La BPI, déjà aux mains des notables régionaux ?

La Banque publique d’investissement (BPI) aura décidément beaucoup fait parler d’elle avant même d’exister.
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La BPI, déjà aux mains des notables régionaux ?

Publié le 26 février 2013
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La Banque publique d’investissement (BPI) aura décidément beaucoup fait parler d’elle avant même d’exister.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Déjà une longue histoire de conflits d’intérêts

Conçue au départ dans le dos de Jean-Yves Gilet et François Drouin, les dirigeants du FSI et d’Oséo, totalement tenus à l’écart, la BPI, montée sur le schéma 51 % à l’État et 49 % à la CDC doit prendre comme axe de travail les PME en récupérant les attributions du FSI et d’Oséo. Mais très vite les patrons de région emmenés par le socialiste Alain Rousset (Aquitaine), montent au créneau, bien décidés à décrocher une place de choix dans le nouvel ensemble. Reçus le 12 septembre par François Hollande, ils se voient promettre la présidence du comité national d’orientation de la future banque, deux sièges au conseil d’administration et une présidence dans les comités régionaux chargés d’accorder des fonds propres. Nous sommes alors un certain nombre, ayant connu les SDR, à craindre le pire, la mainmise des notables locaux en mal de clientélisme sur ce nouvel outil.

Puis survient l’épisode du choix de Lazard comme banque-conseil de Bercy : Matthieu Pigasse, le principal associé gérant étant aussi actionnaire des Inrockuptibles, employeur d’Audrey Pulvar, compagne de Montebourg. On nous jura la main sur le cœur qu’il n’y avait pas de lien, que le choix de l’un par le concubin de l’autre n’était que pur hasard. N’empêche que lorsque Montebourg et Pulvar se sont séparés, cette dernière a été illico virée des Inrockuptibles, comme quoi…

Et puis il y eut la vive discorde entre Moscovici et Montebourg pour savoir qui en serait le parrain. Et puis il y eut la guerre entre le Trésor et la CDC pour détenir la majorité, guerre que Hollande finira par trancher à la « radsoc » pour reprendre l’expression d’un responsable de CDC par un 50/50 qui n’augure rien de bon pour sa gouvernance.

Et puis voici maintenant la nomination de Ségolène Royal au poste de Vice-Président. Inutile de présenter l’ancienne candidate aux élections présidentielles, l’ancienne concubine de l’actuel Président, c’est au titre de Présidente de région, donc de notable locale, qu’elle est nommée. Outre l’aspect un tantinet népotiste qui plane sur cette nomination dans une structure qui a déjà connu quelques soupçons, la nomination d’un poids lourd de la notabili-nomenklatur socialiste au poste de vice Président de la BPI ne rassure pas les professionnels sur le futur mode de fonctionnement de l’institution. Bien au contraire. Le fiasco d’Heuliez est à bien des égards la démonstration de ce que nous avons le plus à craindre de cet interventionnisme politique clientéliste qui est le propre de nos pays d’Europe du Sud.

Mais au-delà de ces événements sulfureux, la BPI se met au travail

La Banque publique d’investissement (BPI) vient de lancer deux nouvelles aides financières pour aider les entreprises innovantes. La première est le Prêt pour l’innovation (PPI) qui, pour un montant compris entre 30 000 et 1 500 000 euros, est destiné à financer les dépenses matérielles et immatérielles liées à l’industrialisation et la commercialisation d’une innovation. Ce prêt est d’une durée de sept ans, mais remboursable à partir de la troisième année. « Le PPI aidera les entreprises à franchir la « vallée de la mort », en permettant de financer le passage d’un projet de recherche et développement à une production industrielle régulière », est-il précisé dans un communiqué du gouvernement (qui, décidément, tient à tenir les rênes en direct).

Le second coup de pouce annoncé par la BPI est le préfinancement du Crédit d’impôt recherche (CIR). Il est destiné aux PME qui en ont déjà bénéficié l’année précédente. Il permet alors de recevoir une avance de trésorerie sur le CIR de l’année en cours, plafonnée à 80 % du montant du CIR de l’exercice précédent. « Les PME n’auront donc plus à attendre, comme aujourd’hui, l’année suivante pour récupérer le Crédit d’impôt recherche correspondant : c’est une avance de trésorerie importante qui profitera aux PME innovantes », explique le gouvernement dans un communiqué. Pour rappel, le montant moyen du CIR représente 30 % des dépenses de R&D.


Sur le web.

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  • L’enfer est dans les détails.
    Cette « banque innovante » n’est jamais qu’un remake cocorico des « invests » publics et privés qui existent depuis 40 ans dans tous les pays civilisés, mais dont la première exigence est l’indépendance totale du politique.
    Ici, un « bon dossier », ce sera sans doute celui d’un « copain » …

  • Un vague parfum d’EPHAD avec le fils Sarkozy, sauf que la il s’agit de la gôche dont c’est « casher »…

    A vomir

  • il me tarde de voir l’analyse du premier bilan de la BPI.
    L’Etat « enrayeur » a toujours tout foiré ou fait foirer.

    • Les énarques sont des spécialistes de la note de synthèse. Donc il faut s’attendre à un bilan magnifique prouvant qu’ils ont sauver la France, le Monde et l’Univers. Tout cela sera bien entendu recopié dans la presse sans la moindre question, avec à la rigueur des guillemets autour des citations d’auto-congratulation.

  • De plus, la BPI est un repaire d’énarque. Son conseil d’administration est entièrement constitué d’énarque y compris Ségolène Royal et Huchon. A noter que Ségolène et le président de la BPI jean-Pierre Jouyet sont des camarades de la fameuse promotion Voltaire du président François Hollande … On, dit même qu’ils ont passé leurs vacances ensembles … bref, c’est un nouvelle exemple du népotisme à la française : l’énarchie.

    Il y a fort à parier que c’est pareil dans le reste de sa structure dirigeante. Le seul connu est le directeur général, également issu de l’ENA …

    A noter que les dirigeants précédents du FSI et d’Oséo ont été virés, probablement car ils n’étaient pas énarques … Alain Rousset, qui a gagné la participation des régions ne fait d’ailleurs pas au final parti de cette structure. Quel peut bien être son défaut ? Ne pas être énarques peut-être ?

    Je sens que les énarques, les familles et copains d’énarques vont beaucoup innover et créer des entreprises dans les années qui viennent …

    • Ségolène a prétendu ne rien toucher pour ce poste. On n’a pas entendu Huchon et les autres sur ce sujet … Mais de toute façon, je suppose qu’elle aura des frais de députés c’est à dire sans justification et une enveloppe pour payer des collaborateurs qui pourront être des proches y compris la famille …

  • Eh bien décidément….

    Une banque publique chargée d’investir dans des entreprises privées, dirigée par une bande de potes, qui n’ont pour la plupart jamais créer de boite ni même travaillé dans une boite privé (avec donc une expérience hors public nulle)….

    Bref, loi de Murphy : Si une chose peut mal tourner, elle va infailliblement mal tourner.

    Mes impôts dilapidés…. une fois de plus 🙁

    On devrait interdire la vie politique à tout personne n’ayant pas 5 à 10 ans minimum d’expérience significative dans le privé ou en dirigeant de boite…

    Avec ces énarques, on en sortira jamais.

    • Ce qui est certain, c’est que les boîtes semi-publiques dirigés par des énarques et leurs excroissances de petites taille par des hommes-liges nommés par le gouvernement ne vont pas manqués de pognons les prochaines années … Les grosses boîtes de type France Télécom quand elles ont une bonne idée la confie à des hommes du sérail qui fondent un société sans risque car avec un gros client captif. maintenant, elles pourront directement se financer en plus à la BPI. Magnifique …

  • Encore un machin qui contraindra les chefs d’entreprise d’arroser le PS pour obtenir des financements. La BPI n’est rien d’autre qu’une organisation mafieuse destinée à engraisser nos très chers élus et leurs partis…. Comme le dit si bien H16 : ce pays est foutu !

    • Si c’était juste le PS, au moins il y aurait alternance de temps en temps … C’est un des intérêts de la démocratie. Le problème, c’est qu’ici ce n’est pas un problème d’allégeance politique mais d’appartenance à une corporation. Il y a des énarques de tous les bords. Autant il y a une chasse au sorcière systématique sous Hollande contre les hauts fonctionnaires nommés par NS, autant ceux qui sont énarques conservent leurs postes ou alors bénéficient de placards dorés au lieu d’une mise à la retraite immédiate … La différence de traitement est notable. Un énarque ne peut être un traître et est donc à moitié pardonné si il fait amende honorable.

  • il sera intéressant de suivre l’arrosage d’argent gratuit des autres de la bonne marquise du Poitou-Charentes sur son fief….

  • BPi = URBA 2

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