Covid-19 en Belgique : la liberté n’est plus qu’un vague souvenir

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Nous sommes entrés dans l’ère de la prohibition, et c’est la politique autoritaire que nous subissons qui est en train de créer une société parallèle.

Par Justine Colinet, depuis la Belgique.

Étant donné l’évolution de l’épidémie en Belgique et particulièrement à Bruxelles, le gouvernement belge a décidé de prendre de nouvelles mesures restrictives pour lutter contre la propagation du virus.

Le comité de concertation a donc élaboré des mesures plus strictes et même désigné un « commissaire Covid-19 », Pedro Facon, qui sera chargé de coordonner la politique de santé des autorités fédérales et celle des entités fédérées.

Pour faire court (mais pas simple, ni logique) les nouvelles mesures, en vigueur pour une durée d’un mois, concernent principalement le rétrécissement des bulles sociales, la diminution du nombre de personnes autorisées lors de rassemblements et une obligation de fermeture des cafés désormais fixée à 23 heures.

Ainsi, les Belges sont désormais contraints de réduire leurs interactions sociales à un maximum de 3 contacts rapprochés par mois.

Les rassemblements non organisés à l’extérieur sont autorisés pour un maximum  de 4 personnes, sauf pour celles vivant sous le même toit.

Les rassemblements privés mais réglementés

En ce qui concerne les rassemblements privés, c’est un maximum de 4 personnes qui est autorisé, dans le respect des distances de sécurité ou avec port du masque si c’est impossible.

C’est là que, dans un éclair de génie, Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, a décidé d’expliquer aux citoyens belges comment recevoir des convives en bonne et due forme en ces temps de coronavirus, car, n’exagérons pas : ce n’est pas parce que l’on vit une crise sanitaire, que l’on doit « vivre comme des moines ! Il y a moyen de faire des choses en attendant le vaccin. » Nous voilà rassurés !

Nous avons déjà, par le passé, mis en évidence le surréalisme belge, mais nous avons atteint maintenant un tout autre niveau d’aberration… Les Belges sont donc invités à recevoir leurs trois-invités-maximum comme s’ils se rendaient au restaurant.

Une explication est sans doute nécessaire et nous n’allons pas faire durer le suspense : lorsque vos invités arrivent, vous êtes donc supposés leur ouvrir la porte, à distance, en portant votre masque. Bien sûr, eux aussi portent leur masque. Il est bien entendu conseillé de disposer de gel hydroalcoolique à table. Si vous servez le repas à table, vous portez le masque. Si l’un de vous doit se rendre aux toilettes, évidemment, il remet son masque. Vos invités devront également éviter de toucher les objets de la maison. Ah et aussi, cela semble avoir son importance, interdiction d’être poli : on ne débarrasse plus la table de son hôte pour éviter de contaminer les assiettes sales que l’on vient d’utiliser.

Un autre conseil fort éclairé de monsieur Van Laethem : on évite de chanter et de crier. La bonne humeur, un vecteur de virus ? Plus rien ne nous étonne, lorsqu’à Paris il est interdit de mettre de la musique sur la voix publique.

Alors, chers amis belges, réunissez-vous en privé, à 4 maximum, avec vos masques et surtout, chuchotez : c’est plus prudent. Parce que comme le dit monsieur Van Laethem « il est très important de garder une vie sociale mais il faut le faire avec précaution et respect ».

Les bars et restaurants en Belgique

Comme nous l’avons dit précédemment, l’heure de fermeture des cafés est désormais fixée à 23 heures. Parce qu’à 1 heure, on s’amuse trop, et si on s’amuse, on transmet le virus.

Ces mêmes cafés, cafétérias et autres endroits où l’on sert des boissons ne pourront accepter qu’un maximum de 4 personnes par table, à l’exception de celles vivant sous le même toit.

Ces mesures constituent le « socle national » pour la Belgique. Si la situation s’aggrave dans certaines provinces ou régions, le gouverneur doit proposer des mesures complémentaires et c’est notamment le cas pour la capitale belge.

La situation à Bruxelles

Ce jeudi, un arrêté imposant pour un mois la fermeture des bars, cafés et salons de thé dans la capitale a été publié au Moniteur. Cela exclut les restaurants et autres brasseries, dans lesquels il est interdit de servir à boire si les clients ne consomment pas également de la nourriture.

La consommation d’alcool dans l’espace public sur tout le territoire de la région de Bruxelles-Capitale est également interdite.

Les librairies ainsi que tous les autres commerces vendant des boissons ou des aliments, même de façon accessoire, ferment à 22 heures au plus tard, comme les night shops.

Voilà de quoi bien relancer l’économie d’un pays en crise !

En Belgique comme ailleurs, les combines s’organisent

C’était inévitable, devant toujours plus de restrictions liberticides, les combines pour contourner les règles se multiplient. De nombreux bars vantent désormais les mérites de leurs petits plats. De nombreux fêtards bruxellois se rendront simplement dans les bars situés à quelques minutes à peine de Bruxelles-Capitale.

C’est ainsi que les citoyens, en Belgique comme en France, redécouvrent l’économie parallèle et même parfois le marché noir pour vivre ou s’amuser pour certains, pour survivre pour d’autres, comme les tenanciers de bars ou de restaurants, par exemple.

Nous sommes entrés dans l’ère de la prohibition, et c’est la politique autoritaire que nous subissons qui est en train de créer cette société parallèle, où l’on se sent obligé de contourner les règles et s’éloigner de la lumière des autorités publiques pour se sentir libre.

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