Défense des libertés : quand arrêterons-nous d’être les idiots utiles du pouvoir ? 

Pour sauver une liberté, faut-il forcément en sacrifier une autre ? Il est désormais question de ressortir la très liberticide Loi Avia, lever l’anonymat sur les réseaux sociaux ou d’interdire les cryptomonnaies.

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Défense des libertés : quand arrêterons-nous d’être les idiots utiles du pouvoir ? 

Publié le 20 octobre 2020
- A +

Par Olivier Maurice.

Il y a quelques jours, le ministre de l’Éducation définissait ce que devait être une tenue républicaine et jouait sur la fibre puritaine d’une partie de la population en interdisant les tenues un peu trop sexy.

Quelques jours plus tard, les mêmes tentent, et réussissent globalement, à lever les foules pour défendre la liberté de montrer à des élèves de 4ème des dessins à caractère sexuel dans le cadre de cours d’éducation civique obligatoire.

Un petit coup de clientélisme pour les bigots et le lendemain un petit coup de clientélisme pour les libertaires. L’instrumentalisation, même du plus sordide n’a plus aucunes limites.

Les interdictions, une recette qui marche

Et de quoi est-il question aussitôt dans les médias ? De toutes les nouvelles lois et restrictions envisageables dans l’urgence, comme par exemple ressortir la très liberticide Loi Avia, retoquée par le Conseil constitutionnel en invoquant la menace imminente, la gravité de la situation, etc. Parce que bien évidemment, pour sauver une liberté, il faut forcément en sacrifier une autre.

Ou encore de lever l’anonymat sur les réseaux sociaux ou d’interdire les cryptomonnaies. Sans doute pour cacher le fait que toutes les personnes impliquées ou dans l’entourage des protagonistes du terrible meurtre agissaient à visage découvert, que bon nombre étaient loin d’être des enfants de chœur et que toute cette histoire chauffait depuis pas mal de temps sans qu’absolument personne dans l’administration n’ait levé le petit doigt.

C’est tellement facile de sortir des mesures bien liberticides pour faire plaisir à quelques-uns. Comme les autorités s’y adonnent de façon débridée depuis plusieurs mois pour essayer de faire croire qu’ils ont un quelconque impact sur l’épidémie de Covid.

C’est sûr qu’entre fermer les bars pour lécher les bottes des grands-parents persuadés que tout cela ne serait pas arrivé si leurs petits-enfants n’avaient pas reçu une éducation si permissive (mesure totalement inutile voire fortement contreproductive) et mettre en place des mesures tellement évidentes, comme par exemple le télétravail dans les services publics (les entreprises étant la source principale de contamination et l’État étant de loin le plus grand employeur du pays) … le choix est vite fait : la première ne nécessite qu’un discours et rapporte des voix, alors que la deuxième demande du travail, du courage, de l’organisation…

On ne change pas une recette qui marche : pour faire croire qu’ils servent à quelque chose, revoici nos quémandeurs de suffrages en quête de bonnes vielles mesures totalement inutiles mais fortement populaires, à base de désignation de boucs émissaires, d’interdictions, de contraventions et de grands slogans républicains.

Mais qui fait la loi dans ce pays ?

Il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce raisonnement : jusqu’à dernière information, c’est l’État qui énonce la loi et la fait respecter, et c’est la loi qui réduit les libertés, pas les voyous avec un couteau.

Surtout que les actes de ces crapules sont inexcusables, inacceptables, innommables. Que leurs élucubrations n’ont ni queue ni tête. Et surtout qu’ils n’ont absolument aucune légitimité.

Alors, que l’on s’insurge contre la barbarie, la bêtise, la violence, l’obscurantisme est plus que justifié. Mais que l’on s’insurge contre une perte de liberté, ça n’a vraiment aucun sens. Sauf peut-être celui de crier en chœur que l’on cède à la peur ou que l’on capitule devant la loi imposée par les terroristes.

La question de savoir si oui ou non les terroristes peuvent réduire nos libertés ne devrait même pas se poser : c’est leur donner une justification, une dimension politique et une importance qu’ils n’ont absolument aucune raison d’avoir.

Politiquement, légalement, législativement, moralement, ces gens ne sont rien, ils ne décident de rien, ils ne sont absolument pas en position d’imposer quoi que ce soit.

De qui se moque-t-on ?

Mais surtout, crier à la liberté en danger, c’est regarder la paille et oublier la poutre.

Depuis plus de six mois, nous vivons en régime de liberté surveillée, pour ne pas dire autre chose. Et cet état d’exception qui dure suit tout juste un autre régime de liberté restreinte, attribué à la menace terroriste et dont seule une infime partie des restrictions a été levée, sous le prétexte que l’on réalise bien fallacieux aujourd’hui, que cette légalisation et cette coercition étaient indispensables afin d’éviter à l’avenir les prochaines attaques terroristes.

  • nous ne pouvons plus nous déplacer comme nous voulons ;
  • nous ne pouvons pas nous réunir comme nous voulons ;
  • une bonne partie de nos activités ont été interdites ;
  • nous ne pouvons pas nous soigner comme nous voulons ;
  • nous devons suivre des consignes vestimentaires, sanitaires, alimentaires, sociales…
  • nous sommes suspendus à l’arbitraire de contraventions pour tout et n’importe quoi, et ce sans aucun recours judiciaire.

Pour couronner le tout, nous devons avaler toutes ces couleuvres en sachant pertinemment qu’à l’avenir nous allons vivre dans un univers de plus en plus liberticide, car il n’y a aucune raison que les choses s’arrangent avec la crise économique et sociale qui se profile. Il n’y a devant nous qu’un avenir bien sombre, si ce n’est un présent déjà très compliqué.

« On s’était progressivement habitués à être une société d’individus libres, nous sommes un nation de citoyens solidaires » a clairement déclaré Emmanuel Macron lors de son interview du 14 octobre, abusant là d’un autre clientélisme, vers les populistes cette fois-ci, eux qui répètent depuis des années que c’est l’ultralibéralisme qui aurait envahi le pays et serait la cause de son délitement.

Et après tout cela, d’un coup de baguette magique, le pouvoir deviendrait le chevalier blanc défenseur de la liberté d’expression ?

Cessons de dire oui

Arrêtons d’être naïf. Cette prétendue défense de la liberté sera comme ce qu’elle fût au lendemain des attentats de 2015 : une bonne excuse pour sabrer une nouvelle fois à grands coups dans nos libertés.

Arrêtons d’être angélique aussi. Cet horrible attentat est avant tout un échec cuisant des politiques et des actions mises en place depuis des années et qui toutes reposent sur la même recette : accabler les honnêtes gens et ne quasiment rien faire par ailleurs.

Si l’État est incapable de protéger ses professeurs d’histoire, qu’il ne leur demande pas de se mettre une cible sur le front.

S’il est tellement naïf pour penser qu’une loi, un décret, une injonction morale ou que des beaux discours peuvent arrêter les balles, les bombes ou les coups de couteau, qu’il fasse autre chose que s’occuper de la sécurité des individus.

S’il est incapable de veiller à la sécurité des honnêtes citoyens, qu’il laisse à ceux-ci les possibilités de veiller à leur propre sécurité.

Mais surtout, qu’il cesse de cacher son irresponsabilité en nous refaisant pour la énième fois le coup de la liberté en danger, car la plus grande menace pour nos libertés est surtout sa lâcheté à cacher son incompétence derrière la nécessité de tout interdire, et celle de cacher sa lâcheté derrière sa manie de vouloir tout contrôler.

Quand arrêterons-nous d’être les idiots utiles du pouvoir ?

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  • mal barré….
    l’absurde est admis..
    dans ce foutu pays , aucune liberté individuelle n’est garantie..elle est levable dès qu’un gouvernement joue la carte i »ntérêt national « ..

    ce qui est un problème fondamental n’est simplement pas discuté..

    et c’est bizarre..il est assez simple de demander, quel est le rôle de l’ed nat?
    que est le risque associé à l’existence d’un programme d’education gouvernemental..?
    vous parlez à des profs fanas de l’ed nat, ils vont vous faire le listing de tout ce qui cloche MAIS..ne tirent pas le bon diagnostic.. malade d’état..

    Les gens comprennent cela très bien, c’est dangereux..

    mais la réponse d’une partie de la gauche est simple..
    au lieu de dire bas les pattes le gouvernement ou de demander des contre pouvoirs..
    la réponse ‘est d’estimer qu’il faille refaire les élections dans la rue, quand les élus sont « méchants »..
    la légitimité n’est pas dans les urnes.
    la révolution permanente..qui est un rejet profond de la démocratie.

    on fait avec des institutions foireuses, on le sait..
    le pays est d’ailleurs inréformable..la sortie est la faillite.

  • si l’état faisait son travail il n’aurait pas à craindre la foudre des citoyens ; le meilleur moyen de se protéger de celle ci est de restreindre les libertés et d’instaurer sournoisement une dictature qui ne dit pas son nom ;

  • Des « dizaines de milliers de personnes » se sont rassemblées pour dire qu’étêter les gens c’était pas bien.

    La mouvance terroriste tremble.

    Mais une manifestation, c’est soit un carnaval (la solidarité festive), soit une démonstration de force adressée à un pouvoir pour montrer qu’on est prêt à en découdre – même si ce n’est que dans les urnes.

    Alors c’est quoi ? Un nouveau carnaval, un avertissement à l’état, un soutient à l’état, une menace à l’extrême droite, une provocation festive d’on ne sais pas qui ?

    Déjà, quand les manifestations sont clairement dirigées contre lui (GJ), le gouvernement en profite pour imposer sa politique et restreindre les libertés. Alors ici, quelle belle occasion. Cherchez où sont les idiots utiles.

    • … »pour dire qu’étêter les gens c’était pas bien. » Il était temps qu’on le monter, qu’on le dise. On n’en savait rien. Même les élus, la police, les RG, la DST, … n’en savaient rien.

  • Un billet de colère justifié.

  • Pour une taxe de plus sur les carburants, les français ont su se rebeller.
    Pour une privation de liberté, rien: des moutons obéissant à leur maître.
    Cela en dit long sur la situation morale de ce pays.

  • il y a bien longtemps que les français ont vendu leur droit à la liberté contre un plat de lentilles…

  • Bon billet mais « nous » n’avons aucun pouvoir.
    Les lois sont écrites par des gens qui ont 38% d’approbation et qui ont été très mal élus avec tous l’appui de la propagande d’une minorité de journalistes, de professeurs, de syndicalistes, de salariés d’état qui veulent continuer la « fête républicaine », à savoir vivre au dépend des autres et ce quel qu’en soit le prix.

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