Les coups de gueule comme moyens de management

Avec la réforme des retraites et tous ceux qui n’ont pas l’air d’en vouloir, on va pouvoir probablement tester l’expression des coups de gueule et des colères « saines », ou pas.

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Emmanuel Macron by ALDE Party(CC BY-NC-ND 2.0)

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Les coups de gueule comme moyens de management

Publié le 16 janvier 2023
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La colère n’a pas bonne réputation. Il en est une nouvelle victime mise en évidence par Le Figaro de lundi 9 janvier sous la plume de François-Xavier Bourmaud.

Lui, c’est bien sûr Emmanuel Macron : dans la salle des fêtes de l’Elysée, à l’occasion d’une réception avec les boulangers pour la galette, il a eu un petit moment de colère (pas vraiment une grosse colère quand même) en proférant : « Moi, j’en ai ras le bol des numéros verts dans tous les sens ». Une colère plus dans les mots que dans le ton de la voix qui est resté raisonnable.

Mais c’est l’occasion pour François-Xavier Bourmaud de rappeler qu’en ce moment, Emmanuel Macron se met souvent en colère en Conseil des ministres, le journaliste appelle ça « la stratégie de la colère ». Il cite anonymement un membre du gouvernement qui parle de « Conseil des ministres format « coup de gueule ».

Pour François-Xavier Bourmaud, c’est une manière de dire qu’il y a peut-être des ratés dans l’action du gouvernement mais qu’il n’en est pas le coupable. Les coupables, ce sont ces ministres. Il cite une anecdote : lors du Conseil des ministres de rentrée, Emmanuel Macron pousse un nouveau coup de gueule : « Mettez-vous du côté des gens ! Arrêtez de raisonner en moyennes ».

Mais voilà que Bruno Le Maire déclare deux jours plus tard, en rendant compte des discussions avec les fournisseurs d’énergie : « Ils ont accepté de garantir à toutes les TPE qu’elles ne paieront pas plus de 280 euros le MWh en moyenne en 2023 ». Aïe ! Comme le remarque perfidement le journaliste, « Il n’avait pas dû bien écouter le chef de l’Etat », pour en conclure que « le problème avec les coups de gueule, c’est qu’à force de se répéter, on finit par ne plus les entendre ».

Pourtant, on dit aussi qu’il y a des colères saines et qu’il vaut mieux un bon coup de gueule que de garder sa rancœur pour soi sans la manifester ou pire, d’éviter tout débat pour fuir le conflit.

François-Xavier Bourmaud a quand même trouvé un conseiller du président satisfait (ou un peu lèche-bottes) : « S’il y a parfois des coups de gueule, le président agit surtout en chef d’équipe ».

Et même un ministre (toujours en off) : « Il a raison de s’énerver. Cela montre qu’il n’est pas déconnecté, qu’il n’a pas la tête à autre chose que de réussir son mandat ».

L’experte qui intervient souvent sur le sujet, c’est Sophie Galabru qui est l’auteur de Le visage de nos colères. Elle est encore interrogée ICI et ICI.

Pour elle, « refouler sa colère au profit de la docilité et du silence mène à une violence bien plus grande, parfois jusqu’au burn-out ».

Dans un monde du business où « le management est devenu une injonction à la joie », cette défense de la colère et des coups de gueule tranche un peu. Car en général la colère est plutôt accusée d’être négative et dangereuse et même de parasiter l’énergie et la cohésion d’un groupe managé par elle. Et ce serait plutôt la joie qui favoriserait la créativité et la productivité alors que Sophie Galabru considère que la colère nourrit aussi la créativité et l’énergie. La violence n’est pas dans la colère, mais dans une tentative qui voudrait essayer « d’étouffer le débat, de retirer à l’autre la chance de s’exprimer ».

Pour l’auteur, il y a des bonnes et des mauvaises colères. La mauvaise, c’est celle qui bascule dans l’agressivité. La bonne, c’est celle qui favorise la pluralité des points de vue, l’écoute de l’autre et le conflit d’idées saines.

Avec la réforme des retraites et tous ceux qui n’ont pas l’air d’en vouloir, on va pouvoir probablement tester l’expression des coups de gueule et des colères « saines », ou pas.

Cette histoire de colère saine, cela rappelle aussi cette sortie lors d’un débat :

 

 

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  • Le coup de gueule se produit quand les subordonnés traînent les pieds pour appliquer les ordres du chefs. Ou que les subordonnés sont incompétents à appliquer les ordres du chefs.
    Quel beau gouvernement nous avons pour redresser la France !

    • Ou que le chef se contredit mais comme il est hors de question pour lui d’être responsable de quoi que ce soit, il s’énerve sur les subalternes, qui ne vont piper mot pour garder leur maroquin, les amenant à ne surtout pas la ramener…

      • Le chef ne se contredit jamais. C’est le subalterne qui comprend mal. D’où le coup de gueule encore plus justifié. Voyons !!!

  • Ce pauvre Macron est typique du godelureau qui rêve d’être un chef mais qui n’en a ni les compétences ni les qualités.
    Le propre d’un chef est de s’entourer des meilleures personnes possibles, les plus intelligentes et les plus compétentes. S’il peut être utile de recadrer les choses, les gens dont on s’est entourés ne sont pas des gamins, et il n’est nul besoin de mettre en scène des colères ou de moquer publiquement ses collaborateurs pour se faire valoir.
    Sur tous les sujets et j’aimerais qu’il y en ait au moins un où ce ne soit pas le cas, ce pauvre garçon nous prouve depuis 6 ans qu’on le subit qu’il n’a pas l’intelligence des situations et qu’il n’a aucun bon sens : c’est la définition même de l’idiotie dans le dictionnaire Robert. Quant à ses qualités de chef, il n’en a aucune si ce n’est un certain charisme auprès de personnes à la faible personnalité se cherchant un leader car incapables d’exister par elle-même. Et contrairement à vrai patron, si on prend ses collaborateurs un par un, Macron ne s’entoure que de personnes assez insignifiantes aux compétences discutables… comme si c’était la seule manière d’espérer briller par effet d’inversion…

  • Les coups de colère ne m’impressionnent jamais car ils rendent ridicule celui ou celle qui les pousse. Du moins, c’est ce que je ressens depuis toujours.

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