Covid-19 : le pire déficit budgétaire de l’histoire sûrement creusé en vain

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Covid-19 : le pire déficit budgétaire de l’histoire sûrement creusé en vain

Publié le 26 janvier 2021
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Par Frédéric Mas.

Le déficit de l’État a pratiquement doublé en 2020, passant de 93 milliards à 178,2 milliards d’euros. Pour faire face à l’épidémie, l’État a engagé 44,1 milliards de dépenses supplémentaires, dont 41,8 milliards de dépenses d’urgence, selon des chiffres de Bercy.

Comme l’a affirmé Bruno Le Maire lors d’une audition devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, cet engagement de l’État se traduit par « le déficit budgétaire le plus élevé de notre histoire contemporaine ». Ce sont 30 milliards de plus qu’au moment de la crise financière de 2009.

Il est assez probable que les dépenses publiques engagées aujourd’hui pour relancer la machine économique n’aient pas les effets de relance attendus du gouvernement, du moins si l’on suit l’enseignement ancien d’un des pères de l’économie, David Ricardo. Pour le célèbre économiste classique du XIXe siècle, les consommateurs ont tendance à internaliser dans leurs calculs la dette publique, ce qui les fait préférer l’épargne à la dépense espérée par les pouvoirs publics.

Dans un Essay on the Funding system publié en 1820, Ricardo se demande s’il existe une grande différence entre financer une guerre à 20 millions de livres sterling par l’impôt ou par l’émission d’obligations d’État à échéance infinie avec des intérêts de plusieurs millions par an. Au taux d’intérêt supposé de 5 %, Ricardo a conclu qu’en termes de dépenses, les deux alternatives avaient la même valeur.

En d’autres termes, peu importe que l’État se finance par la dette ou par l’impôt, l’effet sur la demande totale dans la sphère économique est la même.

Le retour de la réflexion ricardienne dans l’économie contemporaine

Dans un article de 1974 paru dans le Journal of Political Economy, l’économiste Robert Barro a remis au goût du jour ce qu’en économie on nomme le « principe d’équivalence ricardienne ».

Il le définira quelques années plus tard comme il suit :

« … les transferts entre le financement par la dette et le financement par l’impôt pour un montant donné de dépenses publiques n’auraient pas d’effet de premier ordre sur le taux d’intérêt réel, le volume des investissements privés, etc. »

Le propos de Barro, qui intègre les anticipations rationnelles des agents économiques dans leurs calculs d’utilité, a fait date dans le domaine de la macro-économie néoclassique. Et a émis de sérieux doutes quant aux politiques publiques d’inspiration keynésienne visant à gonfler artificiellement la demande par la dette et l’impôt, comme le fait aujourd’hui le gouvernement français.

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  • les français feront bien ce qu’ils veulent de l’argent qu’ils ont ou pas , mais chat échaudé…Donc ils ne vont pas se ruer sur la consommation une fois le virus derrière nous ou plutôt faisant partie de notre vie..Les économistes sont comme les épidémiologistes ils sont excellents …Après…!!!

  • Que Ricardo. Hayek ou V.Mises aient raison contre Keynes n,a aucune importance.
    Keynes était un mondain qui connaissait son public, et il propose une théorie ou les banquiers centraux et politiciens peuvent intervenir et soi disant servir a quelque chose, plutôt que les trois autres qui préconisent plutôt de laisser faire le marche et l’ingénuité des participants.
    Comme les dindes ne votent pas pour Noël, les politiciens ne vont pas choisir des politiques qui les laissent sur la touche.
    Que ce soit au détriment de tout le reste de la population n’a pas d’importance non plus.

  • On retrouve le paradoxe sinon la schizophrénie des français qui se comportent sans le savoir en Ricardo en épargnant pour anticiper les impôts à venir quoiqu’en dise BLM et ont consenti depuis plus de 40 ans à la dette Keynesienne chère à tous les bords politiques.

  • Tout ce qui se nomme déficit est vain! Seul l’emprunt mûrement calculé et destiné à un investissement ^productif a de la valeur! C’est pourtant simple! Mais sans doute trop?

  • toxicité en marche !

  • A breizh

    Oui en votant pour Mitterrand en se comportant comme de doux rêveurs ou en enfants gâtés de l’argent des autres et en refusant la moindre amorce de réformes pourtant devenues indispensables .

  • L’on en revient aux fondamentaux :
    Quelle que soit l’échelle, de l’individu au pays tout entier, il convient essentiellement de gagner le plus possible et de dépenser le moins possible. Donc de libérer l’investissement, la création d’entreprise, par un État qui sait s’effacer, ET dans le même temps un État qui dépense avec parcimonie l’impôt prélevé pour que chaque sou dépensé le soit dans l’intérêt de tous, sans rupture d’égalité, et sans perturber l’économie, car chaque sou dépensé est un sou qui aurait pu être investi par l’administré.
    C’est un État qui n’est pas en déficit, libéral au plus haut point, et qui pousse ses administrés vers le haut en leur assurant un cadre de vie propice au développement individuel.

    La France fait l’inverse : taxe beaucoup, dépense à tort et à travers et met des bâtons dans les roues de tous.

    Comment est-il possible que les Français soient incapables de voir celà, et demandent pour les pauvres de taper sur les riches et les riches de taper sur les pauvres, sans jamais accuser Maman, qui ponctionne la richesse de tous et les renvoie les uns contre les autres ?

  • Ricardo est un peu daté dans la plupart de ses analyses, et l’approche Ricardo-Barro un peu aussi. Il est peu conséquent de prétendre à l’équivalence proposée ici, un prélèvement immédiat d’impôt ne peux
    t JAMAIS être équivalent à un emprunt à long terme.
    Le prélèvement immédiat impacte la situation actuelle de certains agents économiques. L’emprunt sera remboursé par l’État, donc par ses différents contribuables, mais il y aura eu entre temps de l’inflation. Par ailleurs, si cet État est trop fortement endetté, sa dette flambera du fait ds taux d’intérêts qu’il subira, il faudra rembourser plus.
    Pour ce qui est des anticipations des agents, elles sont potentiellement erronées, car soit l’Etat s’endette au point de perdre sa crédibilité, soit il la conserve, par ailleurs, cet endettement s’opère dans un contexte actuel de facilité de financement qui pourrait disparaître lors de refinancement futurs de la dette, ce qui modifierait la situation de l’État. Donc, faire des anticipations sur la situation future de L’État a toutes les chances de revenir à regarder dans une boule de cristal.
    La macroéconomie consiste non pas à regarder comment cela aurait pu se réaliser dans le réel, mais plus dans un modèle supposé représenter cette réalité. Et lorsque les macroéconomistes s’attachent à des contextes réels, ils sont de toutes façons obligé de simplifier leur approche en écartant tous les facteurs externes, ce par des moyens statistiques dont la fiabilité est toute relative.

  • Attendre un effet de « relance » de l’économie par les dépenses de l’État est absurde. C’est exactement le contraire. Plus l’État dépense et plus l’économie réelle, celle qui fournit des biens et services dont les gens ont vraiment besoin, s’écroule. La raison est simple : les dépenses de l’État constituent toujours un transfert forcé de propriété au détriment de producteurs et au bénéfice de non producteurs ou contre producteurs nuisibles. Le résultat est invariablement une baisse de l’incitation à produire et donc une baisse de la production.

  • Le comble est maintenant atteint puisque le gouvernement interdit carrément à certains producteurs (restaurateurs, stations de ski, fournisseurs de spectacles, concerts…) de produire !

  • J’adore la petite vidéo à la fin :
    L’Etat va dépenser 1 point du PIB pour espérer gagner 1 point de PIB.
    Autant ne rien dépenser !!!

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Par Philippe Lacoude.

Au risque de surprendre, quand j’habitais Paris, j’adorais prendre le taxi. Bien sûr, ils sont chers, parfois dans un état discutable, mais avant les réseaux sociaux, ils étaient l’occasion de faire un vrai sondage de l’opinion publique et d’apprendre les théories les plus farfelues, sur tous les sujets.

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