Les vaccins arrivent… au compte-gouttes

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OPINION : l’objectif de vacciner 5 à 10 millions de personnes d’ici mars 2021 semble utopique. En comparaison avec d’autres pays européens, seule la Belgique est derrière nous pour les vaccins.

Par Bernard Kron.

Quelques centaines de Français ont été vaccinés en début d’année contre des millions dans d’autres pays. Seulement 516 personnes ont été vaccinées très exactement au 1er janvier 2021, selon le ministère de la Santé. C’est une campagne au compte-gouttes car la France est passée par l’UE pour ses commandes.

Le plan de la HAS (la Haute Autorité de Santé) était trop complexe au nom du principe de précaution. Cette vaccination nécessite une visite pré-vaccinale pour déceler d’éventuelles contre-indications et recueillir le consentement éclairé des personnes.

En comparaison avec d’autres pays européens, seule la Belgique est derrière nous. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal annonçait une accélération de l’arrivée des doses chaque semaine et un renforcement des moyens pour les transférer aux Ehpad qui sont la priorité.

Ce ne sont que des mots, car on n’en aurait reçu que 500 000 doses. De plus, les Ehpad ne disposent pas des congélateurs adaptés pour conserver le vaccin. La logistique de la chaîne du froid n’est pas assurée. Enfin, on voit mal comment recueillir le consentement éclairé de certains pensionnaires compte tenu de leur état mental. Ce préalable semble donc abandonné.

« Les calculs laissent envisager qu’il faudrait 3000 ans pour être vaccinés », a regretté dimanche 3 janvier sur BFMTV le professeur Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l’hôpital Lariboisière (AP-HP).

L’objectif utopique de vacciner 5 à 10 millions de personnes d’ici mars 2021

L’épidémiologiste Arnaud Fontanet est très prudent sur les risques de ce vaccin : évitera-t-il les formes graves ? Le vacciné restera-t-il contaminateur ? Pour avoir un impact sur la circulation du virus il faudrait de toute façon vacciner 60 à 70 % de la population.

Pour tenter d’étouffer la polémique, le gouvernement a annoncé avoir commencé la vaccination des soignants le 4 janvier, ainsi qu’une accélération de l’arrivée des doses et un renforcement des moyens pour les transférer aux Ehpad.

« Pas de priorité aux volontaires » et c’est bien dommage

La stratégie donne la priorité aux personnes les plus vulnérables, et aux professionnels de santé.

La présidente de la HAS, Dominique Le Guludec a assuré que le choix de commencer la campagne de vaccination par les Ehpad était justifié, ces établissements représentant « 30 % des décès » du Covid-19.

Pas de vaccinodromes, mais des centres de vaccination de proximité

C’est ce qu’a déclaré le Pr Le Galudec :

« Pour la première phase, […] ce sont les vaccins qui se déplacent à nos aînés, pas l’inverse. » Les Allemands ont eux un champ plus large en ciblant d’autres populations car ils ont commandé davantage de vaccins en s’y prenant très tôt.

En France on comptait peut-être sur le vaccin Sanofi, mais il est en retard. Comme pour les masques, rien n’avait donc été organisé pour distribuer les vaccins, qui ne se conservent que cinq jours une fois sorti du congélateur spécial nécessaire (conservation à moins 70°).

« Pour la deuxième phase, dès début février, Olivier Véran a annoncé des centres de vaccination en ville : ce ne seront pas des vaccinodromes géants nécessitant des kilomètres de déplacement mais, mais à terme, des lieux en grande proximité dans nos communes », a-t-il ajouté.

« Demain on rasera gratis ! » On a l’impression de revivre un jour sans fin, comme pour les masques. Décidément, il n’y aura pas une seule erreur qui n’aura pas été commise.

L’effet des vaccins devrait commencer à se voir au printemps, selon nos  décideurs

Ils évoquent peut-être les effets secondaires et non l’impact sur l’épidémie.

35 Français vont être tirés au sort pour donner un avis avant l’été ; encore un comité théodule, une perte de temps et un coup de communication.

Plusieurs vaccins devront être déployés, mais la confiance des Français n’est pas encore au rendez-vous : on ne nous dit pas tout sur leurs risques éventuels. Alors sous peine d’être traité de complotiste, posons les vraies questions.

Les vaccins seront-ils efficaces étant donné que la Covid mute tout le temps avec de nombreux variants ? Surtout, seront-ils sans danger ?

La problématique de cette thérapie génique vaccinale

Depuis un certain nombre d’années, on sait qu’une petite partie de notre patrimoine génétique est d’origine virale, soit 8 à 10 %. Ceci pose donc nécessairement la question d’une interaction possible avec le messager.

Une « rétro-transcription naturelle », au sein de nos cellules, c’est-à-dire une inclusion dans notre patrimoine génétique, serait-elle possible malgré l’absence de rétro-transcriptase dans la Covid elle-même ? Non, selon les scientifiques. Quels sont les risques de maladies auto-immunes ? On l’ignore.

La France aura donc tout raté, avec le début de la vaccination comme avec la pénurie de masques et le confinement décidé pour éviter la surcharge de nos hôpitaux, qui travaillaient déjà à flux tendus avant la pandémie.

Les soignants de plus de 50 ans commencent à être vaccinés dans nos hôpitaux mais pour les citoyens ce sera plus difficile : selon les sondages, 52 % des Français ne veulent pas du vaccin.

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