L’assassinat du pouvoir d’achat

Publié Par Nick de Cusa, le dans Non classé

La Tunisie nous montre aujourd’hui ce qui se passe quand un État pèse trop lourd sur les gens. Ils ne l’acceptent plus, ils sortent dans la rue, même au péril de leurs vies. Mais comment en arrive-t-on là  ?

L’État est une personne. Une personne qui n’est pas vous. L’État n’est pas le pays. Il n’est pas non plus la société. Il fait de son mieux pour sembler l’être, en se mêlant de tous les aspects de la vie. Mais cette impression est trompeuse. L’État est une personne morale. Ses intérêts ne coïncident pas avec ceux de la population. En Belgique et en France, c’est même pire. Ses intérêts semblent de plus en plus contraires à ceux des habitants.

Ceci ne se résume pas à l’argent, mais l’État, pour augmenter ses revenus, mène de nombreuses actions qui ont pour résultat de démolir le pouvoir d’achat des gens.

Ceci n’est pas une question partisane au sens des partis politiques. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les choses dont nous allons parler ici n’ont fait qu’empirer. Les « alternances » n’en sont pas. Certaines choses évoluent toujours dans le mauvais sens, que la majorité « change » ou qu’elle reste la même. Le lecteur socialiste pourra s’en prendre à Sarko et le lecteur UMP à Mitterrand, ces deux présidents ont autant l’un que l’autre poussé les choses dans le mauvais sens. Et ce, quelles qu’aient été leurs belles promesses.

Ces actions ont pour résultat effectif un assaut inouï contre votre pouvoir d’achat. Cet assaut peut aisément être présenté en deux parties. Premièrement, le marteau des prélèvements. Deuxièmement, l’enclume des prix.

Le marteau des prélèvements

Bien des Français sont pour plus d’impôts car on leur fait croire qu’ils n’en paient pas. Dans la plupart des cas, avec tout le respect qu’on leur doit, ils se sont laissés tromper, et ils n’ont pas raison.

Souvent, ils ne voient même pas un partie énorme de ce qu’on prend sur leur revenu du travail. L’invention machiavélique du terme « charges patronales » fait croire aux gens que c’est pris au parton. C’est faux. Le patron débourse ce qu’il est prêt à débourser pour obtenir le travail de votre job. Ce que débourse votre patron est votre argent. Ce que prend l’État (et organismes affiliés qui font semblant de ne pas en être, telle la sécu) sur cette somme, c’est à vous qu’il le prend.

C’est pour ça que vous devez connaître votre salaire complet. C’est lui qui vous dit ce qu’on vous prend. Comment faire pour le savoir ? Rien de plus simple, rendez vous sur le site salaire complet et suivez les quelques pas qui vous donneront la somme dont vous êtes privés. Si vous gagnez un salaire médian (la moitié des Français gagnent plus que vous, la moitié moins que vous), vous avez déjà payé plus de 50% avant d’avoir touché votre premier sou. Vous n’êtes pas riche. Et pourtant, le prétendu bouclier fiscal ne s’applique même pas à vous. Si vous gagnez le SMIC, vous payez déjà plus de €500 par mois avant d’avoir touché votre premier sou.

Les charges sont bien sûr versées pour payer pour notre santé et notre retraite. Oui mais voilà, si ça n’était pas interdit, vous pourriez souscrire (même si vous êtes dans les plus bas revenus) une assurance santé privée qui vous coûterait nettement moins cher et qui vous rembourserait beaucoup plus. Oubliez les histoires atroces sur les gens qui n’arriveraient pas à se faire soigner parce qu’ils ne sont pas assurés : encore une fois, cette assurance vous coûterait beaucoup moins cher que ce qu’on vous prend, de façon planquée, aujourd’hui.

Pour les retraites, tout le monde commence à comprendre : on vous prend beaucoup, mais que toucherez vous en retour à la fin ? De quoi vivre une vie décente ? Si vous le croyez et que vous ne mettez pas vous-même de l’argent de côté, de sombres heures vous attendent pour vos vieux jours.

Une fois passées les charges, viennent les impôts et taxes. On pense toujours à l’impôt sur le revenu mais il n’en représente qu’une petite partie. Les taxes que vous payez pour votre voiture représentent en fait un revenu plus important pour l’État. Et non, la solution n’est pas de faire payer les riches. Cette idée est discriminatoire et bonne pour les envieux. Et la collecte de l’ISF coûte plus qu’il ne rapporte.

Pour les impôts et taxes, la règle d’or de l’État est que vous les ressentiez le moins possible. Il les cache partout où il peut. Pour vous donner une idée, bien incomplète, mais parlante, regardez rapidement la liste des nouvelles taxes vicieuses lancées simplement depuis 2008, sur notre forum. Chaque fois que vous levez le petit doigt, il y a un impôt, une taxe ou une charge, dans un coin quelque part, pour vous prendre encore quelques sous de plus. Si possible sans que vous vous en rendiez compte. Vous avez vu les prix de l’essence ? Et vous savez que le gros de ce prix, c’est des taxes ?

On rappellera que l’impôt n’est pas légitime s’il n’est pas consenti. L’obsession de le rendre invisible va contre la notion même de consentement. Comment puis-je être d’accord avec ce qu’on me cache ? L’argent qu’on vous prend de force, sans que vous vous rendiez compte, ou sans que vous ayez un choix, on vous le prend sans en avoir le droit. C’est une règle de base du droit et de la justice.

Voilà. On pourrait continuer longtemps cette première partie, mais la situation est celle-ci : sans même vous en rendre compte, vous êtes déjà dépouillés de la majeure partie des fruits de votre travail. Et vous ne pouvez rien y faire, puisque, chaque fois que la majorité change, ça empire. Gauche droite, plus d’impôts, gauche droite, plus de taxes, gauche droite, plus de charges.

L’enclume des prix

Tout cela vous suffit-il ? Malheureux, ça n’est qu’une partie de la démolition de votre pouvoir d’achat.

L’autre partie, c’est les prix artificiellement élevés. Là encore une batterie d’assauts sont menés contre vous.

L’État fournisseur

Dans des domaines vitaux et essentiels de votre vie, l’État s’est gardé un situation de monopole, ou proche. Les retraites et la santé viennent en premier, comme nous l’avons déjà vu, où on nous prend énormément pour par grand chose en retour à la fin, et en tout cas bien moins que ce que vous pourriez obtenir par vous même auprès de fournisseurs privés.

L’éducation aussi. Les dépenses sont énormes et les résultats médiocres. Vos enfants ne sont pas formés pour être capables de faire concurrence à un des élèves des meilleurs systèmes du monde, en Finlande, à Hong Kong, à Singapour, en Flandres. On vous prend de fortes sommes pour ça et, là encore, le résultat qu’on vous livre est scandaleusement insatisfaisant. Parlez à d’anciens enseignants. Vous verrez, ils s’en désolent.

L’énergie, c’est pareil. EDF est nationalisée, GDF-Suez étatisée à 35%, et ainsi contrôlée. Quand leurs prix sont abusifs, c’est l’État qui vous surcharge. En Belgique, il agit aussi par les intercommunales qui ajoutent des coûts et enrichissent des cumulards.

Les rentes et les patentes

Une autre façon par laquelle l’État fait monter les prix, de façon écrasante, c’est les patentes et les rentes. Ce qu’on entend par là c’est qu’il accorde à un petit nombre une position privilégiée sur un marché où ce petit nombre peut se sucrer bien plus qu’en cas de libre concurrence.

Banques, taxis, pharmaciens, notaires, exercice de la médecine, nombreux sont les biens et services hors de prix au surcoût provoqué par l’État. La protection des petits commerçants via les restrictions à l’ouverture de grandes surfaces est aussi une cause de prix trop hauts. Un autre exemple est de limiter artificiellement le nombre d’opérateurs, par exemple en téléphonie.

Dans un autre domaine, particulièrement cruel puisqu’il relève absolument de la première nécessité, les prix des aliments sont plus chers qu’ils ne devraient l’être, et cet intolérable surcoût est le résultat de la PAC et des contrôles sur l’importation de nombreux produits. Et penser que les plus pauvres ont à subir ça.

En règle générale, tout protectionnisme a pour résultat de faire monter les prix et donc de diminuer votre pouvoir d’achat.

Chacun doit se renseigner sur ces questions, les exemples sont légion.

Les normes et les régulations

À l’heure de l’affaire Mediator, on se rend compte que les normes et régulations imposées par l’État ne nous protègent pas comme il le prétend. Par contre, un effet qu’elles ont bien, est de faire monter dramatiquement le prix de tout ce que vous achetez.

Le logement en est un exemple frappant. Urbanisme, permis de construire, lois rendant la location invivable pour les propriétaires, tout est fait pour que ce domaine soit le plus cher possible. Et que peut-on faire sans un toit ? Vincent Benard a expliqué tout cela en grand détail dans son livre Le logement.

Vous ne me croyez pas ? Faites pourtant l’expérience suivante. Voyagez hors d’Europe. Voire en Allemagne. Faites y les course, avec attention. Regardez les prix. Vous verrez que les achats sont plus chers en France. Et le constat sera pire en Belgique. C’est le résultat des secteurs contrôlé, des rentes et des patentes, et des régulations abusives (en plus d’être souvent inefficaces).

Ajoutons encore que la surtaxation évoquée plus haut plombe les coûts des entreprises, qui les reportent sur les prix, sous peine de ne pas pouvoir continuer à travailler, et font que vous payez plus cher les biens et les services.

L’inflation

Si tout cela ne suffisait pas, l’État risque aujourd’hui de relancer l’inflation, pour résoudre son surendettement monstrueux et insupportable. Vous êtes déjà écrasés entre le marteau des prélèvements et l’enclume des prix. Eh bien il s’apprête, du fait de sa politique irresponsable, à empirer les choses en laissant filer la hausse des prix. L’essence nous  montre un premier signe. Ce n’est que le début.

Comment l’État peut-il perdre sa légitimité, nous demandions nous ? En menant une guerre contre notre pouvoir d’achat qui nous rapproche chaque jour un peu plus de la pauvreté, par exemple, ne pensez-vous pas ?

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  1. Excellent article qui explique tres bien (le mieux que j'ai vu en tout cas) le probleme fondamentale de l'etatisme dans tous les domaines qu'il touche.

    Domage que cet article ne soit pas resté plus longtemps en premiere page de contrepoints

  2. Nick de CusaNick de Cusa Auteur de l’article

    Merci pour cet encouragement.

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