Pourquoi continuer d’augmenter les renouvelables en France ?

Une étude montre qu’en l’état actuel des technologies, l’inclusion d’énergies renouvelables dans un pays fortement nucléarisé n’a aucun intérêt ni économique ni climatique, et un gouvernement sensé devrait dire « STOP ».

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Pourquoi continuer d’augmenter les renouvelables en France ?

Publié le 29 décembre 2022
- A +

Quels sont les avantages d’augmenter la part de l’éolien/solaire dans des pays comme la France, capables de développer et maîtriser un parc de centrales nucléaires de qualité ?

Spoiler : Aucun.

Mais nos dirigeants vont quand même le faire.

L’objectif de ce billet est de résumer brièvement de façon compréhensible les principales conclusions d’une étude remarquable mais très longue et technique, comparant le coût de diverses grilles électriques « compatibles avec le Net Zéro », mais avec un scénario de base principalement fondé sur le nucléaire et un peu d’hydroélectrique et plusieurs scénarios avec un taux de pénétration croissant des énergies renouvelables intermittentes (ENRi en français, VRE en anglais dans l’étude).

Mon premier objectif était d’en faire un article pédagogique, mais c’est mission impossible avec une étude aussi exhaustive. Ceux qui voudront en détailler les conclusions devront donc s’y plonger, désolé.

 

L’étude publiée par l’OCDE et la Nuclear Energy Agency

L’étude est intitulée « The Costs of Decarbonisation: System Costs with High Shares of Nuclear and Renewables ». Elle est co-publiée par l’OCDE et la Nuclear Energy Agency.

Avant que certains ne crient à l’étude pro-lobby nucléaire, je rappelle que la NEA est une agence intergouvernementale destinée à favoriser la coopération entre pays nucléaires ou souhaitant le devenir et pas un syndicat de vendeurs de centrales. Et l’étude m’a paru très objective et plutôt conservatrice concernant les chiffres.

Vous entendez souvent les partisans de scénarios 100 % renouvelables dire que le coût du kWh éolien ou photovoltaïque est passé en dessous de celui du nucléaire et citer cette courbe, au demeurant globalement exacte, à l’appui :

Le coût ainsi calculé est un LCOE : coût actualisé de l’électricité.

C’est grosso modo le « coût moyen en sortie d’usine du kWh produit tout au long de la vie de l’usine ». Il est calculé en intégrant toutes les dépenses en capital, opérationnelles et de carburant, pendant la durée de vie de l’usine. Ce coût total de possession est divisé par la quantité d’énergie utile fournie à la grille.

Le tableau ci-dessous résume les coûts pris en compte pour le nucléaire et l’éolien ; en vert la caractéristique la plus favorable :

La prise en compte de tous ces facteurs aboutit donc logiquement à un LCOE éolien nettement plus faible que celui du nucléaire.

Mais le LCOE ne prend pas en compte les coûts dits systémiques imposés à la grille par l’intermittence du solaire et de l’éolien. C’est tout l’intérêt de l’étude OCDE-NEA d’expliquer avec force détails et calculs comment ces coûts varient avec la proportion d’ENRi.

L’étude parvient à la conclusion que les coûts globaux de distribution de l’électricité croissent avec l’inclusion d’une part croissante d’ENRi dans la grille. Les scénarios comparés vont de 0 à 75 % d’ENRi.

Les pourcentages d’ENRi sont à comprendre en pourcentage de l’électricité produite, pas de la puissance installée. Nous verrons combien ce point est essentiel.

Dans le scénario de base, l’essentiel de la production est nucléaire. Dans le scénario 75 %, le nucléaire tombe à zéro.
Notez que tous les scénarios conservent une petite part d’électricité générée par du gaz mais dans des circonstances différentes qui n’engendrent pas les mêmes coûts. Nous le verrons plus tard.

Le scénario « low cost VRE » correspond à une situation fictive où les coûts de l’éolien terrestre seraient encore divisés d’un tiers, ceux de l’éolien offshore de deux tiers, et où des mécanismes optimaux de marché alloueraient aux ENRI une « part de marché idéale », calculée à 35 %.

Ce scénario « low cost VRE » semble très irréaliste (voir en fin de billet). Les coûts des autres scénarios sont établis à partir de technologies existantes. L’étude a modélisé un pays fictif aux caractéristiques très proches de la France, interconnecté avec des régions frontalières selon le schéma suivant : c’est donc certes une modélisation théorique mais comparable à une situation bien réelle, en l’occurrence la nôtre, et c’est bien pratique !

Et donc voici comment évoluent, selon l’étude, les coûts globaux de génération de l’électricité entre un scénario de base très nucléaire et les scénarios avec davantage d’ENRi : ils sont très nettement croissants (détail des chiffres un peu plus loin).

Nous avons avec l’Allemagne un exemple de pays avec 30 % d’ENRi qui a vu ses coûts d’électricité fortement augmenter, de 50 % en nominal et de 28 % hors inflation depuis 2006. Même si le scénario de base allemand n’est pas du tout le même (plus de fossiles)…

Cet exemple montre bien un phénomène d’accroissement des coûts corrélés avec la part des énergies renouvelables intermittentes et clairement identifiés comme tels.

 

Comment est-ce possible ?

Mais comment est-il possible que le coût global de la grille augmente en augmentant la part d’énergies au LCOE plus faible, vous demanderez-vous à juste raison.

Le mérite de l’étude OCDE-NEA est d’expliquer clairement qu’au LCOE, chaque mode de production ajoute des coûts supportés par la grille et que les coûts de l’intermittence des énergies éolienne et solaire sont supportés par les autres modes.

Ces coûts supplémentaires sont appelés « coûts d’intégration » par l’étude. Ils comportent des profile costs, que je traduirais par « coût de la surcapacité », les coûts d’équilibrage de la grille (balancing costs), les coûts de « densité » de la grille (grid costs).

Les « options de flexibilité » sont principalement le pilotage des réserves d’hydroélectricité et les possibilités offertes par l’interconnexion des grilles qui viennent réduire les surcoûts d’intégration, mais de très peu par rapport auxdits surcoûts.
Voici comment ces coûts se décomposent dans les divers scénarios et influent sur le coût global de la distribution d’électricité dans le pays modèle, dont on rappelle qu’il ressemble beaucoup à la France. les profile costs sont prépondérants à partir de 30 % d’ENRi.

L’étude (en comptant 1,1 dollar/euro) estime donc à : environ 1,8 milliard d’euros le surcoût d’une grille à 10 % d’ENRI (+5 %/scénario de base) ; environ 7,3 milliards d’euros à 30 % d’ENRi (+21 %) ; environ 13,6 milliards d’euros à 50 % d’ENRi (+42 %) ; et environ 30 milliards d’euros à 75 % d’ENRi (+95 %).

L’étude a été publiée en 2019 sur la base de chiffres 2015 à 2017. En 2020, avec 70 % de nucléaire, donc très proche du cas étudié, et consommant à peu près la même quantité d’électricité, la France a dû débourser près de 6 milliards d’euros de soutien aux ENRi avec 9 % de pénétration.

Ce chiffre est donc nettement supérieur au surcoût de 1,8 milliard chiffré par l’OCDE-NEA à 10 % d’ENRi. Je ne saurais dire quelle est la part de sous-estimation de l’étude, plutôt conservatrice dans ses hypothèses, et celle d’inefficacité négociatrice de l’État français, qui se fait peut-être gruger par le lobby ENRi, et pourrait avoir adopté un dispositif de soutien aux ENRi trop favorable par rapport aux surcoûts réels.

 

Les surcoûts

Même s’ils sont peut-être sous-estimés, ces surcoûts sont déjà énormes.

Examinons-en la nature en commençant par le plus important d’entre eux, le profile cost, ou coût de la surcapacité.

 

  • Premier surcoût d’intégration : profile costs, coûts de la surcapacité.

Un MW installé de nucléaire coûte peut-être quatre fois plus cher en investissement que le MW installé en éolien mais son facteur de charge est potentiellement quatre fois plus élevé dans un pays européen (en pratique 3,5 fois).

Voici donc toutes les capacités installées nécessaires pour satisfaire une demande électrique de 537 TWh dans les différents scénarios :

Mais ce n’est pas tout : non seulement il faut bien payer pour cette capacité redondante mais la nature du courant électrique (non stockable à coût acceptable) et la nature non pilotable du solaire et très peu pilotable de l’éolien obligent à réduire la production des autres usines lorsqu’il faut laisser passer en priorité dans la grille une production excédentaire non pilotable des ENRi.

Par conséquent, les autres usines voient leur facteur de charge réduit par les ENRi.

Vous vous souvenez que le LCOE est égal à la somme des coûts fixes et variables divisés par la production. Si vous réduisez la production, malgré la réduction des coûts variables liés au carburant, vous augmentez mécaniquement le LCOE !

Ce phénomène est déjà observé en Allemagne dont les centrales thermiques voient leur rentabilité chuter parce qu’elles doivent réduire leur production en faveur des ENRi. Mais ce surcoût serait bien pire avec des centrales nucléaires.

En effet, nous avons vu que le LCOE du nucléaire est en grande partie composé de coûts en capital. Donc l’effet d’éviction de la production sur le LCOE sera bien plus important pour une centrale nucléaire qu’avec une centrale classique.

En langage d’économiste, l’intermittence impose aux autres centrales non intermittentes une externalité négative que les mécanismes actuels de tarification des ENRi ne font pas porter aux producteurs desdites ENRi mais par des taxes sur les consommateurs finaux. En effet, les producteurs éoliens/PV sont payés au kWh produit, indépendamment que cette production survienne quand elle est utile ou quand elle ne l’est pas. Ce phénomène de profile cost est déjà expérimenté par la grille européenne de façon parfois caricaturale lorsque les gestionnaires de réseaux scandinaves doivent littéralement payer la grille allemande pour qu’elle accepte leur électricité excédentaire.

Ce phénomène de « prix de gros négatif » de l’électricité était une rareté avant l’arrivée des ENRi. L’étude note une forte augmentation du phénomène avec le déploiement des ENRi, de 56 heures en 2012 à 146 heures en 2017.

Pourquoi ? Parce que, à ce moment, la demande allemande n’est pas assez élevée pour absorber cette électricité et que la grille allemande doit donc faire en sorte que les fournisseurs d’énergie pilotable classique coupent leur production => prix très bas, voire négatifs.

Enfin, quand il y a trop de capacité éolienne dans la grille, certaines éoliennes doivent être arrêtées lors des périodes de trop forte production, ce qui augmente là aussi mécaniquement leur LCOE.

En Grande-Bretagne, les coûts directement payés aux centrales (qu’elles soient éoliennes ou gaz) pour réduire leur production sont actuellement d’environ un milliard de livres (1,1 milliard d’euros) et pourraient s’envoler à environ 2,6 milliards d’euros en 2026.

 

  • Les autres surcoûts d’intégration : grid costs et balancing costs

Les « coûts de grille » (grid costs) sont liés à la plus grande surface occupée par les éoliennes, donc l’augmentation du nombre de points de connexion, ainsi que des pertes par transport sur de plus longues distances lorsque le vent souffle seulement dans certaines régions.

Les « coûts d’équilibrage de la grille » (balancing costs) sont liés à la nécessité de conserver davantage de centrales gaz actives pour amortir les à-coups de production liés aux sautes de vent de l’éolien. Les turbines gaz tournent au ralenti et conservent ainsi une énergie cinétique suffisante pour entrer en action à quelques secondes près en cas de variation brusque de la puissance envoyée dans le réseau par l’éolien.

Une part de production par centrales gaz est conservée car en l’état actuel de la technologie, le nucléaire n’est pas un bon amortisseur de chocs, il ne peut pas faire varier sa puissance instantanément.

Cette part est quasi identique dans tous les scénarios :

Mais les auteurs notent que plus la pénétration des ENRi augmente, plus la capacité nécessaire de centrales gaz pour générer la même quantité d’énergie augmente : trois fois plus pour le scénario 75 % !

Les auteurs notent d’ailleurs que malgré ce taux de fonctionnement plus faible, le nombre de cycles démarrage-arrêt-redémarrage des centrales de Back Up en augmentera les coûts de fonctionnement et les risques d’usure prématurée.

Pire encore, pour des raisons technico-économiques trop longues à développer, les centrales dites « à cycle ouvert » OCGT sont préférables aux centrales à cycle fermé (CCGT) pour assurer cette fonction de Gaz Peaker de l’éolien mais elles ont l’inconvénient d’émettre 52 % de CO2 de plus que les centrales CCGT par MWh produit.

Ce qui m’amène à examiner l’intérêt CO2 des différents scénarios.

 

L’impact sur les émissions de CO2

Les accords de Paris impliquent de faire passer les émissions de CO2 par kWh d’électricité produite de 430 g (moyenne OCDE actuelle) à 50 g. Avec 70 à 80 g selon les années, la France est déjà proche de l’objectif.

Voici les émissions de CO2 par kWh et par source en France selon le site @electricityMaps : le nucléaire est le plus performant, les fossiles émettent de 125 à 200 fois plus.

Eh oui, le nucléaire est plus performant que l’éolien ou le solaire. La raison en est simple : par MWh produit tout au long du cycle de vie, une centrale nucléaire utilise environ 15 fois moins de matériaux que l’éolien, matériaux qu’il faut miner, raffiner, usiner, etc.

On en déduit que n’importe quel mix qui ne comprendrait aucune électricité fossile serait en dessous de 50 g/kWh, mais qu’inclure ne serait-ce qu’un peu de fossiles peut nous faire passer au-dessus.

Illustration avec la France d’aujourd’hui : les fossiles (principalement le gaz) représentent 7,1 % de la puissance demandée moyenne mais 83 % des émissions liées à la production électrique sur l’année 2021.

Donc non seulement les ENRi sont un peu moins bonnes que les centrales nucléaires du point de vue du CO2 émis mais les scénarios à haut niveau d’ENRi imposent une augmentation des émissions des centrales gaz de backup.

Ajoutons que les grilles à « haut niveau d’ENRi » sont moins protégées par une année de « cygne noir climatique ». Si une période sans vent ni soleil plus élevée que ce que nous avons connu se matérialisait, les risques de blackout seraient plus nombreux ; et dans le scénario 75 % qui n’aurait plus de centrales nucléaires et des backups 100 % gaz, les émissions augmenteraient encore plus fortement.

Dans une autre étude l’Agence internationale de l’Énergie résume par cette excellente formule le problème posé par l’intégration massive d’ENRi dans des grilles conventionnelles ou nucléaires :

La valeur systémique des énergies renouvelables intermittentes telles que l’éolien et le solaire décroît lorsque leur part dans la production électrique augmente.

Bref, l’étude OCDE-NEA (qui colle avec les « résultats expérimentaux » de la France et de l’Allemagne) montre qu’en l’état actuel des technologies, l’inclusion d’ENRi dans un pays fortement nucléarisé n’a AUCUN intérêt ni économique ni climatique. Un gouvernement sensé devrait dire : STOP, nous n’avons pas besoin d’augmenter la part des ENRi, arrêtons tout nouveau contrat de rachat garanti aux producteurs solaires et éoliens et reconcentrons-nous sur le nucléaire qui fut notre force ces derniers 50 ans !

Mais nos dirigeants sont en train de faire tout l’inverse et devraient voter le 10 janvier prochain la catastrophique loi d’accélération du déploiement des ENR. Les raisons de cet entêtement m’interrogent.

Vous pourriez m’opposer les objections suivantes :

  • L’étude est basée sur des chiffres 2015-2017, mais les ENRi ne vont-elles pas encore voir leur prix baisser ?
  • L’étude est celle des technologies existantes, les progrès des ENRi ne vont-ils pas changer la donne ?
  • Vous n’avez pas parlé du scénario low cost VRE de l’étude qui indique une baisse de coût de grille, pourquoi ?
  • La filière nucléaire a aussi ses problèmes, son LCOE augmente (cf. premier graphique de ce billet), comment vont évoluer les LCOE comparés du nucléaire et de l’éolien ?
  • Et le foisonnement, change-t-il la donne ?
  • L’étude ne considère le stockage de l’énergie produite en période de « surplus météo » que de façon marginale, pourquoi ?

 

Toutes ces questions (et d’autres) sont excellentes mais ce billet étant déjà trop long, elles feront l’objet d’une suite dans quelques jours !

Un billet tiré d’un thread de Vincent Bénard publié initialement sur Twitter.

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  • Un bref entretien avec une députée « renaissance » m’a permis de connaître dès aujourd’hui le résultat des discussions parlementaires sur la nouvelle version de la Programmation Pluriannuelle des Energies au printemps 2023 : 50 % renouvelables, 50 % nucléaire. De quoi satisfaire un peu tous les électeurs.

  • hé oui, gouvernement de shadoks : plus ils pompaient plus il n’y avait rien………quel gaspillage !

  • La principale et seule raison pour laquelle le Président Macron préfère le renouvelable est la peur. Oui, la peur, parce que le Président est un froussard. Il l’a montré lorsqu’il a déclaré qu’il ne voulait pas qu’on l’accuse plus tard « comme pour l’amiante » et à propos du glyphosate. Il ne veut pas qu’on découvre au nucléaire un inconvénient non détecté qui obligerait à changer le mix énergétique.
    Cette peur est la conséquence du fait qu’il ne maitrise pas la technique malgré son intelligence supérieure.

    10
    • « intelligence supérieure » auto-proclamée.
      Depuis deux quinquennats on a a pas eu l’ombre de la preuve.

      11
    • Vous lui faites un mauvais procès. C’est le premier président qui a eu les cou.lles de relancer le nucléaire.
      Sur les ENR, il n’a pas le choix. C’est imposé par l’Europe. Comme les ZFE et tant d’autres choses.
      Il ne pourra y avoir retour en arrière que si, vu de Bruxelles, les défauts de ces politiques provoquent des dégâts sociaux, économiques ou technologiques.
      Ne rêvez pas, ça n’arrivera pas sur les ENR.

      -8
      • Rien n’est imposé par l’UE. Les traités prévoient l’application du principe de subsidiarité si l’on n’est pas d’accord. Sauf qu’il faut avoir justement des couilles, que l’ado attardé n’a visiblement pas, plus intéressé à se soumettre à une Europe chimérique qu’à se consacrer aux intérêts de son propre pays.

  • Ce matin jeudi 29 décembre, un les médias de grands chemins reprennent en chœur que l’emploi des Énergies fossiles l’on emporté pour satisfaire les besoins en électricité sur les ENRI avec un bilan carbone non conforme aux objectifs du Grenelle de l’environnement et que ce n’est pas soutenable.
    Apparemment les informations objectives sur la situation énergétique restent confidentielles et éloignées/tues des plateaux TV
    Mais quand existera t’il dans ce pays des débats qualitatifs sur les tenants aboutissants de ces grands problèmes dont fait partie la réforme des retraites qui n’aborde rien d’autre qu’un âge pivot pour continuer à faire payer les contribuables afin de financer les régimes des fonctionnaires et spéciaux insoutenables. Donc patate chaude et koikilenkoute à toutes les sauces nouveau mantra économique de Bruno Le Maire dit Pruneau de Bercy avec son agrégation de lettres modernes
    Bonne journée à tous et surtout bonne fin d’année 2022 calamiteuse

    10
  • Les smart grids permettraient ils de mieux gérer l’intermittence des renouvelables ?

    -2
    • Si je comprends bien, les smart grids sont une aide à la gestion du réseau, mais les gains sont sans commune mesure avec ceux qui seraient obtenus par une conception et des règles d’exploitation (prix) adaptées. Un peu comme mettre des capteurs pour déclencher individuellement chaque feu de circulation par rapport à avoir intelligemment construit des voies rapides et des secondaires, et négocié des décalages horaires pour la sortie des bureaux.

  • Excellent article. Etude de grande qualité sur un sujet complexe. Toute la difficulté des comparaisons de coûts réside dans le traitement des externalités (le CO2 et l’intermittence). On pourrait rajouter que l’argument du « foisonnement » est tristement fragile et partisan. Votre article devrait être largement diffuséeauprès du gouvernement, de la CRE et de RTE.

  • Certes se sont des miettes (vertes) cependant Delphine Batho a proposé début décembre un amendement contre la saturation des territoires par les éoliennes. Le texte devait être discuté en décembre. J’ai pas suivi ce qu’il est devenu depuis.

  • Tout les politiciens se foutent des analyses rationnelles sur se sujet.
    1) ils ne peuvent se dédire car un politicien qui a eu tort se retrouve au chômage.
    2) la gauche doit s’aliéner la minorité écologiste pour gagner les élections, quelqu’en soit le prix.
    Une fois ces 2 postulats compris, il n’y aura plus de retour en arrière. Et pas seulement pour l’énergie. Pour l’agriculture, la mobilité, le logement… ces postulats s’appliquent.

    • SI nous avions des politiciens qui n’en soient pas (comprendre « pas de carrière ») on aurait peut-être des politiciens capables de faire autre chose que de la comm’ et de la stratégie politique. Ils pourraient se « recycler » dans leur périmètre de compétences (s’il en ont un ).
      Sciences po et l’ENA sont les principaux formateurs de politiciens (de gauche « ressentie »), émasculés et irresponsables…

  • Cher Monsieur, Merci beaucoup pour cette étude et surtout tout ce travail qui servira peut-être, en tout cas plus tard, à pouvoir dire : « On vous avait prévenus » . Même si tous ces « décideurs » ne seront plus là, ni responsables, ni coupables, ca nous (vous) fera du bien quand même.

  • Résumé à l’intention des décideurs et autres influenceurs qui n’ont pas les moyens de comprendre:
    « Plus il y en a plus c’est nuisible, à tous points de vue ».

  • Beau travail Vincent Benard, comme d’habitude, mais de plus en plus rare dommage.

    • Merci beaucoup.
      Ce genre de synthèse demande un gros boulot – En fait, plus on veut être accessible sur un sujet complexe qu’on doit d’abord acquérir avant de le restituer, plus c’est long.
      D’où la rareté.

  • Inutile de vous casser la tête. Votre billet qui se veut un bref résumé d’une étude complexe est malgré vos talents de pédagogue déjà complètement imbitable pour le commun des mortels.
    Aujourd’hui, tous les pays, notamment les plus grands, se sont lancés dans l’éolien et le solaire. L’Europe y va à fond et l’impose aux Etats membres.
    Il n’y a aucun signal avant-coureur montrant qu’il pourrait s’agir d’une catastrophe économique ou technologique, contrairement par exemple à l’interdiction de vente des moteurs thermiques, sur laquelle les mauvais retours s’accumulent, alors même qu’on est à 12 ans de l’échéance.
    Bref, j’admire votre courage. Vous me faites penser à la chèvre de Mr Seguin.

    -7
    • donc… vous n’avez rien compris, et pour vous la seule « étude » qui vous parle, c’est
      le soleil et le vent n’envoient pas de factures
      et vous n’êtes pas seul, au contraire vous êtes la majorité, et va donc se ruiner avec délectation
      l’exemple de l’Allemagne, et de l’Angleterre devrait mettre fin à toute polémique, mais c’est sans compter sur les nobody one
      bah, on a bati des cathédrales sur un mythe , on n’en est pas mort et cela reste un héritage incomparable, pour les éoliennes, j’ai des doutes

      12
      • Au contraire. La vie m’a appris une chose : il est souvent plus efficace, pour combattre une mauvaise décision, de la laisser se développer.
        Si les ENR en font partie, ça finira par se voir.
        Si cela n’arrive pas, c’est que vous vous étiez planté.

        -4
        •  » il est souvent plus efficace, pour combattre une mauvaise décision, de la laisser se développer. »
          …et ainsi démontrer son inanité.
          Le problème est que ce mode d' »(in)action » obère l’avenir en faisant dépenser des sommes que nous n’avons pas , pour un projet stupide et, pire que tout, en endettant les générations futures.
          De plus il mobilise les énergies d’ingénieries vers le mauvais but au détriment du progrès dans la seule énergie pouvant satisfaire la demande: nucléaire.
          On peut toujours avoir à titre individuel, particulier, des panneaux solaires dans son jardin…mais si l’électricité ré-injectée est payée au prix de celle d’origine nucléaire il va falloir de nombreuses décennies pour amortir les capteurs !

    • Une chèvre vaut beaucoup mieux qu’un mouton. Les loups ne s’y trompent pas, ils attaquent les brebis et leur mangent la laine sur le dos, et ne vont vers les chèvres qu’en dernier ressort. Rappelons que l’UE est menée à la ruine par les écolos, que sa direction est le rêve humide de Macron pour après Ursula, et qu’aucune de ses directives n’a jamais conduit à la prospérité. Rappelons aussi que la Chine a une énorme capacité hydroélectrique qu’elle peut compléter par de l’éolien et du solaire sans compromettre l’équilibre instantané de son réseau, tandis que chez nous où les écolos détruisent les bassines, il ne vaut mieux pas parler de barrages…

      • Rappelons aussi que la Chine a une énorme capacité hydroélectrique qu’elle peut compléter par de l’éolien et du solaire sans compromettre l’équilibre instantané de son réseau »
        Comme nous avec le nucléaire…

        -2
        • Contrairement à l’hydroélectricité, le nucléaire ne fonctionne pas en pompage pour stocker un surplus, et fonctionne très bien en continu simplement régulé par la demande. Il est mieux entretenu et rentabilisé quand on ne réduit pas la production des centrales pour accueillir sur le réseau des énergies intermittentes impromptues.

  • Merci Monsieur , Enfin un éclairage intéressant
    Comment mettre ces études devant le nez des députés qui votent toutes ces lois sans rien y connaître

  • @Vincent Benard
    Bonjour, j’aimerai savoir si ce coût indiqué pour l’énergie nucléaire prend en compte le coût des déchets.
    Merci.

    • Sans pouvoir répondre à la question, je voudrais néanmoins mettre en garde sur la prise en compte de coûts censés se présenter dans quelques décennies voire plus. Le coût de l’hydroélectrique ne peut pas prendre en compte le coût de démantèlement des barrages, par exemple, parce qu’il est bien prétentieux de vouloir prédire ce qu’il en adviendra.

    • La réponse est non.
      Pourquoi ? Parce qu’un vendeur de bagnole ne vous parle jamais de ses défauts.
      D’une manière générale, il n’y a que les détracteurs d’une technologie qui fassent remonter les coûts cachés et les externalités négatives.
      Ceux qui détestent la bagnole vous parleront de la pollution, des morts sur la route, du CO2, etc. Jamais de la liberté et de l’autonomie, du tourisme…
      Ceux qui détestent les éoliennes vous parleront des oiseaux tués quand leurs plus grands prédateurs sont les chats et les vitres.
      Ceux qui détestent le nucléaire vous expliqueront que tout y est dangereux, de l’explosion aux déchets bien qu’il s’agisse d’une des plus sûres sources d’électricité.
      Etc.

      -5
  • Article remarquable, comme toujours avec V Benard.
    Bravo et merci !

  • Les conclusions de cette étude sont connues, elles recoupent par ex. celle de RTE à propos des scénarios « futurs énergétiques 2050 » : plus il y a de renouvelables (et moins il y a de nucléaire) dans un mix décarboné, plus le « coût système » (incluant les externalités générées par les EnRi, comme la compensation de l’intermittence et les impacts sur le réseau) est important : et donc plus le prix de l’électricité est élevé pour l’utilisateur final.
    Cependant il y a une erreur à la base sur le LCOE du nucléaire dans ce texte : ce coût est bien inférieur à 155 $/MWh.
    La cour des comptes l’a évalué à 55 €/MWh pour le nucléaire historique ; pour le nucléaire du futur (EPR), il ne faut évidemment pas se baser sur celui du prototype de Flamanville, qui n’atteindra pas de toutes manières 120 € (ou $)/ MWh. Les EPR2 en cours de développement devraient aboutir à un LCOE voisin de 70 €/MWh, mais ce chiffre est très dépendant du taux d’emprunt (ou coût du capital), qui devra rester inférieur à 4 % pour que le nucléaire reste largement compétitif par rapport aux EnRi. En plus de renforcer l’indépendance énergétique et d’avoir un impact environnemental (foncier, paysages) bien moindre.

    • Bonjour, c’est exact, les LCOE du nucléaire sont extrêmement variables d’un projet à l’autre et les déboires de Flamanville et d’Okiluoto ont fait monter la moyenne. Il est exact aussi la hausse (temporaire ? Durable ?) des taux d’interêts va plus lourdement grever les bilans du nucléaire à venir que des renouvelables, même si celles ci ne sont pas insensibles aux effets de taux également.

  • Remarque de fond : s’il est acquis qu’en France le nucléaire est beaucoup plus compétitif que les renouvelables intermittents ou EnRi, on est quand même tenus d’en construire en raison de l’attentisme coupable des responsables politiques depuis au moins 15 ans.
    Car tant que les EPR2 ne seront pas en service, c’est à dire avant 2035, le parc nucléaire historique, même remis à niveau (grand carénage) ne sera pas suffisant pour supporter les nouveaux usages de l’électricité (véhicule électrique, PAC, hydrogène). Nous n’avons que deux solutions pour disposer des TWh qui vont maquer d’ici à 2035 : ou construire des centrales ç gaz, ou des EnRi (éolien ou solaire). Solutions provisoire, car dans 15 ans nous devrions commencer à redevenir autonomes avec le nouveau nucléaire.
    Suivant sa sensibilité, on préférera la solution provisoire au gaz (mais avec des émissions de CO2) ou avec des EnRi .
    A noter que ce ne sont pas des solutions équivalentes : car pour passer la pointe d’hiver, on pourra compter sur des centrales au gaz qui sont pilotables, alors que ce ne sera pas le cas avec l’éolien et le solaire.
    Mais l’énergie que ces EnRi apporteront, sans résoudre le problème des pointes d’hiver, sera la bienvenue pour compléter la production des réacteurs, à condition que ceux-ci acceptent de jouer les « back-up » (fonctionnement en miroir, pour compenser l’intermittence).
    Emplâtre sur une jambe de bois diront certains, mais c’est mieux que rien.

    • Vous oubliez un détail qui a son importance (vous n’êtes pas le seul). Les réacteurs doivent marcher en base et non en suivi réseau ou pour « compenser l’intermittence ». A cause de l’effet xénon (empoisonnement neutronique). Si l’on baisse trop vite la charge, on ne peut plus remonter pour la prochaine pointe du lendemain matin ou du lendemain soir. L’effet xénon met plusieurs heures à se dissiper. Pour passer la pointe de consommation les turbines à gaz sont les plus appropriées.

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Nous dirigeons-nous vers un « passionnant » avenir énergétique principalement fait d’énergies renouvelables ? Le Soleil et le vent alimenteront-ils la croissance de demain ? C’est ce que souhaite toujours ouvertement l’écologie politique et ce malgré les signes de plus en plus tangibles de l’impasse de la croissance verte.

Les fossiles représentent aujourd’hui plus de 80 % du mix énergétique mondial soit à peine moins qu’il y a 40 ans. Le pétrole alimente près de 95 % des transports tandis que le gaz et le charbon représentent toujours... Poursuivre la lecture

nucléaire
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En avant l’équipe de France !

La relance actuelle du parc nucléaire français, bien que tardive, est une bonne nouvelle pour l’industrie et pour les Français. Mais sera-t-elle suffisante pour rattraper le retard pris pour une production d’électricité décarbonée, abondante et bon marché ?

 

Aligner les planètes

Si tous les acteurs marchent dorénavant dans la même direction, comme il y a 50 ans lors du grand lancement du nucléaire en France, pour constituer une équipe cohérente, alors oui la France sortira de l’ornière ... Poursuivre la lecture

Par François Brunschwig et Michel Gay.

 

Les récentes déclarations de la ministre Agnès Pannier-Runacher lors de son interview le 3 novembre 2022 par la chaîne Public Sénat et quelques jours plus tard lors de l'examen devant le Sénat de la loi d'accélération des énergies renouvelables, interrogent sur les intentions du gouvernement.

 

Des slogans pour arguments

La ministre traduit-elle une manipulation habile de l'opinion publique (qui manifestement fonctionne) et un piège tendu aux sénateurs (dans lequel... Poursuivre la lecture

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