La révolution Macron n’a pas eu lieu

macron_president_louvre by French Embassy in the U.S. on Flickr (CC BY-NC 2.0) — French Embassy in the U.S.,

OPINION : alerte, dans pratiquement tous les domaines la France est devenue l’Homme malade de l’Europe et a perdu sa tête !

Par Claude Goudron.

Lors de la célèbre conférence de presse du 6 novembre 2019 Emmanuel Macron lance un pavé dans la mare :

Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN.

Il y avait un fond de vérité et même si certains étaient en droit de le contester il est clair que cette formule a frappé les esprits.

Vers la mort cérébrale de la France ?

C’est un paradoxe de dénoncer le dysfonctionnement de l’OTAN et d’occulter celui encore plus flagrant qui touche le pays : le risque de son effondrement.

Il a commencé en 1981 avec François Mitterrand qui, pour enfin arriver au pouvoir, n’a pas hésité à s’allier à ce que le pays comptait de gauchistes hérités de mai 68 et qui brillaient tous de leur incompétence notoire en économie.

Rapidement rattrapé par des dévaluations à répétition, un changement de cap à 180° n’a pas réussi à convaincre des partenaires européens devenus de plus en plus crédules à notre égard sur la capacité à réformer du pays.

Quarante années plus tard, aucune réforme d’ampleur n’a vu le jour et notre crédibilité s’est dégradée au fur et à mesure des engagements non tenus !

Pays sclérosé, la France s’engage donc dans ce qui ressemble à un état de mort cérébrale.

La révolution Macron

C’était le titre de son livre programme en 2017, on allait voir ce qu’on allait voir !

On peut trouver toutes les raisons pour justifier ce statu quo. Mais voici quarante ans que par un manque évident de courage chaque Président au pouvoir voulant mettre en place les réformes indispensables, ne les a appliquées qu’à dose homéopathique. Nos amis allemands n’ont pas tergiversé et les ont mises en œuvre sous une seule mandature.

Notre Président ne voulant pas en assumer les conséquences, les a seulement proposées, puis reportées, puis sous-traitées à des commissions ou des conventions Théodule qui se sont empressées de les dénaturer puis les abandonner à nouveau.

Dans pratiquement tous les domaines la France est devenue l’Homme malade de l’Europe et a perdu sa tête !

Un pays qui ne fonctionne plus

Que ce soit le système de santé qui, malgré un coût des plus élevés au monde, ne permet plus d’obtenir des rendez-vous dans des délais raisonnables, voit ses hôpitaux engorgés à la moindre alerte et n’est plus capable de mettre au point un vaccin Covid.

Que ce soit le système éducatif qui n’arrive plus à former une jeunesse qui a aujourd’hui peur de l’avenir et dont la chute régulière dans le classement PISA  confirme notre décrochage.

Que ce soit l’industrie qui, depuis maintenant 20 ans, périclite et ne donne aucun signe de guérison malgré les incantations d’un ministre qui sait très bien que cela ne suffit pas à inverser une désindustrialisation qui continue son chemin mortifère.

Que ce soit la police qui, malgré des effectifs suffisants ne parvient plus à accomplir sa mission, sclérosée par des contraintes aussi nombreuses que nuisibles et à laquelle il a été refusé ce que la Constitution lui a reconnu, c’est-à-dire  l’utilisation de la force dans son exercice du maintien de l’ordre.

Que ce soit la balance commerciale, thermomètre de notre compétitivité, qui n’a plus été positive depuis 2003. Elle est en déficit de 59 milliards d’euros en 2019 tandis que l’Allemagne affiche un excédent de 293 milliards.

Des Français qui rechignent à travailler

Biberonnés au socialisme, une majorité de Français pense qu’il est normal de travailler beaucoup moins que ses voisins (tout confondu 30 % de moins qu’un Allemand) en gagnant autant d’argent et pourquoi pas un peu plus.

L’argent magique est là : sans travailler ou en travaillant très peu pendant la pandémie le niveau de vie moyen a augmenté de près de 2 %.

Alors pourquoi ne pas continuer ? Certains même traînent les pieds pour reprendre le travail et risquent alors de saborder une reprise indispensable pour limiter la casse.

La justice à la dérive

Un ministre de la Justice applaudi par les prisonniers : c’est l’aboutissement de la dérive juridique française qui s’intéresse davantage à la défense des délinquants qu’à celle des victimes.

Les condamnations ne font plus peur et des peines de prison virtuelles sont quasi généralisées faute de places dans les établissements pénitentiaires, malgré les engagements pris par nos gouvernants d’en augmenter sensiblement le nombre.

La démocratie bafouée

Peut-on critiquer le niveau d’abstention en augmentation au fil des élections ? La dernière qui culmine aux deux tiers des inscrits prouve le désintérêt de nos concitoyens envers une classe politique qui met en avant sa propre carrière au détriment de réformes toujours promises et rarement appliquées.

7 %, c’est le score du mouvement politique qui a permis à Emmanuel Macron de prendre les manettes du pays. Ce sont les signes d’une démocratie qui ne fonctionne plus et qui va ouvrir la porte aux extrêmes.

L’administration hors sol

Plus on dénonce l’effectif pléthorique de notre fonction publique, plus le nombre de fonctionnaires augmente. Elle a pris le pouvoir et dans de nombreux domaines, le politique ne peut plus la maîtriser.

Malgré ses nombreuses dérives et dysfonctionnements elle a su se rendre incontournable par la création de normes et contraintes souvent irréalistes et en nombres affolants et qui justifie son effectif croissant.

Elle agit comme un frein à notre économie et multiplie les coûts de la gestion de notre fonction publique jusqu’à overdose.

Endettement abyssal

Dette d’État, dette hors bilan (principalement retraites des fonctionnaires), dette des entreprises et des particuliers ont explosé ces dernières années.

Surfant sur le « quoi qu’il en coûte » de la dette Covid l’État en profite pour en ajouter quelques dizaines de milliards pour sa gestion courante alors qu’au contraire il faudrait la réduire drastiquement.

C’est de la folie, le niveau d’endettement est tel qu’il n’y a plus de limites autres que celles qui seront imposées par les créanciers.

Un pays qui se pense encore riche

Endettée jusqu’au cou, la France veut faire croire qu’elle est encore un pays riche et veut le montrer à la face du monde, ceci au détriment du Français qui souvent est moins bien traité qu’un exilé dont il faudra néanmoins assumer les dépenses.

La France finance l’accueil d’un nombre d’étrangers au-delà de ses capacités, aussi bien en demande d’asile politique pas toujours justifié que de réfugiés illégaux souvent inexpulsables. Ils bénéficient d’une couverture sociale leur permettant souvent d’être mieux soignés que ne le sont des Français ayant pourtant cotisé toute leur vie. Ils sont logés dans des hôtels alors que nos sans-abri dorment dehors.

Nous annulons également les dettes de nos débiteurs étrangers au détriment de la  nôtre.

Notre endettement ayant atteint ses limites, le patrimoine français a été dilapidé, passant de 58% du PIB en 2007 à seulement 8 % dix ans plus tard.

Conclusion

Dans le cas de l’OTAN et du pays le diagnostic de mort cérébrale est certes un peu exagéré, celui de schizophrénie serait mieux adapté pour la France.

Le temps est toutefois compté et la prochaine campagne présidentielle doit absolument mettre le problème du désendettement, donc de la baisse des dépenses publiques, au premier plan.

Un effort tout à fait particulier doit être apporté au sauvetage de l’industrie qui croule sous des charges et contraintes totalement contre-productives.

La construction de l’Union européenne est le seul rempart contre une mondialisation sans scrupules.

Il faut un discours de vérité auprès des Français et arrêter de leur faire croire qu’il est possible de s’en sortir sans effort, les 40 années perdues en imposerons en proportion de notre laxisme.

La France le vaut bien, nos enfants et petits-enfants également.

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