Quand la justice crée l’insécurité

Dans un livre très argumenté, Xavier Bébin explique pourquoi la justice crée l’insécurité en France.

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Quand la justice crée l’insécurité

Publié le 17 juillet 2013
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Dans un livre très argumenté, Xavier Bébin explique pourquoi la justice crée l’insécurité en France.

Par Francis Richard.

Xavier Bébin est criminologue et secrétaire général de l’Institut pour la Justice. Dans un livre très argumenté, il explique pourquoi, en France, la justice crée l’insécurité. Or la sécurité des biens et des personnes est une condition nécessaire à toute société libre. S’il est une fonction régalienne que l’État devrait assurer, c’est bien celle-là. Mais les hommes de l’État préfèrent s’occuper de bien d’autres choses… et le budget de la justice ne représente que 3 % des dépenses publiques.

L’insécurité n’est pas un simple ressenti

C’est une réalité que certains ne veulent pas voir, mais que d’autres subissent sans avoir les moyens de se défendre. De plus les victimes de l’insécurité sont laissées pour compte, réduites au silence et peuvent même parfois se trouver face à leur agresseur une fois celui-ci sorti de prison.

Le bilan est lourd. Donnant des chiffres précis, Xavier Bébin montre que « l’impunité est devenue la règle dans le système pénal actuel » :

La masse des criminels et des délinquants sait qu’elle peut agir à répétition tant les autorités peinent à les sanctionner, soit que les citoyens renoncent à dénoncer les atteintes dont ils sont victimes, soit que les forces de l’ordre ne parviennent à en retrouver l’auteur, soit que la justice, privilégiant le doute, en fasse bénéficier ceux que la police a arrêtés.

Quatre millions de crimes et délits sont répertoriés par an. Leur nombre est en réalité d’environ de 10 millions car les taux de plainte sont inférieurs à 50 % (taux qui tombe à 25 % pour les violences physiques et sexuelles). Seuls les auteurs de 1,4 million de ces infractions sont identifiés et 12 % de ces infractions sont classées sans suite… Une infraction sur cinquante est punie de prison ferme et un grand nombre de ces peines ne sont même pas exécutées.

Les deux affaires de dangereux criminels récidivistes (Tony Meilhon et Alain Pénin)  citées par l’auteur sont édifiantes. Que nous enseignent-elles ?

Que les criminels dangereux ne sont pas suffisamment repérés en raison du manque de formation en criminologie des experts et des magistrats. Si leur dangerosité est repérée, le doute leur profite plutôt qu’à la victime ou à la société. Les peines sont inadaptées à cette dangerosité et il n’y a pas de suivi de précaution après leur remise en liberté…

Les idées reçues en matière de criminalité

Elles sont mises en lumière et réfutées par l’auteur.

Le risque zéro n’existe pas

Il s’insurge contre cette idée reçue et montre que le taux de criminalité, rapporté à la population, a bel et bien augmenté. Il est passé de 12-15 pour mille dans les années 1950-1966 à 56 pour mille aujourd’hui. Et encore, la criminalité latente ne doit-elle pas être négligée : que serait ce taux s’il n’y avait pas eu augmentation des effectifs des entreprises de sécurité privée (110 000 salariés en 2000, 150 000 environ aujourd’hui) et doublement entre 1990 et 2000 des raccordements de systèmes de télésurveillance professionnelle ou résidentielle ?

Seuls fonctionnent la prévention, la réinsertion et les soins

En France, la multiplication par quatre du taux de criminalité entre le milieu des années 1960 et le milieu des années 1980 a eu lieu alors que le revenu par habitant n’a cessé de croître et que la pauvreté a diminué.

Les programmes de prévention sociale sont sans effet :

Ceux qui sont efficaces sont fondés sur la prévention dite développementale […] Il s’agit d’aider le jeune enfant – et ses parents – à apprendre à contrôler ses impulsions violentes et à respecter les règles de la vie sociale.

Ces derniers programmes sont appliqués avec succès au Canada et dans les pays anglo-saxons, mais pas en France :

Les idées habituelles sur l’influence du milieu social, du manque d’emplois ou de l’absence de loisirs tendant à prévaloir sur les données de la recherche en sciences sociales.

Les programmes de réinsertion, destinés à pallier l’échec scolaire et l’absence de formation professionnelle, ne réussissent pas davantage :

Ce qui caractérise les délinquants les plus actifs – le noyau dur de la criminalité – est qu’ils n’ont généralement pas résisté à l’attrait de revenus gagnés rapidement et sans effort. Les programmes précités échouent parce qu’ils n’agissent pas sur les caractéristiques personnelles des délinquants, celles qui expliquent en partie pourquoi ils ont rarement réussi à se maintenir au travail plus de quelques mois : l’impulsivité, le goût du risque et le faible contrôle de soi.

Les soins médicaux donnés aux délinquants sexuels ne sont guère efficaces, d’autant moins que les traitements ne sont pas poursuivis après l’incarcération, alors que leur effet cesse dès leur interruption :

Après avoir recensé la totalité des études internationales menées sur le sujet, l’Académie de médecine conclut que les deux méthodes les plus efficaces, les traitements hormonaux (castration chimique) et les psychothérapies cognitives et comportementales, abaissent de 25 % le taux de récidive…

La prison est l’école du crime

L’auteur explique pourquoi ceux qui bénéficient d’une libération conditionnelle sont moins récidivistes que ceux qui restent longtemps en prison :

Les condamnés qui bénéficient de cette mesure sont ceux dont les juges ont pensé qu’ils avaient le plus de chances de réintégrer la société sans récidiver. À l’inverse, ceux qui n’en ont pas bénéficié ont été jugés à haut risque. Il est donc parfaitement logique que les détenus considérés comme dangereux récidivent plus que les détenus considérés comme ré-insérables. »

Au fait, les longues peines de prison sont-elles inefficaces ?

Une petite minorité de délinquants est responsable d’une très grande part des crimes et délits. […] Par simplicité, et en raison de la remarquable similarité des ordres de grandeur trouvés dans les différents pays, on dit généralement que 5 % des délinquants sont responsables de plus de 50 % des crimes et délits. Cette observation a une conséquence considérable : elle signifie que, lorsque les individus appartenant à ces 5 % sont en prison, le nombre total des crimes et délits commis dans la société est très largement réduit.

Les conditions de détention sont-elles honteuses ?

La France n’a pas à avoir particulièrement honte de l’état de la plupart de ses prisons. Ce dont elle peut avoir honte, c’est de ne pas en avoir construit assez et de tolérer la surpopulation carcérale. Elle devrait également avoir honte de la façon dont elle traite ses victimes, quand le crime a gravement mis en cause leurs conditions de vie. Presque personne, pourtant, ne s’en émeut. Car cette question n’intéresse pas les tenants du dogmatisme pénal.

Le dogmatisme pénal

Il y a deux conceptions traditionnelles de la peine, celle d’Emmanuel Kant et celle de Cesare Beccaria. Pour Emmanuel Kant, la peine doit être infligée quelles que soient les conséquences pour la société. Pour Cesare Beccaria, elle n’est justifiée que si elle a des conséquences positives pour la société.

Aucune de ces deux conceptions n’est aujourd’hui retenue en France. En réaction aux totalitarismes du XXe siècle, la seule préoccupation est que l’État ne porte pas atteinte aux personnes : on est « nettement moins attentifs aux exactions que peuvent commettre des particuliers sur d’autres particuliers. »

Cette conception dogmatique du droit conduit à ne pas se préoccuper des conséquences de l’inaction de l’État, à se méfier de mesures de dissuasion et de neutralisation, à être réticent à punir, voire à refuser de punir, à considérer les criminels comme des victimes de la société :

Si les criminels sont aussi des victimes, il paraît légitime de les protéger d’une Justice trop ferme. Les victimes réelles et les victimes potentielles d’actes criminels passent après les supposées victimes en chair et en os qui peuplent nos prisons.

Ce dogmatisme pénal est alimenté par la tradition française selon laquelle il convient de préférer l’idée qui sonne le mieux […] aux argumentations analytiques et rigoureuses :en pratique cette culture se manifeste à la fois par un juridisme excessif, et par une sous-estimation du savoir criminologique.

Le droit devient alors douteusement hégémonique, contraire à la démocratie, et empêche tout esprit critique en refusant de seulement entendre ce que disent les victimes des criminels. Pour des raisons corporatistes, les magistrats, les psychiatres se font les défenseurs de cet humanisme hémiplégique.

Pour une justice fonctionnelle

Arguments à l’appui, Xavier Bébin pense que pour refaire la justice et redonner confiance en elle aux Français, il faut que le système pénal soit dissuasif, que les peines appliquées soient prévisibles, que les criminels dangereux soient identifiés, que la tolérance zéro soit appliquée aux voleurs en série, aux délinquants polymorphes et aux psychopathes prototypiques. Il faut également que le droit des victimes de criminels soit renforcé et que leur indemnisation soit décente et rapide.

Pour que la justice fonctionne mieux, il faut des juges mieux formés :

Pour être un bon juge pénal, il ne suffit pas de connaître sur le bout des doigts le droit pénal et la jurisprudence, mais il est tout aussi impératif de bien connaître la criminalité et la criminologie.

Il faut des juges compétents :

Un système qui réserverait la fonction de magistrat à des professionnels ayant déjà une expérience, permettrait de limiter les risques de pensée unique et de juridisme abstrait.

Mais cela ne suffit pas :

Encore faut-il qu’ils soient irréprochables sur le plan de la neutralité politique et qu’ils ne puissent pas être soupçonnés de déloyauté dans l’application des lois votées par le Parlement.

Enfin il ne faut pas l’oublier :

La justice n’appartient ni aux juges, ni aux responsables politiques. En démocratie, elle appartient au peuple, et c’est en son nom qu’elle est rendue.

C’est pourquoi la justice doit répondre aux attentes des citoyens et être de la plus grande transparence. Si ce n’est pas le cas, le danger est que ces derniers se fassent justice eux-mêmes, que, par peur, ils se replient sur eux-mêmes ou qu’ils cèdent au communautarisme.

Le problème de la justice, particulièrement pénale, n’est donc pas à prendre à la légère :

Une justice pénale décrédibilisée est une bombe à retardement pour la société. Une bombe à fragmentation individualiste et communautariste.

C’est pourquoi ce livre, dont cet article ne donne qu’un aperçu et dont le projet n’est pas d’affaiblir davantage la justice pénale, est à lire par tous ceux qui sont soucieux de la crédibilité de la justice et de la confiance qui devrait pouvoir être placée en elle :

Dire la vérité sur les défaillances profondes de la justice pénale est le seul moyen de provoquer un sursaut indispensable.

C’est ce que ce livre fait très bien, en proposant des solutions concrètes.

• Xavier Bébin, Quand la justice crée l’insécurité, Fayard, 2013, 306 pages.


Sur le web.

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  • Un torchon (je parle du livre, pas de l’article) rédigé par Xavier Bébin, délégué général de l’Institut pour la Justice et de temps en temps publié dans Valeurs Actuelles, autre torchon du même tonneau.

    Utilisation de faits divers, manipulation des faits et des personnes victimes de ces faits divers (voir l’affaire du « Pacte 2012 » de l’IPJ où Joël Censier a été joliment manipulé par l’IPJ) etc.

    A propos de l’application déloyale des lois pénales, je tiens à rappeller que la loi pénale est d’interprétation stricte et que les juges d’appel (et surtout de cassation) n’hésitent pas à taper sur les magistrats qui ne respectent pas cette règle.

    L’observatoire international des prisons pointe du doigt depuis de nombreuses années (et son rapport de 2011 n’a pas changé à ce niveau là) l’état déplorable des prisons françaises ET la surpopulation carcérale (+12% de suicides sur l’année 2011).

    Poubelle l’IPJ.

    • Alors vous allez mettre l’auteur sur votre mur des co-s ?

      • Sachant que je ne suis ni magistrat, ni membre du Syndicat de la Magistrature (qui porte d’ailleurs très mal son nom étant donné que ce syndicat n’est pas le seul et qu’il n’est pas non plus majoritaire), je ne vois pas pourquoi je le ferais.

        • Valeurs Actuelles est un magazine d’extrême droite qui devrait être interdit. Incitation à la haine raciale, homophobie latente, catholicisme ultramontain menaçant la laïcité… Bref, ce magazine est une merde sans nom jouant sur le populisme le plus beauf et bête qu’il soit.

          • bah, si il fallait interdire toutes les merdes, jouent sur incitation à la haine de classe, l’hétérophobie assumé, l’antisémitisme honteux, le gallicanisme laïcard menaçant la liberté de religion, tu serais en tôle à perpet. Alors te plaints pas 🙂

          • il faut mettre en prison tous ceux qui ne pensent pas comme nous.

            Et comme ils pensent pareil que nous, c’est le plus fort qui l’emportera, qui mettra en prison ceux qui sont différents de lui et qui dirigera la société.

            Bref, la loi du plus fort quoi, cad le socialisme, cad le renard libre dans le poulailler libre, cad l’anti libéralisme.

            vous portez bien votre pseudo

          • La majorité des journalistes est de gauche. La majorité des artistes est de gauche. La majorité des maires de grandes villes, de conseils régionaux sont de gauche. Le Président est de gauche. Le sénat est à majorité de gauche.Le parlement est de gauche. Les prélèvements obligatoires sont de 46% en France. Les dépenses sociales de 56% du PIB. Mais tout cela n’est pas assez pour Antilib. C’est encore trop libéral pour lui. Alors il lui faut encore venir troller Contrepoints, parce hein, un résistant comme lui ça ose tout et tant qu’il y aura une voix dissidente il luttera. No pasaran n’est-ce pas?

          • @Anankè. Quelques précisions.

            Les prélèvements obligatoires sont de 45% du PIB en 2012.

            En 2012 toujours, les recettes publiques sont de 51,8% tandis que les dépenses publiques sont de 56,6%.

            A lire ici.

    • Quid de l’état déplorable physiquo-psychologique des victimes ?

    • @Test
      N’oubliez pas l’appréciation « souveraine » du juge… et peu de gens vont en cassation; il faut bien connaître les arcanes du système et avoir de fortes motivations pour aller jusque là

      @Antilib
      Censure dangereuse, en tout lieu et en tout temps.

      @ Tous
      acceptez de plonger en vous-même, et vous decouvrirez qu’il n’ y a qu’une seule motivation psychique profonde dans ces cas : la loi du talion!

      • L’appréciation souveraine du juge, c’est le fait que les juges du fond (c’est-à-dire les juges de première instance et de seconde d’instance et parfois le Conseil d’Etat quand il statue sur le fond de l’affaire) sont compétents pour apprécier les faits et prendre une décision au regard des faits.
        La Cour de cassation (et le Conseil d’Etat mais lui c’est un peu spécial) n’apprécie pas les faits de l’affaire ni la peine prononcée. Elle va simplement dire si la règle de droit a été respecté ou non.

        Pour ce qui est de la qualité même de notre justice, oui, c’est bien connu qu’elle est dans un état déplorable (je crois me souvenir qu’elle était classée 27ème sur une 40aine de pays dans un rapport de la CEPEJ).

        Le fantasme de l’IPJ et de ses membres, c’est que de manière générale, l’insécurité et l’injustice est due en bonne partie au fameux « corporatisme » des magistrats et oppose presque constamment le « bon sens populaire » à « l’abstraction juridique » dont fait preuve la justice. Ensuite, y a le discours réactionnaire classique qui va avec, mais bon, c’est courant.

        Le fait de pointer qu’en 2010 il y avait grosso modo 8300 magistrats en France sur les listes électorales. Il y en avait environ 4000 en 1850 pour une population deux fois moindre.

        Sauf que les 8000 magistrats ne s’occupent pas que du pénal. Il y les juges administratifs, les juges en matière civil etc. Et entretemps, le quidam moyen a eut accès à la justice et les procédures nécessitant l’intervention d’un juge se sont multipliées. Il ne faut pas non plus oublier que les gens ont pris conscience de leurs droits (développement des assurances qui réclament de porter plainte pour être remboursé par exemple etc). Bref, le volume d’affaires augmente.

        Au final on a quoi ? En 2008 environ 3 procureurs pour 100 000 habitants et 9 juges pour 100 000 habitants (je crois que depuis ce chiffre a légèrement augmenté). En comparaison, en Allemagne, on a 6,2 procureurs pour 100 000 habitants et environ 25 juges pour 100 000 habitants (!!). Forcément, cela joue beaucoup sur l’efficacité de la justice quand les délais d’attente sont réduits et qu’il existe des tribunaux pas loin de chez soi.

        Par contre, l’Allemagne a un budget pour la justice près de 2 fois supérieur à celui de la France. Ca aussi, ça joue (cherchez les circulaires du précédent gouvernement sur le journal officiel ou légifrance quand le ministère de la justice enjoignait aux tribunaux de réduire la consommation des fournitures de bureaux car le budget était serré, c’est triste à lire).

        Oh, un dernier point. L’état civil existe en France depuis 1534. La société française s’est considérablement pacifiée depuis la création de l’état civil et les crimes les plus graves (meutres, assassinats etc)sont en baisse continue depuis toujours malgré les faits divers dont nous abreuvent les médias. Ce qui est clair par contre, c’est que les incivilités et menus délits (agressions verbales, dégradations etc) sont en hausse.

        Il y a du travail à faire du côté des lois, c’est clair et net. De vieilles lois ne sont plus adaptées, des efforts doivent être fait du côté des fonds d’indemnisation des victimes etc. Mais de gros efforts doivent également être faits du côté du budget que la France alloue à sa politique pénale. Recrutement de magistrats supplémentaires, de procureurs et surtout de greffiers, mais aussi rénovation des prisons, construction de nouvelles prisons et accompagnement des prisonniers afin de lutter contre la récidive (oui car quand on est pauvre et con en rentrant en prison et que l’on en sort tout aussi con et pauvre on ne peut s’étonner qu’y en a qui récidivent) sont aussi des actions nécessaires et ça coûte des sous.

        Mais en France, on préfère la règle du 1 fait divers = 1 loi, même si on a pas les moyens de les appliquer. La loi de 2003 sur les empreintes génétiques et digitales ? Ca coûte cher, on conserve ces moyens d’investigations que pour les affaires les plus importantes. Les peines planchers ? Aucune influence sur la criminalité etc.

        Xavier Bébin, lui, il nous sort quoi ? Le vomis habituel de l’IPJ avec des mots forts qui font fantasmer « corporatisme », « dogmatisme pénal », « victimes réelles » et « supposées victimes qui peuplent nos prisons », prendre en compte le « droit des victimes » (je traduis pour avoir lu à de nombreuses reprises l’IPJ => vengeance par le biais de lourdes peines systématiques).

        A chier. Comme d’habitude.

        • @ test
          Je ne connais pas suffisamment l’institut Pour la Justice pour porter un jugement aussi définitif que le vôtre.
          Celà étant ce que pointe le début de l’article est en phase avec ce que vous dites (et je vous rejoins pleinement sur ce point) : le budget alloué à la Justice est ridiculement faible. Il est même scandaleusement faible.
          Même si tout n’est pas qu’une question de moyens, il ne faut pas s’étonner dans ces conditions du mauvais fonctionnement de cette institution (cf. engorgement des tribunaux, prisons surpeuplées, manque de suivi…).
          Quand on sait que la Culture a un budget quasi équivalent à celui de la Justice… L’Etat, plutôt que d’intervenir sur des sujets qui ne le concernent pas ou qu’à la marge doit absolument se focaliser en priorité sur ses missions régaliennes.
          Je vous rejoins également sur le délire législatif qui consiste à voter des lois à tour de bras. Sans bien sûr se soucier de leur application ou mesurer véritablement leurs conséquences….

          • En Allemagne, le délai moyen pour obtenir une décision d’un tribunal est de 8 mois. En France, il est d’un an et demi. Ca laisse songeur.

            En droit romain, le principe est la collégialité des juges. C’est-à-dire que l’on n’a pas un seul juge qui rend une décision, mais plusieurs juges (généralement 3 afin de pouvoir trancher en cas de désaccord) qui sont chargés de rendre une décision. La raison est simple : chercher à obtenir une décision aussi juste que possible en tempérant les décisions soient trop dures, soient trop complaisantes.

            Sauf que la justice française possède des moyens tellement pathétiques que cela va faire près de 40 ans que l’on instaure des tas de juridictions à juge unique afin de réduire les délais d’attente pour un jugement qui sont absurdement longs (et cela ne concerne pas que le pénal, mais aussi le civil !). Deux exemples :
            _ loi du 10 juillet 1970 en matière civile.
            _ loi du 29 décembre 1972 en matière pénale (pour information, plus de la moitié des affaires pénales sont traitées par un juge unique, l’Etat lui-même l’avoue sur le site service-public.fr !).

            La justice est une fonction régalienne de l’Etat et la France devrait se doter des moyens nécessaires à la conduction d’une politique efficace en matière de justice (et pas juste en matière pénale d’ailleurs, les délais d’attente abominablement longs on les retrouve également en devant les juridictions prud’hommales, civiles etc).

            Mais bon, tous les gouvernements, de gauche comme de droite, ont préféré mettre de l’argent ailleurs.

      • @protagoras

        Je ne sais pas si la loi du Talion répond à une motivation psychique profonde mais elle proportionne la peine au crime.

        Les fonctionnaires ont captés le droit de vengeance en état présents aux jurys d’assises qui votent à la majorité.

        • On a introduit les juges au sein des jury d’assises dans les années 30 en France car … il y avait trop d’acquittements !

    • Au moins, ceux qui se suicident ne recommenceront pas leur bêtise.

      Marre du laxisme

    • Sauf que nos prisons valent 100 fois celle du reste du monde et que nos délinquants sont mieux traités que nos retraités alors bon…

  • A quand des juges élus au suffrage universel?

  • Depuis La Fontaine, peu de choses ont changé en France: « Selon que vous serez puissant ou misérable…blanc ou noir »!

  • @antilib : merci de montrer ainsi les atteintes du socialisme a la liberte d’expression. un bonheur toujours renouvele.

  • l’article manque un peu de recul sur le livre, qui semble tout aussi dogmatique, quoi qu’en sens opposé, que ce qu’il dénonce.
    Par exemple je veux bien qu’on me dise que le problème c’est plus la surpopulation que l’état des prisons (admettons…), mais alors pourquoi, dans ce cas, l’auteur ne dénonce-t-il pas l’incurie totale de l’état, incapable de résoudre ce problème ? C’est pourtant pas les solutions qui manquent, de la construction neuve à la location en passant par l’usage plus étendu de la résidence surveillée par bracelet électronique ou carrément la déportation (la Guyane et l’Algérie ne font plus l’affaire, mais il nous reste les Kergelen, Clipperton, la Terre Adélie… ).
    La justice a un rôle ingrat, elle ne traite par définition que de problèmes assez graves. Elle peut facilement être à la fois trop dure et trop laxiste. Et la multiplication des lois nouvelles ne lui simplifie pas la tâche, c’est le moins qu’on puisse dire.

  • On oublie un peu vite que le but premier de la prison n’est pas de « corriger » les vilains pas beaux, mais de les empêcher de nuire. Bref, de les isoler et donc le protéger la société.

    Venir se demander si la prison fait du bien ou pas est tout à fait secondaire. Parce que si on cherche à faire du bien aux délinquants, le fouet serait tout aussi efficace, mais n’est pas appliqué 🙂

    Désormais, la société doit être un laboratoire de réinsertion, et quand des récidives s’avèrent désastreuses, nos petits génies haussent les épaules, s’exonèrent de toute responsabilité, et proclament qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs.

    Du décorateur pour nouvelles prisons, aux innombrables socio-culs qui gravitent autour de la délinquance, c’est tout un joyeux business qui s’est développé, étatique, goguenard, irresponsable et pas trop concerné, et la société et sa sécurité sont les cadets de leurs soucis.

  • Très mauvais ouvrage, je l’ai lu et c’est le sentiment qui peut dominer!Même si quelques idées valables comme construire des places de prison supplémentaires et de faire payer les frais de la procédure au délinquant ou criminel!Il faut absolument concevoir la justice comme réparation du préjudice causé.Donc ce qui signifie que le délinquant ou le criminel doit travailler ou assumer sur sa fortune le cot de sa conduite pour la société et pour les victimes!

  • Pris sur http://maximetandonnet.wordpress.com/2013/07/17/fuite-en-avant/#comments

    rallumer une belle guerre civile froide , oui, les braises sont déjà bien répandues et je crains une explosion prochaine. Même en vacances les Français sont tendus et attentifs aux évènements. C’est un signe, parmi d’autres…
    J’ai l’intuition que les choses bougeront sur bien des domaines après l’élection en Allemagne et la réalité sous le tapis apparaîtra, du moins sur le plan financier et économique, entraînant quelques tangages difficiles, voire une explosion.
    Nous verrons…

    On peut toujours rajouter quelques poils au menton de l’Ukrainienne (vous l’avez vu « en vrai » ? Pas terrible la nana), ou boycotter le timbre en choisissant systématiquement une autre série. Petit acte de résistance bien senti.

    Le vote des étrangers nous pend au nez, sauf si difficultés urgentes, ce qui est une certitude.
    La seule incertitude étant l’échéance, car bien entendu ils vont user de « politiques non-conventionnelles » (doux euphémisme pour cacher cavalerie ou fraude) pour tenir le plus longtemps possible.

    On nie des pillages de cadavres qui ont vraisemblablement eut lieu.

    Lire l’agence presse Mena :

    La catastrophe de Brétigny, vendredi dernier, a eu d’étranges effets. Un différend s’est rapidement installé à propos d’actes de pillage qui seraient survenus sur des morts et des blessés ainsi qu’au sujet de heurts entre les forces de l’ordre et les énergumènes qui se seraient rendus coupables de ces actes de dépouillage.

    Les affirmations concernant les vols ont émané d’un syndicat de police, Alliance, ainsi que de quelques confrères, d’Europe 1, de France 2 et du Parisien, principalement.

    Puis le paysage de la communication a subitement changé, les représentants de l’Etat, Manuel Valls en tête, le ministre de l’Intérieur, ainsi que Frédéric Cuvillier, celui des Transports, et le préfet de l’Essonne niant en bloc les allégations des dénonciateurs.

    Ils ont parlé de rumeurs très exagérées, d’actes isolés, du vol du portable d’un secouriste, réfutant le reste en bloc et plongeant le public dans le doute. Doute entretenu par les rares déclarations publiques de représentants des forces de l’ordre et du SAMU, n’intervenant plus que pour confirmer les dires des ministres.

    Quant aux confrères accusateurs, soumis à des pressions comme on n’en connaît que trop dans la presse française – qui elle aussi est bien malade –, ils ont mis la pédale douce, atténuant tour-à-tour leurs témoignages….

    http://www.menapress.org/

    L’article est en 2 parties, ne manquez pas le témoignage du policier.
    Édifiant !

    J’espère que vous avez tous compris que les politiques ont choisi délibérément de nous mentir, de nous enfumer. Et pas seulement sur les sujets sociétaux.

    14 juillet calme en France cette année. Aucun feu de joie dans les villes et campagne de notre doulce France.
    Aucun ? Pas sûr :

    14-Juillet : plusieurs incidents en marge des festivités écrit la Provence :

    C’est le secret – de Polichinelle – le mieux gardé de la place Félix Baret. Et c’est le même, tous les ans, à la même époque. La communication autour des incidents en marge des festivités du 14-Juillet, une triste et imbécile tradition à Marseille, doit être centralisée par la préfecture de Police qui attend le feu vert du ministère de l’Intérieur pour livrer quelques chiffres.

    « Nous avons tout donné ce matin à la préfecture », prévient le bataillon des marins pompiers, sous-entendant qu’il ne trahirait pas le secret en détaillant ses « chaudes » interventions de la soirée. « Nous croyons savoir que le Préfet veut communiquer lui-même sur le sujet », botte également en touche l’Hôtel de Police, en glissant néanmoins avoir procédé à 12 interpellations entre 22 heures et 3 heures du matin. Mais visiblement, hier soir, du côté de la préfecture, on attendait encore le signal du ministre, « Peut-être demain… », nous confiait-on pour nous inviter à la patience.

    517 interventions en 24h…

    http://www.laprovence.com/article/actualites/2449895/14-juillet-plusieurs-incidents-en-marge-des-festivites.html

    C’est drôle comme des délits sont légèrement appelés « incidents ».
    Mais au moins, La Provence a le mérite d’en parler, c’est déjà ça. A nous de rectifier le délit.
    Et d’imaginer ce qui s’est passé ailleurs.

    Enfin, personne en France n’a entendu parler des violentes émeutes ethniques dans la banlieue de Hambourg.

    3 jours de violence, presque une guerre civile, mais chut ! Pas de vagues.

  • Les commentaires sont fermés.

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J’ai eu l’occasion d'évoquer plusieurs fois, dans ces colonnes, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. L’ancien ténor du barreau était entré au gouvernement de Jean Castex à l’été 2020.

En reconduisant celui-ci dans ces fonctions, le chef de l’État persiste et signe.

J’ai également pu, sur ce média, exprimer mes convictions concernant la place de la Justice dans nos institutions. Dans une série d’articles, j’expliquais pourquoi ce pouvoir régalien n’avait rien à faire dans le gouvernement.

Le ministère de la Justi... Poursuivre la lecture

paris rats
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Partout dans le monde, Paris est connu pour ses monuments historiques et son romantisme. En France en revanche, la capitale est célèbre pour une particularité moins glamour : elle est envahie par les rats. Mais lorsque certains conseillers municipaux alertent sur la prolifération de ce nuisible, les militants du parti animaliste rétorquent qu’il serait préférable de parler de « surmulots », terme « moins connoté négativement ». Si les rats se réjouiront peut-être de ce choix sémantique plus clément à leur égard, il n’est pas tout à fait certa... Poursuivre la lecture

Stade de France Darmanin délinquants
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Gérard Darmanin nous refait le coup : il ne fait rien, envoie des policiers au casse-pipe pour arrêter des gens qui vendent des choses que personne ne vous force à acheter, et il vous explique que grâce à ça, et donc implicitement grâce à lui, vous vivez dans une société plus sûre.

Mais la société est-elle plus sûre quand on pourchasse les dealers ? Rien ne le prouve mais Darmanin ne le sait pas. Et que puis que ne ferait-on pas pour chasser sur les terres électorales de Marine Le Pen et de LR ? En ce moment il semble qu’il y ait beauc... Poursuivre la lecture

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