Aggravation des sanctions pénales : ce que nous dit la criminologie

L’idée commune de ces présidentielles 2022, à la fois chez Marine Le Pen, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, est celle de l’aggravation des peines, de manière générale ou plus spécifique, pour les banlieues par exemple.

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Aggravation des sanctions pénales : ce que nous dit la criminologie

Publié le 26 octobre 2021
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Par Raphaël Roger.

2022 arrive et chaque candidat rivalise en matière de populisme pénal, promettant monts et merveilles à ses électeurs. L’idée commune, à la fois chez Marine Le Pen, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, est celle de l’aggravation des peines, de manière générale ou plus spécifique, pour les banlieues par exemple. Le problème qui se pose ici est de savoir si, du point de vue de la criminologie, l’aggravation des peines est réellement la solution et si plus globalement, en matière pénale, on ne ferait pas fausse route.

Le populisme pénal comme élément caractéristique d’une démocratie délégitimée

Le populisme pénal1 fait partie des maux de notre société démocratique à bout de souffle.

Il résulte de la pathologie de la représentation et de la pathologie de l’accusation. Dans un monde où nous somme tous potentiellement coupables et où chaque individu qui vous croise est potentiellement une menace, un contrat implicite a été passé entre l’État et les individus pour sacrifier une part importante de leur liberté au prix d’une sécurité parfois étouffante. Pensons à l’absurdité des caméras de surveillance qui font de chacun de nous une potentielle victime ou un potentiel délinquant.

Le populisme pénal se révèle évidemment par le sentiment victimaire qui nous a depuis contaminés, notamment au travers des médias, qui comme la loupe dans Astérix, mettent en valeur un épiphénomène que l’on fait passer pour global. Ce mécanisme a été analysé par Stanley Cohen et sa théorie de la panique morale.

Cette panique morale se déroule en trois phases.

  1. Une phase d’attention : les médias mettront leurs loupes sur un fait divers.
  2. Une phase d’impact : avec l’aide d’experts, de policiers (présents sur les lieux), d’éditorialistes, les faits seront articulés avec un phénomène plus général de délinquance.
  3. La phase de réaction : les politiques s’emparent du sujet et agissent par la loi pénale qui sera plus grave et plus répressive.

Trois éléments composent donc le populisme pénal.

  1. Promettre des lois pénales plus graves et plus répressives.
  2. S’appuyer sur des faits divers en les articulant entre eux.
  3. Mettre toute l’institution judiciaire sur cet objectif répressif.

Il existe donc un déséquilibre important entre d’un côté un État surarmé législativement et de l’autre des individus isolés, abandonnés par des institutions disqualifiées. Les effets néfastes de la politique de tolérance zéro sont connus : augmentation de la délinquance, méfiance vis-à-vis des policiers, violences policières illégitimes, surpopulation carcérale et inflation législative.

La criminologie comme outil permettant de repenser la politique pénale

Si la criminologie2 était observée attentivement par les pouvoirs publics, il est évident que le phénomène pénal serait mieux compris et les solutions mieux adaptées.

Il faut se demander pourquoi les individus peuvent devenir des délinquants.

À cette question, la théorie de la Procedural Justice de Tom.R Tyler semble donner une bonne explication.

Selon lui, les normes paraissant comme injustes ou inintelligibles incitent à désobéir à la loi et à ne pas collaborer avec la justice, voire se rebeller contre elle. L’enjeu principal est ici la légitimité des institutions. Si le Parlement paraît discrédité, son caractère légitime sera faible, incitant alors à la désobéissance. Face à cette loi  illégitime, les réactions s’apparenteront à du legal cynism comme : « la loi est faite pour être violée ».

À côté de cette théorie, on retrouve celle de la defiance de Lawrence W. Sherman qu’il définit comme « une réaction de fierté rebelle de défi, une attitude indignée d’insoumission à la loi pénale qui peut prendre deux formes : le défi individuel ou le défi collectif.

Sherman établit une relation de causalité cumulative entre loi illégitime et délinquance à partir de quatre éléments : la légitimité de l’autorité sanctionnatrice, les liens sociaux, la honte, la fierté.

Ainsi, face à une sanction illégitime, son destinataire rompt les liens sociaux qui l’unissent à la société et se dit fier de cette sanction. La peine perd alors tout son intérêt dissuasif, et le conduit à la récidive.

L’aggravation des peines comme effet dissuasif

Ici, la criminologie scientifique, que les décideurs politiques savent mettre à l’écart en période électorale, est catégorique : la sévérité des peines ne produit que très rarement un effet d’intimidation individuelle ou collective. Ce qui est certain en revanche, c’est que cette politique pénale gonfle la population carcérale, grève les finances publiques et accentue la pression policière sur les individus.

Un des objectifs de la peine est l’intimidation collective, elle doit détourner du crime. Sauf que cette intimidation ne passe pas par une aggravation des peines. D’un point vue criminologique, la peine capitale ne se justifie aucunement. Elle n’a pas d’effet dissuasif sur la population. En 1996, les États américains ayant recours à la peine de mort avaient un taux d’homicide pour 100 000 habitants deux fois plus élevé que les autres États3. De même que l’aggravation des peines n’a aucun effet sur l’intimidation collective.

Alors, que faire ?

Quelques pistes de réflexion pour repenser notre modèle de justice pénale

Cesare Beccaria préférait la certitude et la célérité de la peine à sa cruauté.

Pour que la peine soit certaine il faut qu’elle soit effective. Pour qu’elle le soit il faut des places en prison disponibles, sous peine d’avoir des crédits de réduction de peines systématiques, alimentant au passage le sentiment d’insécurité. La politique du tout pénal, amenant à une importance quantitative de la criminalité, a généré  une inflation législative débridée créant de nouvelles infractions, sans cesse plus nombreuses.

L’effet pervers est que l’inflation législative est en elle-même criminogène du fait de l’anomie, dûe paradoxalement à la nomophilie. Ajoutons à cela les différentes réformes de la procédure pénale qui n’ont fait qu’aggraver l’inefficacité du système. C’est d’abord par les moyens financiers, humains et matériels que l’on répondra à la délinquance. Au lieu de penser à la peine, il faut se demander pourquoi certains  tombent dans la délinquance. Pourquoi un mineur en vient-il à cela ? Trop penser au travers du prisme du pénal et du répressif empêche de voir les maux de la société. C’est parce que nous n’arrivons plus à nous parler que nous nous retrouvons si souvent devant la justice.

Les médias ont aussi un rôle à jouer. Au lieu d’être criminogènes du fait des images de masse de délinquance, ils devraient au contraire nous amener à réfléchir sur ces phénomènes. Il faudrait, en quelque sorte, dépolitiser la question pénale, pour éviter qu’elle ne soit le jeu de politiciens, faisant, comme le craignait Bruno Leoni, des lois arbitraires et artificielles, reflétant l’envie de la majorité au pouvoir.

  1.  Denis Salas, La Volonté de punir, essai sur le populisme pénal, Pluriel
  2. Les éléments sont ici tirés du remarquable manuel de Patrick Morvan Criminologie, Édition Lexis Nexis
  3. Manuel de criminologie de Patrick Morvan, édition Lexis Nexis, p 352
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  • le problème est les zones de non droit ….

    dans les zones où il est appliqué.. nul délit dérisoire ne peut rester impuni..

    dans les zones de non droits..

    comme en plus les zones de non droit recouvrent d’autres zonages, couleur de peau, classe sociale…migrants..

    les premières victimes des zones de non droit sont la majorité qui subi la loi de la racaille.. et qui à l’instar de l’otage.. se tait en espérant que son tortionnaire l’épargne..

    les politiques ont d’abord SACRIFIE les populations des quartiers..par lâcheté et du fait de la popularité des idéologies victimaires..

  • Pourquoi certains tombent dans la délinquance ? C’est le noeud du problème, un indicateur du bon ou du mauvais fonctionnement d’une société. Il y a des facteurs endogènes et exogènes. Les politiques joue un rôle considérable, mais pas que. D’une manière générale, la psychologie humaine n’est pas assez comprise et prise en compte (biais, troubles, dépendances..) sauf peut être pour les usages mercantiles. La morale a ses limites.

  • Il y a trop de lois en France, mais non appliquées. Simplifions le droit, restons à l’essentiel, ne pas nuire à autrui. Eliminons les délits sans victimes.
    Par contre, sanctionner rapidement (1 mois) un vol simple avec une peine effective de courte durée (48 heures de prison pour un primo délinquant majeur).
    La politique de la tolérance zéro est efficace (New York).

    • Il manque aussi la notion de réparation dans notre justice.

      Un homme qui avait des valeurs, le célèbre athlète Jesse Owens (4 fois médaillé d’or aux JO de Berlin) a été en faillite personnelle deux fois dans sa vie. Les deux fois, il a mis un point d’honneur à tout rembourser – avec les intérêts en vigueur – quitte à occuper trois emplois de front pour y arriver. Pourquoi ce qu’il a fait de lui-même ne serait-il pas imposé aux voleurs et de façon générale à tous ceux qui nuisent à autrui – au lieu de faire rembourser « la collectivité », i.e. les gens honnêtes, au travers des assurances ? À mes yeux, rien de plus juste et de plus dissuasif et pédagogique que d’exiger la réparation des torts causés.

    • Bien d’accord avec vous, sauf sur le dernier point. L’efficacité de la tolérance zéro dont s’est vanté, en son temps, le maire de NY est un pur fantasme.
      Cela a été démontré dans Freakonomics de Levitt et Dubner qui ont analysé les résultats des politiques pénales des différents Etats américains : certains Etats, très repressifs, n’ont pas obtenu les résultats de NY, d’autres qu’on pourrait juger plus laxistes, ont obtenu de meilleurs résultats ! L’explication est ailleurs. Je vous la laisse la découvrir en lisant ce livre passionnant, qui ne se concentre pas que sur ce dossier…

  • De mon point de vue, le problème est que les malfrats ne craignent pas la prison car ils ont peu de chance d’y aller et que de plus, les procédures pénales sont tellement longues qu’il y a beaucoup trop loin entre le délit et la conséquence de celui ci.
    Je ne sais pas si cela a beaucoup changé mais ces stat de 2010 expliquent peut-être une part de ce phénomène ? « La France, par exemple, se situe à un niveau beaucoup moins élevé que ses voisins européens (Allemagne 98, Espagne 114, Royaume-Uni 149 pour 100 000 habitants). Elle est, avec l’Italie, l’un des pays à la capacité la plus faible (79 places pour 100 000 habitants) par rapport au taux médian du Conseil de l’Europe (96). »

    • C’est évident et c’est dit de façon récurrente depuis des années, y compris par la CEDH, mais aussi des tas de rapports franco-français : la Justice est en déshérence, son budget est ridicule, d’où des tas de délinquants remis dehors, des délais de traitement des affaires indignes d’un pays démocratique, etc.

  • « C’est d’abord par les moyens financiers, humains et matériels que l’on répondra à la délinquance. Au lieu de penser à la peine, il faut se demander pourquoi certains tombent dans la délinquance. Pourquoi un mineur en vient-il à cela ? Trop penser au travers du prisme du pénal et du répressif empêche de voir les maux de la société. »

    Pitié !
    Pas la harangue de Baudot gauchiste sur un site libéral quand même !
    On préférera cet article de 2013 bien plus lucide alors même que la situation n’était pas aussi critique:
    https://www.contrepoints.org/2013/07/17/131068-quand-la-justice-cree-linsecurite

    • quand vous tombez malade, le médecin ne s’occupe pas de savoir pourquoi c’est tombé sur vous et pas sur un autre: il vous soigne et s’il le peut vous guérit. Ce qui n’empêche pas, par la suite, de rechercher les causes: logement insalubre? mauvaise alimentation? pollution? Procéder à l’inverse reviendrait à expliquer pourquoi vous êtes mort!

      • Oui sauf que ce n’est pas à l’état de s’occuper du logement de l’alimentation etc… Donc faire cette analyse « il est devenu délinquant car il a grandi dans un appart insalubre » ne sert qu’à alimenter la rhétorique « l’état doit lui payer un bon logement ». Le but de la justice est de protéger les victimes, pas d’aider le criminel.

        • Ça permet surtout de découvrir la réalité des choses. Si vous ne voulez pas faire cet effort parce que cela irait peut-être à l’encontre de votre vision du monde, et conduirait à des solutions qui ne vous conviennent pas ideologiquement alors qu’elle seraient efficaces, c’en est désespérant.
          Je précise que je ne pense pas qu’on puisse devenir délinquant pour avoir grandi dans un logement insalubre. En revanche, le milieu familial, l’idéologie où grandit le gosse, etc.

      • Les causes sont taboues en France: le socialisme qui a massivement appauvri les citoyens et interdit l’entrepreneuriat y compris dans les cités minées par le chômage, l’immigration qui a fait venir par millions des gens qui dépendent des aides et qui ont des cultures beaucoup plus violentes, laxisme idéologique de la justice qui permet à des multirécidivistes (5% commettent 50% des crimes selon l’autre article) de monter des business ou de laisser une longue trace sanglante dans la société.
        .
        Tout ça fait une belle jambe au violé ou au tabassé qui subis lui aussi le socialisme et qui s’est fait démonté par un criminel qui est déjà passé 15 fois devant la justice.
        .
        -L’état français avec 62% du PIB est le plus gros au monde.
        -La justice, tâche régalienne fondamentale ne coule que 0,8% du budget.
        -La justice française est classée par le CEPEJ (commission de contrôle européenne) 37eme sur 43 pays européens derrière l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
        -Le délai moyen pour l’ouverture d’un procès est de 304 jours contre 14 au Danemark.
        .
        Une justice forte et réellement indépendante pourrait s’intéresser à la mafia socialiste, c’est la seule raison qui explique une telle misère judiciaire (cf: les livres de Philippe PASCOT).

    • @Bastien tres juste . Personne ne meurt de faim en France.

    • La phrase est tiré hors de son contexte. Elle se rattache au cas spécifique des mineurs. Je ne dis pas que dans la généralité, la pauvreté engendre de la délinquance, ce n’est pas ce qui est écrit. Dans le cas évoqué dans le passe que vous citez, il s’agit, je le précise, uniquement des cas des mineurs. La criminologie nous enseigne que la délinquance des mineurs est dû à trois facteurs : un facteur bio-phsychologique, un facteur issu d’une parentalité déficiente et troisièmement, de facteurs environnementaux. C’est simplement ce que dit la criminologie sur le sujet. Ouvrez n’importe quel manuel ou précis de criminologie et vous aurez les mêmes conclusions pour le cas de la délinquance des mineurs.

      • Vous oubliez plusieurs facteurs comme la culture et le type de population.
        La délinquance des mineurs qui était poussière dans les années 80 est essentiellement due à la parentalité déficiente dans certaines populations immigrées et à l’immigration de gosses déracinés pour venir chercher des ressources pour leurs famille restées au pays.
        .
        Le socialisme qui a massivement appauvri la population française, qui déverse des tonnes d’aide sociale pour collectiviser la société et le laxisme judiciaire sont des facteurs aggravants (cf: Baudot). La Suède a vu une augmentation spectaculaire de la criminalité, y compris des mineurs quand elle a ouvert en grand les vannes de l’immigration.
        .
        Libéralement, il n’y a aucun « droit » à venir dépendre des aides sociale dans un pays et l’état n’a pas à faire des bricolages sociaux avec notre argent pour tenter d’amoindrir un problème qu’il a lui même créé. En outre un régalien libéral fort doit absolument protéger la société des multirécidivistes, même mineurs.
        .
        Singapour et le Japon sont deux exemples libéraux de ce qu’il faut faire : réponse pénale forte et contrôle de l’immigration.

  • Accusés de laxisme, les magistrats répliquent qu’ils condamnent toujours plus et toujours plus sévèrement…Le problème, c’est que ces peines « sévères » ne sont pas exécutées, ou alors si longtemps après leur prononciation que les délinquants ne font plus le lien entre la cause et son effet! En son temps, Beccaria l’avait déjà souligné: « “L’un des plus grands freins opposés aux délits, c’est non pas la rigueur des peines, mais leur infaillibilité.”

  • Trop penser au travers du prisme du pénal et du répressif empêche de voir les maux de la société. C’est parce que nous n’arrivons plus à nous parler que nous nous retrouvons si souvent devant la justice.

    Vous êtes sûr que c’est une façon de voir libérale ?
    Vous semblez penser que les crimes et délits commis par certains – pas par tous – le sont du fait d’une responsabilité collective : « nous », « la société ».
    Or le libéralisme renvoie chacun à ses propres responsabilités, sans s’abriter derrière une quelconque responsabilité collective …

    • Bonjour.
      Cela ne vous aura pas échappé, que dans le titre, il y a : « ce que nous dit la criminologie ». Il ne s’agit pas de dire ce que je pense moi, personnellement. Il s’agit, au regard de la criminologie et des études, de voir si l’aggravation des peines se justifie ou non. Sur le passage que vous relevez, comme dit plus haut, je ne fait référence ici qu’au cas des mineurs délinquants. On ne peut pas dire qu’un mineur de 12 ans soit pleinement responsable de ses actes, sans s’interroger sur son cadre familial et sur des troubles personnels. Il ne s’agit donc pas d’invoquer une quelconque responsabilité collective, mais simplement, et c’est le but de la criminologie, qu’elle soit micro ou macro, de s’interroger sur le passage à l’acte. Vous relevez un seul élément, mais n’oubliez pas que je fais quand même référence à Bruno Leoni, donc oui, mon propos est libéral.

      • Il ne s’agit pas de dire ce que je pense moi, personnellement. Il s’agit, au regard de la criminologie et des études

        Assumez un peu vos propos SVP. Ne vous abritez pas derrière la criminologie, ou la conception que vous en avez, pour dire ce que vous voulez dire sans en prendre la responsabilité.

        Je me suis contenté de réagir sur ce passage, qui certes concerne les mineurs mais qui reste ambigu, car dans la tonalité générale de votre article ; lequel reste finalement flou sur ce que vous proposez – alors que s’agissant de dénoncer le « tout pénal » et la tolérance zéro, vous y allez franchement.

        Exemple, quand vous dites :
        Il faut se demander pourquoi les individus peuvent devenir des délinquants.
        À cette question, la théorie de la Procedural Justice de Tom.R Tyler semble donner une bonne explication.
        Selon lui, les normes paraissant comme injustes ou inintelligibles…

        Je vous trouve pour le moins très, très réducteur.
        Non seulement vous ne donnez pas de solution (claire), vous ne donnez pas d’explication satisfaisante, mais vous ne cessez de donner l’impression que l’individu n’est pas vraiment responsable de ses actes. Malgré le fait que vous citiez Leoni, je ne trouve pas votre propos vraiment libéral ; la théorie c’est bien, la réalité c’est mieux.

  • Budget 2022:
    Somme totale allouée à la Culture et audiovisuel public: 11.24 milliards d’Euros
    Ministère de la Justice: 8.9 milliards d’Euros

    La Justice n’est pas prioritaire pour nos gouvernants.

    https://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/budget-2022-un-effort-inedit-pour-la-culture-1348446

  • Un transfuge de Libération ? Du Nouvel Obs ?

    • Restons entre nous et refusons le débat ? C’est libéral ?

      • La délinquance est-elle un épiphénomène comme il est dit dans cet article. Moi aussi je le trouve très orienté, trop. La conclusion que j’en fait est celle qui n’a jamais fonctionné : c’est la faute de la société, les jeunes sont désœuvrés, laissés à eux-mêmes, ils habitent des ghettos. Déversons des millions d’euros, réhabilitons les logements. Faisons des emplois prioritaires. Et 5 ans plus tard, la situation a empiré et on repart de zéro aux frais du contribuable qui en plus ne vit pas libre dans ces quartiers et ne souhaite qu’en partir.
        Je revois ce petit gamin dans un reportage sur les scouts du 9-3 qui s’adaptent à leur public (nourriture halal) qui expliquait que « dans la quouartier (je n’arrive pas à rendre l’accent par écrit) faut pas être bon à l’école, faut pas vivre comme les Français, sinon on te dit mais ça va pas non, tu vas pas vivre comme les Français » etc.
        Alors ces articles toujours à trouver que ces pov’jeunes ne s’en sortent pas parce qu’il n’y a pas de moyens de ceci de cela, j’en ai trop lus.
        Ce n’est pas un refus du débat, il a déjà eu 150 fois, mais tant qu’un bord continuera de croire qu’il suffit de rénover les immeubles (vite vandalisés) et de faire de la discrimination positive, en refusant de voir que le vrai problème est le refus de s’intégrer, de travailler, de vivre à la française, il n’y aura pas d’amelioration.
        La solution n’est peut-être pas dans l’aggravation des peines, mais on devrait déjà commencer par les appliquer, ne pas avoir peur de construire des prisons et d’avoir des réponses « sécuritaires ».
        Quand des « jeunes » brûlent les voitures de leurs voisins, quelle est la sanction ? Aucune, car ils n’ont pas les moyens de payer une nouvelle voiture à leurs victimes ! Condamner Jérôme Kerviel a 2 ou 3 millions d’euros a pourtant été possible….
        Le maire de Nice montre l’exemple : expulsion des familles. C’est sévère pour les parents, très certainement, mais c’est une étape obligatoire pour faire réfléchir certains. D’autant que ce n’est pas aux voisins de ces « jeunes » de supporter la vie qu’ils leur font mener, juste parce que l’expulsion est sévère pour les familles.
        L’article dit que les normes non comprises incitent à désobéir… les délinquants seraient donc poussés à l’être parce que la simple loi de ne pas voler, insulter, frapper, est incomprise ?
        Je revois ces femmes voilées de je-ne-sais-plus quelle ville réclamant la mixité dans les écoles… Si leurs propres enfants n’avaient pas rackettés, insultés voire tabassés les petits « blancs », ils ne seraient pas partis. S’ils partent, il y a bien une raison.
        Bref, beaucoup à dire, à débattre….

        • Correction (et pas « édit »lol) : J, Kerviel condamné à 1 million d’euros… mais c’est sûr qu’il n’a pas toute une cité qui va s’embraser.

        • Bien sûr je fais des généralités, les femmes qui réclament de la mixité sont peut-être de bonnes familles, mais, encore une fois, si les gens partent, si ces ghettos se sont constitués, il y a une raison.
          Et ce n’est pas la faute de la société. Toujours dire que ce qui arrive est la faute des autres, c’est lassant à la fin.
          J’ai grandi à Argenteuil dans les années 80, avec un nom de famille étranger en plus. Si la ville a plus que changé, ce n’est pas par manque de moyens, en tant que famille boursière, des aides, on en a eu. Mais on en a eu conscience et on s’est pris en main, on n’a pas tout attendu de la société qui, en France, donne déjà beaucoup et bien plus qu’ailleurs.

        • On est d’accord. Une bonne approche du problème et des éventuelles solutions est essentielle.
          Et vos explications me conviennent plutôt.
          J’ai toutefois l’impression que nous n’avons pas lu le même article. J’y ai lu essentiellement une demande d’application rapide des peines existantes, une dénonciation de la gesticulation politique du « toujours plus de pénal », une volonté de réduction de la « production » législative, un souhait de bénéficier d’un nombre de places de prison suffisant, etc. Bref, un article plutôt sensé pour un libéral…
          Et à côté de ça, une seule phrase qui a mis le feu aux poudres : « Au lieu de penser à la peine, il faut se demander pourquoi certains tombent dans la délinquance. Pourquoi un mineur en vient-il à cela ? »
          Que beaucoup ont traduit pour une preuve de laxisme, de gauchisme, etc.
          Pourtant votre remarque sur le défaut d’assimilation aurait toute sa place parmi les réponses à cette question ouverte…

          • Je suis d’accord avec ce que vous avez lu de cet article. Mais tout cela s’est « effacé » face à bien plus de phrases que celle que vous citez :
            Ça commence doucement : après « populisme pénal » on doit se demander « si plus globalement en matière pénale on ne fait pas fausse route » : dès le début, l’article donne à penser que c’est tout le pénal qui est à revoir, doctrine chère à l’extrémisme de gauche pour qui il faut arrêter de sanctionner.

            Puis (guillemets mais je résume) : « les médias mettent la loupe sur un fait divers, épiphénomène qu’il font passer pour global … les médias relient les faits divers entre eux ». Sous-entendu : il n’y a que des faits divers deci-delà, et ce sont les médias qui nous font croire qu’il y a des cités de non-droit par exemple.
            « Les normes, paraissant comme injustes, incitent à désobéir » ça, c’est fort. Le problème donc, c’est le législateur qui ne plaît pas au délinquant, donc ses lois sont rejetées. On doit comprendre les délinquants, se mettre à leur place, c’est un peu l’idée.
            « Cette politique pénale gonfle la population carcérale … accentue la pression policière sur les individus » lesquels, d’individus ? Vous et moi aussi ? Je ne sens pas de pression personnellement. On est à deux doigts de dire « violences policières ».

            Le pompon : « les médias devraient cesser de passer ces images » (les zones de non-droit où les habitants doivent montrer patte blanche à l’entrée, les halls d’immeubles occupés, les rodéos sauvages qui font des morts, les dealers qui obligent une crèche à fermer, etc.) « et nous amener à réfléchir sur ces phénomènes » : les pauvres jeunes aussi, faut les comprendre, ils n’ont pas de cityskate, de lieux de rencontre sympa (et gratuits) où se retrouver, etc

            Voilà mon ressenti général à la fin de la lecture,
            Mais j’admets que je suis certainement « mal orientée » parce que je n’en peux plus de ces faux débats.
            La seule bonne question après cet article ; quelles propositions ? A quoi abouti la « réflexion sur ces épiphénomènes » proposée à la fin ?
            Parce que je n’ai rien lu, à part accélérer les jugements (ce qui serait une très bonne chose, quand on voit qu’un gifleur peut passer en comparution immédiate et être condamné à de la prison… idem pour une pancarte dans une manif… idem pour un Kerviel etc)

            • +1000, même lecture.

            • Tout ce que vous citez, du populisme pénal à l’excès de normes, a trait à la gesticulation politique que nous évoquions : « un fait divers, une loi ».
              Ce « toujours plus de lois » est la marque de fabrique des politiciens qui pensent qu’une nouvelle parution d’un texte au JO vaudra influence sur le réel quand les lois existantes ne sont pas appliquées…
              Pourquoi tout le monde applaudit-il quand un libéral réclame moins de normes et les applaudissements se tarissent-ils lorsqu’il s’agit du pénal ?

              • « Gesticulation politique », entièrement d’accord avec vous. L’inflation législative est un fléau, gouverner par l’émotion est un réel problème hélas de plus en plus répandu.
                Mais je ne suis pas certaine que tout le monde n’applaudirait pas la réduction du nombre de textes législatifs, dès lors qu’en parallèle, il y aurait application de ces lois.
                La plupart des gens « lambdas » comme moi réclament l’application des peines existantes, pas que de nouvelles soient sans arrêt édictées. C’est le politique qui fait croire ainsi qu’il agit, mais les gens dans l’ensemble ne sont pas dupes.

  • Une « petite » anecdote.
    L’homicide involontaire peut être puni de 5 ans de prison max en cas de circonstances aggravantes. C’est le cas d’un chasseur alcoolisé qui tuerait un collègue, ou d’un bagarreur un peu trop costaud qui voudrait juste se défendre, ou etc.
    Sauf…
    Un cas où cela peut monter à 10 ans… Un accident de la route ! Décision prise bien évidemment sous le poids des lobbys ultra-sécuritaires qui pourrissent la vie des automobilistes depuis trop longtemps.
    Pourquoi 5 ans avec un fusil et 10 ans avec une voiture ? Il n’y a pas d’explication raisonnable. C’est juste de la pure gesticulation politique.
    Dans la pratique, bien évidemment, aucun juge n’a jamais prononcé une telle peine, tant elle serait perçue comme exorbitante.

    • Autre anecdote : Arnaud Hopffner, coupable d’une « simple » tentative de vol sur une jeune femme (déjà retenir ça pour un violeur en série qui s’attaque à une joggeuse seule en forêt… mais passons), elle s’est débattue il a fui mais elle avait vu la plaque de sa voiture : il a été condamné à 2 ans de prison dont 1 avec sursis, et sa peine d’un an, il l’a faite. Ça m’a sciée : 1 an et réellement passé en prison, pour une tentative de vol.
      C’était au Luxembourg, pas en France, ceci explique cela.

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