La concurrence, un facteur d’égalité

Ce que l’on n’explique pas assez à nos concitoyens, c’est que l’émulation fait grandir.

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La concurrence, un facteur d’égalité

Publié le 24 août 2022
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Interrogé par des journalistes à la suite de sa défaite de Wimbledon, Roger Federer a eu à propos de la concurrence des mots que chacun de nous devrait méditer sur sa vision de la concurrence :

« Nos résultats montrent que nous pouvons avoir des carrières incroyables en jouant au même moment tous les trois [Roger Federer, Novak Djokovic, Rafael Nadal, NDLR] ; les gens pensent que nous nous sommes pris des titres, ce qui est sans doute vrai, mais nous sommes également poussés les uns par les autres. Chacun progresse au contact des autres, je pense que nous sommes devenus les joueurs que nous sommes grâce à cette rivalité entre nous. »

Ce que dit ce formidable champion, élégant et unanimement reconnu, dépasse très largement le cadre du sport pour s’appliquer à toute activité humaine : l’art ? Pensez à Monet, Renoir et Pissarro. La recherche scientifique ? Pensez à Albert Einstein, Niels Bohr et Max Planck. Les Beatles auraient-ils porté la musique aussi haut sans les Rolling Stones et les Bee Gees ?

 

L’émulation fait grandir

Ceci est évidemment vrai dans le domaine de l’entreprise. Ce que l’on n’explique pas assez à nos concitoyens, c’est que l’émulation fait grandir. La concurrence est mal vue dans notre pays, où elle évoque l’idée du gros qui écrase le petit. Federer nous rappelle que, quand elle est saine, elle est la meilleure des écoles et que le tuteur le plus efficace est toujours l’adversaire le plus redoutable.

La concurrence est une école d’humilité parce qu’elle vous évite de prendre la grosse tête. La concurrence est spontanément généreuse puisqu’en provoquant la baisse des prix elle redonne aux consommateurs les gains de productivité. En s’attaquant aux monopoles, la concurrence est facteur d’égalité. Quand on y réfléchit bien, la concurrence est un autre nom qu’on pourrait donner à la liberté.

Le jour où dans nos écoles chaque élève aura compris cette idée simple, rendue plus audible quand elle sort de la bouche d’un champion sportif incontesté, notre pays ira probablement beaucoup beaucoup mieux !

Sur le web

 

Un article publié initialement le 19 septembre 2019.

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Créer un compte Tous les commentaires (15)
  • Imagine-t-on Bruno le Maire attacher un boulet de 5kgs au pied de Nadal à Roland Garros?

  • Je crois que c’est le directeur d’Avis-rent-a-car qui disait : « quand vous êtes n°1, vous ne pouvez que le rester ou reculer ». Quand vous êtes n°1 et seul, vous ne pouvez que reculer, sans même vous en rendre compte

  • La concurrence est une émulation, oui. Le problème, c’est qu’elle ne soit pas faussée…

  • Oui mais justement le sport qui véhicule cette image n’a pas sa place dans l’éducation.
    Le sport est vecteur de libération et de compétition.
    Pour que les élèves comprennent cette idée simple, il n’y a que le sport qui peut etre vecteur d’Effort de surpassement de soi-même , et de défaite et de compréhension de celle-ci.
    Mais le sport est mal vécu en France ; les entreprises ne peuvent pas soutenir le sport sans être taxé et voila la boucle est bouclé, on en revient toujours au même.
    Les anglo-saxon l’ont bien compris, le sport est vecteur d’image tellement fort que les entreprises ont bien moins de taxe que nous. Mais allez le dire à des élites d’un autre temps est une peine perdu

    • Quel sport ? L’athlétisme, la natation et quelques autres, où l’arbitre est le chrono ou le mètre et la toise, OK. Mais les sports d’aujourd’hui sont le foot ou le VTT acrobatique, la connivence et la flatterie des juges y règnent en maîtres, ils n’éduquent en rien à la concurrence.

      -1
  • Excellent article et excellente référence, Roger Federer étant incontestablement un champion non seulement dans le domaine du tennis mais aussi dans celui de l’intelligence et de la courtoisie.

  • J’eus préféré que vous fassiez des comparaisons entre Mozart, Haydn, Haendel, Beethoven, Schubert ou Schumann pour ne citer que quelques très grands musiciens, devant lesquels vos beatles font bien pâle figure.

    -3
    • Si j’étais communiste, j’aurais citer Jul comme exemple d’émulation ratée par la concurrence ultralibéral ?

    • Je sais que Mozart était précoce mais je doute qu’il se soit trouvé en concurrence avec Haendel qui est mort quand il avait trois ans.

  • Federer, concurrence? Ah bon? Tous les sportifs en fin de carrière voient la concurrence des plus jeunes, c’est on ne peut plus logique!
    Une entreprise qui produit d’anciens modèles est concurrencée par celles qui innovent .
    Une entreprise phare tient un monopole si aucune autre innove.
    Mais le monopole est aussi assuré par l’aide des états pour empêcher la concurrence avec les réglementations, les paradis fiscaux: les gafa, coca cola, boeing. Pour aider les innovants d’autres états doivent faire la même chose: Huawei, airbus.
    Mais en général pour les autres il y a la concurrence sauvage et déloyale qui rabaisse tout: course aux bas prix en abaissant la qualité, multiplication des acteurs qui aboutit à la non rentabilité de tout un secteur: Uberisation, auto entrepreneurs, travail au noir, trop de boulanger ou de coiffeurs dans une commune.

    -3
    • « Une entreprise phare tient un monopole si aucune autre innove » : si une autre entreprise est en mesure d’innover, ce n’est donc pas un monopole. Ne pas confondre position dominante et monopole.

      « le monopole est aussi assuré par l’aide des états » : un monopole existe si et seulement si l’Etat l’assure. A défaut, pas de monopole possible. Tout monopole est nécessairement public ou une excroissance étatique. Si vous parvenez à citer un seul exemple de monopole « privé », sans aucune intervention étatique, vous gagnez un caramel mou.

      « la concurrence avec les réglementations, les paradis fiscaux » : il existe des paradis fiscaux parce que les taxes/réglementations sont abusives. Les enfers fiscaux sont le problème, pas les paradis.

      « la concurrence sauvage et déloyale » : argument de mauvaise foi, qualificatifs généralement employés par les corporations pour limiter ou interdire la concurrence, détourner les richesses à son profit aux dépens des clients. Au contraire de vos affirmations erronées, la multiplication des acteurs pousse à la qualité puisque c’est le moyen de justifier un prix plus élevé. Par ailleurs, l’apparition d’acteurs à bas coût solvabilise une clientèle qui ne pouvait pas consommer avant leur entrée sur le marché. Si les parts de marchés relatives baissent, la taille du marché augmente. Au total, l’effet de richesse supplémentaire bénéficie à tous les acteurs.

      Uber : offre un service original que les taxis ne voulaient pas offrir. Tant pis pour cette corporation victime de son excès de gourmandise et de son mépris de la clientèle.

      Auto-entrepreneurs : poussent les artisans à la qualité.

      Travail au noir : rentable du fait de l’excès de taxation. Quand un salarié touche seulement 8 euros de l’heure relativement à un coût de 18 euros de l’heure pour le patron, le travail au noir est extrêmement rentable (gain possible de plus de 100%). Réduire les taxations pour supprimer le travail au noir.

    • Pour rester un peu factuels, sa concurrence avec Nadal dure depuis presque 15 ans, et celle avec Djokovic depuis plus de dix ans. C’est pas tout à fait ce qu’on peut appeller une « fin de carrière »…

  • C’est comme en France : c’est à celui qui captera le plus d’aide. L’émulation, ça existe aussi en France !!!!

  • Les commentaires sont fermés.

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