La rupture qui menace les géants de l’énergie électrique

Publié Par Philippe Silberzahn, le dans Entreprise et management

Par Philippe Silberzahn.

C’est à l’occasion d’une intervention auprès d’un acteur de l’énergie que je me suis intéressé aux ruptures en cours dans ce secteur. Je n’ai pas été déçu. Comme tant d’autres, l’énergie se trouve au carrefour de ruptures technologiques, géopolitiques, entrepreneuriale et sociétales qui menacent directement les grands du secteur. C’est particulièrement vrai pour l’électricité avec le concept de ‘parité divine’, situation atteinte lorsqu’il devient possible, avec le solaire, de produire de l’électricité largement en dessous du coût de fonctionnement du réseau traditionnel. Nous ne sommes pas loin, dans ce secteur, d’un point de bascule…

Les ruptures dans le domaine de l’énergie sont très nombreuses. Une recherche en a mis plusieurs en avant :

Évolution de la réglementation

L’une des sources majeures de rupture est naturellement l’évolution de la réglementation. Nous passons d’un monde d’opérateurs monopolistiques gérés par l’État à un monde de libre concurrence. Cela impose une transformation à marche forcée pour les opérateurs historiques, obligés à courte échéance de renégocier tous leurs contrats sur des bases parfois entièrement nouvelles.

Les critères de choix sont par définition nouveaux (car avant, il n’y avait pas de choix) et ont souvent mal été anticipés : on a pu se focaliser pendant des années sur la satisfaction client et sur la performance technique, pour découvrir que finalement l’énergie est… une commodité, et que le prix est l’argument essentiel. Il y a là un changement de culture induit qui est douloureux (en gros, on passe d’une culture d’ingénieur/push à une culture commerciale/pull).

On observe d’ailleurs que plus ces opérateurs ont été protégés longtemps, plus cette transformation est douloureuse, et moins ils ont de chance de demeurer dans la course.

Effondrement des coûts des énergies

Prenant la plupart des analystes à contre-pied, le coût de l’énergie a considérablement baissé ces dernières années. C’est bien sûr vrai pour le pétrole, qui est passé de 12$ le baril en 1998 à 136$ en 2008, puis de nouveau à 30-50$ en 2016. L’impact de cette variation de prix est considérable : le pic de 2008 avait entraîné une forte réaction, notamment des investissements massifs dans les énergies dites alternatives (solaire, éolien) qui se sont avérés non rentables dès lors que le pétrole a entamé une chute brutale, juste après le pic (35$ en 2009).

L’autre grande baisse de prix concerne celui du gaz. Cela tient à la révolution technologique et entrepreneuriale du gaz de schiste et du forage horizontal qui a eu lieu aux États-Unis depuis une dizaine d’années. Contredisant toutes les prévisions, ce pays se trouve maintenant à la tête d’immenses réserves de gaz qu’il peut exporter.

Il y a naturellement de nombreux facteurs déterminant le prix de l’énergie et au regard de l’histoire, une seule certitude, les choses changeront encore : on raisonne sur les coûts bas à long terme, mais nous serons très probablement, une nouvelle fois, pris par surprise…

Mais cet effondrement ne concerne pas que les énergies fossiles. Le plus impressionnant est celui du solaire. Selon le National Geographic, le prix de l’énergie solaire aux États-Unis a baissé de 70% depuis 2009. Cela tient à plusieurs facteurs : le coût d’installation de panneaux solaires a baissé de 50% entre 2009 et 2014 (et la baisse se poursuit), tandis que leur efficacité a beaucoup augmenté : SolarCity, l’une des entreprises leader, associé à Tesla, estime ainsi que ses modules peuvent produire 38% d’électricité en plus que ceux de ses concurrents, et qu’ils coûtent pourtant moins cher à produire.

Le résultat, c’est que les contrats d’achat auprès des grands producteurs de solaire s’établissent en moyenne à 5c par kilowatt heure, très proche désormais des tarifs de l’électricité traditionnelle, qui se situent entre 3c et 6c. Évidemment les calculs se compliquent car ils y a des subventions et des incitations fiscales de tous bords, mais la tendance est là, et elle est massive.

Évolution chaotique du mix énergies

Ces évolutions de prix du pétrole et du gaz, on l’a vu, sont inattendues et démentent régulièrement les prévisions des experts les plus chevronnés.

Le nucléaire n’échappe pas à cette évolution : on avait évoqué dans les années 2000 une « renaissance » du nucléaire, mais celle-ci fut stoppée net en 2011 avec l’accident de Fukushima. L’Allemagne décide alors d’abandonner brusquement l’utilisation de l’énergie nucléaire, et de re-basculer sur le charbon, que tout le monde s’était accordé à considérer comme obsolète depuis les années 1970.

On passe du « tout pétrole + tout charbon + tout nucléaire » à l’éolien sans pétrole, puis de nouveau au nucléaire, puis retour au charbon et au pétrole. Dur à suivre ! Entre-temps, l’éolien fait une apparition très controversée.

Transformations « digital » et « data »

Pas plus que les autres secteurs, l’énergie n’échappe à la voracité du digital, et il se trouve au cœur de la grande bataille pour le contrôle de la domotique. Le compteur intelligent « Linky », qui produit une quantité massive de données sur la consommation d’une résidence, est la réponse d’ERDF à cette évolution, mais il a fait l’objet d’une résistance très forte, sur des questions de santé publique mais aussi de confidentialité, qui montre combien les acteurs traditionnels ont du mal à obtenir de leurs anciens usagers et désormais clients la même confiance qu’ils accordent pourtant si volontiers à Apple ou Google.

Il n’est pas du tout évident que ces acteurs traditionnels réussissent à passer le cap de la transformation numérique dans la mesure où, comme tant d’acteurs avant eux, ils ne l’abordent que sous l’angle de la problématique technique. Nokia avait 10.000 ingénieurs logiciels, mais l’entreprise finlandaise n’avait pas pour autant une culture logicielle. Elle avait une culture matérielle et design, et elle n’a pas résisté à la grande transformation du téléphone d’un objet de communication à une plate forme logicielle.

Développement de boucles locales

Dernière rupture notable et non des moindres : la capacité désormais en très forte augmentation, pour les entreprises et les particuliers, de produire leur propre électricité à très faible coût. L’effondrement des coûts des panneaux solaires et l’augmentation exponentielle de leur rendement constitue un facteur-clé. Le développement de batteries intelligentes et performantes en est un autre.

J’ai eu l’occasion d’écrire dans un article précédent à quel point la batterie PowerWall de Tesla (encore eux) était révolutionnaire. Elle l’est moins en raison de ses performances purement techniques qu’en raison du fait qu’elle s’inscrit dans un nouveau réseau de valeur, où toutes les évolutions évoquées ici se combinent pour disrupter complètement le marché actuel de l’électricité.

Le développement de la production locale remet complètement en question le modèle d’affaire de toute l’industrie depuis un siècle, celui de la centrale. Au contraire, on va probablement vers la décentrale. À tel point qu’il ne sera plus possible à ces centrales d’être rentables. Leur coût est tel qu’elles n’ont de sens que si elles produisent massivement (modèle de coût fixe très élevé).

Toute baisse de production résultant d’une baisse de la demande due au développement de la production locale la rapproche du seuil fatidique du coût fixe, en dessous duquel on produit à perte. En fait, selon certains observateurs, la baisse du coût de production du solaire est telle qu’on va assez rapidement franchir ce seuil et atteindre non plus le grid parity (c’est-à-dire le prix de production du réseau actuel de centrales) mais la god parity, la parité divine, le point où l’électricité solaire est tellement peu chère qu’elle tombe bien en-dessous du coût du réseau et que même si le charbon, le pétrole et le plutonium étaient gratuits, le modèle basé sur les centrales ne serait plus rentable.

On peut s’attendre à un bain de sang, à moins que la consommation d’électricité soit tellement forte que les prix soient contenus (développement significatif des voitures électriques par exemple).

En conclusion, ces ruptures très profondes – et il en existe sûrement d’autres – ne remettent pas juste en question les marchés des acteurs classiques de l’énergie. Elles remettent en question les modèles mêmes sur lesquels ils ont opéré et, au-delà, leur identité profonde. Si l’histoire offre une leçon, c’est bien celle selon laquelle la transformation de modèle — et donc d’identité — face à une telle rupture, est extrêmement difficile.

Sur le web

  1. Après l’exil fiscal, voici venir l’exil énergétique.

    Produire soi-même son énergie pour ne plus dépendre des sautes d’humeur des opérateurs, régulateurs et autres taxateurs.

    1. L’un des exils ne va pas sans l’autre. Les taxes et réglementations sont les facteurs essentiels du coût de l’énergie à usage domestique. Quant à produire soi-même, c’est une chose, être autonome, c’en est une autre. Trois jours isolé du réseau après une tempête de neige, et que vous soyez éleveur ou retraité dans votre trou de campagne, vous verrez d’un autre oeil l’autarcie énergétique…

    2. Ne craignez rien : les taxes élevées sur les batteries sont à prévoir.
      L’état s’occupera de taxer tout ce passe à sa portée, à défaut de taxer EDF ou ERDF, il se rattrapera ailleurs 🙁

  2. Mais, mais… je ne comprends pas… on nous répète à longueur de temps sur ce sit que l’éolien et le solaire sont des mensonges, du vol, un complot mondial pour que certaines entreprises puissent faire des bénéfices faramineux, que le nucléaire est l’avenir…
    Et vous nous dites que le solaire moins cher que le coût du réseau, en faisant la ressource la plus concurrentielle… hum hum cet article va déchaîner les passions!

    1. Jusqu’à présent la production photovoltaïque était rachetée par EDF au prix fort car fortement subventionnée.
      Si l’on produit moins cher et pour soi avec du photovoltaïque le problème est totalement différent. Plus besoin de réseau ni d’opérateur ni de subventions. Reste à régler l’intermittence . Mais si les batteries font également des progrès …. c’est bon.

      1. Il faut aussi régler les pannes

    2. non, on critique surtout les subventions me semble il et Il y a michel gay pour la promotion du nucleaire… le secteur de l’énergie est tellement réglementé qu’il doit être impossible de faire quelque raisonnement libéral qui soit.

    3. Enlevez les subventions et on en reparle ❗

      1. Comme si le nucléaire n’avait pas été subventionné!!!!!

        1. Il ne l’est plus. Au contraire l’état taxe un max pour récupérer des sous.

    4. @Ralph: On critique les méga structures éoliennes ou solaires, qui ne peuvent exister que par le soutien de l’état, les subventions, la vente forcée (voir en Espagne). L’auteur ici parle du solaire local, décentralisé, conçus non pas pour fournir le réseau national mais local ou individuel.
      Le solaire peut être très efficace pour l’ECS ou soutien du chauffage central basse température.

  3. super , adresse du revendeur/installateur de panneaux solaires magiques ……comment ça , vous ne l’avez pas ?

    1. Evaluez votre consommation annuelle (facture edf…), optimisez-la.

      Regardez combien il faut pour couvrir vos besoins raisonnables, en Wh par jour.

      Voyez le potentiel d’ensoleillement de votre région : http://re.jrc.ec.europa.eu/pvgis/apps4/pvest.php#

      Puis faites votre marché ici : http://shop.rainbow-techs.com/

      Sans vouloir faire de pub excessive pour ce revendeur (j’y ai acheté un kit 250W dont je suis très satisfait), ses tarifs sans subvention aucune, sont intéressants.

      On voit que le graal de la parité n’est plus une utopie, mais un simple calcul d’opportunité avantages/inconvénients, tout à fait à la portée d’une bonne partie des Français pas trop pauvres.

      On est dans le même ordre de grandeur de prix/investissement que le surcoût dû aux options bling-bling d’une voiture moyenne gamme : entre 1 et 4k€. Le prix de l’indépendance.

      Les subventions sont un piège. C’est l’appât qui gigote au bout de l’hameçon et vous rend prisonnier d’un paquet de conditions léonines.
      Abandonnez toute idée de subvention et vous retomberez sur vos pattes.

      1. Et que faites vous avec 250 watts ?

        1. ben ça suffit même pas a éclairer mon salon

          et en plus je peux même pas l’eclairer puisque l’electricité solaire marche pas la nuit…. et que les batteries sont hors de prix

        2. C’est sur un fourgon aménagé. Ca donne déjà pas mal d’autonomie électrique (pc, tel, vélo, éclairage, glacière…) Mais pas ce qui contient une résistance.

          1. Autrement dit pas grand chose

  4. Pour tous ceux qui se mettraient à croire les billevesées de ce billet, je leur conseille fortement de se référer au document EDF du prix de revient de production de l’électricité en fonction de son processus :

    https://www.lenergieenquestions.fr/wp-content/uploads/2013/07/source-dénergie-et-différences-de-coût-©-EDF.jpg

    1. @ ADB

      Vous n’auriez pas un informateur un peu plus « objectff » ou « moins intéressé »? Ce serait sans doute plus crédible!

      1. Il est indiqué : source cour ds comptes …

        Après, ces discours sont pipés et les conclusions que l’on met en avant à partir de chiffres bricolés ne résistent pas longtemps à un minimum de bon sens :
        – le prix de production à partir du gaz sont juste après le nucléaire. Pour un pays pauvre (pas d’infrastructure, peu de technicité, peu de moyens pour investir) ou pour un pays disposant de ressources sons forme de gaz de schistes (minimisation des pertes au transport, pas d’import), c’est surement le plus rentable.
        – un prix de production n’est pas un cout final d’utilisation. Sinon, si je prends les couts de fabrication en Chine, je multiplie mon niveau de vie par 10 …
        – les calculs de technocrates sont stupides : ils ne sont pas passés par le filtre du marché. Les prix dépendent fortement des volumes, des contraintes, des engagements sur la garantie de livraison ou de dépannage, de la mutualisation … Quand en plus ces prix sont calculés par des gens incompétents ou de mauvaise foi, ils sont probablement biaisés d’un facteur 3.
        – les « projections » sont stupides et/ou malhonnêtes : on n’a aucune garantie sur les progrès techniques, on à tendance à raisonner sur des modèles économiques figés ou au contraire utopiques, et surtout on part du principe fondamental stupide que la production électrique doit « sauver le monde », y compris dans les pays qui n’ont pas de production électrique et donc pas d’éclairage ou de réfrigérateurs. (Ils auront probablement leurs hordes de bobos dans les villes avant d’avoir des équipements décents dans les campagnes).

  5. euh un des problème du solaire reste la succession des jours et des nuits…c’est toujours un couple stockage/ solaire qu’on peut comparer à une énergie pilotable.

  6. « C’est à l’occasion d’une intervention auprès d’un acteur de l’énergie… »
    Quel acteur? Servant quels intérêts? Noter le coût relativement « faible » de l’électricité solaire en lentionnant les subventions ressemble à une imposture.

  7. Sauf qu’une baisse de 70% du coût du solaire en 5 ans ça fait -50% en 10 ans ce qui renvoie la date du grid parity dans les années 2030 et le god parity bien au delà.
    En plus il faut rappeler que le solaire est une énergie intermittente (que fait’on la nuit ?) et donc je trouve cet article très optimiste quant à la disparition prochaine des grosses centrales.

    1. @ Liam
      Le problème, ce ne sont pas les centrales mais la conduction de l’électricité pour la distribution (avec pertes): ces lignes à haute tension qui gâchent plus de paysages (et font du bruit!) que des éoliennes judicieusement placées (seules rentables, à mes yeux). En hiver, c’est souvent ces lignes interrompues qui nécessitent régulièrement les techniciens EDF pour rétablir le courant pour la clientèle.

      Donc oui, les frais de « distribution » à partir d’une centrale seront toujours plus élevés qu’une solution autonome.

      D’ailleurs, si vous pensez simplement à l’Afrique, il est clair que le câblage du Congo est évidemment impayable; par contre le solaire et éventuellement l’éolien peuvent y avoir leur évidente utilité!

      1. et les pertes en lignes sont un problèmed’autant plus grand quand on utilise peu les lignes…!!! mais qu’on en a besoin malgré tout…

      2. Donc oui, les frais de « distribution » à partir d’une centrale seront toujours plus élevés qu’une solution autonome.

        Ben ouais. Mais les frais de batterie pour la solution autonome, eh bien bonjour et attention les vélos 🙂
        Et si vous voulez faire la popotte avec, c’est le prix d’une voiture qu’il faudra mettre sur la table…

        Sinon, pour les lignes électriques, cela s’enterre dans de bonne grosse tranchées. Mais il faut choisir entre cela et les moulins à vents. Because subventions.
        Et moi, le Moulin à Vents, il est meilleur en bouteille, je trouve 🙂

      3. « Donc oui, les frais de « distribution » à partir d’une centrale seront toujours plus élevés qu’une solution autonome. »

        Un moulin à vent de 150m de haut n’a rien d’une solution autonome : c’est une mini centrale qui présente les défauts d’une grande – nécessité d’élever la tension pour réduire les pertes, construire des lignes, synchroniser avec le réseau et délester en cas de problème, produire trop de courant pour pouvoir le stocker – sans offrir les avantages d’une grande – concentration, disponibilité.

        Si vous voulez être autonome, vous n’aurez pas la même efficacité avec des PV ou un mini ventilateur. Et le stockage/restitution du courant vous fait perdre au moins 20% – pas mieux globalement que des pertes en ligne. De plus si vous stockez quelques milliers de batterie de smartphone dernier cri chez vous, votre espérance de vie est fortement réduite.

        Pour l’Afrique, arrêtez de vous payer leur tête : en brousse, ils ont besoin de groupes électrogène fiables et bien entretenu et de prix de revente très bas. Et surement pas de ridicules panneaux PV de 1 m2 pour fournir quelques Watts pour allumer des lampes quand il fait jour !

        1. Et pour l’écologie, pour faire cuire la bouffe dans un coin reculé il y a 2 solutions : le feu de bois ou la bonbonne de gaz (même si elle doit voyager sur le porte-bagage d’une mobylette dans des chemins défoncés). Avez vous déjà vu quiconque (à part des bobos) tenter de faire cuire le foutou avec un four solaire ?

        2. Dans les pays en « voie de développement », les populations qui tentent de fuir la pauvreté des campagnes s’agglutinent dans des bidon-villes en périphérie des métropoles. Avez vous déjà vu des bidon-villes avec des éoliennes, des PV et des fours solaires ? Ca me tue d’entendre des bobos-écolos expliquer aux pauvres que s’il n’ont pas de pain, ils doivent manger de la brioche écologique.

  8. Ce discours manquent de bases techniques voire même économiques, ce qui en rend les conclusions totalement erronées.
    En effet : la « parité divine » et de manière plus terre à terre le moment où les énergies solaires et éoliennes deviendraient moins cher que les énergies traditionnelles (fossiles, hydraulique et surtout nucléaire), n’est pas pour demain : c’est un discours tenu par des antinucléaires de base, contredit par le simple fait que ces énergies bénéficient de grasses subventions sans lesquelles personne ne les utiliserait.
    Ensuite, si l’on croit au changement climatique, il est irresponsable de mettre en avant l’effondrement du prix des combustibles fossiles en raison des gaz de schistes américains : car s’il s’agit bien d’une réalité, cette situation aggrave les rejets de CO2 en raison de l’utilisation massive du charbon et du gaz. ET ceux qui prétendent que le gaz est propre se mettent le doigt dans l’œil : le gaz émet 400 g de CO2 par kWh électrique produit, à peine moins que le charbon (1000 g/kWh) alors qu’hydraulique ou nucléaire par ex sont voisins de 0.
    Enfin, les énergies solaires et éoliennes sont « intermittentes », c’est à dire produisent de manière aléatoire suivant la météo et en moyenne 15 à 25% du temps. Ces énergies sont donc « impropre à la consommation » (comment compter sur elles quand il fait nuit et sans vent ?). Il faudrait pouvoir stocker l’électricité produite en période de vent de se soleil, mais on ne sait pas le faire de manière massive et surtout de manière économique. Dit autrement, il n’existe à l’heure actuelle aucune solution industrielle, ce qui conduit par ex les Allemands à démarrer d’énormes centrales au charbon pour compenser les absences de production de leurs éoliennes, et à polluer gravement leur pays et les voisins (donc le nôtre).
    En France, c’est l’hydraulique et le nucléaire qui ajustent leur production aux fluctuations de la consommation mais aussi des productions éoliennes et solaires. Pour dire que ces dernières ont atteint la « parité divine » il faudrait donc comparer leur prix de production (sans subventions !!!) à celle du nucléaire ou de l’hydraulique, mais en les associant à des centrales de compensation pour comparer des choses comparables. Et aujourd’hui il n’y aurait que le gaz pour servir à soutien à l’éolien et au solaire : son coût serait donc à ajouter à celle des centrales éoliennes, et dans ce cas la parité divine s’éloignerait encore.
    De plus, comme dit plus haut, le gaz génère du CO2 et dérègle le climat. Il est prévu de taxer ses émissions de carbone, ce qui repoussera d’autant la parité divine, en la transformant en « mirage infernal » !!!

  9. https://youtu.be/Kxryv2XrnqM – cela pourra apportée un éclairage complémentaire de la part de Tony Ceba qui ne fait partie d’aucune des « chapelles énergétiques » en jeu.

  10. La relocalisation de la production d’énergie est peut être envisageable pour le particulier mais seulement lorsque des solutions de stockages locals et pérennes existeront. Sinon, c’est la double-peine : installer du renouvelables locals, et maintenir en parallèle un réseau et des centrales d’appoint pour gérer l’intermittence.

    Quant aux industries gourmandes (cimenteries, aciérie, aluminium, etc.), il faudra bien conserver des centrales de fortes capacités, ne souffrant pas d’intermittence.

  11. il paraitrait que nous consommions trop d’énergie en France , trop d’eau trop de graisse trop de viande trop de pesticides trop de tout et pour nous obliger à baisser notre consommation…quoi de mieux que d’en augmenter le cout .
    alors , c’est quoi cette histoire de production individuelle d’énergie bio ou de petits pois bio , l’industriel qui a enrichi le monde ne marcherait plus en France ..en tout cas il y a une industrie qui y marche fort , la fabrication de chômeurs a durée de vie limitée par l’état français !

  12. Rien que le terme de « parité divine » indique bien que cet article est plus proche d’une profession de foi que d’une analyse rationnelle du secteur de l’énergie. On est très proche des élucubrations de Jeremy Rifkin avec ses prédictions d’autonomie complète des foyers avec leur PV, leur éolienne et leur imprimante 3D. On encore du délire de l’Adème qui prétend que le passage au « 100% renouvelable » est à notre portée.

    La production d’électricité c’est de l’industrie lourde. Le photo-voltaïque a besoin d’une sérieuse rupture technologique pour s’imposer. Entre la rupture technologique en labo et la production de masse, il y a du travail. Il y a des dizaines de milliers de chercheurs qui travaillent sur le sujet, et cela ne date pas d’hier. Le nucléaire, le charbon, le pétrole et le gaz ont encore de beaux jours devant eux.

    1. hors taxes , rien ne peut rivaliser avec le charbon , le gaz , le pétrole , le bois, le nucléaire….le charbon, le gaz on n’a pas ,tout le reste est disponible.et pourtant tout est taxé au maximum cela veut biendire que l’énergie n’est pas un problème mais bien pratique pour accumuler des impôts et nourrir l’état…pas besoin de se casser la tête avec ce faux problème, il n’y a aucun problème d’énergie , seulement un problème de dépense de l’état, dépenses nécessaires pour se maintenir au pouvoir…en fait , on n’a plus besoin de l’état tel qu’il est aujourd’hui avec la technologie que l’on dispose !

  13. Certains superlatifs me semblent exagérés mais oui, on a détruit l’équilibre à force de vision atomisée et pas assez atomique … Rien sur le EROI ? Sur les prix qui explosent pour le consommateur ? Sur les millards de capitalisation partis en fumée ? Sur le black-out à venir ? Sur la croissance bloquée aussi à cause de tout cela ?

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