Covid-19 : ils ne lisent pas leurs propres chiffres

OPINION : le gouvernement prend des mesures qui, semble-t-il, sont complètement à contretemps. Point n’est besoin d’être médecin pour le constater, d’après même les chiffres officiels.

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Covid-19 : ils ne lisent pas leurs propres chiffres

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 7 octobre 2020
- A +

Par Michel Negynas.

Le site du gouvernement relatif au coronavirus a enfin publié une mise à jour au 29 septembre ; rappelons qu’il n’y avait pas eu de chiffres depuis le 18 septembre alors que des décisions importantes ont été prises depuis plus d’une semaine.

Une rapide analyse des chiffres de la Covid-19

Le taux d’incidence baisse… le pic aurait été atteint autour du 18 septembre.

Covid-19Mais ce qui est bizarre, c’est que le taux de positifs rapportés au nombre de tests ne diminue pas, il semble être sur un plateau. Quel est ce mystère ?

Covid-19Covid-19Nous avons l’explication ici : le nombre de tests a probablement diminué plus vite que le nombre de positifs. Et en phase de diminution du nombre de tests, puisque il y a environ une semaine de décalage entre tests et résultats, c’est quasi arithmétique : les résultats sont ceux d’un nombre de tests antérieurs. Il est donc probable que le taux de positivité baisse déjà depuis le 18 septembre.

Alors voyons le chiffre R, qui est un taux modélisé censé représenter le « nombre de reproduction effectif », c’est-à-dire combien, en moyenne, un cas positif contamine de personnes. C’est en fait la « raison » de la progression géométrique de l’épidémie, si on veut parler savant.

Alors, que voyons-nous ?

Covid-19Selon les propres calculs de Santé publique, il est descendu en dessous de 1, c’est-à-dire que l’épidémie est finie.

Il faut avouer que cette modélisation, en partie calculée à partir d’éléments « estimés », est sujette à caution, mais le gouvernement ne devrait-il pas croire à ses propres calculs ?

Évidemment, les hospitalisations, réanimations et décès seront en décalage.

Covid-19Mais cette courbe est-elle effrayante ? Remarquons que de plus, un établissement étant resté plusieurs mois sans transmettre, le trait du 18 septembre devrait être réparti sur tous les mois d’été, rendant la pente encore plus progressive.

D’ailleurs, voici la courbe du site Worldometer, qui, elle, n’est pas en gros trait rouge pour faire peur au bon peuple.

Du coté de Marseille

Les courbes de l’IHU de Marseille sont importantes à suivre, car le délai entre la prise d’échantillon des tests et le résultat est de moins d’un jour. Elles anticipent ce qu’on observe plus tard dans toute la France.

Or, leur taux de positivité, après un petit palier, ré-augmente et il s’agit, semble-t-il, de contaminations d’un virus mutant assez différent du virus initial.

Ironie amère : au moment où le gouvernement fermait les restos à Marseille, cela descendait. Depuis qu’ils ont fermé, ça a commencé à ré-augmenter…

Qu’en conclure ?

Le gouvernement prend des mesures qui, semble-t-il, sont complètement à contretemps. Point n’est besoin d’être médecin pour le constater, d’après même les chiffres officiels.

Il s’est sans doute laissé influencer par le personnel des hôpitaux, légitimement inquiets de voir monter leur charge. C’est typiquement le débat qui a eu lieu à Marseille même entre l’IHU et l’APHM. Mais le rôle des pouvoirs publics est bien de conserver le contrôle et de fonder ses décisions sur des éléments factuels et rationnels.

La guerre était une chose trop importante pour être laissée aux militaires ; le contrôle de cette guerre là ne peut être laissé aux médecins, quelles que soient l’admiration et la gratitude que nous éprouvons pour leur savoir et leur dévouement.

 

Article mis à jour le 7 octobre 2020 à 8h46.

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  • Comme quoi la 5g devient urgente les chiffres arriveront plus rapidement au QG de guerre du général veran.
    Ils ne connaissent pas le temps réel mais les semaines décalées, pourtant tous les hôpitaux sont branches, les infirmières ou docteurs passent plus de temps sur leur pc du couloir à rentrer les infos concernant les malades que sur les malades…. Avec nos petits génies du numérique, tel cedricO, 9 mois, c’est long.
    Apparemment, la machine a café du QG est en panne.

    • Cedric O petit génie du numérique ?

      HEC n’ayant jamais exercé d’autres fonctions que « communicant » …

      On comprend mieux les graphiques avec des traits aussi épais que les maxima et qui ne veulent rien dire. (A part montrer des incohérences).

  • il faut dire que les morts sont décalés dans le temps.. on peut regarder l’Espagne, où la seconde vague semble terminée aussi mais les morts covid ( oui je sais) sont toujours en augmentation , il semble à premiere vue que ça semble moins létal en france mais ça peut être la méthodologie de comptage…
    mais rien d’inqietant faible surmortalité en espagne..

    les tests comme je ne sais pas la méthodologie .. je ne comprends simplement pas le nombre de positifs.. donc rea et morts comme indicateur…

    Il semble que la suède nous donnait bien l’ordre de grandeur de l’epidémie « libre »..

    mais il faut en tirer les conséquences si l’epidémie est terminée en france alors le confinement n’aura pas servi à grand chose…
    ce n’ets même pas un reproche… mais il faudrait aussi en tirer des conclusions sur le fait de s’etre mis dans la position de DEVOIR prendre des précautions..

  • Ben si ça s’arrange, ils pourront claironner que c’est grâce à leurs mesures. Donc plus vite ça s’arrange, et plus il leur faut se presser de prendre les mesures…

  • Et les tigres sont des créatures trop importantes pour être confiées au Bengale.
    Les politiques Français se cachent derrière les médecins, lesquels ne veulent pas voir de malades covid qui sont du travail supplémentaire, alors tout ce beau monde entasse des sacs de sable pour ce protéger sous les applaudissements de bfm qui fait son beurre avec cette histoire.

  • La démonstration est correcte mais nécessite quelques aptitudes mathématiques qu’on a peu de chances de trouver chez les décideurs et commissions d’experts consultées. Et quand bien même ils seraient capables de le comprendre, il reste que la contagiosité dépend beaucoup des comportements de la population et qu’imposer provisoirement un certain conformisme craintif peut contribuer à éviter une reprise de l’incendie en attendant l’extinction des dernières braises.

    • Non, ils ont les « aptitudes » pour comprendre, et non, le « comportement de la population » n’est pas à reprocher !
      Même les Suédois dont on constate que leur pays n’est absolument plus touché par « cette seconde vague mondiale » ont négligé les consignes après un effort de quelques mois.

      • Chez les Suédois, pas besoin de consignes ni de clip gouvernemental à la télé pour ne pas se faire la bise à tout bout de champ…

        • Et c’est supposé être bien ?

          • Se faire la bise à tout bout de champ est manifestement un facteur de contamination. Idem pour ne pas se laver les mains, ou se dégueuler les uns sur les autres dans des fêtes étudiantes. Le comportement de la population dépend de ce qui est « supposé être bien » dans l’esprit des gens, et les risques dépendent tant du comportement de la population que du niveau de préparation des infrastructures de santé. Le côté latin des cultures joue dans le même sens sur les deux facteurs. Quant à la contestation par principe de n’importe quelle mesure de bon sens dès que l’Etat se mêle de l’imposer au milieu d’autres de plus mauvais goût, on m’a toujours dit que c’était cela « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Mais manifestement, à vous lire, ça n’est pas aussi déplorable pour beaucoup que ça l’est pour moi…

    • @mc2
      Bonjour,
      Le professeur Toussaint n’est pas d’accord avec vous quant à une responsabilité à faire porter à la population. Il l’a d’ailleurs expliqué sur un plateau télé (sur RMC le 10 août et Cnews, le 22 août) avec les données de Santé Publique France.

      • M. Toussaint n’est peut-être pas d’accord avec moi mais je suis d’accord avec lui si j’en crois ce que j’ai lu de son intervention (je n’ai pas la télé) où apparemment il ne fait aucune allusion au comportement de la population.
        Si les dirigeants croient à une 2ème vague (dont je doute comme tous eux qui savent lire et compter), alors il est normal qu’ils fassent pression sur la population qui ne se lave même pas les mains.

    • Bah mis à part décrédibiliser les décideurs, ça ne fait pas vraiment avancer le truc.
      C’est comme le gamin qui crie au loup tout le temps, au bout d’un moment ça énerve les bergers… Par contre quand ça tombera vraiment… c’est là que ça fera mal et ces décideurs s’empresseront de nous rappeler « on vous l’avait dit, il fallait nous écouter ! »…

  • Nos politiques sont une catastrophe

  • Des graphiques avec des légendes, c’est mieux !

  • Enfin l’article qui signale au grand public ce que je dis à titre privé autour de moi. Bien sûr, je ne suis pas plus prophète que les autres, mais je suis un matheux et j’ai l’habitude des chiffres

    • Même pas besoin d’être un matheux : vu la façon dont on teste, on ne sait pas si on constate l’augmentation des infectés ou la diminution relative des hypocondriaques (qui fatiguent à se faire curer le nez toutes les semaines).

  • Une chose est sûre: nous connaissons déjà la fin programmée du virus Corona ou tout au moins de l’hystérie auquel il a servi de pretexte.

    Ce sera au lendemain des élections américaines, quand ce virus aura perdu toute utilité politique dans la campagne électorale américaine.

    Les media vont alors délicatement commencer une opération de démontage des trétaux du spectacle Covid 19 .

    Ils restera certes des traces sociales profondes: des bureaucraties de santé qui auront engraissées dans l’irresponsabilité, des politiques qui auront réussis à étendre leur pouvoir par la -encore plus grande- collectivisation des risques de santé parmi une population affolée par des informations tronquées (nous n’avons toujours pas de chiffres pondérés de la mortalité covid! Pensez-donc, ils auraient pu contribuer à décolectiviser les risques.) et qui continueront à en abuser en utilisant ce mode opératoire maintenant bien rodé, à tout propos.

    Mais ça, c’est une autre histoire.
    En fait toujours la même. Une histoire à laquelle nous sommes maintenant habitués, celle de la tyrannie.

    • Tout à fait, mais ils vont le remonter l’hiver prochain, le steak est trop juteux.
      Les médias vont vendre leur torchons hystérique, des médecins (pas tous) vont se sentir aussi importants que des climatologues et les politiques vont sauter sur l’occasion pour nuire sauver le monde à coup de taxes et d’interdictions.

    • Vu que la gestion du problème est politique et que c’est le vaccin qui est supposé nous sauver, il y a quand même un problème de timing …

  • Le témoignage d’une députée, Ex-LREM sur le comptage des cas en réanimation :
    https://youtu.be/oMuRdxCSPCg?t=50

    • C’est un peu le mouton noir de LREM comme on aimerait en voir plus.

      Elle semble hésiter entre le socialisme, l’écologie, le libéralisme et … l’honnêteté.

      Je lui conseille cependant le libéralisme dans la mesure où il ne fait pas allégeance à des idéologies sinon replacer la réalité humaine au centre du débat.

  • Entendu,mais qu’une fois cette info pas reprise,comme quoi presque la moitié des cas en réa actuellement sont des cas importés hors métropole et DOM TOM.
    Nos frontières sont toujours des passoires au motif de ne pas stigmatiser une certaine population….

  • Des passoires sanitaires tout du moins,sinon cela fait longtemps que ce sont des passoires.

  • L’Allemagne comptabilise dans les 15 morts par jour pour 83 millions d’habitant. C’est fini, terminé, c’est la mortalité normale.
    Vous lancez la même hystérie médiatico-politique sur la grippe de 2016, c’était presque pareil.

    • L’Allemagne compte 8 lits d’hôpital pour 1000 habitants, la France 5.9. Ca, et la discipline allemande pour les gestes barrière, fêtes étudiantes, bises familiales, etc., font que le risque est loin d’être aussi bas en France.

      • Ils ont fait, entre autre, une fête monstrueuse a Berlin voici un mois et tant que les lits ne sont pas saturés le nombre de change rien.
        Ma théorie est que la bureaucratie produit avant tout de l’incompétence et des chiffres bidons en plus de réduire à néant les bonnes volontés et l’excellence individuelle.

  • Effectivement, la guerre contre le Covid est une chose trop grave pour être confiée aux seuls médecins. Trop d’entre eux, notamment en milieu hospitalier, se trompent de cible : c’est le gouvernement (et au-delà, les gouvernements des décennies passées) qui est responsable du trop faible nombre de places et plus généralement du manque de moyens, y compris humains, pour faire face à l’épidémie. Ce n’est pas le comportement des Français, ce ne sont pas leurs activités, économiques ou personnelles, qui sont responsables de l’engorgement des services.
    Un homme du métier, expérimenté, énonce magistralement la problématique :
    – des Français qui vivent plus vieux, et des progrès notables réalisés en réanimation ont changé la donne ; résultat, on manque de lits de réa, car on ne s’est pas adapté à cette nouvelle donne,
    – la planification, cela ne marche pas – et pan dans les dents, les socialistes de tout poil,
    – les « avantages acquis » par les soignants hospitaliers, c’est too much, en temps de crise,
    – le numerus clausus, chef d’œuvre de planification destructrice

    cf https://www.youtube.com/watch?v=fFmaIL6WY1s&feature=youtu.be&t=661

    Ce gouvernement fait en quelque sorte la synthèse des errements de tous les gouvernements précédents, depuis des décennies : il est logique qu’il cristallise les mécontentements accumulés, et il risque de le payer très cher – du moins, si les Français se réveillent de leur torpeur. En même temps, il l’aura cherché.

  • En fait cet article sans grand intérêt montre 8j apres qu’il faut faire très attention à ce que l’on dit sur la covid et qu’il est très facile de raconter des âneries avec le bon sens du café du commerce.

  • Les commentaires sont fermés.

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