Christian Estrosi, la droite anti voitures et anti pétrole

Estrosi met en libre service 375 voitures japonaises électriques pour compenser le tort fait à l’industrie automobile par ses assauts irrationnels. Et accuse les pétroliers du mal commis par les politiciens.

Christian Estrosi met en libre service 375 voitures japonaises électriques pour compenser le tort fait à l’industrie automobile par ses assauts irrationnels. Et accuse les pétroliers du mal commis par les politiciens.

Par Nick de Cusa.

On ne frappe pas des hommes à terre, dit-on.

Eh bien, de nombreux ouvriers de l’automobile et du pétrole sont à terre en ce moment.

Les politiciens, eux, sont bien à l’aise sur leur douillet nuage. Les règles les plus élémentaires de la bienséance dictent donc que les deuxièmes se retiennent d’enfoncer les premiers et d’aggraver les difficultés qu’ils affrontent, n’est-ce pas ? Quel genre de personne en position protégée et privilégiée s’amuserait-elle à retourner le couteau dans la plaie de son prochain en position douloureuse et vulnérable ?

Et pourtant, dans la classe politique qui nous dirige, et prétend – on se demande bien de quel droit – nous représenter, cette sale habitude s’est petit à petit généralisée.

La situation est dramatique, on la connait. Des pans entiers d’industries sont menacés, des dizaines de milliers d’ouvriers menacés de perdre leur emploi. Les politiciens n’ont à la bouche que de bonnes intentions de soutien à l’industrie. Mais alors, pourquoi ne cessent-ils de lui cogner dessus, à la moindre occasion, avec pour résultat de l’affaiblir jusqu’à l’agonie ?

Le dernier incident en date à provoquer cette réaction de ma part est le passage de M. Christian Estrosi, maire de Nice, à l’émission de radio de Philippe Bouvard, Les Grosses Têtes, titre qui s’est révélé bien flatteur pour cet invité, en l’occurrence, le jeudi 28 février. On passera pudiquement sur l’assurance donnée par le politicien que, même en ayant œuvré pour les Médecin, il n’a jamais, au grand jamais, vu le moindre soupçon de clientélisme.

L’inconvénient de s’exposer aux questions de comiques, voyez vous, c’est que finalement, ces gens-là n’ont pas le tact, la discipline, la docilité, le respect des journalistes. Et que donc, l’un d’entre eux s’est autorisé à demander, en des termes certes moins francs et directs, pourquoi le maire d’une telle grande ville s’arroge le droit de brimer les habitants qui souhaitent utiliser le moyen de transport qui leur convient le mieux, l’automobile, et si ça ne nuisait pas à une industrie qui déjà souffre beaucoup.

Avec toute l’assurance d’un représentant de sa classe dominante, Christian Estrosi a répondu avec un bel aplomb : premièrement, les gens peuvent prendre le tramway, deuxièmement, il a fait acheter à sa ville des voitures électriques, et troisièmement, les pétroliers sont des méchants qui se soucient bien peu du pouvoir d’achat des gens.

On croit rêver.

Revenons sur ces trois réponses. Si les gens choisissent la voiture plutôt que le tramway c’est qu’elle leur convient mieux. Le réflexe du politicien de base, et de plus en plus, de tout politicien, est alors de déclarer que cette préférence de la part des gens est mauvaise et qu’il convient donc de les contraindre, ou forcer, à utiliser un autre moyen de transport. Les choix personnels et libres des gens sont inacceptables, les autorités savent mieux et vous supprimeront vos choix par la force. Ça vous a comme un petit parfum de rééducation.

Ensuite, pour redresser l’industrie automobile à laquelle il donne, en effet, d’innombrables petits coups de pieds vicieux dans les tibias, en rendant cauchemardesque l’usage de ses produits, M. Estrosi a été « le premier » maire à acheter des voitures électriques à mettre en libre service, dans 75 stations de sa ville, à raison de 5 voitures par stations. 375 véhicules, donc. M. Estrosi n’a-t-il aucune notion des chiffres de production perdus par nos constructeurs ? Ne comprend-il pas que ce chiffre est risible ? Mais bien entendu, il y a mieux. Il se vante d’acheter français, des Peugeot et des Citroën. Des iOn et des C Zero, donc. Le maire d’une des plus grandes villes de France peut-il réellement être ignorant au point de ne pas savoir que ce sont des Mitsubishi iMIEV rebadgées, avec un contenu français pour ainsi dire nul ? Le Japon lui dit merci.

Enfin, il nous explique, avec la caractéristique connue du politicien – et si bien exprimée par M. Bernard Bonvoisin, c’est-à-dire l’ablation de la honte – que la voiture électrique est moins chère à l’usage parce que les pétroliers ne respectent pas le pouvoir d’achat des gens. Mais M. Estrosi ignore-t-il que le prix des carburants contient 56 à 66% de taxes ? C’est-à-dire que ces produits sont taxés par lui-même et ses autres copains de la classe politique, entre 122% et 194% ?

Qui ne respecte pas le pouvoir d’achat des gens M. Estrosi ?

Et qui s’autorise à lancer des attaques injustifiées sur des industries qui en souffrent déjà trop et dont les ouvriers sont menacés ?

Comment en sommes-nous arrivés là ? Clairement, une idéologie pour laquelle a voté environ 1 français sur 100 aux dernières élections nationales, l’écologie anti-activité économique et pro rééducation contraignante, a pris le contrôle du pays, à son grand détriment, au point que ce qui se fait passer pour de la droite, nous jette à la figure des idioties écologistes sans nom, qui sont à peine plus que de la démolition gauchiste sous cape, et de l’économie planifiée de la pire espèce, qui détruit à petit feu notre activité industrielle.

Vous ne pouvez pas savoir à quel point il m’en coûte de ne pas céder à la tentation d’un  jeu de mot où un « c » remplacerait un « t » dans un certain patronyme.


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