Les écologistes tombent le masque

Janus masks by Nathan(CC BY 2.0) — Nathan, CC-BY

Les élus écologistes sont en train de se montrer sous leur vrai jour : intolérants et pas toujours préoccupés par l’avenir de la planète.

Par Yves Ronsse.

Aux dernières élections municipales en France, plusieurs grandes villes ont élu un maire écologiste. Un des commentaires les plus intelligents que j’ai entendu et de nature à tempérer l’enthousiasme de la gent  médiatique célébrant une « vague écolo » était le suivant : « Oui mais, c’est une  vaguelette dans un petit ruisseau », car on peut douter que ces personnes eussent été élues s’il n’y avait eu un taux d’abstention sans précédent.

Les écologistes tombent le masque

Néanmoins les sondages montraient alors que le parti censé représenter l’écologie  bénéficiait chez les Français d’une image positive, du moins comparé aux autres  partis, sans doute parce qu’encore beaucoup assimilent ce parti à la défense de l’environnement. Et franchement, qui n’est pas pour défendre et protéger  l’environnement ?

Mais voilà que ces derniers jours le masque de ces personnes, qui croyaient être  portées par cette vague populaire en trompe-l’œil, a un peu bougé, découvrant ne fût-ce qu’un instant leur vrai visage, celui d’idéologues intransigeants et de totalitaires en devenir, pour qui la défense de l’environnement n’est qu’un prétexte.

Oh, c’est peu de chose, et ils ont bien tenté de minimiser leurs sorties, qui n’étaient  pas seulement maladroites mais franchement imbéciles, qui « contre le Tour de  France », qui « contre les sapins de Noël »…, et de dire « oublions ça, passons aux  choses sérieuses ».

Mais ces brefs moments de vérité ont été édifiants : les derniers sondages montrent que le parti écologiste a enregistré une belle dégringolade dans l’opinion des Français.

Les contradictions de l’écologisme

Depuis longtemps, on peut relever les contradictions de l’écologisme.

  • Alors que parmi les énergies dites renouvelables, la plus importante et aussi la plus  propre, l’hydroélectricité (en 2014 : 7 % de la demande mondiale, 78 % du total des énergies renouvelables1 , les écolos n’aiment pas du tout cette énergie. Soit ils n’en parlent pas, soit ils la dénigrent.

Voyez notamment leur opposition farouche et leur lobbying effréné qui a réussi à empêcher les organisations internationales d’aide au développement de financer l’Éthiopie dans son projet de construire un barrage sur le Nil bleu2. Ce projet sera un pas décisif dans le développement de ce pays d’Afrique, l’un des rares dont la  gouvernance s’est fortement améliorée. Heureusement, comme ce projet a du sens,  l’Éthiopie le réalisera quand même avec l’aide d’investisseurs privés et en comptant aussi sur ses propres forces ;

  • Alors que le développement des pays pauvres d’Afrique ne peut être que bénéfique,  non seulement pour ces pays, mais aussi pour résoudre des problèmes tels que la  surpopulation et l’immigration incontrôlée vers l’Europe, ces messieurs « écolos » leur dénient le droit de s’électrifier en exploitant leurs propres ressources bon  marché (hydroélectricité, charbon, hydrocarbures…).

Au contraire, s’ils stagnent dans leur situation de pauvreté, ces pays reçoivent de très bonnes notes dans la fumisterie que constitue « l’empreinte écologique », grâce notamment au fait que ces pauvres gens n’utilisent que de l’énergie renouvelable pour cuisiner ou se chauffer, à savoir de la « biomasse », entendez par là du bois ou du charbon de bois, au grand dam de leur santé, mais aussi en provoquant une déforestation désastreuse pour ces pays. Il faut avouer que pour des adorateurs des arbres c’est pour le moins paradoxal ;

  • Enfin, ces messieurs « écolos » s’opposent frontalement à une autre énergie non émettrice de CO2 : le nucléaire, dont les émissions sont du même niveau, si pas  moindres, que celles du solaire et des éoliennes. Pour eux, c’est religieux, il s’agit de  l’énergie du diable.

Pourtant, si on croit aux effets du CO2 sur le réchauffement climatique, ce qui est le dogme proclamé par les écolos, même le GIEC a admis que pour combattre le réchauffement climatique le nucléaire ferait partie de la solution, sans oublier les nombreux avantages de cette source d’énergie pour produire une électricité stable et bon marché.

En 2014, au niveau mondial elle satisfait 4 % de la demande brute en énergie, et certainement bien davantage pour ce qui est de la génération d’électricité. Dans l’Union européenne c’est 14 % de la demande  brute en énergie et 28 % de la génération d’électricité)3.

Les géants de ce monde, États-Unis, Chine, Russie poursuivent activement le développement de cette énergie et la recherche progresse à pas de géants dans le domaine de l’accroissement de la sécurité, de l’efficience et de la déployabilité : small modular reactors, retraitement des combustibles usés ; improprement nommés déchets, alors que ce sont en fait des spent fuels dont la réutilisation, non seulement conforme au principe de durabilité, permet aussi de diminuer drastiquement la demi-vie.

Écologistes ou décideurs d’un nouveau monde ?

Mais sans aller plus loin dans la liste de ces contradictions, voyons simplement un  petit historique de ce qu’ont dit quelques personnalités à la racine de l’écologisme4.

Maurice Strong, initiateur de toute l’organisation de l’ONU dans le domaine de  l’environnement, qui a organisé la première rencontre internationale à Stockholm en  1972, et plus tard le Sommet de la Terre sur le Climat à Rio de Janeiro en 1992 : « Nous pourrions en arriver au point où le seul moyen de sauver le monde
sera l’effondrement de la civilisation industrielle. »

Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la conférence cadre de l’ONU sur le changement climatique, avouant platement que le but de l’activisme  environnemental n’est pas de sauver la planète d’une calamité écologique, mais de  détruire le capitalisme : « Ceci est la première fois dans l’histoire de l’humanité que  nous nous fixons la tâche, dans une période de temps finie, de changer intentionnellement le modèle de développement économique qui a régné pour au  moins 150 ans, depuis la révolution industrielle. »

Ottmar Edenhofer, un directeur du GIEC dans un discours en novembre
2010 : « … nous devons nous affranchir de l’illusion que la politique climatique internationale soit une politique environnementale. En lieu de cela, la politique du  changement climatique s’occupe de comment nous redistribuons de facto la richesse dans le monde… »

Christine Stewart, ancienne ministre canadienne de l’Environnement et négociatrice de l’accord de Kyoto en 1988 : « Peu importe si la science du  réchauffement climatique se révèle fausse […] le changement climatique nous fournit la plus grande des opportunités pour apporter la justice et l’égalité dans le monde »

Arrêtons la liste ici, cela suffit pour voir que derrière l’environnement se cachent de  tout autres objectifs. Encore ceux-ci sont-ils ici clairement affichés.

Les maires écologistes, bien conscients qu’ils n’auraient pas été élus s’ils se démasquaient, vont maintenant sournoisement faire avaler à leurs administrés des politiques qui n’auront que peu de rapport réel avec l’environnement. Ils seront bien sûr toujours aidés par la captation du discours médiatique politically correct qu’ils ont réussi à imposer .

Peut-être devraient-ils méditer avec La Fontaine la fable du Loup devenu berger :

« … Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre
Quiconque est loup agisse en loup :
C’est le plus certain de beaucoup.

  1. The changing world of energy and the geopolitical challenges. Tome 1. Understanding energy developments, Samuele Furfari, 2017,
    CreateSpace.(p.62).
  2. The changing world of energy and the geopolitical challenges. Tome 2. Shifting sands : The Geopolotics of Energy, Samuele Furfari, 2017, CreateSpace. (p.472)
  3. The changing world of energy and the geopolitical challenges. Tome 2. Shifting sands : The Geopolotics of Energy, Samuele Furfari,
    2017, CreateSpace. (p 62-67).
  4.   The changing world of energy and the geopolitical challenges. Tome 2. Shifting sands : The Geopolotics of Energy, Samuele Furfari, 2017, CreateSpace.( p554 à 557).
Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.