La République d’Emmanuel Macron est-elle une dictature ?

À force de faire de l’état d’urgence le fonctionnement ordinaire de nos démocraties, nos régimes de démocratie libérale finissent par être vidés de toute substance.

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EMMANUEL MACRON By: patrick janicek - CC BY 2.0

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La République d’Emmanuel Macron est-elle une dictature ?

Publié le 20 juillet 2021
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Par Gérard-Michel Thermeau.

Sommes-nous en démocratie ?

« Une dictature ce n’est pas ça » a déclaré Emmanuel Macron, président de la République à propos du pass sanitaire. Dans une démocratie, assure le chef de l’État, le cycle électoral est maintenu et les vaccins sont gratuits.

La gratuité des vaccins, Montesquieu n’y aurait pas pensé mais il est vrai que de son temps la question ne se posait guère. Notre Président a raison de mettre l’accent sur le sens des mots. Les mots ont un sens. Encore faut-il commencer par le commencement.

Aussi commençons par définir les termes.

Qu’est-ce qu’une démocratie ?

Alors qu’est-ce qu’une dictature ? Telle est la question que l’on pourrait se poser mais elle n’offre guère d’intérêt.

En fait la question intéressante est : qu’est-ce qu’une démocratie ?

Et c’est là que les choses se compliquent. Elles se compliquent doublement en France où l’on assimile de surcroît démocratie et république. En éducation civique je me suis souvent livré à un petit exercice très instructif. Je demandais aux élèves de définir par écrit les mots république et démocratie. Ils confondaient généralement les deux termes et les associaient aux libertés ou à la séparation des pouvoirs. Je rappelais donc l’étymologie puisque les mots ont un sens : la démo-cratie est le pouvoir du peuple ; la république la res-publica, la « chose publique ».

Si les mots ont un sens, nous ne sommes en effet pas dans une dictature mais nous ne sommes plus dans une démocratie libérale. C’est à tort que la plupart des gens assimilent démocratie et libertés. En France, nous sommes indubitablement en démocratie mais cela n’implique nullement que nous soyons toujours libres.

République, monarchie et tutti quanti

Évacuons tout de suite le mot république surinvesti émotionnellement en France (sauf par les peu nombreux monarchistes et quelques esprits chagrins). Sa définition est purement négative : une république est au fond un régime non-monarchique.

Bon, j’entends de mauvais esprits sussurer que la France actuelle serait monarchique. Disons que le président de la République agit comme un monarque mais n’est pas un monarque. On pourrait en dire autant du président des États-Unis.

En revanche, bien qu’elle n’agisse pas en monarque, la reine d’Angleterre est indiscutablement un monarque. C’est simple, vous voyez. Dès qu’on commence à entrer dans des définitions, on n’en sort plus. Disons donc pour simplifier qu’un monarque porte une couronne et un titre associé du type empereur, roi, prince, grand-duc, sultan ou équivalent.

La démocratie triomphe partout aujourd’hui

Mais république ou monarchie n’ont plus guère de signification aujourd’hui. Ces termes ne nous disent rien sur la nature démocratique du régime existant dans un pays donné. Et cela pour une bonne raison. Grosso modo, il n’y a plus aujourd’hui dans le monde quasiment que des démocraties. Cette affirmation étonnera peut-être mais elle correspond pourtant à la réalité. Si la reine d’Angleterre ne peut plus agir en monarque c’est qu’elle n’est plus souveraine de fait : c’est le peuple qui est souverain.

Comme le disait Montesquieu en définissant la démocratie :

C’est donc une maxime fondamentale de ce gouvernement, que le peuple nomme ses ministres, c’est-à-dire ses magistrats.

Ce principe de la souveraineté du peuple qui est le fondement de la démocratie est quasiment partout à l’œuvre dans le monde. Ce qui n’implique nullement bien sûr que les libertés s’épanouissent aux quatre coins de la planète. La séparation des pouvoirs n’est, par exemple, en rien une caractéristique de la démocratie.

Elle a été inventée par des aristocrates qui souhaitaient limiter le pouvoir du monarque. La séparation des pouvoirs est antérieure à la naissance des démocraties modernes. L’Angleterre des George connaissait la séparation des pouvoirs et n’était nullement une démocratie.

La démocratie populaire

Si vous pensez à la Chine de Xi Jinping comme une simple dictature, vous avez grand tort. C’est selon les termes officiels une « dictature démocratique ». L’adjectif est important. Tous les citoyens chinois ont le droit de voter et d’être élu. Il n’en allait pas de même dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, libérale mais non démocratique. L’organe le plus important en Chine est l’Assemblée nationale populaire et toutes les révisions de la Constitution ont été faites par cet organe.

Xi Jinping soucieux de maintenir les apparences démocratiques a modifié la Constitution pour se faire réélire à perpétuité. Il est donc nécessaire à ses yeux d’être sans cesse réélu. Le cycle des élections, pour utiliser l’expression présidentielle, y est donc maintenu. Cette fiction est nécessaire à sa légitimité politique. Une dictature moderne ne peut fonctionner sans une base démocratique.

À noter que tous les régimes communistes établis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale présentaient des caractères démocratiques bien plus affirmés que ceux de la Chine actuelle. Je parle bien sûr de ce qui était écrit dans leur Constitution respective, pas de la réalité de leur fonctionnement. Ce n’est pas pour rien que l’on parlait de démocraties populaires.

Prenons la défunte République démocratique allemande dont le nom même était tout un programme. L’organe suprême en était la « Chambre du Peuple » élue au suffrage universel, libre, égal et secret. Quoi de plus démocratique, je vous le demande ? Et pour ce qui est de la gratuité qui préoccupe tant notre Président, les pays communistes ont toujours été les champions du monde de la gratuité… et de la pénurie bien sûr. On y manquait de tout, et principalement de liberté.

La Russie de Vladimir Poutine est indéniablement démocratique

Mais la Russie de Vladimir Poutine me direz-vous, ce n’est tout de même pas une démocratie ? Comment, comment, mais la Russie connaît des élections régulières et n’importe qui peut se présenter contre Vladimir Poutine qui est au pouvoir dans la mesure où il a été très régulièrement réélu.

Certes, la Constitution de 1993 limite à deux les mandats présidentiels mais par référendum, en 2020, Poutine a obtenu de se représenter, repartant à zéro, pour deux nouveaux mandats. La vox populi s’est prononcée. Si vous n’êtes pas d’accord, tant pis pour vous. 78 % des électeurs ont approuvé la modification. Ces électeurs représentaient un peu plus de la moitié des inscrits.

Je ne voudrais pas être méchant mais notre Président actuel n’a recueilli que 43 % des voix des inscrits au second tour de 2017. La Russie de Poutine est indiscutablement démocratique, voire plus démocratique que la France macronienne, ce qui n’implique pas que ce soit un État où règne la liberté et où les droits de tous les habitants soient respectés.

Démocratie et démocratie libérale

En fait, on confond volontiers démocratie et démocratie libérale.

En Europe de l’Ouest, aux États-Unis et en Océanie, la démocratie s’est mêlée au libéralisme pour former des régimes que nous qualifions aujourd’hui de démocratie. Mais la démocratie peut se décliner sous bien des formes. Par exemple, le Second Empire était un régime reposant sur des bases indiscutablement démocratiques.

La légitimité démocratique, malgré le suffrage masculin, de Louis-Napoléon devenu Napoléon III était même de meilleur aloi que celle de nombreux élus contemporains choisis par une petite minorité des électeurs.

Comme le prince-président le déclarait au lendemain de son coup d’État :

Mon devoir est de sauver le pays en invoquant le jugement solennel du seul souverain que je reconnaisse en France, le peuple.

Le plébiscite, l’onction du suffrage universel étaient indissociables du bonapartisme. Dans ce régime, des élections étaient organisées régulièrement et le corps législatif votait les lois présentées par l’exécutif avec le même empressement que sous le régime actuel.

Une démocratie peut-elle être discriminatoire ?

Une démocratie peut-elle par exemple établir une discrimination, voire une exclusion d’une partie de la population qui ne disposerait plus des mêmes droits ?

L’histoire nous apprend que oui.

Jusqu’en 1861, les États du sud des États-Unis avaient indiscutablement un gouvernement démocratique. Néanmoins une partie de la population était réduite en esclavage en toute légalité. Cet exemple peut paraître extrême. Rappelons tout de même que les pays démocratiques d’Europe possédaient il y a un siècle des empires coloniaux dont la population était privée de droits politiques et ne jouissait pas non plus de tous les droits civils.

Il faut donc cesser de penser à la démocratie comme un régime idéal.

Bertrand de Jouvenel ne disait-il pas :

Dès que le pouvoir est fondé sur la souveraineté de tous, la méfiance paraît sans raison, la vigilance sans objet et les bornes mises à l’autorité ne sont plus défendues.

L’extension indéfinie de l’intervention de l’État, toujours pour de bonnes raisons, cela va de soi, a fini par miner l’État de droit.

À force de multiplier les droits particuliers, on a dilué le droit général. À force de faire de l’état d’urgence le fonctionnement ordinaire de nos démocraties, on finit de vider de toute substance nos régimes de démocratie libérale.

Un certain Emmanuel Macron déclarait au Parisien Magazine le 12 novembre 2015 :

L’État doit veiller à la protection des données et des libertés individuelles.

Quel dommage qu’il n’ait pas été élu président de la République en 2017.

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  • Excellent article qui remet bien les idées en place, avec un humour pince sans rire jubilatoire.

    Si la rédaction pouvait rectifier la toute dernière phrase (est -> ait) ce serait parfait 🙂

  • En conclusion, la France est une démocratie sanitaire à croissance négative.

  • ouiap la démocratie ne s’oppose pas à la censure, au lynchage, aux lois rétroactive etc etc..

  • Je n’est jamais été démocrate, mais toujours libéral. Même si un gouvernement libéral peut difficilement ne pas être démocratique (Singapour?).

    • Ce n’est pas que le président Lee Kuan Yew était autoritaire, c’est juste qu’il ne pouvait pas supporter les communistes et leurs alliés.

  • Je ne sais pas si c’est une dictature mais le garçon a basculé dans un totalitarisme et, je le crains, dans une certaine forme de folie de type « je vous sauverai quitte à ce que vous en mouriez ». Dans cette logique folle, le chaos mortifère qu’il installe n’a que bien peu d’importance en rapport de l’objectif qu’il poursuit.

    • Le garçon n’avait aucun bilan à présenter. Son mandat est un énorme bide. Heureusement pour lui, l’opposition était inexistante.

      Le garçon a donc eu une chance insolente avec cette pandémie. Enfin ! Enfin, l’occasion de briller. Il a sauté dessus comme les commissaires politiques sur les prolétaires qui avaient l’audace d’arrêter d’applaudir trop tôt.

  • La marge entre dictature et démocratie est étroite. Ce que j’observe est plutôt un progrès de la deimocratie (deimos=terreur).

  • Un vote démocratique dans le 44 pour un aéroport, qui n’a pas été executé.
    Un choix politique pour des casseurs de Notre Dame des Landes, il est dans le concret difficile de placer Macron comme démocrate.

    • La France est une démocratie une fois tous les 5 ans et une dictature le reste du temps puisque son assemblée n’est pas représentative.

    • Hors sujet. Relisez bien ce qui s’est passé. Il ne s’agissait pas d’un referendum, dont le résultat engage la nation. Mais d’une consultation, qui n’engage personne.
      Les gens ont été bernés, pas après. Mais avant. On leur a fait prendre une vessie pour une lanterne.
      Et les amants maudits (Hollande-Valls) avaient choisi le périmètre départemental de la consultation parce c’était le seul qui donnait le « bon » résultat… Au niveau du bassin, au niveau de la zone concernée, au niveau régional, au niveau national, les sondages signaient tous l’echec du oui à NDDL.

      • Allons bon, Jerémy qui confond consultation et sondage. C’est bizzare, au niveau national, personne ne m’a demandé mon avis à moi…

        • Je vous la refais. Tous les sondages effectués selon un périmètre qui n’était pas celui de la Loire-Atlantique donnaient une majorité de non. Donc le gouvernement, pour être sûr que le oui l’emporte, a décidé que la consultation concernerait uniquement le 44.
          Aberrant pour un aéroport à la clientèle au moins régionale (Vendée et Sud Bretagne inclus).
          Aberrant en termes de nuisances (zone comprise entre Nantes et NDDL).

          • Pas trop d’accord avec cette analyse: en limitant ce référendum au 44, le risque était grand de voir le non l’emporter; avez vous vu les résultats des dernières élections en 44?
            C’est là que les verts ont eu le plus grand nombre de voix. D’ailleurs, le « non » était majoritaire à Nantes intramuros, ce qui n’est guère étonnant quand on voit la sociologie de ses habitants.

            • 1. Pour le 44, le oui l’a emporté, à 55 %. L’Ifop avait calculé 57-58 %. Aucun des autres périmètres ne donnait ce score.
              2. On parle d’un sujet spécifique, vieux de 5 ans, et local. Rien à voir avec les dernières élections, dans l’ere Macron.
              3. Don’t forget NIMBY. Une bonne partie des Nantais était ravie d’envoyer l’aeroport et ses nuisances chez les ploucs !

        • Il y avait eu en son temps un excellent article là-dessus dans Marianne…

  • Il faudra donc qu’un jour nous goûtions aux joies de la démocratie à la sauce EELV ou LFI pour nous rendre compte de ce que n’est pas une démocratie….

  • Lorsque tout dépend du bon plaisir d’un homme seul, nous ne sommes plus en démocratie. Les institutions démocratiques (parlement, corps intermédiaires…) ont été anéanties, elles n’ont aucun pouvoir. Pire, il suffit de se réclamer de la présidence pour que les portes s’ouvrent sans contrôle (ainsi Benala a-t-il pu s’arroger un pouvoir de commandement policier qui ne lui appartenait pas. Oui, nous nous sommes bien sous la domination d’un autocrate qui joue de son pouvoir en narguant tous les contre-pouvoirs.

  • Indice de démocratie. Voir mot sur votre navigateur préféré. Classement en 4 rubriques. Democratie. Démocratie imparfaite. Régime hybride. Régime autoritaire.
    La Suisse est très bien placée. La France est une démocratie imparfaite (de plus en plus ?).
    L’auteur confond démocratie et système d’élection, voir % des inscrits (cf Poutine). Entre autres.
    Démocratie : pouvoir du peuple. OK. Mais pas une fois tous les 5 ans. Pas dans un pays non souverain (soumis par ex aux diktats de Bruxelles). Pas dans un pays où le président, même élu, a tous les droits. La séparation des pouvoirs est condition nécessaire, pas suffisante. Le peuple doit avoir régulièrement son mot à dire. Cela suppose fréquents referendums. Dont il choisit les thèmes. La Suisse est un modèle de démocratie. Le RU qui choisit le brexit fait un acte démocratique. Non parce qu’il se sépare de l’Europe (quoique) mais parce le peuple choisit le destin du pays.

    • Là, je suis d’accord avec vous. Les électeurs Français tous les 5 ans regardent quelques prestidigitateurs qui exhibent des promesses dans une main et nous ne sommes pas beaucoup à voir ce que fait l’autre main. Une fois élu, le président gère à sa convenance personnelle les affaires de tous et nous avons eu la preuve que la liberté pourtant inscrite partout sur nos frontons n’est plus qu’une notion très abstraite. Le peuple découvre peu à peu que remplacer le sortant ne sert à rien, il est remplacé par un autre prestidigitateur toujours plus adroit dont le spectacle coûte de plus en plus cher à une audience qui ne regarde bientôt plus que son téléphone mobile tellement elle sait que tout n’est qu’illusion.

  • Même si j’ai bien aimé l’article, je trouve dommage qu’on en trouve un sur le terme repris en boucle dans les médias concernant les manifestations anti pass sanitaire, mot utilisé pour détourner l’attention et décrédibiliser le mouvement…

  • La différence entre la sociale démocratie et la dictature est juste une question de temps.

    Ayn Rand.

  • Être ou ne pas être…. en démocratie telle n’est pas la question à se poser mais l’homme au pouvoir est il un democrate et respecte t il la volonté du peuple ? Macron n’a évidement rien à voir avec ça, c’est une pustule démocratique, un cancer pour la France ou le résultat de ce qu’est devenu l’Europe et le monde.

  • Ceci rappelé, on peut parler de régime sanitaire hybride. En même temps sanitaire. Vaccination non obligatoire mais chantage pour vous faire piquer. Vaccination non obligatoire mais sans vaccin, coton-tige dans le nez tous les 48 h (bientôt payant). Liberté d’être non-vacciné mais en tant que sous-citoyen.

  • Oui, les élections sont maintenues, mais presque plus personne n’y croient et les vaccins ne sont pas gratuits, mais à crédit…

  • La France de Macron, qui incite plus que fortement à se faire vacciner se situe qqe part entre le Turkmenistan qui a rendu la vaccination obligatoire et l’Allemagne de Merkel.
    Chacun se fera son idée.

  • Dernier truc. Une démocratie représentative, pourquoi pas ? Jusqu’à ce qu’on découvre que nos « représentants » ne représentent rien.
    TCE de 2005 : nos élus étaient très majoritairement pour. Le peuple contre.
    L’élection du Parlement doit se faire avec une bonne dose de proportionnelle. Sinon sa représentativité, c’est du pipeau.

  • J’ajoute que la démocratie est aussi la dictature de la majorité

    • il n’existe que tres peu de vraies democraties..celles qui se pretendent « democraties » ne sont en fait que des regimes representatifs ,plus proches d’une dictature elective

  • Une bonne idée de rappeler quelques définitions.
    Ceci étant, vu la situation et les personnages de cette Commedia dell’arte, je dirais que nous sommes dans une démocratie oligarchique à tendance dictatoriale, et dont les décisions monarchiques sont parfois appliquées de façon tyrannique.
    En abrégé : « en même temps ». ?

  • M. Macron fait chanter la moitié des Frančais en leur faisant une proposition qu’ils ne peuvent pas refuser. Vaccin ou votre vie normale s’arrête.
    M. Macron n’est pas un monarque.
    C’est un comportement de mafieux.
    Si les institution officielles, parlement, administrations, medico bureaucrates, et contre pouvoirs , journalistes (???) lui permettent d’agir en mafieux, comment définir le régime?

    • Judicieuse remarque.. Charles Gave parle de « capitalisme de connivence », cela répond à votre question ?

    • Tous les gouvernements sont des mafias qui ont réussi et reposent pour leur moyens d’action sur deux choses uniquement : la violence de leurs suppôts (convaincus ou « forces de l’ordre ») et l’argent de l’impôt (prélevé par la menace directe ou indirecte du premier moyen d’action (si vous ne payez pas, vous verrez).

      Rien de bien différent ici, sinon que Macron se voit en père de la nation sauvant le peuple de lui même et outrepasse donc ce que la « décence commune » pose comme limite à l’Etat.

      Par contre le pari risque d’être perdu. Il (avec les journalistes et les autres politiciens) mise tout sur le vaccin. Et agissent comme si le vaccin était une protection parfaite, absolue ou presque.

      Le (petit, sic.) souci étant que les vaccins ne sont efficaces qu’à 80% au mieux sur les « souches historiques » (pas en labo, en population) et beaucoup, beaucoup, beaucoup moins sur le variant Delta dont on se sert pour justifier cette masquarade.

      Il semble qu’au moins 40% (ou 60% selon qu’on compte le rétropédalage de Vallance comme crédible ou pas) des hospitalisés actuels en GB soient « complètement vaccinés » donc bon, tout miser sur ces vaccins face au Delta ???

      C’est plus contraignant mais si on veut la santé publique et pas les profits de Pfizer, AZ, Moderna ou J&J on restreint l’accès aux gens ayant un test négatif de moins de 24h, pas aux vaccinés. Sinon, on va commencer à avoir de plus en plus de clusters de vaccinés et de moins en moins de malades non vaccinés… Ca ferait très désordre dans le bilan du petit père de la nation notre sauveur très sage et jupitérien EM !

      • Très juste mais concernant votre dernier paragraphe, j’y mettrais un bémol : nous pouvons déjà prédire une analyse des chiffres tout à fait partiale avec les inévitables coupables, les non-vaccinés (les méchants) qui ont contaminé les vaccinés (les gentils). Macron et sa clique n’auront aucun mal à convaincre ses supporters que nous sommes des assassins

  • L’état d’urgence au profit de qui ? des gens du pouvoir !

  • La pente vers le totalitarisme s’accélère, car non seulement nous avons Macron, mais aussi le LR Wauquiez qui veut installer un système de reconnaissance faciale dans les transports (dans un 1er temps). Ils ont tous critiqué la Chine, mais ils nous emmènent vers le même monde totalitaire.

  • Bien écrit, ça permet de prendre du recul.
    Vous pourriez nous faire le même en comparant démocratie et oligarchie? De mon modeste pdv, nous sommes dans une oligarchie parée des atours de la démocratie: le peuple vote pour les candidats qui sont présentés, validés et sélectionnés par une oligarchie composée de notables et de capitaines de connivence, avec des intérêts croisés administration/ élus/ groupes « privés » connivents/ médias / syndicats.
    Bref la porosité entre administrateurs, pantouflards, financeurs, « fabricants d’opinion » rend la démocratie à peu près inopérante, avec des corps intermédiaires qui courtisent le prince au lieu de parler au peuple.
    Le régime présidentiel accentuant encore le problème, sans en être la seule explication.

  • C’est bien que l’article cite cette phrase « C’est donc une maxime fondamentale de ce gouvernement, que le peuple nomme ses ministres, c’est-à-dire ses magistrats. »

    C’est un peu ma marotte : dans notre République telle qu’instituée par la Constitution, les ministres et le premier d’entre eux sont totalement ILLEGITIMES. Ils ne procèdent d’aucune élection, ni d’aucune validation populaire ou représentative. Ils sont sortis du chapeau, ne sont pas recrutés en fonction de leur compétence mais en récompense de leur fidélité ou de l’allégeance à un camp.

    Or, c’est bien le premier ministre qui « dirige l’action du Gouvernement » (art. 21), et le gouvernement qui « détermine et conduit la politique de la nation » (art. 20)

    Et ce, sans que les citoyens aient le moindre mot à dire sur le choix de ces gouvernants.

    Pire, dans l’administration, le seul poste accessible sans qualification, le seul poste non-nomenclaturé, est celui… de ministre, c’est-à-dire le chef de l’administration (art. 20) !

    Ainsi, un agent administratif ne peut pas prétendre prendre la place de son chef direct, mais pourrait envisager de faire ministre. Un peu curieux, non ?

    • « Un peu curieux, non ? »

      A l’occasion, si les plus aptes pouvaient dépasser les plus gradés, je ne m’en plaindrais pas outre-mesure.

  • Ce type joue sur les mots. Le pouvoir du peuple n’existe que dans de rares pays comme la Suisse, où il prend des décisions par référendum. Tandis qu’en Chine il se colle en prison lui-même! Donc il n’y a PAS de démocratie, ni en France ni aux USA.

  • Sur le sujet, lire un chef d’œuvre : « Démocratie, le Dieu qui a échoué » de Hans Hermann Hope, enfin traduit en français !!!

  • Très bel article. Merci !

  • En lisant vos commentaires à tous, je me dis que Gérard-Michel

    • aurait dû mettre plus en évidence le point crucial de notre descente rapide sur la route de la servitude : « L’extension indéfinie de l’intervention de l’État ». Potentat héréditaire ou chambre de députés élus, quand le pouvoir s’arroge le droit d’obliger les gens à montrer patte blanche pour aller au bistrot, il y a un problème.

  • article: « En France, nous sommes indubitablement en démocratie »

    Je m’inscris en faux, les sondages ont démontré des problèmes récurrents qui sont totalement ignorés des dirigeants de gauche comme de droite depuis des décennies.
    .
    Cumul des mandats, pression fiscale, dette, privilèges des fonctionnaires, grèves, blocage, sécurité, peines de prison, justice, syndicats, immigration entre autres.
    .
    De fait des dirigeants mal élus avec un taux d’approbation de 30%-40% votent chaque année 3750 articles de loi et un nombre considérable de décrets. Il n’y a pas une trace de ce fameux « pouvoir du peuple ».
    .
    Les Suisses ont voté 750 fois en 30 ans, sur la fiscalité, les lois, les aménagements, le peuple suisse a le pouvoir, la suisse est une démocratie, la France non, pas un instant. Sinon on n’en serait pas là.

  • Très juste. Cela me fait penser à la citation apocryphe de Benjamin Franklin:
    « La démocratie c’est deux loups et un mouton qui votent pour savoir qui sera le dîner, la liberté c’est le mouton bien armé qui dit aux deux loups d’aller se faire voire »

  • Comme Hans Hermann Hoppe dans « Démocratie le dieu qui a failli » l’explique bien, le meilleur régime pour la liberté, après l’anarchie, n’est pas la démocratie moderne mais une monarchie absolue bien pensée.
    Le souverain est propriétaire réel de ce qu’il a, n’a pas a se soucier de se faire réélire, decide donc au mieux pour augmenter « la valeur » de SON pays, ce qui veut dire le bien être de ses sujets, et donc leur liberté.

    La vraie clé est alors le périmètre d’intervention possible de l’Etat. S’il est petit le peuple est libre même s’il ne vote pas, s’il est large le peuple est asservi (parfois à lui même) même s’il vote tous les jours et sur tout.

  • Je ne me rappelle plus qui disait ça à la radio mais le président a aussi dit « nous sommes en guerre ».

    Si on doit jouer sur les mots, est ce que nous sommes vraiment en guerre ?!

    A part ça très bon article.

    Question ouverte : quand la plupart des décisions importantes sont prises par décret plutôt que votés par l’assemblée nationale, est ce que c’est toujours une démocratie ?

  • 11 dernières lignes excellentes, le reste du verbiage qui me rappelle Boris Vian avec son  » il y a deux façons d’enculer les mouches : avec ou sans leur consentement »

  • Le propre des démocraties est de finir en tyrannie. Peut-être même tous les régimes. En politique, c’est l’involution qui fait loi car le pouvoir corrompt et ronge les fondations d’une société. Il ne reste au final que les apparences.

    C’est pour ça que la tyrannie finit en catastrophe. Pour repartir sur des bases saines.

    • Notre ami est plus concis : CPEF.

    • Dans tout il y a des hauts et des bas… Le problème est que nous sommes pas encore dans un haut, le pire est donc le futur, démocratie ou pas, aucune importance. Le monde est gouverné par pi, le cercle infernal en espérant que le centre du cercle s’élève année par année, ce qu’il a toujours fait donc l optimisme est de rigueur, ce « neron » va disparaître..

  • Je pense que si elle prétendait être une démocratie une démocratie, elle se serait bien gardée de prendre cette appellation. Voilà qui va sans dire.

  • Superbe conclusion.

  • Il n’y a pas de démocratie dans un système clientéliste. Le simple fait que la moitié des ménages, en France, soit exemptée de l’impôt sur le revenu (et que ces ménages, croyant être exemptés d’impôts alors qu’ils paient de lourdes taxes, votent pour l’impôt des autres), ce simple fait (et bien d’autres) montre que la démocratie, en France, est dévoyée. Les puissants du Système achètent les bulletins de vote. En France, il n’y a plus de démocratie, mais une oligarchie s’appuyant sur le clientélisme.

    • Quelqu’un aurait-il gardé cet article qui montrait ce que paie un français en impôts et taxes sur son salaire complet ? Je me rappelle que ça tapait dur dès les petits revenus, à cause notamment de la TVA et autres impôts indirects « indolores » mais bien réels.

      • Pas besoin d’article. La simple logique suffit, et le constat suivant : que reste-t-il à un Français moyen, à la fin de sa vie, après qu’il ait subvenu à ses besoins élémentaires ?
        Réponse : rien.
        Avec le surplus dégagé par son travail, un Français moyen n’en tire aucun bénéfice, pour lui et pour ses enfants. Ce qu’il gagne lui permet tout juste de vivre, et d’entretenir une caste de parasites et d’improductifs.

  • Rien que le fait que ça fait déjà la deuxième fois en moins de deux ans qu’il est obligé de se défendre contre une telle accusation, c’est déjà plutôt révélateur.

  • assimiler un regime representatif à une democratie me parait juste comique..
    comme le disait à l’epoque l’abbé :

    « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. »
    « Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »
    — Discours du 7 septembre 1789

    on peut mesurer aussi le fossé qui existe entre systeme representatif et democratie ,en comparant la volonté du peuple au referendum de 2005 avec le resultat du vote sur traité de lisbonne par les elus

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Ce n’est pas Macron, aujourd’hui, c’est la démocratie qui est en marche. Depuis l’heureuse surprise du deuxième tour de l’élection législative, nous retrouvons enfin un équilibre des pouvoirs tel que l’avait défendu Montesquieu dans L’Esprit des lois.

C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

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On pouvait donc penser que le message soit entendu, que le pouvoir fasse preuve d’humilité, réfléchisse, se remette en question… Que nenni ! À peine le chiffre a-t-il été constaté qu’aussitôt, la fureur politicienne a repris le haut de l’affiche.

Il vient pourtant de se prendre une sacré claque, le « en même temps », le « dire une chos... Poursuivre la lecture

Pendant cinq ans le Président Emmanuel Macron a décidé seul de tout, avec une majorité de députés dociles. Il a été le Président Absolu de la République pour reprendre l'expression et le titre du dernier livre de Philippe Fabry.

Emmanuel Macron est donc le responsable au premier chef de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays et qui a été occultée par les épouvantails Zemmour puis Le Pen pendant la campagne des présidentielles.

Après cinq ans de surdité, il a prétendu mercredi soir avoir entendu les Français.... Poursuivre la lecture

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