La carte d’identité, de Vichy à aujourd’hui

La vie des citoyens est de plus en plus surveillée et contrôlée par ceux-là même qui accroissent le secret et l’opacité autour de leurs décisions.

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La carte d’identité, de Vichy à aujourd’hui

Publié le 3 juin 2022
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Article disponible en podcast ici.

Parmi les nombreuses lubies de notre Président il s’en trouve une très préoccupante : sa volonté de traquer ses citoyens, car selon lui « dans une société démocratique, il ne devrait pas y avoir d’anonymat. »

La crise du covid lui a donné de nombreux prétextes à cette fin. En effet d’un côté, le citoyen voyait tous ses résultats de santé conservé et centralisé par l’État pour son bien dans le Health Data Hub. Ce qui est également bien pour le gouvernement américain, puisque l’hébergeur fut Microsoft. Ce qui est bien aussi pour les pirates qui y trouvèrent un moyen simple de récupérer d’un seul coup les données de 1,4 million de Français.

Le summum fut évidemment l’instauration d’un pass vaccinal. Une véritable note sociale à la chinoise où le nombre de doses définit le barème d’un bon citoyen. Cet outil avait aussi toutes les caractéristiques techniques pour se transformer en outil de surveillance massive avec seulement quelques lignes de code.

Pendant que la vie du citoyen devient plus transparente et traçable que jamais, le gouvernement et BigPharma se sont tapis dans le secret et l’opacité la plus totale. Les résultats de Pfizer prouvant l’efficacité du vaccin sont classés secret. Macron a quant à lui changé ses conseils de ministres en conseils de défense afin que toutes les décisions, prises durant le covid, soient protégées par le secret défense pour 50 ans.

À cela s’ajoute l’affaire McKinsey, qui au-delà de la simple évasion fiscale, jette un grand flou sur le fonctionnement de nos ministères. En effet, comme le soulignent les sénateurs, les consultants McKinsey se retrouvent à rédiger les directives à côté des agents gouvernementaux. Partant de là, les raisons derrière chaque décision et les potentiels conflits d’intérêts deviennent opaques et peu audibles.

Nous avons donc d’un côté la vie des citoyens de plus en plus épiée, fliquée et contrôlée par ceux-là même qui accroissent davantage le secret défense, le secret des affaires et l’opacité de leurs décisions.

Ainsi, il n’est plus rare de voir nos élites s’en prendre directement à des technologies comme le Bitcoin, le chiffrement ou l’anonymat en ligne par VPN ou Tor. Ces technologies permettent justement aux citoyens de conserver leur vie privée malgré la pression de l’État.

Puisque visiblement l’Union européenne s’attaque à interdire le Bitcoin et le chiffrement, Macron se focalise actuellement sur l’anonymat en ligne, avec comme mission d’instaurer une identité numérique.

 

La carte d’identité, une longue histoire

Pendant plusieurs siècles en France, un passeport interne, un passeport d’ouvrier ou un sauf-conduit étaient nécessaires pour se déplacer sur le territoire. Ces documents ont été abolis par les républicains durant le Second Empire pour éviter la surveillance de l’État.

Ce n’est que le 27 octobre 1940 sous Vichy que la carte d’identité que nous connaissons a été instaurée. À la différence des passeports internes qui étaient obligatoires uniquement en cas de déplacement sur le territoire ou pour les étrangers, la carte d’identité est obligatoire pour tous les Français.

Le but était bien sûr de surveiller les Français dans leur vie et leurs déplacements. Aussi une mention Juif était apposée sur la carte pour aider le gouvernement dans sa tâche.

Ensuite, comme toujours, cette mesure provisoireexceptionnelle et ciblée se pérennisa et se généralisa.

Cette envie de la part de nos dirigeants de traquer la population est donc à l’origine de la carte d’identité. Cette volonté se perpétue avec les dirigeants actuels (à l’Élysée, à Bruxelles ou encore à Davos) qui veulent pousser le contrôle d’identité en permanence et partout.

Notre identité est déjà contrôlée pour n’importe quelle démarche administrative ou lors d’un contrôle dans la rue et il n’y a pas si longtemps pour aller au restaurant. Or, avec l’instauration de la reconnaissance faciale, notre visage devient notre carte d’identité. Le gouvernement peut ainsi nous contrôler en permanence dans la rue, dans les transports ou dans les bâtiments.

Il reste malheureusement encore un endroit où même avec la reconnaissance faciale votre identité n’est pas contrôlable : il s’agit d’internet, le dernier bastion de l’anonymat dans nos vies. Le gouvernement a bien sûr légalisé le traçage continu par adresse IP sur l’internet français. Mais des logiciels comme le VPN ou Tor permettent de le contourner (cf ma vidéo sur le sujet). Heureusement, le gouvernement a pensé à tout !

Grâce à la carte d’identité numérique, internet ne sera plus anonyme. L’État souhaite débuter par certains sites comme les réseaux sociaux et les sites pornographiques. Mais il pourra la généraliser très facilement. Par exemple en liant votre carte d’identité à votre box internet. Ainsi, chaque requête faite sur internet sera liée à votre identité numérique même si vous passez par un VPN ou Tor pour vous protéger.

Ainsi, dans la rue ou sur internet, votre surveillance deviendra permanente et totale. Voilà une belle mission réservée à Bruno Le Maire, nouveau ministre du Numérique.

La vision de Macron prolonge celle de Vichy en son temps. Le père du peuple se doit de tout savoir de ses citoyens pour les protéger contre les ennemis de la Nation, pendant que lui-même se drape dans le culte du secret.

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  • « Ainsi, chaque requête faite sur internet sera liée à votre identité numérique même si vous passez par un VPN ». Quelqu’un peut m’expliquer comment ? le principe du VPN c’est que personne d’autre que le VPN ne sait ce qui transite.

    • L’auteur veut dire que sur chaque site demandant une authentification, l’état aura possibilité de le savoir, même si vous passez par un VPN.

      • A quoi sert d’accéder à un service en ligne via VPN et/ou TOR et/ou HTTPS si on doit donner ses identifiants et si le serveur en question ne garantit pas la confidentialité de la transaction (par exemple une banque française vis-à-vis de l’Etat)?
        La discrétion du transport n’assure pas celle du stockage.

  • Les commentaires sont fermés.

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