Le capitalisme est bénéfique pour les pauvres

Dans l’attention portée à la pauvreté, on se pose souvent la mauvaise question : comment apparait-elle ? La vraie question que nous devons nous poser est de savoir comment la prospérité arrive.

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Le capitalisme est bénéfique pour les pauvres

Publié le 21 août 2021
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Par Mihailo Gajić1.

On entend souvent que grâce au capitalisme les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Mais ce point de vue est-il juste ?

La définition d’un système économique comme le capitalisme est basée sur une approche marxiste observant le monde seulement à travers les forces de production. Le capital concernerait les outils de production, lesquels ne doivent pas appartenir seulement aux individus, mais aussi à l’État. Par exemple, les usines et les machines existaient aussi en Union sovietique, mais elles appartenaient à l’État, pas aux entrepreneurs privés. En Chine, en Russie, au Brésil et dans les pays riches en minéraux (pétrole inclus), les entreprises qui appartiennent à l’État ont un rôle très important. Il s’agit d’un capitalisme d’État.

C’est pour cela qu’il est préférable d’utiliser l’expression économie de marché pour désigner ce qui est communément nommé capitalisme : un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production, le libre échange et le mécanisme des prix.

Mais comment définir l’économie de marché ?

Tous les pays du monde (excepté peut-être Cuba ou la Corée du Nord) s’organisant plus ou moins autour de l’économie de marché, il est possible d’établir une comparaison permettant de constater que les économies des pays de l’Union européenne sont différentes.

Pour cela, aidons-nous de l’Economic Freedom in the World Index, qui mesure si les pays sont proches de l’idéal de l’économie de marché : les taux bas, libre échange international, monnaie stable, pas de régulation des affaires. Cet Index a été développé par un grand nombre de scientifiques incluant quelques économistes ayant obtenu le prix Nobel d’économie, comme Gary Becker, Douglass North ou Milton Friedman.

Il montre que la situation n’est pas noire ou blanche à travers de monde, mais beaucoup plus nuancée. Dans son dernier rapport, Hong Kong et Singapour sont au sommet de la liste des pays en termes de liberté économique, avec 8,94 et 8,65 points (le maximum étant 10) alors que le Soudan et le Venezuela sont derniers avec 4,21 et 3,34 points.

Quand on regroupe les pays par leurs résultats dans l’Index, on observe des choses intéressantes.

Les pays les plus libres économiquement sont aussi plus développés, avec des revenus considérablement plus élevés. Les économies libres ont un meilleur environnement pour les affaires, ce qui a une influence positive sur les investissements. Et les investissements d’aujourd’hui sont la croissance économique de demain.

Quand on divise les pays par leur niveau de liberté économique en quatre parts (quartiles), on voit que davantage de liberté donne plus de revenus.

Mais à quoi cela sert-il ?

La croissance économique est une belle chose, mais si les fruits de cette croissance sont distribués seulement entre les riches, il ne restera rien pour les autres, pauvres inclus. Le problème de ce raisonnement est qu’il n’établit pas de liaison entre la part de revenu des plus pauvres et la liberté économique. Ou plus simplement : davantage de capitalisme ne rend pas les pauvres plus pauvres qu’avant.

Niveau des libertés économiques et de la proportion de revenus des plus pauvres 10 % de la population. Source: Fraser Institute. 

Mais le résultat final peut nous tromper.

Voyons donc la situation dans chaque pays pris individuellement. J’ai pris les données de la Banque Mondiale concernant la proportion des revenus des plus pauvres soit 10 % de la population (excluant les pays dont les données datent de plus de 5 ans et les micro pays) pour obtenir ce graphique. Il montre également qu’il n’y a pas de liaison statistique entre la liberté économique (axe X) et la proportion de revenus des plus pauvres 10 % (axe Y). Ce fait est aussi confirmé par l’analyse de régression – R Square pratiquement n’existe pas (inférieure à 0,002), et la valeur p est très élevée (0,96).

 

Les libertés économiques et la proportion des revenus des plus pauvres représentent 10 % de la population  (axe X) et (axe Y). Source: Fraser Institute et la Banque Mondiale.

Enfin, cette différence de revenus indique que les pauvres vivant dans un pays plus libre économiquement ont des revenus plus importants que les pauvres des pays qui ne sont pas économiquement libres.

En d’autres termes, où que l’on soit, il n’est pas agréable d’être pauvre, mais tandis que dans certains pays, être pauvre signifie vivre dans une hutte de terre, travailler dur du matin au soir et s’inquiéter de chaque repas suivant, dans d’autres cela signifie vivre modestement mais décemment.

Les libertés économiques et les revenus des plus pauvres représentent 10 % de la population. Source: Fraser Institute.

Quand vous regardez cela, il est clair qu’une économie de marché (ou une économie nommée familièrement capitaliste) est bénéfique pour les pauvres : vivre dans de telles sociétés économiquement organisées augmente considérablement leurs revenus et leur niveau de vie. Nombreux sont ceux qui n’ont pas confiance dans le capitalisme ou les libertés économiques car ils pensent qu’ils auront un impact négatif sur le niveau de pauvreté ou augmenteront les inégalités déjà existantes dans leur société.

Dans l’attention portée à la pauvreté ou à l’inégalité, on se pose souvent la mauvaise question : comment apparait la pauvreté ? Mais la pauvreté est la condition de base de l’humanité : l’espèce humaine a passé la plus grande partie de son existence dans une misère terrible, et seule une partie de l’humanité a réussi à y échapper au cours des deux siècles précédents.

La vraie question que nous devons nous poser est de savoir comment la prospérité arrive.

  1. Mihailo Gajic est un économiste de Belgrade (Serbie) où il dirige les activités de recherche de Libek, un think-tank sur le marché libre, depuis 2014. Il est souvent cité dans la presse grand public serbe sur des sujets économiques. Ses principaux domaines d’intérêt sont les libertés économiques, le commerce international, la réglementation des affaires et les finances publiques. Fervent défenseur du marché libre, de la gouvernance démocratique et de l’état de droit en Serbie et dans les Balkans, et membre du Couvent National, organe consultatif du Parlement national de Serbie. Il fournit également des conseils en affaires aux entrepreneurs étrangers qui investissent en Serbie.
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  • soit..mais la justice .bordel!

    On nous dit que les pauvres des pays libres sont exploités et opprimés, tandis qu’ils le sont moins dans les pays à économie de « pas marché » et c’est la véritable « justification » pour mettre fin à l’economie de marché..I l ya exploitation et de plus cette exploitation est TOUJOURS le fait du patron par rapport au salarié et du patron par rapport au consommateur… bien entendu…la question qui se pose alors et la corollaire qui en découle, ..mais les gens n’ont qu’à devenir t patron… l’exploitation tient donc au fait que le « patronnariat » serait une classe fermée..

    il ya une dissymétrie dans les échanges.. dans un cas celui qui échange de l’argent contre du travail est l’exploiteur;..dans l’autre celui qui échange de l’argent contre des services » est ..exploité…

    l’entreprise privée est le diable…

    il faut donc ajouter quelques graphes pour démystifier l’idée même de classe sociale fermée…

    dans les pays sans économie de marché…les plus riches restent plus riches, nomenklatura..

    • Dans ces pays règne ce que j’appelle l’économie de soumission : ne sont riches ( mais moins que dans une économie libre ) que ceux, proches du pouvoir, qui s’alignent totalement sur les vues du grand leader ( ou autre nom ) et ceux dont la présence est indispensable pour maintenir ce pouvoir ( police politique et armée ) qui sont récompensés en pouvant se payer sur la bête – l’exemple au Venezuela où l’armée est en charge des ports, de la distribution de nourriture et de la compagnie nationale de pétrole, ainsi qu’une frange de militants auxquels des miettes de pouvoir sont attribuées ( et la « mordida » qui les accompagnent ). Pour le 90 % restants, l’égalité dans la pauvreté est de mise

      • ils ont tout d’esclaves bien traités…si tu respectes le maitre le maitre t’épargnera.. en france nous avons une variante, la folie législative fait de tous des « délinquants ».. vivre est toléré tant que tu respectes l’état..sinon…

  • Il y a la science économique, et puis il y a la psychologie des foules. Et il y aura toujours des gens pour préférer l’égalité des conditions à la liberté de s’enrichir, même s’il a été largement démontré que ce choix les appauvrissait tous…

    • oui…ne pas abuser de la force ce n’est pas « naturel » ça exige un effort de réflexion..
      spontanément la foule lynche..

      on obtient une gratification immédiate…il ne faut pas le nier..
      à très court terme..la collectivisation ou la spoliation ça « marche »…

  • Intéressant.
    J’arrivais aux mêmes conclusions dans un article de 2003 paru dans la revue Sociétal où j’analysais les rapports du Cato Institute et de Heritage Foundation. Extrait :
    Les deux enquêtes montrent une forte corrélation entre l’indice de liberté et le revenu moyen par personne, mais Cato pousse plus loin l’analyse en montrant que cet indice est aussi fortement corrélé avec le taux de croissance et l’espérance de vie. Il indique aussi que le revenu des 10% les plus pauvres dans chaque pays est à peu près partout le même pourcentage du revenu total (entre 2 et 2.9%), et serait plutôt plus élevé dans les pays les plus riches. Autrement dit, la distribution des revenus entre les différentes couches de la société est à peu près indépendante de l’ action de l’Etat !
    Et puisque le niveau des revenus moyens est très fortement corrélé avec l’indice de liberté, il en résulte que plus une économie est libre, plus le revenu des plus pauvres est élevé. De fait, le revenu moyen des 10% les plus pauvres est presque 10 fois plus élevé dans les pays les plus libres que dans les moins libres. Les faits parlent haut et clair : la liberté économique engendre une prospérité qui profite à tous y compris aux plus pauvres, sans aggraver les inégalités dans la distribution des revenus.

  • La formule où la thèse socialiste retenant que «  l’état pourvoira » est un piège pour tous, riches et pauvres, car pour pourvoir il est obliger de prélever de plus en plus sans pour autant enrichir pauvres ce qui amène les entreprises à se délocaliser pour préserver leur compétitivité, et ceux qui ont été à la source de richesse à s’expatrier. C’est une stratégie qui, à terme, déplace les centre de production ailleurs que chez nous et laisse les moins nantis « sur le sable ». Personne n’y gagne…

  • Article très reducteur…
    Vous démontré une corrélation, et en aucun cas une causalité avec votre magnifique « R square ».
    Pouvez vous infirmer que « le richesse conduit au libéralisme » en lieu et place de « le libéralisme crée la richesse » ?

    • Aucun pays n’est « riche » spontanément lors de sa création. Par contre, il peut le devenir.
      Et quand vous regardez l’historique de cette « montée en richesse », le fonctionnement libéral de l’économie précède cette montée.

      Par contre, vous trouverez également de nombreux pays qui, bien qu’ayant augmenté leur richesse via un libéralisme économique initial, finissent par voir leur richesse diminuer par rapport à leurs concurrents avec l’adoption progressivement croissante de dogmes sociétaux et économiques socialisants.

  • Capitalisme et économie de marché sont deux choses différentes, bien qu’ils aillent le plus souvent ensemble.
    Le capitalisme est un mode d’appropriation des moyens de production, le mode privée, c’est simplement la propriété privée de ces moyens, terres et entreprises.
    Il s’oppose au socialisme (réel) qui est le mode collectif, tous les moyens de production appartiennent à l’Etat, aucun individu n’a le droit de créer une entreprise ou de posséder une terre.

    L’économie de marché est un mode de régulation des activités économiques, le mode décentralisé, basé sur la liberté des prix et les offres et demandes laissées à elles-mêmes. C’est ce qu’on appelle aussi le libéralisme économique.
    Elle s’oppose à l’autre mode de régulation des activités économiques, l’économie planifiée, le mode centralisé, où un plan central décide des productions, des investissements, des revenus, des exportations, des importations, etc.

    • le mode privé, pardon.

      Un système économique, c’est un mode de régulation + un mode d’appropriation.
      Régulation des activités économiques, marché ou plan ; appropriation des moyens de production, privée ou collective.

      Il y a donc quatre systèmes économiques possibles, aux extrêmes, la réalité étant parfois intermédiaire :

      – Le capitalisme de marché
      – Le capitalisme planifié
      – Le socialisme planifié
      – Le socialisme de marché

      Les quatre ont existé au XXe siècle, quoique le second soit l’oiseau rare.

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