Face au parlement européen, Macron défend la démocratie sans la pratiquer

Macron a parlé de démocratie, d’environnement au parlement européen. Des propos en inéquation avec sa politique nationale.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 1
Emmanuel Macron BY Jacques Paquier(CC BY 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Face au parlement européen, Macron défend la démocratie sans la pratiquer

Publié le 19 janvier 2022
- A +

Ce 19 janvier, Emmanuel Macron a pris la parole au parlement européen pour faire un discours dans le cadre de la présidence européenne de la France.

Le propos s’est concentré sur les valeurs qu’il souhaite défendre. Il a été critiqué par les représentants français des groupes européens de l’opposition comme Jordan Bardella du RN, Yannick Jadot d’Europe Ecologie les Verts, François-Xavier Bellamy (LR) et Manon Aubry de la France Insoumise.

Plus intéressant, certains propos d’Emmanuel Macron sont de nature à influencer la politique française ainsi que la place de la France dans l’Europe.

 

La démocratie libérale  au cœur du discours de Macron au parlement européen

Le président a vanté la gestion de la crise sanitaire par les « démocraties libérales » et a en même temps mis en garde contre la montée de la remise en cause de l’État de droit.

« Des voix s’élèvent aujourd’hui pour revenir sur nos grands textes fondamentaux qui ont pourtant été décidés souverainement par les États membres lors de leur adhésion. Mais revenir sur quoi ? Sur l’égalité des hommes en dignité et en droit ? Sur le droit pour chacun à disposer d’un procès équitable par une justice indépendante ? »

Ces propos visent de manière évidente la Pologne et la Hongrie. Mais on peut se demander si un président qui considère dans son pays qu’une partie de la population mérite la déchéance de citoyenneté, est bien placé pour tenir ce genre de discours. Surtout si on tient compte de la phrase suivante : « Et s’installe comme une idée au fond que pour être plus efficace il faudrait revenir sur l’État de droit ».

Certes, des débats parlementaires ont eu lieu, mais le renoncement aux libertés fondamentales a été particulièrement fort en France.

On constatera aussi que Macron utilise le terme « libéral » de manière positive ce qui est loin d’être habituellement le cas. Le problème est qu’il le colle à sa politique sanitaire liberticide. En se posant en tant que défenseur de la démocratie libérale, il rend la signification du mot confus. Une situation qui va profiter aux antilibéraux qui auront tout loisir d’assimiler libéralisme aux restrictions prises par le gouvernement français.

 

L’environnement et le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux

L’un des points les plus importants est sa volonté de moderniser la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Une charte qui a une valeur contraignante depuis le traité de Lisbonne.

Emmanuel Macron considère la nécessité de sa réforme : « 20 ans après la proclamation de notre Charte des droits fondamentaux, qui a consacré notamment l’abolition de la peine de mort partout dans l’Union, je souhaite que nous puissions actualiser cette charte, notamment pour être plus explicite sur la protection de l’environnement ou la reconnaissance du droit à l’avortement. »

Pour le second point, on ne peut que constater l’écart entre le discours d’Emmanuel Macron et l’élection de Roberta Metsola, députée  maltaise conservatrice et anti-IVG, à la tête du parlement européen. Selon Jean Quatremer, elle aurait eu le soutien du groupe Renew Europe dirigé par LREM.

De plus, on peut se demander s’il n’est pas contreproductif pour Macron de mettre en avant ce sujet au niveau européen. Jusqu’à présent le sujet faisait débat uniquement en Pologne. En le mettant sur la scène européenne, ce sujet va être politisé avec un fort risque de polarisation au sein des pays membres.

Quant à l’environnement, Macron a dans le passé déclaré vouloir inscrire sa protection dans la Constitution française. Il souhaite désormais le faire au niveau européen. Là encore, cela soulève des questions sur la direction prise par le président français. Il a ces derniers mois pris position pour le nucléaire et s’est rapproché en conséquence des pays d’Europe centrale. Mais dans ce discours, en les attaquant sur les valeurs et en jouant la carte de l’environnement, il semble s’aligner sur la nouvelle coalition allemande.

 

La peur du monde et interventionnisme

Le discours d’Emmanuel Macron, mis à part les éléments ci-dessus, n’est pas si original que ça comparé aux propos des autres politiciens français. On y voit une peur du monde qui l’entoure qu’il s’agisse des Russes, des populistes ou du dérèglement climatique. Les politiciens français (et beaucoup d’européens) voient de plus en plus leur pays et l’Europe comme une forteresse assiégée, voire ébréchée.

Et quand ce n’est pas lister les menaces, il s’agit de faire des propositions centralisatrices comme le salaire minimum ou plus de réglementations.

L’Europe semble s’être enfermée dans une boucle et ce n’est pas Macron qui l’en sortira.

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • ce blanc bec ne sait plus ou il campe ; si en plus il a peur  » du monde qui l’entoure  » , autant dire que l’on n’est pas sorti du sable ;

  • Macron a sans doute raison dans son discours mais je me le demande : ou est-il écrit, dans la fameuse charte, que l’anuus des homosexuels doit représenter l’alpha et l’oméga de toutes les politiques européennes ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Un mois après sa réélection et à trois semaines des élections législatives, le président de la République (sur proposition du Premier ministre) a choisi son gouvernement. L’attente a été longue, ne serait-ce que par les spéculations sur le nom du successeur de Jean Castex. Sinon, on garde les mêmes et on continue. Deux surprises cependant : le maintien du garde des Sceaux et le nouveau titulaire de la rue de Grenelle.

https://twitter.com/Elysee/status/1527657628540755969

Il faut dire que, soutenu par une coalition hétéroclite qu... Poursuivre la lecture

La guerre que mène Poutine aura eu plusieurs effets directs et indirects puissants qui ne sont pas tous, loin s'en faut, de bons signes.

Si l'on peut - avec ironie - présenter maintenant Poutine comme le meilleur VRP de l'OTAN pour l'année 2022, tant sont à présent affichées les velléités de la Finlande et de la Suède d'entrer dans l'organisation internationale, on peut aussi s'inquiéter des faiblesses énormes pour ne pas dire catastrophiques qu'il a dévoilées pour le reste du continent européen, à plusieurs niveaux.

Il apparaît... Poursuivre la lecture

À la suite de la réforme de la Constitution française de juillet 2008, des circonscriptions législatives sont créées à l'étranger pour permettre aux Français établis hors du pays d'élire des députés à l'Assemblée nationale, les Français hors de France n'étaient auparavant représentés qu'au Sénat.

Ces députés, au nombre de 11 (un par circonscription hors de France), ont été élus pour la première fois lors des élections législatives de 2012. Les Français établis hors de France ont voté pour la seconde fois lors des élections législatives... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles