Jean-Luc Mélenchon ou l’ordre analphabétique

En fait d’insoumission, et sous des airs rebelles, le candidat de LFI ne fait pas grand cas de la liberté, surtout pas de la liberté scolaire.

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Meeting Mélenchon Parc des expos (57) By: Blandine Le Cain - CC BY 2.0

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Jean-Luc Mélenchon ou l’ordre analphabétique

Publié le 5 avril 2022
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Il y a quelques semaines encore, je ricanais lorsque des amis donnaient Jean-Luc Mélenchon finaliste du premier tour, car oui, en période électorale, même les maîtresses d’école font des paris de fin de soirée. Mais à force de belles promesses et de discours enlevés, bien aidé par une droite émiettée et pusillanime, il réalise une progression spectaculaire dans les sondages et le petit refrain « Can’t Stenchon the Mélenchon » de 2017 me revient en tête. Je ne ricane plus.1

Je suis même allée mettre mon nez pointu dans ses dernières déclarations concernant l’école : à quelle sauce élèves et enseignants seraient-ils mangés s’il remportait cette élection ?

Sans surprise le candidat plaide pour une hypercentralisation du système éducatif. Il est l’un des seuls à être défavorable à une plus grande autonomie des chefs d’établissements :

« Il faut garder au service public de l’éducation son caractère national pour garantir l’égalité entre les élèves. »

Le fait que l’égalité des élèves ne soit aujourd’hui nullement garantie dans un système où les chefs d’établissement n’ont aucune latitude de choix ne le conduit visiblement pas à se questionner. Sourd aux revendications de ceux qui peinent à motiver, remplacer, former leurs collaborateurs, il préfère le statu quo.

Lorsqu’on questionne Mélenchon sur l’assouplissement de la carte scolaire, il dégaine le même égalitarisme effréné :

« Nous voulons au contraire y faire entrer les établissements privés sous contrat. »

Ceux qui refuseraient d’adhérer au système verraient leurs subventions remises en question. En clair, pour échapper à la carte scolaire, il ne suffirait plus de choisir une école privée, il faudrait en sus qu’elle soit hors contrat. Il est évident qu’en l’absence de chèque scolarité ou d’un mécanisme comparable, seules les familles les plus fortunées pourraient s’offrir ce luxe. Mais le chantre de l’égalité ne voit là aucune contradiction. Il ne s’agit en réalité pas tant d’offrir le meilleur aux enfants que de punir les plus riches et les plus ambitieux. Le système ne fonctionne pas ? Obligeons davantage de monde à y entrer. Il ne fonctionnera toujours pas mais l’égalité sera mieux respectée. Dans la frustration. Et alors ? Il est de ceux qui pensent qu’il faut absolument faire le bonheur des autres, même contre leur gré.

Dans la grande tradition communiste consistant à changer la langue pour changer la réalité, le candidat se dit aussi favorable à l’écriture inclusive pour que les femmes ne soient plus invisibilisées. Qu’elle exclue une partie des élèves, en particulier ceux qui rencontrent des difficultés dans l’apprentissage de la lecture n’est pas un problème. Pour mettre fin à la ségrégation sociale, la gratuité est brandie comme arme absolue : transports, manuels, cantines et même… protections périodiques ! Pour atteindre l’objectif de 19 élèves par classe, 160 000 enseignants seraient recrutés. Enseignants dont les salaires seraient immédiatement revalorisés de 15 %… À ceux qui lui demandent où il trouverait l’argent, il répond qu’il faut davantage taxer les riches. On se souvient du jeu vidéo Fiscal Kombat, dont Jean-Luc Mélenchon était le héros2, et dans lequel il suffisait de secouer quelques « oligarques » tels Emmanuel MacronPierre Gattaz, ou encore François Fillon pour que les lingots pleuvent.

En fait d’insoumission, et sous des airs rebelles, le candidat de LFI ne fait pas grand cas de la liberté, surtout pas de la liberté scolaire, pourtant inscrite dans notre Constitution. Il exigerait de tous les acteurs du monde éducatif qu’ils fassent allégeance à sa conception jusqu’au-boutiste de l’égalité.

  1. En 2017, slogan des militants LFI calqué sur celui des militants trumpistes : « can’t stump the Trump », soit : on ne peut pas faire trébucher Trump, son ascension est irrésistible.
  2. Jeu video dont le développement en 2017 a été supervisé par Samuel Bompard, le directeur de campagne de JLM, et dont l’objectif était de partager les richesses en récupérant l’argent auprès de ceux qui l’auraient confisqué.
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  • Avatar
    jacques lemiere
    5 avril 2022 at 7 h 35 min

    « garantir l’egalité entre les élèves »…

    l’égalité en quoi????

    cette phrase qui n’a l’air de rien signifie que vous enlevez de fait aux parents le droit de se casser le cul pour éduquer sinon choisir l’éducation de vos enfants..

    pour loi c’est NON…

    ce qui nous gêne tous est que certains enfants, donc innocents, sont jugées victimes de » mauvais » parents..

    idée d’ailleurs aux contours assez vagues.. et imprécis..

    le rôle de l’état doit se limiter à garantir que les enfants deviennent des citoyens.. savoir lire, connaissent la constitution..

    ce qui implique que les parents le soient aussi, soit adhèrent aux valeurs républicaines..liberté etc.. ce qui parfois est douteux.

    asse bizarrement l’école républicaine moderne les détruit en les remplaçant pas de l’galitarisme ( total) et de l’environnementalisme..

  • Le bipartisme est en train d’être remplacé par un tripartisme.
    Occupant une place centrale, laissant peu d’espace à des opposants de droite ou de gauche modérés, la Macronie a fait se reconstituer la fracture gauche-droite sur des partis plus éloignés du centre. LFI et RN, désormais votes utiles pour la gauche et la droite refusant Macron.
    Ce qui est amusant, c’est que ces deux-là ont un programme économique assez voisin, assez coûteux, assez égalitaire à destination du même public, le peuple des petites gens. Ils ne différent fondamentalement que par la nature de leur bouc émissaire : l’immigré pour Le Pen ; le riche pour Mélenchon.
    Le succès relatif de Le Pen vient sans doute du fait que son électorat est plus cohérent. Il y a peu d’arabo-musulmans qui chercheront à voter RN. En revanche, Mélenchon exerce une étonnante attraction pour tout bobo friqué, vaguement écolo, convaincu qu’être du bon côté du manche ne lui sera pas préjudiciable, ni à lui ni à ses enfants.

  • Melanchon est la parfaite illustration de l’idéologie pure, sans aucun réalisme. C’est l’équivalent des écolos ou autres cinglés. Leur comportement est comparable au bison qui fonce et explose tout ce qu’il rencontre jusqu’à ce qu’il chute d’une falaise et s’éclate en bas… .

    C’est le même genre que Hugo chavez qui a complétement détruit l’économie de son pays pourtant riche en ressources naturelles. Après quelques années de « progrès social » en mangeant la poule aux œufs d’or, les habitants sont maintenant obligés de fuir la famine…

    C’est un des candidats dont la présence m’obligeraient à voter macron au second tour … Plutôt voir Lassale président que lui…

  • Dans le Nord un ami faisait la promotion de Mélenchon, les gens disaient Mélenchon « pas question »

  • Bizarrement, les adeptes de l’enseignement privé se satisfont très bien que ce maudit Etat paye leurs enseignants. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de la logique libérale, les écoles privées sont financées par leurs utilisateurs.

    • En effet. Et les impôts des gens sans enfant scolarisé dans le public sont réduits en proportion. Rappelons que 10% environ des dépenses publiques sont consacrées à l’éducation nationale…

  • Les commentaires sont fermés.

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