La mairie de Paris doit se remettre au travail

Anne Hidalgo BY Human Rights for All FIDH (CC BY-NC-ND 2.0) — Human Rights for All FIDH, CC-BY

Paris, et certaines grandes villes de province, doivent apprendre à gérer leur budget d’une façon beaucoup plus rigoureuse en optimisant leurs effectifs et surtout en les faisant travailler beaucoup plus.

Par Claude Goudron.

La comparaison du temps de travail s’opère souvent sur une base hebdomadaire, ce qui n’est absolument pas représentatif.

Ce temps de travail peut être calculé annuellement mais là aussi ce n’est pas suffisant. En effet, la seule comparaison non contestable est celle qui se base sur la carrière complète d’un employé, à condition de tenir compte de la proportion de temps partiel par pays.

Manque de courage politique

Par électoralisme mais surtout par manque de courage pour affronter des syndicats tout-puissants, Anne Hidalgo a cherché une astuce pour se dédouaner de l’obligation de respect d’un nombre minimum d’heures de travail pour les employés de la Mairie de Paris.

Elle a en effet accordé 55 heures de congés supplémentaires, passant du minimum imposé de 1607 heures annuelles à 1552, c’est-à-dire un équivalent de 1882 postes temps plein sur un effectif de 55 000 employés.

La capitale travaille peu comparée aux autres métropoles. Par contre, la ville qui travaille le plus est Hong Kong avec 50,11 heures par semaine (source Frédéric Bianchi BFM Business)…  soit 63 % de plus.

C’est tout le problème en France

Tout au long de sa carrière un Français travaille environ 30 % de moins qu’un Allemand. Même en admettant que sa productivité soit légèrement supérieure, ce qui reste à démontrer, il est utopique de penser que nous pourrions soutenir la concurrence.

Cela se traduit donc par des prélèvements obligatoires 7,1 % supérieurs (46,5 % contre 39,4 % pour l’Allemagne) soit 165 milliards d’euros mais également par un endettement supérieur de 60 %, soit environ 1400 milliards supplémentaires.

Autant de fonctionnaires que l’Union européenne

Le nombre de fonctionnaires à Bruxelles s’èlève à 56 000. Mais leur nombre va sensiblement diminuer pour répondre aux économies demandées depuis le Brexit.

Les Parisiens pourraient peut-être l’accepter si en contrepartie Paris était une ville où il fait bon vivre ce qui n’est certes pas le cas : elle est en effet classée à la 61ème place.

Paris est devenue une ville sale mal notée par les touristes, et mal entretenue avec des travaux qui n’en finissent plus et qui ne présagent pas souvent une amélioration allant dans le bon sens.

Une révolution dans la gestion des villes françaises

Il faut arrêter de penser qu’il suffit d’augmenter les effectifs pour résoudre les problèmes de gestion d’une ville et ce d’autant plus quand elle est la capitale. C’est souvent l’effet inverse qui est obtenu.

Trop de petits chefs sans réelles compétences ne savent pas résoudre les vrais problèmes. En effet, des travaux sont souvent faits en dépit du bon sens, avec très peu de coordinations.

Il faut en finir avec les décisions idéologiques qui aboutissent souvent à l’effet inverse de celui recherché. Par exemple, les restrictions de circulation provoquent des embouteillages monstres, sachant qu’un véhicule au ralenti émet jusqu’à dix fois plus de CO2 qu’en roulant à vitesse normale, d’autant plus si c’est un véhicule essence.

Il est donc indispensable de tout remettre à plat et de reconsidérer les décisions prises dans un but principalement électoraliste.

Conclusion

Paris et certaines grandes villes de province doivent apprendre à gérer leur budget d’une façon beaucoup plus rigoureuse en optimisant leurs effectifs et surtout en les faisant travailler beaucoup plus.

Comme souvent en France de trop nombreux emplois de fonctionnaires sont devenus des situations de rente avec toutes les dérives qui en découlent.

Si déjà nous arrivons à le faire au niveau des régions, le chemin serait plus facile pour l’étendre à toute l’administration dont les sureffectifs handicapent l’avenir du pays et donc celui de nos enfants.

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