Éolien : des nuisances qui cachent la forêt

Barbara_Pompili 2014 Wikipedia — CC-BY

Si ces sources d’énergie étaient rentables, pourquoi les subventionner et en imposer l’achat à EDF ?

Par Greg Elis.

Les nuisances reprochées à l’éolien sont essentiellement de deux ordres : pollution visuelle des paysages et pollution sonore de l’environnement proche. On y ajoute de temps à autre le massacre d’oiseaux ou des troubles psychologiques dus à d’immatérielles ondes.

En fait, l’insistance sur ces nuisances en cache d’autres majeures : l’éolien n’apporte rien aux réductions d’émission des gaz à effet de serre, utilise des composants polluants et coûte très cher aux contribuables.

Les arguments de madame Pompili

Dans la chronique matinale de RMC et BM-TV du jeudi 3 juin, Mme Barbara Pompili a subi les assauts de Jean-Jacques Bourdin reprenant les critiques sévères énoncées par Stéphane Bern (Le Figaro du 31 mai) contre l’implantation des éoliennes. Elle est bien sûr restée droit dans ses bottes avec quelques arguments plus ou moins curieux :

  • on a besoin d’énergie verte. Pourquoi faire ?
  • les éoliennes marchent 75 % du temps. M. Bourdin citait le bon chiffre, soit 25 %.
  • ce sont des fake-news, on n’utilise pas le charbon en secours. Non, mais du gaz.
  • les éoliennes sont recyclables à 90 %, […] les socles en béton seront concassés pour les routes, les pales ne seront pas enfouies. Un monde idéal !
  • on crée des emplois sur l’éolien en mer. Lesquels ?
  • d’accord, tout vient de Chine parce qu’on n’a pas chez nous. Madame de La Palice.
  • l’éolien sera dans quelques années 3 à 4 fois moins cher. Madame Soleil.
  • Les études ont montré que les coquilles Saint Jacques ne sont pas sensibles au bruit des éoliennes. Bonne nouvelle !

Au-delà du bruit et des paysages

Il y a plus grave.

Les nuisances communément citées, notamment dans les enquêtes publiques concernant l’implantation de parcs éoliens, n’évoquent jamais l’inutilité voire les autres inconvénients de cette source d’énergie. Du moins tant qu’on ne saura pas la stocker.

Autrement dit, on ne parle jamais de l’intérêt général. Or cette notion est capitale dans les procédures d’autorisation des implantations. Le Code de l’environnement (Art. L 123-1) et le Code de d’éthique et de déontologie, (CNCE 16.04.2015), imposent, avec les même termes, au Commissaire-enquêteur d’« assurer l’information et la participation du public ainsi que la prise en compte de l’intérêt des tiers. »

En la matière, l’intérêt des tiers serait-il dans la nécessité ou dans les avantages par rapport à d’autres sources et notamment le nucléaire.

La nécessité ? Avons-nous besoin d’énergie supplémentaire ? Avant la fermeture techniquement injustifiée de Fessenheim, la France était plutôt exportatrice d’électricité. Et ce ne sont pas les productions lilliputiennes et épisodiques d’éolien ou solaire qui permettront, le cas échéant, de couvrir nos besoins. Sur nos factures EDF on lit : électricité 2019 « vendue par EDF » : … renouvelables hors hydraulique : 1,5 %  !

Quelques avantages ? Réponse ferme : aucun.

Rappelons déjà que la France est l’un des pays les moins émetteur de CO2, et donc l’un des plus verts du monde dans ce domaine et ne représente en tout état de cause que moins de 1 % des émissions mondiales. Notre valeur d’exemple est prouvée depuis longtemps et n’a pas besoin d’être renforcée.

De plus et déjà par leur construction et implantation, éolien ou solaire avant même de produire, ont dégagé plus de CO2 par kilowattheure (kWh) produit qu’une centrale nucléaire. Il faut en effet près de 2000 éoliennes de 3 MW pour remplacer la production de Fessenheim (Libération du 7 juin 2018). Le récent ouvrage de Marc Fontecave (Académie des Sciences) parle même de 4000.

Quant aux composants nécessaires à leur fabrication, ils sont responsables de lourdes pollutions que l’on veut ignorer, se situant dans de lointains pays. Enfin, le caractère intermittent et fatal imposera le recours aux équipements fossiles à flamme et notamment au gaz importé d’Algérie ou Russie. Le gaz dégage de 400 à 600 g de CO2 par kWh produit, le nucléaire environ 5 grammes.

Le coût de production est-il attractif ? Absolument pas.

Les EnR sont un gouffre financier. Jean-Marc Jancovici, membre du Haut Conseil scientifique, affirme :

Une analyse rationnelle de la situation commanderait d’arrêter demain matin de mettre le moindre euro supplémentaire dans l’éolien et le solaire.

Remarque simple : si ces sources d’énergie étaient rentables, pourquoi les subventionner et en imposer l’achat à EDF ? Il serait bien trop long et répétitif de détailler les calculs faits. Une autre dépense est très mal connue et difficilement chiffrable, il s’agit de la nécessité de création ou de renforcement des réseaux. Aucune évaluation ne figure dans les dossiers d’enquête. Les coûts en seront supportés par les consommateurs.

La collectivité reçoit quelques subsides au titre de diverses taxes et mise à disposition de terrains. En échange de leur accord. On est à la limite de la complaisance.

Les éoliennes ne sont pas créatrices d’emplois en France. Tout comme les panneaux solaires, elles sont fabriquées à l’étranger. Hors les socles en béton (et encore, le ferraillage vient d’Italie !) qui vraisemblablement resteront enfouis ad vitam aeternam…. Restent quelques jours de pose avec les techniciens des fournisseurs étrangers.

Où est donc passé l’intérêt des tiers dont je fais partie ?

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.