Covid-19 : le mystère du 30 septembre

L'actualité à la loupe by Philippe Pujol (CC BY-NC-ND 2.0) — Philippe Pujol, CC-BY

Il y a un avant et un après le 30 septembre. À l’heure où on va demander des efforts supplémentaires, et même couler des entreprises par de nouvelles contraintes, proposer des indicateurs présentant des bizarreries sans un mot d’explication est de la désinvolture.

Par Michel Negynas.

Sur le site du gouvernement consacré au coronavirus nous avons la rubrique « indicateurs ». Les indicateurs, en général, sont les données nécessaires au contrôle d’un processus. Ici, au niveau national, ce sont respectivement :

  • le taux d’incidence, équivalent au nombre de cas positifs trouvés, puisque la population est la même ;
  • le taux de positivité ;
  • le calcul de R, le taux de transmission du virus.

Ces trois indicateurs sont très liés et soumis à des biais importants.

Le taux de saturation des réanimations

Au 14 octobre, la dernière mise à jour datant du 10 octobre.

Les courbes

Les réanimations augmentent quasi linéairement, on est loin du mur du mois de mars. Et la courbe ne présente pas pour l’instant de discontinuités.

 

Sur les trois autres historiques, en particulier le taux d’incidence, on constate une bizarrerie. Le 30 septembre, on était à un point bas d’une incidence en baisse, et le taux R proche de 1 (stabilisation de l’épidémie). Le taux de positivité était en palier.

Et subitement, après le 30, tout se dégrade d’un seul coup : les trois indicateurs repartent à la hausse en flèche, donnant d’ailleurs des courbes avec une discontinuité.

Un phénomène « naturel » comme une épidémie n’a pas ce type de discontinuité, ou alors cela doit être expliqué. Que s’est-il passé le 30 septembre ?

  • On pourrait penser que la superposition de courbes locales décalées dans le temps produirait ce phénomène. Mais un rapide examen des courbes locales montre qu’il est le même en même temps partout.
  • Y a-t-il un vrai sujet épidémiologique, du type de celui évoqué possiblement par l’équipe de l’IHU Marseille, c’est-à-dire un virus « montant » qui prend le relais d’un virus « descendant » ?
  • Ou s’agit-il d’un artefact, du type changement de stratégie des tests, de changement du type de test, ou tout autre changement d’organisation de collecte et de traitement des données ?

Les citoyens ont le droit de savoir

Ces indicateurs sont les seuls accessibles facilement pour le citoyen lambda. Or, il y a un avant et un après le 30 septembre. À l’heure où on va demander des efforts supplémentaires, et même couler des entreprises par de nouvelles contraintes, proposer des indicateurs présentant des bizarreries sans un mot d’explication est de la désinvolture.

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