Banques centrales : la fausse monnaie a-t-elle un avenir ?

L’émission sans limite de monnaie est un passeport pour l’État-providence.

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Banques centrales : la fausse monnaie a-t-elle un avenir ?

Publié le 5 septembre 2021
- A +

Par Jacques Garello.

Les banques centrales du monde entier émettent de la fausse monnaie, la crise a légitimé d’aller plus loin encore pour financer les secours et les dettes des États. Il faudra pourtant, tôt ou tard, rompre avec la fiat money.

Fausse monnaie ?

C’est la valse aux milliards. Après les 45 milliards supplémentaires autorisés par la troisième loi rectificative votée jeudi dernier, selon Bercy, la générosité de l’État français serait de 469 milliards.

Le plan européen de relance européenne discuté ce week-end prochain à Bruxelles  prévoit 750 milliards, la présidente de la Commission européenne Ursula von den Leyen voudrait aller jusqu’à 1000 milliards pour la période 2021-2027. Enfin, Christine Lagarde a annoncé que la Banque centrale européenne serait prête à racheter aux États jusqu’à 1350 milliards d’euros.

Cette dernière annonce est importante, car elle nous ramène à la réalité économique : les aides généreuses que les États européens vont accorder à leurs peuples sont financées par de la fausse monnaie. Cette réalité ne concerne pas que l’Europe, et elle n’est pas inédite.

Aux États-Unis, au Japon, en Chine et en Angleterre les milliards sont multipliés par les banques centrales. Et voilà maintenant plus de vingt ans qu’a été mise en place la politique de quantitative easing (la croissance de la masse monétaire n’est plus contrôlée) avec des taux d’intérêt nuls voire négatifs.

Pourquoi s’agit-il de fausse monnaie ? Jacques Rueff parlait de « faux droits ». La monnaie a en effet pour utilité de donner des droits à consommer, à investir. Mais ces droits ont pour origine la création actuelle ou future de richesses, c’est-à-dire de biens et services de nature à satisfaire les besoins révélés par le marché. La qualité d’une monnaie se mesure donc à celle de ses contreparties réelles.

Qu’en est-il lorsque la contrepartie est faite de créances sur des États qui sont soutenus par les banques centrales pour financer sans limite dépenses et dettes publiques ?

L’émission de monnaie n’a alors pour contrepartie que ce que les États pourront rembourser dans un avenir plus ou moins lointain. Cette contrepartie n’est ni assurée (les États peuvent s’installer dans les déficits structurels) ni assurable (les États peuvent faire ce qu’ils veulent des facilités qui leur sont accordées).

Évidemment les économistes keynésiens pensent que la croissance de la masse monétaire serait en soi porteuse de production réelle parce que toute dépense nouvelle crée des débouchés et des emplois, et c’est la raison pour laquelle tout va rentrer dans l’ordre à plus ou moins long terme.

Les gouvernants actuels de la plupart des pays ne cessent de rassurer l’opinion publique : il faut donner priorité à la crise actuelle, il faut régler le court terme et voir venir ensuite (« dans le long terme nous serons tous morts » disait Keynes). En fait l’émission sans limite de monnaie est un passeport pour l’État-providence.

Oligopole des banques centrales

Les accords de Bretton Woods (1944) et la création du Fonds Monétaire International avaient misé sur une monnaie unique destinée à régler tous les échanges internationaux. Le choix avait été fait du dollar, à l’époque convertible en or : voilà donc une contrepartie réelle.

Il s’est passé ce qui devait se passer : les États Unis ont peu à peu réduit la convertibilité du dollar en or et l’ont finalement supprimée, estimant que les autres pays libres devaient participer au financement de la guerre engagée contre le communisme mondial.

Dans la première partie de l’histoire du système de Bretton Woods, le dollar a été une bonne monnaie, mais sa masse se révélait insuffisante pour régler des transactions mondiales en pleine expansion. Dans la deuxième partie le dollar est devenu fausse monnaie et les pays ont sombré dans l’inflation et le chômage.

Après les crises pétrolières (1974, 1978) le FMI a alors admis que s’instaure une certaine concurrence entre banques centrales, mais la concurrence a été vite perturbée par la pratique de dévaluations compétitives : les banques centrales ont voulu stimuler la production nationale et les exportations en diminuant le prix des produits vendus à l’étranger.

Ainsi le marché des changes, théoriquement libre, a-t-il porté des informations biaisées et instables sur la qualité des monnaies nationales. Après la crise de 2001 (liée à l’attentat des Twin Towers) le FMI et les États-Unis ont rompu avec la (relative) discipline monétaire, estimant (façon keynésienne) que le commerce mondial avait besoin d’un surplus de liquidités pour continuer à croître.

Dès lors, pratiquement toutes les banques centrales de tous les pays ont mené la même politique. Cette unanimité a abouti à un véritable oligopole : aucune monnaie ne peut émerger comme monnaie de référence, puisque toutes sont gérées de façon identique.

Ainsi le dollar, le yen, l’euro, la livre sterling, le yuan deviennent-elles monnaies interchangeables : toutes les banques centrales émettant de la fausse monnaie il n’y a aucun inconvénient a priori à payer n’importe quelle transaction avec n’importe quelle monnaie.

On ne sort pas du périmètre des banques centrales. Comme le disaient jadis assez cyniquement les gouverneurs de la Banque de France : « l’important n’est pas d’émettre de la monnaie, mais de la garder ».

Réactions contre les banques centrales

En dépit des positions des gouvernements, du FMI et de la Banque des Règlements Internationaux (qui se veut maintenir l’ordre monétaire et bancaire mondial) la fausse monnaie officielle ne convient pas à tous les opérateurs marchands et financiers.

De nouvelles communautés de paiement se sont spontanément créées. Les incertitudes sur la qualité des monnaies officielles ont déclenché, comme après Bretton Woods, des réactions spontanées que les banques centrales n’ont pas à ce jour maîtrisées.

Pour sécuriser et accélérer les paiements mondiaux, des opérations financières se sont organisées, notamment sur ce que l’on appelle traditionnellement le marché des liquidités, ou « marché de l’argent au jour le jour », voire même « marché monétaire ».

Comme dans les années de désordre de Bretton Woods, on a vu renaître des opérations menées par des banques ayant des avoirs en dollars offshore, situés en Europe (voici donc à nouveau les eurodollars) ou ailleurs (y compris Shanghai).

Mais ces dollars n’ont rien de commun avec ceux qu’émet la Fed, il s’agit en fait d’une « monnaie fantôme » (shadow money), d’une monnaie sans pays d’origine, d’un réseau financier fondé sur la confiance réciproque – elle-même garantie par des dépôts importants de titres financiers sélectionnés par les opérateurs.

C’est bien une monnaie mondialisée : on l’appelle encore global money. Ce réseau financier apatride comprend de grandes banques (Citibank, Bank of America, JP Morgan, Goldman, HSBC, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, Deutsche Bank, Nomura, etc.) mais aussi nombre de courtiers qui mettent en contact les offres et demandes de liquidités.

Les opérations sont souvent des repo (Sale and Repurchase Agreement, accord de vente et rachat) ou des swaps (trocs financiers, échanges de titres). La Fed a essayé de court-circuiter le réseau en pratiquant un repo (repo choc, septembre 2016) mais elle a échoué, et a très vite renoncé, estimant à juste titre qu’elle ne pourrait pas être aussi crédible que le marché monétaire mondial qui s’est mis en place maintenant.

Une autre réaction est mieux connue du grand public, il s’agit des cryptomonnaies : bitcoin bien connue, libra, et divers blockchains, registres qui tiennent la comptabilité des actifs et passifs des divers titulaires de comptes. Les plateformes privées de télépaiement sont également en pleine expansion, et sans nul doute la technologie numérique va-t-elle rapprocher la finance mondiale de cette réalité profonde : « le terme monnaie doit être utilisé pour désigner quelque chose qui est largement accepté pour payer des produits, ou pour se libérer de toutes sortes d’obligations » (Robertson,1922)

Le désastre de la fiat money

Si on veut précisément revenir à l’essentiel, il est indispensable de dénoncer le désastre de la monnaie officielle émise par les banques centrales. Fiat money : que ce soit de la monnaie, ainsi s’exprime le souverain, il décrète que seule « sa » monnaie sera la bonne.

Dans cette logique, la monnaie naît de la seule volonté du pouvoir politique, elle est régalienne, car seul l’État peut garantir la qualité d’un bien aussi important – aussi important que la défense, la justice, la police mais pourquoi pas aussi la santé, l’école, le logement, et tous les attributs de l’État-providence.

L’histoire devrait nous prévenir contre cette logique. En réalité, depuis les empereurs romains jusqu’à l’oligopole actuel, en passant par Philippe Le Bel et les rois faux monnayeurs, les assignats révolutionnaires, la monnaie fondante du troisième Reich, la monnaie officielle a été le moyen le plus efficace de financer les dépenses publiques.

Ces mœurs n’ont pas disparu avec la démocratie, car la classe politique est essentiellement occupée à créer, entretenir, motiver une clientèle électorale. Quand on nous dit que peu importe la dette publique, parce qu’à long terme elle aura permis de financer les investissements du futur réalisés par une élite savante et œuvrant pour le bonheur des générations futures, on veut nous faire croire que l’État sait mieux que chacun d’entre nous ce qui sera bon dans quelques années.

En réalité, cette logique mensongère conduit à un désastre économique. En effet l’argent facile, le crédit ouvert à tous et pour tous les usages créent des erreurs structurelles irrémédiables : si n’importe quoi peut être financé, l’argent est appelé à être gaspillé, allant à des activités parasites et coûteuses, et manquant aux vrais investissements.

La rentabilité est exclue du système, les profits n’ont plus de signification, les prix relatifs pas davantage. C’est ce que les économistes autrichiens, à la suite de Menger et Hayek, ont découvert : la masse monétaire a son importance, mais plus encore son origine, c’est-à-dire finalement sa destination.

La fiat money est le contraire de ce que Menger expliquait en écrivant l’histoire de la monnaie : la bonne monnaie est celle qui naît de la pratique sociale, de la confiance dont jouit le moyen de paiement au sein d’une communauté de paiement donnée.

Hayek a plaidé pour le retour à une monnaie choisie, il faut rompre avec la monnaie imposée. D’ailleurs le marché monétaire qui s’est reconstitué autour d’un réseau mondial (global money) est bien la preuve que les initiatives privées découvrent les bonnes solutions pour nous protéger contre les décrets publics.

Dès 1968, Hayek avait bien expliqué le choix : non seulement il faut dénationaliser la monnaie, mais il faut surtout la privatiser. C’est peut-être ce qui va se faire quand on aura démasqué et démystifié l’État-providence.

Publié initialement le 14 juillet 2020.

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  • En quoi le privé cherche-t-il davantage l’intérêt des populations qu’un Etat, quand ce « privé » se compose d’entités économiques très puissantes?
    La question de fond est politique: qui dirige la destinée commune d’un peuple? Coment ce dernier peut-il réellement disposer du pouvoir politique?
    Notre démocratie est un leurre, comment la restaurer?

    • Une entité économique très puissante n’a pas de pouvoir coercitif, ou alors ce n’est plus uniquement une entité économique très puissante, ça devient un gang.
      Tant qu’il n’y a pas de coercition, votre seul moyen de vous enrichir c’est de convaincre et donc de se rendre utile.

  • A la petite bête : relisez le passage sur l’égoïsme du boucher dans la richesse des nations d’Adam Smith…

    • Pourquoi tout le monde ne parle que du boucher? Je tiens à rappeler qu’on parle aussi du marchand de bière dans ce passage! Et c’est important le marchand de bière!

  • Ainsi s’explique la hargne des états contre les cryptos-monnaies : elles pourraient mettre fin au pillage par les « élites ».

  • Ce que je trouve à la fois stupéfiant et inquiétant, c’est que cette émission de fausse monnaie, par centaines de milliards par les banques centrales ne suscite de commentaires d’AUCUN (un vrai, pas un autoproclamé) économiste. PERSONNE n’est capable d’expliquer – en dehors de l’inflation des actifs et de la ruine des épargnants – ce que cette politique, dont on perçoit l’absurdité et la fuite en avant, aura comme conséquences concrètes dans les cinq années qui viennent. Il parait que la France a des économistes de haut niveau dont un prix Nobel. Silence radio. Incompétence, complicité, ou absence d’indépendance ?

  • A défaut d’avoir la moindre compétence sur le sujet, l’idée que je me fais de la valeur de la monnaie, c’est que sa contrepartie aujourd’hui n’est plus dans le monde réel mais dans la matière grise des humains qui ont un potentiel largement sous-exploité pour ne pas dire infini. Donc la création monétaire actuelle me semble justifiée de ce point de vue. C’est un acte de foi, j’ai vraiment confiance dans le potentiel de la nature en général et de l »‘humain en particulier. Donc pour que ce potentiel se réalise, j’accepte toute la création monétaire nécessaire pour réponse à une demande justifiée par la poursuite d’activités.. L’humain crée SA richesse, qui n’a aucune valeur en soi, car c’est son regard qui donne de la valeur aux choses et aux êtres, il n’y a rien d’objectif dans ce processus créatif et la création monétaire est un carburantdont le gisement est aussi illimité que le potentiel d’activité qu’il permet de réaliser.

    • J’ajoute que, suivant le point de vue que je viens d’exposer, il me semble que la création monétaire doit strictement être une prérogative régalienne des Etats au détriment d’initiatives privées comme le préconise l’auteur de l’article, car ces initiatives témoigneraient d’une défiance dans le potentiel humain qui enrayerait le processus de réalisation de ce potentiel par la création monétaire.

      Le rôle du privé est d’émettre une demande de monnaie pour créer des activités destinées à réaliser un potentiel que le privé est le plus à même de détecter en contestant aux Etats la capacité de le faire. Le rôle des Etats est d’émettre la monnaie demandée en empêchant le privé de le faire. Chacun dans son rôle sans tout mélanger.

      J’exprime ainsi ma compréhension et mon accord avec la création monétaire actuelle et je ne la qualifierai pas de création de fausse monnaie puisqu’elle a bien une contrepartie dans le potentiel de matière grise des humains, laquelle n’est que le potentiel de la nature à révéler des richesses infinies.

      Mon point de vue résulte d’un acte de foi avec une confiance inconditionnelle dans ce potentiel. Donc cette création monétaire ne me fait pas peur et je la comprends plus comme un acte de courage que comme une fuite en avant. La fuite en avantque je n’accepte pas est le fait des Etats qui sortent de leur rôle en voulant décider de la réalisation du potentiel à la place du privé qui est seul à même de le faire sans gaspiller la monnaie créée.

      • @ Virgin
        Je ne suis pas un grand spécialiste du sujet mais il semble que lorsque vous empruntez (dans le but de construire qq chose d’utile et de rémunérateur) la banque crée l’argent pour vous et le détruit au fur et à mesure que vous remboursez a l’aide des bénéfices de votre projet.
        Cette disposition corresponds a mon avis à votre vision et elle me parait juste car finance une réelle croissance.

        Le problème c’est quand vous créez de la monnaie pour payer les dépenses courantes sans augmentation de PIB associée. La CF Crésus et le résultat final obtenu (Venezuela…)

      • Excellent commentaire de Virgin qui est à retenir : +1000 !
        « je ne la qualifierai pas de création de fausse monnaie puisqu’elle a bien une contrepartie dans le potentiel de matière grise des humains, laquelle n’est que le potentiel de la nature à révéler des richesses infinies. »

    • Confiance dans les capacités illimitées du génie créatif de l’être humain, ok. Mais avez vous la même confiance dans les bureaucraties et les politiques qui contrôlent les banques centrales? Eux aussi ont des capacités créatives, mais qu’est ce qui nous garantit qu’ils prennent les bonnes décisions pour nous?

      • @ fm06,
        Parfaitement d’accord avec vous. Je n’ai aucune confiance dans les bureaucraties et je conteste absolument aux pouvoirs publics le droit de décider à notre place du potentiel qu’il s’agit de réaliser. J’ai confiance en moi et en autrui pour décider de ce qu’il convient de faire chacun à son niveau et pour savoir s’allier afin de réaliser le potentiel de la situation qui correspond à nos choix et à nos capacités personnels.Cependant ma confiance ne vaut que dans le cadre d’un Etat régalien où les pouvoirs publics ne sont pas l’objet d’un culte d’adoration par des populations abruties supposées les prendre pour des dieux, des gourous, des « sachants tout » alors qu’ils entrainent tout le monde à la catastrophe car ils sont fondamentalement inaptes puisque ce n’est pas leur rôle d’agir à la place des individus.

        Donc, ce que j’ai voulu dire c’est que, en théorie, la création monétaire aux niveaux actuels ne me fait pas peur et je peux la trouver pertinente si c’est le privé qui décident de quoi en faire. Par contre, si ce sont les pouvoirs publics qui sont juges et parties et qui émettent la monnaie pour en faire ce qu’ils veulent, là je suis évidemment dans une défiance totale ; dans ce cas, je considère que les individus doivent refuser de collaborer à cette gabegie qui ne peut avoir pour effet que de les réduire en esclavage. D’où blocage total (« La Grève » des entrepreneurs et des créateurs) tant que nous n’aurons pas changé de régime politique.

        Donc dans le principe, pour moi, ce n’est pas le niveau de création monétaire qui fait problème, c’est le régime politique dans lequel nous sommes enlisés jusqu’au cou et qui nous prive de la capacité de réaliser notre potentiel qui est gigantesque. Nous sommes en guerre, oui : les pouvoirs publics nous font la guerre, l’Administration est une armée d’occupation qui abrutit la population et la réduit en esclavage avec la complicité d’un capitalisme de connivence qui fait injure à notre esprit d’entreprise. Donc, en tant qu’individu né pour vivre libre, je me considère en guerre contre cette collusion, et mon problème, ce n’est pas la création monétaire mais cette collusion qui en pervertit l’éventuel bien fondé.

      • @fm06
        Parfaitement d’accord avec vous. Ce que je voulais dire c’est que, ce n’est pas la création monétaire qui me pose problème, mais la collusion entre une bureaucratie abusive et un capitalisme de connivence qui fait injure à l’esprit d’entreprise. Cette collusion qui nous fait la guerre pervertit l’usage de la création monétaire dont nous nous avons besoin pour réaliser notre potentiel.

    • Houla Virgin, grosse erreur. Non pas sur votre confiance en la matière grise, mais sur la création de monnaie.
      j’ai eu jadis des cours d’économie, et les deux toutes premières choses que l’on apprend (apprenait, en tout cas) sont :
      1- la loi de l’offre et de la demande
      2- la création de monnaie (sans qu’elle soit justifiée par une création de richesses en biens et services) engendre AUTOMATIQUEMENT de l’inflation. C’est mathématique (et cela découle du point 1-)

      L’auteur a parfaitement raison – c’est d’ailleurs la position de tous les économistes libéraux, sauf erreur de ma part – de dire que si la BCE crée de la monnaie (il l’appelle de la « fausse monnaie » et il a raison), cela va engendrer de l’inflation. Ce n’est pas un hasard si cette solution est affectionnée par les Keynésiens et autres socialistes : cela leur permet de faire du déficit public (autrement dit, de la démagogie politique, puisque le déficit sert à financer des clientèles électorales avides d’argent public) à très bon compte et sans jamais en assumer les responsabilités.
      Et cette inflation, qu’elle soit ou non spectaculaire, va pénaliser à la fois les consommateurs mais aussi les épargnants. Et ces derniers, qui sont à la fois consommateurs et épargnants, seront pénalisés deux fois, en perte de pouvoir d’achat et en perte de valeur de leurs économies. Les fourmis de la fable paient pour les cigales, en d’autres termes.
      Faire tourner la planche à billets est une très très mauvaise solution, une solution d’irresponsables-pas coupables.

      • Fausse monnaie: oui mais …
        Une banque américaine qui prête en 2007 aux clochards de quoi s’acheter un logement crée de la monnaie-dette insolvable, donc de la fausse monnaie à première vue.
        Puisque tout le monde peut ainsi s’offrir un logement, la demande explose, et la valeur (en dollars) de l’immobilier aussi. Comme l’emprunteur ne peut pas faire face à ses obligations, il est expulsé, retourne à sa condition de clochard et la banque récupère le logement assorti d’une belle plus-value. On dirait que la fausse monnaie a produit de la vraie valeur (incitation à la construction) et que la banque a été rationnelle après tout.
        Remplacer le clochard par l’Etat, le logement offert par le pognon de dingue, et la banque prêteuse par la BCE. Bien entendu l’édifice est de plus en plus branlant mais tant qu’il n’y a pas de secousse, tant qu’on arrive à entretenir l’illusion, ça tient … et ça s’effondrera d’un seul coup à la première alerte.

        • créer de la fausse monnaie n’est pas question…
          on oublie la question de dans la poche de qui elle « tombe » après sa création et donc qui est floué..

        • @Mc2: sauf que dans le scenario crise des subprimes de 2007 qui a débuté un peu comme vous le décrivez, la fin de l’histoire n’a pas été une plus value pour les banques qui ont pris le bouillon a cause de la chute des cours de l’immobilier due a un afflux massif des maisons saisies sur le marché.

          En économie il n’y a pas de miracle. Les plans de relance, ça ne marche que si le projet est viable et s’auto rembourse. Sinon ça finit mal.

    • il faut un moyen de gérer le crédit et la dette..

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