Allocution de Macron : vers un paternalisme autoritaire de l’État français

Screenshot_2021-02-09 Interview du Président Emmanuel Macron sur TF1 - YouTube — Emmanuel Macron on Youtube,

L’absurdité du président Macron luttant contre les contaminations, prêt à sacrifier de plus en plus de libertés individuelles des Français, rappelle la folie du colonel Nicholson du Pont de la Rivière Kwaï.

Par Finn Andreen.

La liberté vient de prendre encore un coup en France.

L’allocution du Président Macron ce lundi 12 juillet 2021 confirme que depuis maintenant plusieurs années, l’État français s’oriente vers un paternalisme autoritaire et insidieux. Qui pouvait penser, lors du premier confinement il y a maintenant presque un an et demi, et après six mois de vaccination, que les vis allaient se resserrer encore davantage sur les libertés individuelles des Français ?

Dans toute sa pompeuse majesté jupitérienne, Macron a énoncé ce qui fait déjà le tour du monde :

Le pass sanitaire s’appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les établissements médico-sociaux, mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets : là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux.

Non seulement cette phrase choque par son implication liberticide pour la vie de millions de Français, mais le 28 avril dernier, Macron avait promis le contraire : le pass sanitaire « ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français » et qu’il « ne saurait être obligatoire » dans les restaurants, théâtres et cinémas.

Une vaccination généralisée n’est pas recommandée

Il a aussi ajouté :

Nous devons viser la vaccination de tous les Français […] dans les collèges, les lycées, des campagnes de vaccination spécifiques seront lancées à la rentrée.

Pourquoi est-ce nécessaire ? Une vaccination générale parait inutile si les groupes à risques sont prioritairement vaccinés, à savoir les personnes âgées, souvent avec comorbidité, et celles ayant une maladie chronique ou un système immunitaire fragilisé.

De plus, il ne faut pas oublier que ces vaccins n’ont reçu encore qu’une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle de la HAS et de ÉMA, et pourraient encore présenter des effets secondaires sérieux encore inconnus, comme indique une récente étude israélienne.

Le fameux variant Delta est maintenant la raison, ou l’excuse, pour cette nouvelle panoplie de mesures. Mais il n’est pas plus létal que les variants précédents, au contraire. Selon les autorités sanitaires anglaises, il a « une létalité près de 10 fois moins importante que le virus souche (1,9% pour le variant alpha versus 0,2 % pour le delta) ».

Quand s’atténuera la réaction politique aux variants ? Il faut se rappeler que la durée moyenne d’une pandémie est de 4 ans. Et si cette pandémie SARS-CoV-2 durait 5 ans ou 10 ans ?

Un paternalisme aux dérives autoritaires

Macron est allé plus loin en n’excluant pas une éventuelle obligation vaccinale future. Venant de l’homme le plus puissant du pays, cela ne peut être interprété que comme une menace.

Certes, il est vrai que la vaccination contre la Covid-19 n’est pas encore obligatoire pour la plupart des Français. Le paternalisme consiste ici à ne pas contraindre à la vaccination, mais à créer une incitation suffisante pour que le résultat soit le même. Réaction prévisible : moins d’une journée après l’allocution, presque deux millions de Français ont suivi l’ordre implicite du Président. Il est sous-entendu que l’État, et non les Français eux-mêmes, sait ce qui est dans leur intérêt.

Qu’il s’agisse d’une approche paternaliste ou d’une obligation ne change donc rien sur le fond : dans les deux cas, l’État interventionniste influence fortement les choix individuels.

La philosophie libérale considère que l’État n’a aucune légitimité en la matière. L’individu est constamment influencé par une multitude de sources externes, mais en tant que monopole coercitif pouvant punir ou menacer de le faire pour certains comportements, l’État doit être vu comme un cas particulier.

La volonté de lier le paternalisme étatique au libéralisme via le concept de nudge, produit facilement des dérives autoritaires, comme les actions de l’État français ne le prouvent que trop bien.

L’exception française d’autoritarisme sanitaire

En France, le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel devront juger de la légalité et constitutionnalité de ces initiatives de l’exécutif. Déjà le Conseil de l’Europe, pourtant pas grand défenseur des libertés individuelles européennes, avait défendu en janvier le droit des citoyens face aux plans de vaccination obligatoire des États membres, en ajoutant que :

Le point 7.3 de la résolution oblige tous les États-membres à veiller à ce que les citoyens soient informés que les vaccinations Covid ne sont PAS obligatoire et que personne ne subit des pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner.

L’exécutif français a donc décidé de complètement faire abstraction de ces recommandations, provoquant naturellement de vives réactions dans le monde entier (exemple en Espagne et en Russie).

Le New York Times a bien résumé la situation :

S’il y a toujours une tension en France entre ses instincts jacobins et étatiques et son incarnation des Lumières de la liberté individuelle, il s’agit ici du Président faisant la loi et disant aux citoyens de se mettre en rang.

Même si l’État français n’est pas le seul à proposer ce genre de mesures liberticides, la vie a déjà repris de manière plus ou moins normale dans beaucoup de pays. La volonté d’étendre l’usage d’un pass sanitaire dans le quotidien des Français est pratiquement unique au monde.

L’exécutif perd les pédales

Les tendances autoritaires de l’État français, représenté en premier lieu par le président de la République, sont la conséquence de « mission creep », selon l’expression américaine d’origine militaire. C’est l’inertie qui apparait dans un projet quand les moyens deviennent plus importants que la fin elle-même, car celle-ci a perdu sa raison d’être.

Le but original qui soi-disant « justifiait » les confinements était d’aplatir la courbe des hospitalisations, de limiter le nombre de personnes en réanimation. Ce but n’est plus d’actualité et vient d’ailleurs d’être considéré anticonstitutionnel en Espagne. L’exécutif français souhaite maintenant limiter coûte que coûte les contaminations, pour des raisons incompréhensibles, car même si elles augmentent, les hospitalisations diminuent

L’absurdité du président Macron luttant contre les contaminations, prêt à sacrifier de plus en plus les libertés individuelles des Français, rappelle la folie du colonel Nicholson qui protégeait coûte que coûte Le Pont de la Rivière Kwaï, dans le fameux film de David Lean.

Le colonel, brillamment interprété par Alec Guinness, ne se rend pas compte que le zèle avec lequel il veut mener à terme son projet aberrant est en complète contradiction avec tout ce pour quoi il a prêté allégeance. Il finit par réaliser son erreur, juste avant sa fin tragique ; Macron le fera-t-il aussi ?

La peste ou le choléra

L’État, incarné par son Président, demande maintenant aux Français de choisir : soit une vaccination de tous et une application du pass sanitaire généralisé, soit une dystopie de menaces permanentes de confinements, déconfinements et reconfinements, selon les variants et les saisons.

Ce choix entre la peste et le choléra est un faux choix qui doit être rejeté. Cette politique sanitaire insensée et liberticide doit être combattue par tous les moyens, afin de retrouver le monde d’avant. C’est aux Français de montrer que l’exception française est la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et non pas cette déclaration de Macron. Une occasion en or se présentera évidemment le 10 et le 24 avril 2022.

Espérons que la fable de la grenouille ne s’appliquera pas à la situation des Français lentement asservis par l’État au rythme d’une progressive augmentation de la température coercitive. Les réactions très vives et répandues à l’allocution du Président sembleraient démontrer que le peuple français commence à prendre conscience de la situation.

[Mise à jour 16/07/2021 environ 20 % des groupes à risques ne sont pas encore vaccinés contrairement à ce qu’une affirmation laissait entendre dans une première version du texte.]

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.