Le passeport vaccinal, une forme d’apartheid

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La discrimination à l’entrée de certains établissements selon un critère de santé est plus que douteuse.

Par Charles Boyer.

Parmi les nombreuses dérives qui fleurissent ayant pour prétexte la Covid-19, on commence à entendre des appels plus ou moins voilés à la mise en place d’un passeport vaccinal ou passeport immunité, qu’il dise ou pas son nom.

Écoutons par exemple ici les propos d’un intervenant se considérant libéral :

Ou encore, ici, de la part d’une corporation professionnelle.

De quoi s’agit-il ? Concrètement, c’est fort simple : celui qui ne serait pas vacciné ne pourrait pas accéder à la plupart des établissements commerciaux, aux transports, aux voyages.

Dès lors, il s’agit de refuser l’accès de certains endroits à une portion de la population, refus exercé par ceux qui font les règles et qui se réservent ainsi l’accès à ces lieux ségrégués.

Une des motivations pour ces mesures est la peur, voire le dégoût, de cette population que l’on exclut. Une autre motivation est, pour ceux qui énoncent cette règle, de faire régner leur autorité sur ceux se voyant interdire divers accès.

Ce n’est par nature pas différent des précédentes discriminations institutionnalisées, comme par exemple l’apartheid en Afrique du Sud ou encore la ségrégation raciale sévissant dans le sud des États-Unis jusqu’à ce que la lutte du mouvement des droits civiques y mette fin dans les années 1960.

L’apartheid était fondée sur un critère aberrant, la couleur de peau ; le passeport vaccinal le serait sur un autre, la conformité à une procédure médicale ou pharmaceutique.

Apartheid au sens strict

L’usage du terme apartheid pourra certes choquer car il désigne un régime brutal et même meurtrier. C’est cependant bien ce que nous énonçons, apart signifant séparé en néerlandais et à part en français.

Ce n’est qu’ultérieurement que survient la brutalité, laquelle devient inévitable pour faire durer et respecter ces règles si injustes et humiliantes. Nous ne savons pas et, espérons que nous ne le saurons jamais, si le passeport vaccinal pourrait mener à cela.

Rien ne peut justifier l’adoption de ce type de discrimination liée à un vaccin contre un virus saisonnier frappant majoritairement des personnes fragiles qui doivent donc être protégées préférentiellement par vaccination ou par d’autres mesures.

Ceci est d’ailleurs exprimé clairement par le conseil de l’Europe, par le point 7.3.2 dans ce document.

Que se fassent vacciner ceux qui le souhaitent, mais toute tentative de contraindre ceux qui ne présentent pas de risques est choquant et contraire à l’éthique.

La Covid-19 a déjà été utilisée pour justifier des mesures injustes et dévastatrices : confinements, couvre-feux, fermetures d’écoles, de commerces, port déshumanisant du masque inutile en extérieur.

N’acceptons pas qu’une certaine forme d’apartheid se mette en place.

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