Union européenne : du marché commun à la farce tragique

Selon les données actuelles, le retour à la normale, en Europe, se fera avec un an de retard sur l’Amérique et le Royaume-Uni.

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European union Brussels DC BY Patrick (CC BY-NC-ND 2.0)

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Union européenne : du marché commun à la farce tragique

Publié le 6 mars 2021
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Par Drieu Godefridi.

Sur l’Union européenne (UE), les avis sont tranchés, entre ceux qui la taxent d’inutile et coûteuse, et ceux qui l’instituent en avenir de l’Europe et modèle pour le genre humain.

Qu’en est-il ?

Avant de devenir la sentencieuse « Union européenne », la construction européenne fut d’abord une formidable réussite. Beaucoup de libéraux ont la mémoire courte, mais l’UE n’a pas toujours été le monstre bureaucratique liberticide qu’elle est devenue.

À l’époque des plus modestement nommées « Communautés européennes » — de l’économie, du charbon et de l’acier, de l’atome — l’Europe a réalisé quatre libertés de circulation : des personnes, des capitaux, des services et des biens.

En dépit de ses défauts, de ses carences, de ses innombrables imperfections — rien de ce qui est humain n’est parfait — ce « marché commun » a contribué de façon massive et substantielle à la liberté et la prospérité des Européens.

Union européenne, paix et prospérité

Impossible de ne pas considérer comme un progrès de civilisation le fait, pour un Français, de se déplacer librement en Italie ; ou le droit, pour un entrepreneur espagnol, de proposer librement ses services aux citoyens des Pays-Bas. Cette Europe du « marché commun » était en tout point conforme à l’intuition géniale de Jean Monnet, qui souhaitait « la paix par la prospérité ».

L’ennui est que les étatistes de toutes les églises idéologiques ne pouvaient évidemment se satisfaire de cette Europe-outil, un outil qui plus est de nature essentiellement économique. Non, il fallait ajouter une Europe politique, une Europe sociale, une Europe de la défense, une Politique étrangère européenne, une Europe écologique et même « géopolitique » (© Ursula von der Leyen) !

Cette évolution a d’abord consisté à subvertir les institutions européennes pour leur faire accomplir, en plus de leur visée économique, des missions qui leur étaient étrangères.

Ensuite, ce sont les institutions et procédures qui furent, et sont constamment, adaptées, « rénovées », révolutionnées, pour servir les finalités extra-économiques, fût-ce aux dépens de la visée économique.

L’Europe économique marginalisée

Aujourd’hui, la finalité économique de la construction européenne est officiellement — par les traités — ravalée à la portion congrue, le cédant en titre comme en fait aux exigences de l’Europe politique, sociale, environnementaliste.

Ainsi l’UE qui offrait autrefois un contre-pouvoir aux foucades idéologiques des États-membres, en est-elle désormais la caisse de résonance, la permanente amplification. Aucune résolution adoptée par le Parlement allemand ou français dans le domaine du gender ou de l’écologie ne peut rivaliser avec les proclamations de plus en plus extrêmes adoptées, sur ces sujets comme d’autres, par les institutions européennes.

Ce qui permet à ces institutions européennes de s’engager toujours plus avant dans la voie de l’extrémisme idéologique, est qu’elles échappent à la sanction démocratique. Certes, on les habille de mots et de verbe ; d’un logos légitimiste visant à faire accroire que les institutions européennes, certes imparfaites, sont de plus en plus démocratiques, en attente de le devenir complètement.

L’Union européenne n’est pas une démocratie

Rien n’est moins vrai ; l’UE n’est pas une démocratie, ne l’a jamais été et ne le sera jamais.

Quel est le pourcentage de citoyens européens qui est capable de nommer ne serait-ce qu’un seul de « ses » parlementaires européens, ne serait-ce qu’un seul de « ses » commissaires européens, ne serait-ce qu’un seul juge de la Cour de justice de l’UE ?

Les Américains se « sentent » et disent Américains avant d’être du Wyoming ou de l’Arkansas ; les Italiens, Espagnols, les Suédois, les Polonais, les Slovènes s’identifient à leur pays avant d’être Européens — au sens générique, non celui de l’UE.

Par des motifs historiques, les Allemands jouent le jeu de l’UE. Tandis qu’ils ont relativement bien géré la première partie de la récente pandémie, ils ont résolu de s’en remettre à l’UE pour la gestion des vaccins.

Il y a une logique dans cette démarche : pour négocier avec « Big Pharma », on est plus fort ensemble et puis, n’est-ce pas l’occasion de prouver à la face des Européens que cette UE qu’ils n’aiment pas est utile ?

Las ! Non contente d’être inutile et coûteuse, dans cette affaire l’UE s’est montrée horriblement, comiquement, tragiquement, inefficace.

Le triomphe vaccinal des Américains

Dans 500 ans, quand les historiens contempleront la période Covid, ils diront que l’opération « Warp Speed » montée par les Américains fut un triomphe de science et de logistique. Alors qu’il a fallu 5 ans pour concevoir un vaccin contre Ebola — précédent record mondial ! — il n’aura pas fallu un an pour que des vaccins contre le Covid soient mis au point, en Occident essentiellement sous la pression et le financement des contribuables américains.

Rapidement, le gouvernement américain a compris que le défi était également logistique : c’est beau de concevoir des vaccins, encore faut-il les produire en vastes quantités, puis les distribuer.

Ce sont des usines entières qui furent bâties en l’espace de quelques semaines aux fins de la production des vaccins (pas encore conçus à l’époque !), dans un effort dont le souffle et l’ampleur ne sont pas sans évoquer l’effort industriel américain de 1941.

Quand il s’est agi de distribuer les vaccins, le gouvernement américain fit appel au meilleur outil à sa disposition : l’armée des États-Unis. Au final, le programme américain de vaccination massive fut réalisé dans des délais inouïs, qui viennent encore d’être réduits de deux mois.

Par comparaison avec les États-Unis et l’Asie, l’échec de l’UE est total. Alors qu’en Europe, le challenge n’était plus que produire et distribuer les vaccins, l’UE échoua lamentablement sur ces deux chapitres, à telle enseigne que le programme européen de vaccination est dix fois en retard sur Israël, trois fois sur les États-Unis.

Il n’est pas jusqu’au Royaume-Uni qui, dans le premier test grandeur nature depuis le Brexit, ne fait quatre fois mieux que l’Union européenne en termes de vaccination.

Selon les données actuelles, le retour à la normale, en Europe, se fera avec un an de retard sur l’Amérique et le Royaume-Uni. Cette petite année représente une multitude cruelle de déficits, de faillites et de désastres personnels. C’est, en termes relatifs, une régression économique massive qui attend l’UE, par comparaison avec le reste du monde.

La gestion des vaccins par l’UE est une métonymie de l’UE : une farce tragique aux mains d’idéologues aussi obtus qu’inefficaces. Les « élites » de l’UE sont faibles, lâches et pusillanimes, car elles savent ne représenter personne, et n’être en dernière analyse que le jouet de gouvernements jamais d’accord entre eux — mais qui jouissent de la légitimité démocratique.

La sagesse commanderait de réduire l’UE au marché commun. L’hybris idéologique qui anime les institutions européennes et leurs commanditaires idéologiques les précipitera dans la direction opposée, celle d’une radicalisation toujours plus grande, aux dépens des intérêts vitaux des Européens.

Jusqu’à la chute finale (Polybe).

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  • Je crois comprendre que Mr Godefridi souhaiterait que certains pays quittent l’UE « Italie, Espagne, Suède, Pologne et Slovénie  » il vrai qu’un Belge se trouvant au « USA » ne dit pas qu’il est Belge, il répond fièrement qu’il est avant tout Européens, une petite remarque les ETATS- UNIENS communiquent dans une langue officielle commune

  • Il faudra attendre d’obserer les effets secondaires à moyen et long terme de ces vaccins pour savoir si les Américains ont fait beaucoup mieux ou ont engendré une tragédie. L’inefficacité des Européens a-elle été une catastrophe ou une chance, seul l’avenir le dira.

    • Cessez donc vos calomnies envers les vaccins! Ils ont sauvé des milliards de vie depuis leur introduction au XVIIIe siècle. Votre obscurantisme n’est que le révélateur de votre ignorance!

      • alors entre les deux il faut toujours garder une pointe de scepticisme, pour les vaccins passés d’accord..
        mais pour les vaccins présents on a juste le constat de la suffisance historique des precautions …
        pareil pour tout nouveau médicament.

  • intuition géniale » de jean monet et surtout contractuel de la cia.

    • Propagande moscovite des années 1950-60! Vous n’avez rien d’autre dans votre logiciel depuis ce temps? Je ne vois absolument rien comme rapport entre la CIA et l’Europe.

      • de gaulle le qualifiât de « petit financier à la solde des américains » on est loin des bolchéviques que vous citez.

    • Vous avez parfaitement raison. J. Monnet fut le précurseur des Attali, Soros, Gates de son époque. L’idée était déjà de faire un gouvernement mondial dirigé par des « élites » non élues comme lui. Il s’est rabattu sur l’europe, pensant que le monde n’était pas encore prêt.
      Sources: livres de Bruno Riondel et de Philippe de Villiers

  • Un grand oui a tout ce qui est écrit dans l’article, en nuançant le passage sur la démocratie.

    L’UE n’est pas moins démocratique que la France, simplement moins habile à le dissimuler.

  • Et en bref, l’ue, elle sert à quoi ou plutôt elle sert à qui ?
    De bons accords commerciaux auraient dû suffire. Y a l’euro biensur qui a permis à la France de ne pas sombrer dans des d’évaluations successives au fur et à mesure de sa desindustrialisation mais, sans l’ue, aurait elle eu lieu ?
    OK, on a évité d’être en guerre avec nos fidèles ennemis, mais nos fidèles ennemis ont en fait gagne la finale, on est au fond du trou.

    • Imposer une monnaie commune sans avoir remis à niveau les économies des premiers pays de l’union a été une erreur magistrale (sans doute voulue aussi). Mise à niveau des productions et des charges ( sociales et fiscales) afin d’instaurer une concurrence non faussée entre états. Les simples taux initiaux de conversion des monnaies en euros n’ont été qu’un tour de bonneteau pour mettre tout le monde d’accord. L’extension progressive ensuite à 27 ou 28 s’est poursuivie sans corriger le défaut initial. La libre circulation dans de telles conditions, c’était comme ouvrir toutes les écluses d’un canal en espérant que ça allait bien se passer!

      • @C2MR- Nous avons une monnaie unique et non pas commune car dans ce dernier cas nous aurions conservé nos monnaies nationales qui auraient joué pleinement leurs fonctions et principalement la mesure même de l’économie de chaque pays donc dévaluation / réévaluation

        • « principalement la mesure même de l’économie de chaque pays »
          Le terme commune sans doute mal choisi, mais il reste néanmoins probable que créer une monnaie « unique » remplaçant les monnaies nationales était implicitement voulu pour empêcher les comparaisons économiques défavorables aux pays du sud.

    • l’UE sert à tous ceux qui y travaillent… pour les autres, il faut surtout payer.

  • L’auteur angélise un peu.

    Dès le début, le vert était dans le fruit.

    Relisez les élucubrations de Monnet etc. Le but a, dès le début, été d’étendre le jacobinisme français à toute l’Europe en utilisant des paravents économiques et culturels qui ont permis la lente mise en place du monstre sans réaction hostiles des populations.

    Le fils rouge de l’histoire européenne -pas seulement, en Amérique aussi- est la création d’états sans cesse plus grands (Allemagne, Italie, Rançe, et maintenant « Europe », avant le « Monde » , pardon, la Planète), tant il est vrai que le projet totalitaire de l’étatisme ne peut triompher totalement que s’il devient géographiquement « mondial »)

    Personne ne doit pouvoir s’échapper du filet, si tant est que certains y penseraient encore, tant la propagande infecte a depuis des années décervellé des populations agardes et éwarées, prêtes à avaler n’importe quoi.

    • Tout à fait, les français ont réussi à imposer leur jacobinisme à l’Union, la bureaucratie Bruxelloise est la copie conforme de la notre, tout aussi efficace et nuisible. Elle a réussi à dégoûter les Européens par ses règlements idiots et vexatoires!

  • Nous avons eu la chance d’avoir eu un grand homme avec la vision adéquate de l’Europe en la personne de M. Jimmy Goldsmith qui très tôt (fin 1980´s) avait compris très tôt la seule avancée majeure et suffisante des quatre libertés de circulation des hommes des capitaux des biens et services mais absolument contre une monnaie unique. Son seul drame est qu’il était anglais et que la supériorité malfaisante de nos dirigeants politiques français de l’époque pensaient que comme les anglais sont contre nous serons donc pour. Je citais nos « immenses «  politiciens de l’époque MM Chirac et Mitterrand. Les bougres ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Nous y sommes quoique il existe encore quelques libertés et la mise en place d’un revenu universel pour tous et la maîtrise du climat à l’horizon 2100.

  • Le pire, c’est que les défenseurs de l’UE vous diront que c’est justement parce qu’il n’y a PAS ASSEZ de collaboration européenne, pas assez de leur « Europe sociale », que tout ceci tourne au désastre.

  • Et on a encore droit à la propagande socialiste. Il n’y a pas d’Europe des patrons! Par contre ce sont les patrons qui permettent des mesures sociales car ce sont eux qui fournissent l’argent. Ils payent votre salaire et vos assurances sociales et vous offre un emploi.

    • L’emploi, sauf fictif, n’est pas un cadeau, c’est un contrat d’échange en principe mutuellement profitable.

  • Ach Scheiss! l’UE devait durer au moins milles ans!
    Terminado en 50. Hahahaha

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