La reprise est là et la dette se rembourse toute seule

Qui va payer la dette ? Tout le monde, au fur et à mesure des achats à des prix de plus en plus élevés.

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La reprise est là et la dette se rembourse toute seule

Publié le 16 novembre 2021
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Par Yves Montenay.

Vous vous souvenez, il y a maintenant environ un an et demi, avant la fin du premier confinement, le plus dur, puis régulièrement depuis j’avais écrit qu’il y aurait une reprise en V et qu’il ne fallait pas s’inquiéter alors que les articles catastrophistes se multipliaient.

Bien sûr mon V a été un peu secoué par les demi-confinements qui ont suivi. Nous abordons maintenant la cinquième vague… Mais, à chaque fois, l’économie est moins secouée, car tant nos gouvernants que les acteurs économiques de base ont appris à s’adapter. Les derniers résultats en termes de croissance et d’emploi sont d’ailleurs très encourageants comme l’a remarqué notre président dans sa dernière allocution.

Ce constat présidentiel n’a pas amené de critiques violentes car il est en gros exact. Mais l’opposition de droite a focalisé ses critiques sur la dette qui effectivement a bondi. Et l’inquiétude se porte aujourd’hui sur son remboursement, sur les pénuries et l’inflation.

À mon avis, tout cela est lié et va se résoudre assez naturellement.

Ni miracle ni catastrophe, mais une gestion améliorée

D’abord la vigueur de la reprise est un phénomène normal, puisque contrairement à la guerre il n’y a pas eu de destruction physique d’immeubles ou de matériels, et très peu de décès dans la population active.

Pour ce dernier point, rappelons que les victimes ont d’abord été des personnes âgées et que les progrès de la vaccination ont considérablement réduit le nombre des cas invalidants et les décès. Rappelons aussi que contrairement aux États-Unis les mesures sociales qui adoptées (dont le chômage partiel) ont fait qu’une partie importante des employés est restée liée à son entreprise et donc restée disponible pour la reprise.

Enfin, contrairement aux crises économiques classiques il n’y a pas eu de marée de faillites.

Ce fut bien sûr un choix politique qui a été résumé par la formule « quoiqu’il en coûte ».

Tout cela a créé une immense épargne forcée : les revenus ont été en gros maintenus, alors que les dépenses ont diminué. Le cas extrême est celui des voyages à l’étranger : les Français n’ont plus dépensé dans ce domaine tandis que les employés ont continué à être payés. Alors qu’en l’absence de toute politique de soutien, non seulement le « quoiqu’il en coûte », mais aussi des allocations chômage, cette diminution des dépenses des uns aurait été annulée par la diminution des recettes et salaires des autres.

Donc la tempête a été bien traversée, mais il faut voir maintenant les conséquences.

Des pénuries et de l’inflation bien naturelles

En simplifiant, la masse des Français a touché autant d’argent que si la production avait été maintenue. Or cette dernière a diminué, d’où l’épargne forcée évoquée plus haut. Cet argent ne devrait pas exister puisqu’il a été créé à partir de rien ; en fait par l’endettement de l’État et d’autres acteurs économiques.

Comme la production ne revient pas instantanément au niveau précédent, notamment pour des questions de pénuries internationales dont nous parlerons plus loin, il y a davantage de demande que d’offre et les prix montent. C’est une inflation naturelle qui n’est pas injuste, puisque elle ne fait que rogner de l’argent gagné sans travailler. Appelons ça « la dette morale ». Autrement dit on « rend » progressivement cet argent, et les consommateurs, particuliers ou entreprises payent ainsi progressivement la dette.

Mais, l’opposition nous dit, avec de nombreux économistes, que nous ne parlons pas de cette dette « morale » mais de celle de l’État. C’est oublier qu’en économie tout est lié par un ensemble de vases communicants. Par exemple, ce qui revient à l’État par la TVA et l’impôt sur les sociétés (voir les bénéfices affichés par les sociétés françaises cotées) est gonflé par cette hausse des prix, qui elle-même génère des bénéfices en cascade. Même si la hausse des prix s’arrêtait demain, ce sont les fournisseurs des sociétés bénéficiaires actuellement qui prospèreront.

Il y a d’autres canaux pour la circulation de cet argent et certains aboutissent à l’immobilier et à la bourse. Pour l’immobilier l’offre n’est pas élastique, et pour la bourse, il faut distinguer entre les actions actuellement cotées, donc en nombre limité et qui vont monter, d’autant que les bénéfices augmentent aussi (sauf mésaventures de certaines entreprises) et les souscriptions nouvelles.

Ces souscriptions vont par exemple aux start-ups. Une grande partie sera perdue, ce qui est moralement normal. Mais d’autres iront à des métiers nouveaux qui permettront de limiter les pénuries et contribueront à sauver la planète du dérèglement climatique.

Il est impossible de savoir à l’avance ce qui marchera, mais pour le passé proche on peut penser à Tesla, tout nouveau constructeur automobile qui vaut aujourd’hui davantage en bourse que l’ensemble des autres constructeurs mondiaux ! Non seulement cela a considérablement enrichi son fondateur et ses actionnaires, mais cela nous délivrera de la pollution automobile, et peut-être des gaz à effet de serre si l’électricité fournie est verte, c’est-à-dire provient des renouvelables ou du nucléaire. Mais c’est un autre sujet…

Ce schéma simple a été perturbé par les événements internationaux

Des échanges internationaux embouteillés

Non seulement la production a été moindre tout en distribuant autant d’argent qu’avant, mais ce qui est produit n’arrive pas toujours en France, du fait d’une série de problèmes.

  • La production en Chine avec des confinements locaux qui se multiplient, et la fermeture pour des raisons écologiques d’établissements particulièrement sales.
  • L’embouteillage des ports, tant au départ, pas seulement en Chine, qu’à l’arrivée, (États-Unis, Pays-Bas…). On voit même les ports français classiquement délaissés à cause des caprices de nos dockers servir de ports de secours à Rotterdam ! Car la demande s’est réveillée à peu près en même temps dans plusieurs grands pays avec la fin de la quatrième vague.
  • Le manque de conteneurs, dont on réalise un peu tard qu’ils sont principalement produits en Chine.

Or certains composants sont particulièrement bloquants. On a vu par exemple que le manque de puces, les cerveaux de multiples appareils, bloquait de multiples industriels, dont Renault et Apple.

Remarquons que la demande est également forte pour le pétrole et le gaz, qui montent fortement, d’où un bémol à mon optimisme il y a un an et demi, période où ils étaient au contraire très bon marché.

Donc la réduction de l’offre par ces embouteillages face à une demande de rattrapage déclenche encore plus d’inflation.

Est-ce que ce sera durable ?

En partie oui, notamment pour les puces dont la demande va croître pour des raisons structurelles puisque de plus en plus d’appareils en seront équipés. La 5G a été lancée pour cela. Or il faut plusieurs années pour construire une usine et la mettre en production. Pour le pétrole et le gaz, je parie aussi pour un peu de sagesse dans quelques mois. Bien sûr il y a des menaces de limitation de livraison par la Russie, la Biélorussie et l’Algérie, mais ces trois pays ont trop besoin d’argent pour s’obstiner.

Conclusion : qui va payer ?

Si vous m’avez suivi jusqu’à présent vous connaissez la réponse : tout le monde au fur et à mesure des achats à des prix de plus en plus élevés.

Il est probable que certains compenseront et au-delà leurs dépenses supplémentaires s’ils possèdent des biens dont la production ne peut pas augmenter rapidement. J’ai cité plus haut l’immobilier et la bourse, et il y en aura probablement bien d’autres, des plus basiques (certains produits agricoles) aux plus luxueux.

D’où l’idée affichée par certains partis politiques à l’occasion de la campagne des présidentielles : taxons les profiteurs de l’inflation ! On trouve dans ce camp l’inévitable Thomas Piketty obsédé par les inégalités qu’il présente parfois de façon tendancieuse et plus généralement l’opposition de gauche.

Il y a là une certaine logique sur le papier, mais je me méfie de ce qui arrive en pratique quand on s’attaque à un système qui forme un tout. Souvenez-vous de l’ISF : une partie des assujettis a émigré, et l’État français a perdu en impôt sur le revenu des intéressés et de leurs employés et en TVA sur leur consommation, probablement bien plus que le produit de cet impôt, par ailleurs compliqué et donc coûteux à collecter.

Mais c’est vous qui en déciderez bientôt puisque vous allez voter.

Pour en revenir à la dette, nous la payons chaque jour, et ça ne se passe pas trop mal jusqu’à présent. Et surtout, nous avons évité l’effondrement économique et social.

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  • Tout le monde va peut-être payer mais tout le monde ne va pas le ressentir de la même manière, ce qui me fait dire que se sont toujours les mêmes qui payent.

  • Je n’aime pas que l’on parle de la dette « de l’état » : en fait c’est bien la notre et qui nous a été imposée par un président dépensier.
    Et l’ogre étatique ne s’est pas amélioré sous macron et ce avant même le COVID qui est survenu comme un alibi « surprise » bien commode.
    Je rappelle une fois de plus que le budget 2020, établi avant COVID, était en déficit de la modique somme de 95 milliards d’euros. Tout est dit…
    L’inflation va donc grignoter le pouvoir d’achat des français qui vont se diriger vers des produits encore et toujours à bas coûts donc importés.
    Le rebond est relatif. Les faillites ont été reportées mais adviendront.
    L’europe et surtout la france n’a jamais profité à plein des périodes de croissance en raison du poids de l’état et des « amortisseurs sociaux ».
    De plus croissance du PIB ou du « PIB marchand » ??
    Je ne vois pas où trouver un soupçon d’optimisme…

    • @Balthazar- Pourquoi vous limitez à un président ? Vous n’auriez pas connu les dettes pharaoniques des Mitterrand, Chirac, Sarkozy sans oublier Hollande mais un cran en dessous ? Il n’y a pas de jubilé de la dette entre chaque mandat.

      • Bien d’accord. Mitterrand 800 milliards de dette (+ intérêts sur environ 40 ans) et Sarko 600…
        Reste que la courbe de la dette a été ascendante pratiquement en continu (sauf à l’époque de croissance de Jospin ou la cagnotte est apparue et a été dépensée…).

  • les régimes communistes « fonctionnent » aussi..
    et peuvent fonctionner longtemps…

    ce qui inquiète le l libéraux me semble t’il c’est la liberté..

    nous sommes plus riches///mais pour les bas salaires la quasi totalité des dépenses est d’une part « contrainte » et pour une autre part est constituée de dépenses « collectives » via la fiscalité…

    ça use… il arive qua ça pète mais pas toujours..

  • « Mais si vous qui en déciderez bientôt puisque vous allez voter » : vous croyez encore à cette fable ? Je suis plus jeune que vous et n’y ai jamais cru .

    • Vous avez malheureusement raison, la démocratie donne seulement l’illusion au peuple de pouvoir choisir ses dirigeants.

      En réalité, un bon lavage de cerveau dés la petite enfance assorti d’une campagne de dénigrent contre les « méchants » (les libéraux entre autres…) permets de limiter l’offre à un seule mouvance.

      L’ennui c’est qu’à force de former des crétins on obtient un pays de crétins, ce qui complique les choses pour en faire un fleuron économique…

  • Jusque à présent tout va bien, … oui sauf que l’on planque les dettes sous le tapis, on hypothèque… Quand ça va s’effondrer, certains ne vont pas comprendre…

    D’une manière générale, toute dépense inutile est de l’argent en moins pour une dépense utile et se traduit par une baisse de pouvoir d’achat. La seule marge de manœuvre est sur l’assiette de ceux qui sont le plus impactés par la baisse, ici les épargnants.

    A court terme ça peut passer, mais à long terme… à force de faire rentrer trop de cigales dans la fourmilière, c’est les fourmis qui risquent de se mettre à chanter…

  • Désolé mais l’optimisme est à courte vue car le problème énergétique est structurel, parce que les pics de production sont dépassés et il n’est plus possible d’augmenter les productions d’autant plus que la « transition énergétique » décourage l’investissement dans l’extraction des énergies fossiles, nécessite de très importants investissements sous-estimés car ne tenant pas compte de l’augmentation considérable des ressources nécessaires à la fabrication des équipements pour l’électricité renouvelable et, in fine, une augmentation considérable des coûts énergétiques qui mettra tout le système sous pression

    • Ah, les ressources finies, un grand classique des écologistes. Vision maltusienne du monde.
      Dans une société libérale, les acteurs s’adaptent, et font avec ce qu’ils disposent, le signal prix indiquant quelle direction il faut prendre.

      • c est pas parce que EELV en parle que c est forcement des conneries !
        Le petrole ne se reconstitue pas par ex
        Evidement si le prix augmente on pourra trouver des ertsatz (comme l ont fait les nazis) ou forer ou c est pas rentable actuellement
        Mais, outre l impact social (imaginez le litre d essence a 10 €-> gilets jaunes puissance 100), mettre en production un gisement ou un procede fischer-tropsch ca necessite des annees et necessite des competance qu on a pas forcement (pensez par ex a une penurie de soudeurs)

        • le litre d’essence à 10 € sera d’abord du aux taxes et à l’effondrement de l’Euro avant la pénurie de pétrole.

        • La seule chose qui est infinie dans l’univers c’est la bêtise d’EELV.
          Sans trop pousser, le fossile est disponible pour au moins 1000 ans et rien qu’en 80 ans le Japon va passer de 124 millions à 42 millions (projection ONU).
          En parallèle de ceci, la technologie des pays libéraux nous fait gagner 20% d’efficacité énergétique tous les 30 ans, c’est-à-dire qu’on produit la même quantité de travail avec 20% d’énergie en moins et des tas de solutions de production d’énergie propre qui marchent sont dans les cartons (ex: filière thorium).
          .
          Cette évolution éminemment favorable est l’apanage des pays libéraux donc riches qui n’ont pas d’immigration massive de pays non-libéraux et non capitaliste.
          .
          Devinez qui est contre le libéralisme, le capitalisme, la technologie et pour une immigration qui multiplie ses émissions de CO2 par 26 quand elle arrive chez nous ?
          EELV !
          .
          Les autorités d’EELV cherchent le pouvoir, pas la sauvegarde de la planète et leurs adeptes sont des faibles d’esprit qui gobent n’importe quoi.
          .
          Tout l’enjeu pour le futur est d’arriver à avoir une majorité de pays libéraux qui résoudront le problème par le haut. Laisser les écolos et autres marxistes s’en mêler c’est avoir la pauvreté, la famine, les guerres et la pollution en prime.

        • @Cd
          « c est pas parce que EELV en parle que c est forcement des conneries ! »
          Et SI! Cette affirmation se vérifie quasiment tout le temps!
          Plus exactement, le sujet est souvent sérieux, mais la réponse au problème d’EELV relève généralement de « la croyance au petit papa noël » qu’à une solution crédible et réfléchie…

  • Etrange article pour un média libéral.

    Ca commence dès le titre : « la dette se rembourse toute seule ». On dirait du François Hollande (« c’est gratuit, c’est l’Etat qui paye »). D’ailleurs la suite de l’article est plus claire sur la signification de « se rembourse toute seule ». In fine, comme disait Coluche, « c’est nous qu’on paye ». Toute seule veut dire en fait : non par un import clair et visible, mais par l’impot invisible de l’inflation. Désolé, mais je vois pas en quoi c’est une bonne nouvelle. Les libéraux n’ont jamais été favorable aux tour de passe passe du genre, et s’il faut prélever de la richesse, mieux vaut le faire de manière visible et claire, transparente et démocratique, que déguisée et cachée, par derrière et de façon asymétrique (on sait très bien que l’inflation bénéficie avant tout aux plus riches).

    Pour en revenir à la thèse de l’article, c’est en fait un éloge du « quoiqu’il en coûte » macroniste, qui se résume en « merci la dette » qui nous a « évité l’effondrement économique et social ». Pour l’auteur, l’inflation est le moyen par lequel nous allons mécaniquement remboursé la dette qu’il appelle « morale » que nous avons contracté auprès de l’Etat qui nous a perfusé de subvention depuis 18 mois. Mais l’auteur oublie un peu vite que ces subventions (chômage partiel, fonds de solidarité pour les indépendants et les entreprises etc.), sont une contrepartie (bien souvent incomplète) de baisse de chiffre d’affaire (bien souvent de perte totale de chiffre d’affaire), ordonnée par l’Etat par décision purement politique. Pour être clair, ce n’est pas le Coronavirus qui a fermé les restaurants, les théâtres, fermé les frontières en empêchant le tourisme, arrêté la production : c’est la décision arbitraire de l’Etat. C’est du coup franchement gongler de dire à ceux qui ont pu toucher une partie de ces aides : « maintenant il faut rembourser, et n’oubliez pas de dire merci ». Je le sais, j’en fais parti : on m’a interdit de travailler pendant 18 mois, arbitrairement, du seul fait du prince, et je devrais remercier d’avoir reçu quelques fonds de solidarité en contrepartie, et maintenant je devrais les rembourser ? Mais avec quoi les rembourser puisqu’on m’a interdit de créer de la richesse pendant ces 18 mois. Ce n’était pas des prêts productifs qui auraient permis d’avoir un retour sur investissement permettant de rembourser avec intérêt. Ces fonds d’indemnités étaient la contrepartie d’interdiction de créer de la richesse. Interdictions parfaitement arbitraires.

    Oui on aurait pu faire autrement, et laisser les gens travailler. Passons éventuellement sur le premier confinement, qui avait l’excuse de l’inconnu (et encore, il y aurait beaucoup à dire). Dès la fin du printemps 2020, on aurait pu reprendre et conserver une activité normale. Et pour l’instant, il n’y aucune espèce de preuve que les confinements, restrictions, interdiction d’exercer etc… aient eu un quelconque effet sur l’épidémie. On n’arrive à trouver aucune corrélation entre la violence des vagues et le niveau de restriction. En revanche, la destruction de richesse due à ces mesures n’a pas permis d’investir dans notre infrastructure de santé, qui est de fait dans un état pire qu’avant la crise.

    Dernier point : ces bouleversements ont durablement affecté la création de richesse. Il faut être aveugle pour ne pas le voir. Les faillites finiront par arriver une fois l’effet des aides disparues et une fois l’épargne forcée grignotée. Pour mon cas personnel, travaillant dans le tourisme international, les aides se sont arrêtées cet été, mais à ce jour, j’atteint péniblement les 30% de CA par rapport à la même période en 2019. Le redémarrage est extrêmement lent et je n’attend pas un retour à la normale avant 2023, au mieux. Oui j’ai créé de l’épargne forcé ces 18 derniers mois en restreignant mes dépenses, mais cette épargne, je ne vais pas la claquée dans la relance comme l’espère l’auteur, je vais l’utiliser pour combler (malheureusement que partiellement) les manques à gagner non indemnisés qui vont marquer mon activité pendant encore au moins un an.

    In fine la seule chose qui compte, c’est la création de richesse. On a volontairement saboté la création de richesse pendant 18 mois. La reprise de cette création de richesse n’est pas aussi rapide et forte qu’on veut bien le dire. Et ni l’impôt, ni la dette, ni l’Etat n’a jamais pu magiquement contrebalancer une réduction de la création de richesse par aucun procédé que ce soit. Ce qu’on ne crée pas n’est pas créé, point. Toute cette richesse non créée pendant les 18 derniers mois, elle est perdue, définitivement, et à jamais. C’est une catastrophe qu’on paiera pendant encore longtemps, non seulement par la perte nette de ces richesses, mais aussi par un dérèglement monstrueux de la machine de production, par une modification pernicieuse des états d’esprit, et aussi par l’acceptation d’un état de fait qu’on sera capable de reproduire à l’avenir (ça a déjà commencé puisqu’on reparle de confinement et autres mesures coercitives pour brider l’activité).

    Alors l’optimisme de l’auteur, il provient de quelqu’un qui est depuis bien trop longtemps coupé des réalités économiques et sociales réelle du pays. Et qui adopte des raisonnements au mieux Keynésiens et bien éloignés des thèses libérales.

    • @ST- Votre commentaire est de très bonne facture. Toute richesse non crée est bien définitivement perdue.
      J’avais dès le 17 mars 2020 réagi à l’annonce du premier sinistre (signe à Coluche) E Philippe que c’était une hérésie d’arrêter l’économie ainsi, j’essayerais d’éviter B Le Maire agrégé de lettres modernes, qui trouve le temps d’écrire des bouquins au piste qu’il occupe.
      Maintenant nous allons nous fracasser sur la transition énergétique et les mensonges écologiques qui vont à nouveau coûter un pognon de dingue.
      La campagne présidentielle qui s’annonce va être terrifiante de stupidité

  • Les français ne payent pas la dette, mais seulement ses intérêts qui ne vont pas tarder à exploser à cause de l’inflation justement.
    Le prochain président va pleurer comme une madeleine que s’est pas sa faute s’il ne fait rien car il faut payer les intérêts.
    Le gouvernement actuel à bien écouté les économistes de gauche : quand les taux sont bas, il faut creuser la dette. Mais ils ont oublié de dire que quand les taux remontent, l’argent pour rembourser les emprunts est utilisée pour payer les intérêts.
    On n’est pas prêt de rembourser la dette même avec 10% d’inflation !!!

    • Idéalement quand les taux sont bas, il faut emprunter pour des investissements. La maturité de la dette doit être égale à l’estimation de l’échéance de son remboursement. Dans le cas de la dette covid, 20 ans me semble être un solide minimum.
      Bien évidemment les maturités choisies sont bien inférieures, et pour faire la cavalerie financière habituelle, on va buter sur la remontée des taux d’intérêts.
      Donc si la BCE suit son mandat (rien n’est moins sûr), ce que l’inflation rapporte à l’état en terme d’allègement de dette sera compensé par l’augmentation d’intérêt. Sauf pour les dettes à maturité longue où tout va bien, mais il n’y en a pas beaucoup…

      • Quand les taux sont bas il faut faire extrêmement attention.
        L’investissement que vous faites n’est pas « mieux » d’un coup du fait des taux, si ceux là ne reflètent pas réellement le cout des capitaux. On a au contraire du « mal investissement » qui se produit parce que les investisseurs ne voient pas bien les bons et les mauvais investissements.
        De ce fait, on accumule des projets qui avec le temps vont se révéler mauvais, et en s’effondrant causer la crise suivante (en moyenne 7 ans après).

        On a une magnifique succession de crises économiques causées par les relances et aides en tout genre depuis que les gouvernements ont compris comment manipuler les taux (avec l’aide des banques centrales).

        Depuis 2008 et les QE, on est dans un état pire encore… La prochaine « crise du cycle autrichien » (le COVID c’est un truc à part qui n’a sans doute pas du tout rempli le rôle « positif » d’une crise, éliminer les investissements foireux) va donc être totalement sanglante… Et d’autant plus que les Etats ont « géré l’investissement ».

        Bref, la politique Maconiste va se payer probablement très très très cher… Mais pas tout de suite. A vue de pif dans 6 ou 7 ans !

  • Selon cet article, il faut qu’on se dépêche de continuer à augmenter massivement la dette. Même sans Covid. Multiplions la par 2 ; ce serait un bon début. Et puis on aura juste à attendre l’inflation.
    Voilà le niveau intellectuel de ce reportage.

  • article complètement hors sol… la reprise vantée ne compense pas l’effondrement résultat de la politique soit disant anti covid et la dette continue de s’accumuler.

  • « [Tesla] nous délivrera de la pollution automobile, et peut-être des gaz à effet de serre si l’électricité fournie est verte, c’est-à-dire provient des renouvelables ou du nucléaire. »
    Un peu vite tranché cet avis… Rien ne dit qu’un véhicule électrique pollue moins au global, et concernant les énergies renouvelables, peut on encore les qualifier de « vertes » quand leur intermittence oblige a faire tourner du gaz ou du charbon (cf l’Allemagne).

  • On ne « paye » pas la dette publique puisqu’elle augmente à chaque déficit (et 2022 n’échappera pas à la règle).

  • Keynes lui même a reconnu (en privé hélas) que ça ne marchait pas vraiment cette approche. Tous les économistes « sérieux » (comprenez qui ont regardé les resultats économétriques de près) sont également d’accord : la dette ça coute TRES cher en termes de croissance, de niveau de vie. Et le pire impôt possible (pourtant ils sont tous mauvais) c’est l’inflation !

    Bref, un article digne d’un économiste de Bercy qui ne réalise pas qu’il y a ce qui se voit… Et ce qui ne se voit pas (pourtant sur un site « libéral » on s’attendrait à ce que Bastiat soit plus ou moins connu/compris).

  • Ah bon. il suffit d’imprimer de la monnaie, et la dette se rembourse toute seule. Mais diable alors, pour quelle raison a-ton inventé les impôts? Mais qu’ils étaient débiles à l’époque.
    Puisque vous pensez avoir raison, supprimons les et imprimons plus de papier monnaie.

    Il existe un gros problème moral dans votre raisonnement : ceux qui ont fait confiance à l’état pour leurs vieux jours ou économisé en EUR. Ils ne peuvent échapper au rouleau compresseur de leurs rentes et sont poussés vers les minimums sociaux. Cela n’a l’air de rien, mais à coup de 5% annuel, il ne reste rien de votre retraite fixe en 10 ans.

  • Surpris par cet article sur ce site. On dirait un tract pour louer la gestion de la crise par le gouvernement.
    Merci pour le remarquable commentaire de ST, assez long et structuré pour être un article autrement plus pertinent (à mon sens) que celui-là.
    Je suis notamment consterné par le « et ça se passe pas trop mal jusque là ».
    La « logique » consistant à faire payer le remboursement de la dette aux citoyens non par les impôts mais par l’inflation, même si elle peut avoir une certaine efficacité, paraît douteuse du point de vue libéral (possibilité d’un contrôle – comme les impôts même si le parlement est aujourd’hui une vaste blague sous ce rapport). En outre, elle ne tient que tant que les taux d’intérêt sont lilliputiens.

    Donc on a continué à distribuer de l’argent qui n’existait pas sans permettre la création de richesse, s’ensuit une très logique inflation, on appauvrit donc tout le monde, en maintenant sous perfusion des entreprises ou structures non rentables, mais à part ça tout va bien, et même, tout cela est très bien.
    Non, vraiment, j’ai du mal à suivre.

  • les fonctionnaires ont été intégralement payés même si ils restaient chez eux . . . .

  • Qui va payer? C’est une bonne question bien que l’on connaisse déjà la réponse! L’autre question est: jusqu’à quand ceux dont les revenus sont « contraints » ( retraités par exemple, retraites bloquées) qui a un moment ne pourront plus payer? L’Etat espère que cette catégorie ne se révoltera pas, mais est-ce bien certain? J’espère que ceux qui sont encore un peu lucides s’exprimeront dans les urnes pour arrêter cette folie! Mais j’en doute!

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