Été en Belgique : ni glace, ni cigarette, ni liberté

Photo by Heather Barnes on Unsplash - https://unsplash.com/photos/EZXfS9_o9DA — Heather Barnes,

Envie d’une cigarette en attendant votre train ? Elle pourrait vous coûter 250 euros. Envie d’une glace ou d’une gorgée d’eau sous cette chaleur ? Mieux vaut se déssécher sur place.

Par Justine Colinet.

C’est l’été et vous rêviez d’une petite glace accompagnée, qui sait, d’une petite cigarette en vous promenant au soleil ? Eh bien pas en Belgique ! En tout cas, pas dans les zones où le port du masque est obligatoire en extérieur.

Comme à son habitude, la Belgique n’a pas fait simple, et c’est le moins que l’on puisse dire à propos de l’obligation de porter un masque dans les lieux publics.

Il y est obligatoire sur tout le territoire : dans les marchés, les brocantes, les rues commerçantes, les lieux fréquentés, les bâtiments publics, et les établissements de restauration. Mais aussi partout où les autorités locales ont décidé d’agir, ce qui dépend donc de la ville ou de la commune où l’on se trouve.

A Bruxelles, où le port masque est obligatoire dans l’ensemble des 19 communes depuis le 12 juillet, l’obligation est globalement respectée par la plupart des citoyens.

Restaient quelques interrogations à propos de cette mesure, la plus récurrente au sein de certains groupes étant : peut-on s’arrêter pour fumer une cigarette, en attendant un transport en commun ou en se promenant par exemple ?

La réponse est non. Comme on peut le lire dans cet article de la RTBF :

« De nombreuses personnes enlèvent le masque pour fumer une cigarette, manger une glace ou boire un verre. Ce qui n’est pas permis. »

En effet, la seule chose permise est de s’installer en terrasse ou dans un établissement HORECA. Ce n’est qu’une fois assis que le masque peut être enlevé « en toute sécurité » et que la dégustation peut commencer, sous peine d’amendes pour le consommateur, allant de 250 à 350 euros.

Le contrôle, dans un café ou un restaurant, d’un client circulant sans porter son masque dans l’établissement coûterait 750 euros aux exploitants.

Outre le fait de pousser les citoyens à la consommation puisqu’ils n’ont plus d’autre choix que de payer pour boire ou fumer, ce qui pourrait dans le fond être bénéfique pour un secteur ayant énormément souffert de la crise, les contrôles de police semblent se multiplier afin de veiller au respect du port du masque et/ou de renflouer les caisses de l’État.

Alors, envie d’une cigarette en attendant votre train ? Elle pourrait vous coûter 250 euros. Envie d’une glace ou d’une gorgée d’eau sous cette chaleur ? Mieux vaut se dessécher sur place. Car oui, pour boire, il faut enlever son masque. Se désaltérer en rue en temps de canicule risque de mettre le citoyen en infraction.

Parallèlement, comme le rappelle Jonathan Frickert dans son article paru hier dans nos colonnes, la Galice a interdit de fumer dans la rue et en terrasse en cas d’impossibilité de respecter la distance de sécurité de deux mètres entre chaque personne.

Comme le soulignait l’auteur, on ne peut que s’interroger sur l’ampleur que prennent ces mesures faussement ponctuelles ainsi que sur le besoin de contrainte qui semble gagner du terrain de jour en jour.

Ces dispositions prises en Espagne, en Belgique ou ailleurs risquent bien de s’étendre au territoire français. Le port du masque et la crise engendrée par le coronavirus de manière plus générale seront-ils un prétexte à toutes les interdictions, plus saugrenues les unes que les autres ? Une chose est sûre, nous devons plus que jamais nous interroger sur le respect et le maintien de nos libertés individuelles.

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