droite, les résultats ne sont pas étonnants. Moi même qui suit de gauche j’ai tendance à voir dans les journalistes de vilains droitistes.

    Reste le conformisme idéologique, et le décalage entre les journalistes en général et les vrais gens : parfaitement d’accord, et c’est bien triste.

    Cependant le journalisme politique est difficile, car il s’agirait de rester impartial, sur un sujet qui nous touche tous, la politique de notre pays, et sur lequel une grande majorité à un avis.

    1. « Reste le conformisme idéologique, et le décalage entre les journalistes en général et les vrais gens : parfaitement d’accord, et c’est bien triste. »

      Comme quoi, tout n’est pas perdu : on peut être de gauche et avoir un sens des réalités… Reste à mettre les bons mots sur les maux, histoire d’arrêter de se tromper sur les solutions.