Présidence Biden : des Midterms 2022 très mal engagées pour les démocrates

Élu largement en novembre 2020, Joe Biden a réussi l’exploit de sombrer dans une impopularité record et d’encaisser défaite électorale sur défaite électorale, alors que les Midterms 2022 approchent. Pourquoi ?

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Joe Biden at McKinley Elementary School By: Phil Roeder - CC BY 2.0

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Présidence Biden : des Midterms 2022 très mal engagées pour les démocrates

Publié le 6 novembre 2021
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Par Alexis Vintray.

Aux États-Unis, les Midterms 2022 (élections de mi-mandat, qui auront lieu en novembre 2022) ne s’annoncent pas de tout repos pour le camp démocrate du président Joe Biden. La faute en bonne part au président lui-même.

Le président (presque) le plus impopulaire

Au classement des mauvais présidents américains, Gérard-Michel Thermeau a pu rappeler que la liste était longue. Au classement des impopulaires, Joe Biden n’est pas loin de gagner, comme le rappelle FiveThirtyEigth :

Désormais, largement moins d’Américains approuvent son bilan que l’inverse (51 % vs 43 %). Et en comparaison des présidents américains depuis 1945, seuls Gerald Ford et Donald Trump font pire :

Pour l’impopularité de Trump, le lecteur connaîtra l’histoire. Pour Gerald Ford, il aura fallu le pardon polémique de Richard Nixon pour que sa popularité s’effondre à ce point.

Malgré cela, les deux ne faisaient guère mieux que Joe Biden au même moment de leurs présidences respectives. C’est dire si la popularité de Joe Biden est au plus bas.

Des premières élections qui ne laissent rien présager de bon pour les démocrates

Les signaux des premières élections depuis la présidentielle ne sont guère meilleurs pour les démocrates. Le 3 novembre, les électeurs étaient appelés à voter pour six sièges de représentant, et trois postes de gouverneur.

Il n’y a eu aucune surprise à la Chambre, où les sièges en jeu étaient dans des circonscriptions fortement ancrées républicain ou démocrate. Par contre, les élections de gouverneur ont souligné la grande faiblesse du camp démocrate.

En Virginie, l’ancien gouverneur démocrate Terry McAuliffe espérait reprendre son poste mais a été battu par le candidat républicain Glenn Youngkin, novice en politique. Un an plus tôt, Joe Biden avait devancé Donald Trump de 10 points.

Le candidat républicain a eu l’intelligence de ne pas répéter ce qui avait coûté le Sénat aux républicains : il a gardé Trump à bonne distance de sa campagne, évitant les accusations fantaisistes de fraude pour mener une campagne de fond.

Le New Jersey, plus encourageant encore pour les républicains

Le siège de gouverneur du New Jersey était aussi en jeu ce mercredi, dans cet État remporté par Biden avec 16 points d’avance. Pourtant, là encore, le gouverneur démocrate sortant, Phil Murphy, n’a été réélu que sur le fil, avec 50,4 % des voix.

Un résultat pas loin du camouflet dans cet État considéré comme un bastion démocrate.

Joe Biden, un président élu par défaut

Revenir à la présidentielle de novembre 2020 permet de mieux comprendre cette situation inédite. Face à un Donald Trump qui liguait une majorité de la population contre lui, l’enjeu pour le parti démocrate était de prendre le candidat le moins clivant, voire le plus fade.

Ce fut la chance de Joe Biden, choix sans enthousiasme, suscitant régulièrement moins d’adhésion dans la campagne que sa vice-présidente Kamala Harris. Cela ne l’a pas empêché de gagner largement le vote populaire l’an dernier en raison de l’ampleur du rejet de Trump.

Mais à la manière d’un François Hollande, ce succès électoral construit sur le rejet de l’adversaire marche rarement deux fois. Et déjà en novembre 2020, comme le notait Philippe Lacoude, les démocrates n’avaient que très peu progressé au Sénat et à la Chambre. Localement, les Américains avaient renouvelé leur confiance aux sortants républicains, malgré un rejet de Donald Trump.

Une première année désastreuse de présidence Biden

En l’absence d’un vrai programme consensuel, les démocrates ont passé plus de temps à se déchirer et à négocier des contreparties pour leur vote qu’à réformer. On se perd dans les milliers de milliards de dépense publique sur lesquels se sont battus pendant des mois les élus démocrates à Washington D.C.. Chacun tentant d’y glisser des mesures favorables à sa circonscription ou à son État.

Une chose est sûre, la dépense publique coule à flots. Tant pis pour le déficit et la dette, au grand dam des démocrates modérés. Les tentatives répétées de l’aile gauche du parti démocrate de faire avancer les causes woke, à des années lumière des préoccupations de l’électeur moyen, n’ont surement pas aidé à faire revenir aux urnes les Independents si essentiels, rendant le soutien à Joe Biden encore plus polarisé que le soutien à Donald Trump en son temps. Ajoutez-y une Kamala Harris clairement dépassée, et une Amérique divisée comme jamais sur les sujets de société.

N’oublions pas le désastreux retrait d’Afghanistan, indispensable mais mal géré, ou l’incapacité à faire nettement progresser la vaccination contre le COVID aux Etats-Unis, résultant en un nombre de morts toujours très élevé.

Midterms 2022 : de quoi s’inquiéter… ou se réjouir

À un an des Midterms 2022, il est encore bien tôt pour faire des pronostics ou pour que les sondages aient une réelle valeur prédictive. Mais si les élections devaient avoir lieu aujourd’hui, Joe Biden aurait tout lieu d’être très inquiet, et ce sauf si Donald Trump lui offrait la chance en or de se représenter. Ce scénario n’est pas à exclure compte tenu de l’ego de l’ancien président.

Ceux qui pourraient se réjouir d’une victoire des républicains aux Midterms 2022 seraient par contre les défenseurs d’un État de droit aux pouvoirs limités que nous sommes à Contrepoints. Un État divisé, avec un président démocrate et un législatif républicain serait le meilleur moyen de limiter l’expansion de l’État fédéral…

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  • « Most popular president, 81 millions votes! »
    Jour après jour, la théorie d’un gonflage des votes lors de la présidentielle me semble de plus en plus crédible.

    • Il n’y a que des Démocrates naïfs pour croire qu’il y a eu de l’adhésion à Biden dans le vote pour lui, comme le montre bien le rejet actuel de Biden.

      Il n’y a que des Républicains naïfs pour ne pas voir que le rejet de Trump a suffi à faire élire Biden. Même aujourd’hui, Biden est plus populaire que Trump en son temps.

    • Qu’il y ait eu des fraudes ne laisse aucun doute, la question est surtout de savoir si ces fraudes ont renversé le résultat de l’élection. Il y a beaucoup de républicains qui auraient pu retarder s’opposer à l’élection de Biden et qui ne l’ont pas fait: la cour suprême, le vice-président, le ministre de la justice, l’armée. Cela me donne à penser qu’ils avaient assez d’éléments pour considérer que même sans fraude, l’élection était perdue.

      • C’est possible.
        On peut aussi envisager qu’eux aussi n’étaient pas mécontents de se débarrasser de Trump pour ainsi pouvoir mieux se placer pour les prochaines élections…

  • On peut ajouter 1/ la « gestion » catastrophique par le nouveau pouvoir de la situation à la frontière mexicaine, 2/ l’intégrisme covidien qui l’a amené à décréter des obligations vaccinales à tour de bras – alors que les dégâts des effets secondaires font l’objet d’une omerta moindre qu’en France et que, surtout, les contre exemples de la Floride et du Texas illustrent le désastre de la « gestion » démocrate.
    Entre Biden et bide, il n’y a qu’une lettre de différence…

  • « le désastreux retrait d’Afghanistan, indispensable mais mal géré »
    Indispensable, vraiment?

  • Pas un mot sur ce qui a coûté l’élection au candidat sortant en Virginie. McAuliffe a annoncé a de multiples reprises au cours de la campagne que les parents n’avaient aucun droit à s’immiscer dans l’éducation de leurs enfants…ça fait un peu désordre, surtout après l’affaire du viol d’une jeune fille dans les toilettes d’une école par un garçon qui se déclarait être une fille; affaire au passage qui a été étouffé par la commission scolaire. Le père a été également été arrêté par la police sous un prétexte fallacieux.

    A ceci, s’ajoute les multiples batailles des parents contre le Critical Race Theory. La réponse des démocrates? la CRT n’a jamais été enseigné dans les écoles.

    Considérant le degré de contamination par des idées néo-marxistes et d’endoctrinement de nombreux démocrates (politiciens et supporters), il est absolument impossible qu’ils changent de trajectoire avant le midterm. Ils on perdu ou sont en train de perdre les parents et les minorités au profit des républicains (trumpistes) qui eux s’attaquent aux vrais problèmes.

    • Petit rappel : La France possède toujours 4 à 5 ans de retard sur ce qui se passe aux US. Les incidents à Sciences Po et à l’Université de Grenoble plus les propos ignominieux de Sandrine Rousseau nous laisse prévoir des lendemains douloureux dans « Douce France » !! Heureusement, je pense que les démocrates vont boire le bouillon dans les mois à venir ce qui permettra de remettre les horloges à l’heure.

  • Let’s go Brandon

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