Obligation vaccinale : on pousse les soignants vers la sortie au pire moment

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À partir d’aujourd’hui, plus de 2,7 millions de personnes sont soumises à une obligation vaccinale. Une stratégie contreproductive.

Par Alexandre Massaux.

À partir d’aujourd’hui, un certain nombre de salariés et d’indépendants doivent montrer qu’ils ont reçu au minimum une dose d’un vaccin contre le covid pour exercer. L’article 12 de la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 liste les professions soumises à cette obligation qui regroupe principalement les soignants, les pompiers, les ambulanciers, les aides à domicile et certains gendarmes.

Plus de 2,7 millions de personnes seraient concernées par cette obligation. Problème : 300 000 soignants ne sont toujours pas vaccinés (soit 11 % du personnel). Le risque est une suspension de leur contrat sans salaire et donc potentiellement des démissions en masse.

Une stratégie qui peut vite se révéler contreproductive

 

Cette situation risque d’amener à mettre le secteur de la santé et les hôpitaux sous pression avec une pénurie de personnel. Une usine à gaz ubuesque étant donné que les restrictions que nous connaissons depuis le début de la crise ont justement pour objectif d’éviter une saturation des hôpitaux. Mettre à pied un dixième des soignants dans un contexte où les établissements de santé peuvent être facilement surchargés c’est créer les conditions pour une nouvelle vague.

Enfin, dans un contexte européen où tous les pays ont besoin de personnel médical c’est aussi envoyer un message à nos soignants d’aller travailler à l’étranger où ils seront mieux respectés, voire mieux payés. Certains y pensent déjà.

Au-delà des soignants, se pose aussi la question des pompiers et des ambulanciers. Ces professions sont littéralement vitales et gèrent les urgences au quotidien. Des sous-effectifs peuvent là aussi se montrer catastrophiques.

Si des morts découlent de ce manque de personnel, cela pourrait vite se retourner contre le gouvernement. Le virus est par nature difficilement contrôlable par l’État, mais les décisions politiques affectant l’emploi dans des secteurs clés sont le fait des autorités.

L’automne et l’hiver nous diront comment la situation évoluera. Mais ce précédent n’augure rien de positif.

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