Gabriel Attal craint une fracture sociale entre vaccinés et non-vaccinés

Gabriel Attal face à Jean-Jacques Bourdin en direct-Capture d'écran YouTube 23 juin 2021

Gabriel Attal craint une fracture sociale entre vaccinés et non-vaccinés : ou comment il inverse la charge de responsabilité.

Par Margot Arold.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, donc messager de la politique menée par Emmanuel Macron et le gouvernement Castex, vient d’annoncer qu’il craignait (sic) une fracture sociale entre vaccinés et non-vaccinés :

Qui a créé la fracture sociale ?

Dit autrement, Gabriel Attal déplore la fracture sociale qui arrive, et il semble en imputer les causes aux Français récalcitrants à se faire vacciner. Se posant presque comme un spectateur extérieur aux événements, il se contente de pointer du doigt le fossé à venir entre les libertés accordées aux vaccinés et pas aux autres.

Or si la liberté de circuler est mise à mal pour certains Français, c’est bel et bien par les restrictions mises en place par… le gouvernement lui-même !

Il est malhonnête intellectuellement d’affirmer que c’est le statut vaccinal qui crée une fracture sociale : c’est la politique et rien d’autre que la politique, qui va créer cette fracture.

L’État, principal instaurateur des fractures sociales

En effet, ce n’est pas le fait d’être non-vacciné contre le covid qui empêche d’accéder à certains services aujourd’hui, mais le fait d’obliger les gens à produire la preuve de leur état de santé. On n’a encore jamais vu qu’il ait été nécessaire de justifier de sa vaccination contre la grippe ou la rougeole pour avoir le droit d’assister à un match de foot ou à un concert. Ni de devoir exhiber une sérologie VIH pour avoir le droit de vivre socialement. Or c’est exactement ce qui est en train de se passer.

Depuis le début de la mise en place de la vaccination, la fracture sociale était un risque. Un risque d’enfreindre la Constitution en instaurant une différence de traitement entre les Français (pire, ici, une différence de traitement en fonction de leur statut immunologique). C’est pourquoi Emmanuel Macron avait bien, dès le début affirmé que la vaccination ne serait pas obligatoire.

Mais comme dans toute exploitation d’une crise, la fenêtre d’Overton s’est déplacée : de « pas obligatoire », elle est devenue, avec l’assentiment de la population, « conseillée », puis « fortement conseillée » puis… on envisage de la rendre « obligatoire pour les soignants »… et ensuite ?

C’est habile. Au lieu de soulever de légitimes questionnements sur les changements de postures du gouvernement (masques inutiles puis obligatoires sous peine d’être verbalisé) il y a une tentative de déplacer la culpabilité vers un groupe.

Cette ostracisation se porte aujourd’hui sur les soignants. Quoi ? Ce serait donc eux les vecteurs les plus contagieux pour le covid ? Allons plus loin, on les pointe du doigt comme des assassins potentiels s’ils ne sont pas vaccinés. On voit fleurir sur les réseaux sociaux des noms d’oiseaux pour désigner les récalcitrants. Bien joué ! La population se retourne contre elle-même, malléable à merci grâce à la peur qui a été instaurée pendant des mois.

On n’a jamais vu cela avec d’autres vaccins, laissant le choix aux soignants qui sont des individus libres et responsables, comme les autres.

De plus, il est plutôt cynique de les désigner comme récalcitrants, ainsi que le sous-entend la formule « vaccination obligatoire », car l’immense partie des soignants hospitaliers, dans le privé comme dans le public, est vaccinée.

Alors puisque pour les masques, nous sommes passés de « pas obligatoire » à « obligatoire sous peine d’amende », il n’est pas illogique de craindre qu’il en sera de même pour la vaccination contre le covid : après tout, avec un pass sanitaire sur votre smartphone, relié à France Connect, le service de centralisation des données fiscales et d’assurance maladie (tiens, quelle idée, d’ailleurs ?), ce sera un jeu d’enfant de trouver des moyens de pression sur le citoyen un peu récalcitrant. Bienvenue dans le Monde d’après…

Comme le disait Bossuet :

« Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? quand on l’approuve et qu’on y souscrit, quoi que ce soit avec répugnance. »

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