Vigilance sanitaire : le Sénat valide le pass malgré tout

Ils ne sont qu’une poignée à s’être levés. La grande majorité adoptera un texte révisé à la marge. 

Par Olivier Maurice.

Ils auront bien essayé, ces sénateurs de toutes les couleurs : écologistes, républicains, communistes, centristes de faire entendre leurs voix auprès de la commission sénatoriale chargée d’évaluer le projet de loi sur la Vigilance Sanitaire. Ils auront bien essayé de la supprimer cette loi.

Tout au plus ont-ils peut-être obtenu de borner la prolongation du régime de surveillance intérieur jusqu’à la fin février au lieu de l’été prochain. Et encore faut-il que le gouvernement veuille bien accéder à cette requête.

Aucune surprise

De toute façon, sans aucune surprise, l’état d’urgence sanitaire, le pass sanitaire et tout le tintouin entreront bientôt dans le droit commun, donnant ainsi à l’État, à ses élus, ses fonctionnaires et aux autres, la totale propriété de notre santé. Pas la propriété de la Santé, mais bien la propriété de la santé de chaque citoyen.

Parce que les grands mots avec une majuscule, ça finit toujours par se transformer en choses bien concrètes. Parce que les grandes bêtises avec une majuscule, ça pense toujours que quand ça s’est révélé totalement incapable d’en faire un tout petit peu, la solution du problème est d’en faire bien plus.

Ils ne sont qu’une poignée à s’être levés. La grande majorité adoptera un texte révisé à la marge.

Pourquoi se battre de toute façon ? Il se passera pour ce texte exactement la même chose qu’il s’est produit pour les précédents : le gouvernement envahira les couloirs de l’Assemblée et imposera sa volonté aux députés et aux sénateurs, après leur avoir fait la morale pour oser avoir eu l’impudence de se rebeller.

Pourquoi résister maintenant, alors que depuis le 19 octobre 1945, la Santé est aux mains d’élus et de fonctionnaires, de syndicats et de corporations obscures, alors que depuis des années et des années, on nous abreuve du « meilleur système de santé que le monde entier nous envie » ?

Le navire sombre

Cette loi, comme toutes les lois sanitaires promulguées depuis bientôt deux ans sont des sauve-qui-peut, des aveux d’échec désespérés et des hurlements de panique d’un exécutif totalement perdu et qui n’a absolument aucune idée de ce qu’il pourrait faire pour empêcher le navire de sombrer corps et âmes.

Si le système de santé français avait ne serait-ce qu’une once de bon fonctionnement, jamais nous n’aurions eu besoin de la moindre loi sanitaire, surtout pour combattre une maladie qui dans 95 % des cas environ ne nécessite absolument aucun traitement particulier.

Si le gouvernement n’avait ne serait-ce qu’une once de professionnalisme et de jugeote, jamais il n’aurait décrété la fin du monde pour un virus dont le principal effet est d’exposer au grand jour la nullité des incapables bombardés aux postes à responsabilité.

Il ne faut pas en vouloir à ces élus de regarder les bras ballants le bateau sombrer. La démission des contre-pouvoirs, la résignation des délégués du peuple, la sidération que l’on peut avoir en regardant médusés cette compétition de faux-semblants, confirment juste une chose : l’effondrement total du système. Exactement comme se sont effondrés avant lui tous les systèmes communistes.

Un système qui ne tient plus que par la force des baïonnettes.

Tout le monde sait très bien qu’il n’existe qu’une seule solution : flanquer à la poubelle ce résidu soviétique, nettoyer les écuries d’Augias et passer à autre chose. Mais personne n’a envie d’avoir le mauvais rôle alors qu’il suffit juste d’attendre que tout l’édifice s’effondre.

Et c’est totalement compréhensible.

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