Chine : Hong Kong « normalisée » par la dictature

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Le comportement de la Chine envers Hong Kong importe à tout le monde. Si les Chinois peuvent bafouer le traité avec les Britanniques, ils peuvent bafouer le monde entier.

Par Douglas Blair.

En 1984, après presque 150 ans, la Grande-Bretagne a signé un accord avec la Chine garantissant le retour de Hong Kong sous le contrôle chinois en 1997. L’accord avait une condition : Hong Kong serait autorisé à conserver son statut unique de région administrative capitaliste et aurait une certaine indépendance vis-à-vis la Chine pendant au moins 50 ans.

La prospérité de Hong Kong

Chaque année, l’Heritage Foundation publie l’Indice de la liberté économique, qui classe les pays selon des catégories comme celle de l’État de droit et de l’efficacité de la réglementation. L’indice a systématiquement classé Hong Kong au premier rang depuis son lancement en 1995 jusqu’en 2020, quand Singapour l’a dépassé pour lui céder la seconde place du classement.

Depuis 2021, Hong Kong a été supprimé de l’indice, la fondation ne considérant plus les pays qui ne sont pas entièrement autonomes.

Quand les États-Unis ont révoqué le statut spécial de Hong Kong comme entité indépendante de la loi américaine, c’était un bon rappel des ambitions de la Chine pour cette région.

Pour le parti communiste chinois, Hong Kong représentait un problème ne pouvant plus être ignoré. Les manifestations en faveur de la démocratie ont retenu l’attention internationale, et ont poussé la Chine à accorder à la région l’autonomie qu’elle avait promis. De plus, pour beaucoup au parti, Hong Kong était trop orienté vers les intérêts de la communauté internationale, au lieu de se concentrer davantage sur le renforcement de l’État chinois.

Et c’est là le nœud du problème. Selon tous les critères, Hong Kong fait partie de la Chine. Oui, la ville a longtemps bénéficié d’une certaine autonomie grâce au traité entre les Britanniques et les Chinois. Mais depuis 1997, Hong Kong est bien un territoire chinois.

Alors, que faut-il faire ? Les violations flagrantes des libertés civiles et politiques à Hong Kong exigent une réponse, car la Chine ne respecte évidemment pas le degré élevé d’autonomie énoncé dans les termes de l’accord de transfert.

En plus des violations des droits civils, les efforts chinois pour réduire l’autonomie de Hong Kong menacent les intérêts américains et occidentaux. Le commerce et les capitaux qui traversaient Hong Kong devront être réévalués, car les frontières entre Hong Kong et la Chine continuent de s’effondrer.

Il n’y a pas de solutions simples

Bien que Hong Kong soit une ville chinoise, il bénéficie toujours d’un statut unique et distinct à l’OMC : les violations des droits de Hong Kong par la Chine pourraient entraîner des poursuites judiciaires initiées par l’organisation internationale.

Mais il se pourrait que la Chine ne relève pas les avertissements de l’OMC. Elle ne respectait pas déjà l’accord avec les Hongkongais ; pourquoi serait-ce différent avec l’OMC ?

Peu importent les actions de l’Amérique et du monde, une politique chinoise efficace à Hong Kong doit trouver un équilibre à partir de cette réalité : Hong Kong est une ville chinoise et les libertés civiles de ses citoyens sont piétinées au mépris d’un traité international.

Nous devons imposer à la Chine de payer le prix pour la violation de l’autonomie de Hong Kong et aider les Hongkongais.

Mais il y a des limites

Selon Walter Lohman, directeur du centre des études asiatiques à l’Heritage Foundation :

Les événements à Hong Kong sont l’occasion de poser une question fondamentale qui s’appliquera tout au long de la longue lutte avec la Chine dans laquelle les États-Unis se lancent maintenant : quelle responsabilité les Américains – et pas seulement leur gouvernement – doivent-ils comprendre, assumer, et franchir les limites de la puissance américaine ?

Il n’y a pas de question à se poser, il faut agir, sinon les conséquences seront terribles.

Le comportement de la Chine envers Hong Kong importe à tout le monde. Si les Chinois peuvent bafouer le traité avec les Britanniques, ils peuvent bafouer le monde entier.

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