Où est passée la manif ?

Publié Par h16, le dans Édito

Le samedi 10 novembre dernier (pas le 17, le 10), un magnifique tour de magie a eu lieu à côté duquel David Copperfield serait passé pour un forain approximatif. Grâce à la coordination parfaite des médias français dont la qualité ne cesse de s’élever à mesure que les subventions les arrosent, plusieurs centaines de personnes ont disparu sans laisser de trace. Ce n’est que grâce à la magie de l’internet qu’on peut maintenant retrouver quelques preuves que l’évènement magique qui aura ainsi escamoté toute une manifestation parisienne a bien eu lieu et n’est pas un pur produit de notre imagination…

Pour beaucoup de mes lecteurs habituels, la partialité et la médiocrité du journalisme actuel ne seront pas une surprise. Nonobstant le détachement que j’ai appris à développer devant les véritables pignouferies de presse que je rencontre régulièrement, j’avoue avoir été, cette fois-ci, particulièrement étonné de l’absence compacte de toute information tangible dans la presse mainstream.

Les pignouferies de la presse

Avant d’aller plus loin, évoquons rapidement les événements eux-mêmes. Le samedi 10 novembre dernier, à Paris, s’est tenue une manifestation organisée notamment par Riposte Laïque et d’autres associations assez variées dont le mot d’ordre était la lutte contre le « fascisme islamique ». Cette manifestation a réussi à rassembler plusieurs centaines de personnes, entre 600 et 800 selon la police et autour de 2500 selon les organisateurs, ceci d’après l’introuvable dépêche AFP relayée sur le site L’Alsace.fr dont la notoriété n’est plus à faire (?).

Sur Le Figaro, Le Monde, Libération ou d’autres, aucune information, pas la moindre bribe de brève n’a évoqué ce rassemblement. C’était pourtant à Paris, proche des rédactions citées, et, en matière d’information médiatisable, on peut difficile faire mieux puisqu’il s’agit d’un sujet prompt à déclencher les débats, les polémiques et les hordes de trolls de toute part : il semble évident que même une brève relatant les faits aurait attiré les lecteurs par centaines de milliers, avec commentaires, twitts, likes et autres partages Facebook.

Les Français semblent en effet fort friands de débats de sociétés pleins de testostérone où les analystes des religions dans ce paradis pourtant théoriquement laïque aiment bien se cogner généreusement les uns sur les autres, comme en témoigne par exemple cette nouvelle parue sur LeFigaro.fr qui parle, miam, d’islamisation et d’islamophobie et qui récolte un nombre très impressionnant de commentaires (des milliers), de partages facebook (des centaines) et de twitts (par dizaines).

Bref, on ne peut que noter l’étrange traitement ou plutôt, la totale absence de traitement de cette manifestation dans les médias grands publics. Il faut aller fouiller du côté des médias en ligne alternatifs ou des médias étrangers, russes par exemple, pour commencer à trouver trace de ce qui s’est passé ce samedi 10 novembre.

Voici par exemple une courte vidéo de la chaîne CBN (Christian Broadcasting Network) :

 

Mon propos n’est pas, ici, de donner plus d’importance à la manifestation elle-même qu’elle n’en mérite. Cela reste un fait divers, mais, au même titre que lorsqu’une poignée de salafistes se massent devant une ambassade et bénéficient d’une couverture médiatique notoire, on aurait pu s’attendre à un article dans quelques quotidiens. Mais là, rien. Nada. Keudal.

Ceci ne laisse de déclencher des questions.

En effet, soit nos journalistes se prétendent impartiaux, ou, à tout le moins, aussi neutres qu’humainement possible, et dans ce cas, on s’attendrait à un traitement, même minimal, de l’information. Soit ils annoncent d’emblée la couleur et expliquent que certaines informations n’auront pas droit de cité dans leurs feuilles de chou. Soit : la liberté d’expression est aussi la liberté de ne pas relayer certaines informations, c’est aussi la liberté éditoriale de traiter ou pas un sujet. Mais dans ce cas, le lecteur, le contribuable doit absolument être mis au courant de ce choix. Le cas échéant, il y a tromperie sur la marchandise : on nous vend du Figaro ou du Monde ou du Libération comme du journal d’information alors que, visiblement, on sombre ici dans une propagande ou une censure (éventuellement une auto-censure du politiquement correct) qui ne dit pas son nom.

Mais même si les journaux affichaient enfin clairement leurs partis pris idéologiques (qu’ils soient politiques, économiques, religieux ou autres), il subsisterait un problème. Partant de la constatation maintenant évidente que ces médias sont tous largement payés avec de l’argent public, ce public est en droit d’attendre de leur part un traitement aussi large et aussi neutre que possible de l’information. Après tout, puisque l’Etat distribue ces subventions au motif de la pluralité, on est en droit d’attendre un retour, même modeste, sur l’investissement des contribuables. En l’espèce, le contribuable, qu’il soit finalement lecteur ou non, est dans la position de pouvoir exiger que ses médias qui lui coûtent si cher lui fournissent toute l’information concernant son propre pays, sans devoir aller chercher par lui-même, sur des sites plus ou moins visibles ou, pire, sur des sites étrangers, les actualités qui le concernent ou l’intéressent.

Et au-delà même de ce traitement minable de l’information par une presse qui se suicide grâce à l’opium des subventions étatiques, ce comportement de censure passive, qu’elle soit assumée ou simplement inconsciente, provoque indubitablement un autre danger. Le fait de ne pas parler de ces sujets, de ne pas relayer le politiquement incorrect ou les discours alternatifs sous d’insondables prétextes, entraîne mécaniquement une ostracisation de ceux qui les portent. Dès lors, ces derniers n’ont aucun mal à utiliser le discours victimaire, les théories du complot ou de la censure. Force est de constater qu’ils ont, de facto, raison : les médias mainstream, volens nolens, cachent littéralement ce genre d’informations.

Malheureusement, étouffer le débat est toujours la pire méthode pour résoudre un problème ; que ce soit pour les théories alternatives au réchauffement climatique, pour la valeur des énergies renouvelables, le problème de la dette, le libéralisme ou tout autre sujet, cela revient à détourner les oreilles des paroles de personnes qui, pour le moment, cherchent surtout à être écoutées. Or, l’absence de dialogue provoque toujours des frustrations qui aboutissent systématiquement à la montée des crispations, puis des colères.

À ce titre, le non-traitement de la presse de ce genre d’événements (ce n’est pas la première fois) est une marque évidente d’un délitement profond de la capacité de la société française à gérer et digérer ses propres pulsions, peurs et frustrations. Typiquement, cela fait maintenant des dizaines d’années qu’on a placé le Front National dans une boîte à part, qu’on a assez systématiquement caricaturé leurs positions (du reste exactement avec les mêmes procédés détestables que pour le libéralisme) avec le résultat qu’on sent évidemment : une totale déconnexion des médias traditionnels de ce qui anime la société française, doublée d’une installation durable d’un ressentiment profond, d’une rancœur et de frustrations qui ne demanderont, moyennant quelques événements malheureux, qu’à s’exprimer violemment.

Et à ce moment là, la presse française aura une lourde part de responsabilités dans les dégâts qui suivront.
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Sur le web

Pétition pour la fin des subventions à la presse

  1. Le silence de nos média subventionnés n’est pas une surprise.

    Riposte Laïque affirme n’être pas lié à un courant politique particulier : certains membres fondateurs, tels Pierre Cassen sont issus des mouvements trotskistes et se déclarent « de gauche », tandis que d’autres animateurs sont « de droite », anciens militants de Debout la République. M.Cassen, qui a milité notamment au PCF, à la Ligue communiste révolutionnaire et à la CGT du Livre, continue de se dire de gauche, même s’il cite en exemple Geert Wilders le populiste islamophobe néerlandais.

    Des penseurs et écrivains comme Proudhon, Michelet, Comte, Renan, Quinet, ont tous très bien parlé de la laïcité. C’est aussi au XIXe que pour la première fois, un programme politique, celui de Belleville (Gambetta) demande clairement la séparation des Eglises et de l’Etat, et un enseignement laïc. Il sera proclamé le 2 avril 1871 par la Commune. C’est une grande première que la IIIe République mettra trente cinq ans à imposer La récupération du terme « laïc » par Riposte Laïque brouille donc les cartes. Ce groupuscule ne porte en effet pas les valeurs de la laïcité, puisqu’il est tout sauf neutre à propos de l’Islam. Son discours est la défense de « l’Occident » contre les « hordes musulmanes », ce qui est habituel de l’extrême-droite et constitue un discours par nature non-laïc. Car le problème n’est pas de savoir de quel côté politique se trouve Riposte Laïque, mais de se poser sérieusement la question de ce qui engendre l’existence d’un tel mouvement.

    1. Pierre-Joseph Proudhon
      « Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. »
      Pierre-Joseph Proudhon, 1849, dans Pierre-Joseph Proudhon, sa vie et sa pensée, 1809-1849, paru chez Beauchesne, 1982, p.739, Pierre Haubtmann.

      Ils ont de drôles d’idées vos penseurs.

  2. Le cassage de gueule mérité de la presse mainstream se confirme, le quotidien français ayant le plus gros tirage aujourd’hui étant… L’Equipe. (Oui, oui).
    C’est normal, attendu, logique. Et quand je discute avec des étudiants, ils ne lisent pas plus la presse mainstream qu’ils ne regardent le JT de 20 heures…

    1. Où est passée la manif ? et que fait la polll heu.. pardon la presse ?

      Explication :

      tout le monde s’en b… … …..es, c’est la dure loi du marché !

  3. Répétition historique!

    On remplace le mot  » musulman » par financier on a le même résultat!Comme dans les bons vieux discours d’extreme gauche ou d’extreme droite!Comme pendant la crise des années 30!L’histoire se répete malheureusement encore une fois!

    1. Incroyable imbécilité de ces commentaires qui croient afficher une belle âme en dénigrant Riposte laïque par sa « reductio ad hitlerum ».
      C’est une injustice et une imbécilité de comparer les populations arabo-musulmanes immigrées aux Juifs. Que je sache, les Juifs n’ont jamais imposé à la société leurs moeurs, ils élèvent bien leurs enfants, dans une culture du travail qui leur confère une très forte dynamique sur le plan économique, ils sont respectueux des lois et des moeurs du pays dans lequel ils vivent…
      Alors que l’islam se distingue par un mauvais système éducatif (le père est peu présent au foyer, l’amour des mères pour les fils délétère), mysogyne, viriliste, configuration archaique peu propice au travail, qui incline donc à la prédation, à la domination des plus forts sur les plus faibles. C’est une réalité sans doute triste à constater. Mais le déni de réalité aboutit inéluctablement à la recevoir en pleine figure. Sûr que ça fera très mal et sans faire de détail (y compris à tous les islamo-collabos que compte le landerneau médiatico-politique et autres bobautuches, tels les auteurs de ces commentaires).
      A bon entendeurs et aux sourdingues salut.

      1. Ce que vous dites sur l’Islam est sans doute vrai, cela n’empeche pas que le discours de riposte laïque fait très années 30.

        « Les juifs », comme « les musulmans » sont une collection d’individus, et non, comme vous le sous-entendez, un sorte de super-individus qui possède un comporetement et un volonté unique. Ce que vous faite s’appelle du constuctivisme.

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