La fin de règne lamentable de Donald Trump

Trump by IoSonoUnaFotoCamera(CC BY-SA 2.0) — IoSonoUnaFotoCamer,

L’attitude de Trump face aux élections est très inquiétante. Déjà en 2016, il prédisait que l’élection serait truquée et qu’il perdrait. Il répète à nouveau son manège cette année et affirme qu’il ne cèdera jamais.

Par Pierre-Guy Veer.

Ce n’est un secret pour personne : Donald Trump adore être le centre d’attention. Ses nombreuses tirades sur Twitter depuis près de cinq ans ont nourri les médias qu’il aime détester – c’est à se demander si cette relation est devenue une symbiose.

Par contre, son attitude face aux élections est très inquiétante. Déjà en 2016, il prédisait que l’élection serait truquée et qu’il perdrait. Il répète à nouveau son manège cette année et affirme qu’il ne cèdera jamais.

Les défaites judiciaires se succèdent

Pourquoi ? Parce que l’élection aurait été truquée. Mais si tel est le cas, ni lui ni son équipe n’ont pu produire suffisamment de preuves pour en attester.

En effet, Trump et ses alliés ont perdu la totalité de leurs recours en justice. Au Wisconsin, un juge nommé par Trump a affirmé que les lois pour étendre le vote par courrier étaient légitimes et que le Parti républicain n’avait rien fait pour contester lesdites lois avant l’élection.

À la Cour suprême, et deux fois plutôt qu’une, les neuf juges – dont six considérés comme conservateurs – ont unanimement rejeté des poursuites pour changer le résultat des élections.

Dans la poursuite du Texas pour contester les élections de quatre États, la cour a déterminé que « selon la Constitution, un État n’a pas d’intérêt valide à contrôler les élections d’un autre État. » Juste avant cette décision, la haute cour avait aussi rejeté une poursuite républicaine pour invalider le vote postal en Pennsylvanie – mesure élargie par une législature étatique républicaine en 2019.

En fait, Trump blâme tout et tout le monde : le vote électronique, les médias, Georges Soros et la Fondation Clinton. Tout… sauf lui-même, et Dieu sait que les raisons ne manquent pas.

Ironie du sort : ses élucubrations sur les fraudes électorales auraient encouragé certains de ses partisans à s’abstenir lors de l’élection sénatoriale en Géorgie.

Des partisans sur les nerfs

Bien que Trump semble s’être ravisé quant à la passation de pouvoir jeudi, son martèlement constant et (apparemment) non fondé sur une fraude électorale massive a eu des répercussions qui pourraient affecter le pays dans les semaines, voire les mois à venir.

Une foule enragée a envahi le Capitole durant la certification du vote du collège électoral mercredi dernier. Arborant des bannières de Trump, du drapeau confédéré ou de Qanon, ces émeutiers ont montré qu’ils sont prêts à tout pour défendre leur gourou et que ses paroles sont sacrées.

Malgré ses tentatives de se racheter en condamnant plus clairement les émeutiers jeudi en soirée, il l’a fait tellement mollement – parlant encore de supposée fraude électorale – que les médias sociaux ont complètement bloqué son compte et supprimé les publications qui, selon eux, encourageaient l’émeute plutôt que de l’apaiser. Même sa fille Ivanka n’a pas aidé la situation.

Bref, Donald Trump termine son règne comme il l’a commencé : vulgairement, sans classe ni décence et en rejetant quiconque ne va pas à 100 % dans sa direction. S’il avait été élu en Afrique ou en République bananière, il aurait été dans la moyenne des dirigeants de ces pays.

Mais dans un pays comme les États-Unis, où la passation de pouvoir a (presque) toujours été pacifique, de tels agissements sont inacceptables. En espérant que le prochain changement de pouvoir se passera sans heurts.

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