Qui ne pense pas comme le maire de Bordeaux est un facho

ChristmasTree by www.tOrange.biz Valdemar Fishmen(CC BY 2.0) — www.tOrange.biz Valdemar Fishmen, CC-BY

Suite à la déclaration du maire de Bordeaux qui ne voulait plus d’ « arbre mort » à Noël, ses détracteurs ont été traités de « fachos ». Une réaction indigne d’un élu.

Par Johan Rivalland.

L’information m’avait fait sourire… et surtout bondir. Pas tant sur le sujet de fond lui-même que par le décalage entre les urgences immédiates (en particulier à Bordeaux) et le côté un peu anecdotique de cette « grande décision » dont on pouvait se demander si elle justifiait une conférence de presse dans laquelle le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, annonçait qu’il ne voulait plus « d’arbre mort sur la place de la ville ».

Le facho, celui qui ne pense pas comme vous

Par une mauvaise habitude, très ancrée en particulier à gauche, qui ne pense pas comme vous est assez rapidement affublé de qualificatifs qui visent à le décrédibiliser immédiatement et à lui couper ainsi l’envie de s’exprimer librement sans prendre le risque de se voir catégoriser à travers des adjectifs dont on ne souhaite pas vraiment se voir affublé.

En qualifiant de facho quiconque s’oppose à lui, Pierre Hurmic ne se montre pas très ouvert aux débats d’idées et à la liberté d’expression. Après le début de cette polémique, une pétition avait été finalement lancée pour réclamer le maintien du sapin de Noël sur la place de la Mairie lors des fêtes de Noël. Et la réaction du maire de Bordeaux a de nouveau retenu mon attention.

Ce nouveau maire de Bordeaux a une réaction décevante : Pierre Hurmic apparaissait a priori plutôt modéré avant son entrée en fonction, par rapport à d’autres élus Verts.

Finalement, il semble qu’il n’en soit rien. De tels qualificatifs et une telle propension à s’emporter contre ses détracteurs dénote au contraire un esprit assez intolérant, voire dangereusement autoritaire. Pas à la hauteur, en tous les cas, de ce que l’on peut attendre d’un élu responsable.

Être à l’écoute

En effet, si un maire peut être amené à prendre des décisions en tant qu’élu et représentant du peuple, cela ne le dispense pas d’un minimum de retenue et d’écoute. Sans que cela doive forcément contrecarrer ses décisions. Et en respectant ses opposants. N’est-ce pas là le sens de ce que l’on appelle la démocratie ?

Or, si on se réfère aux nombreuses réactions qu’avait suscité son annonce, il semble que certaines – souvent de bon sens – auraient mérité un peu plus d’attention. Je pense notamment à ce lecteur de Contrepoints qui faisait remarquer (et d’autres avec lui) qu’il suffirait de planter un sapin dans un pot avec de la terre, que l’on pourrait par exemple laisser sur la place toute l’année et décorer durant les fêtes, et le problème de « l’arbre mort » serait évité. N’est-ce pas là, en effet, une idée de bon sens, compatible semble-t-il avec l’écologie et à même de mettre tout le monde d’accord, évitant ainsi les polémiques inutiles ?

À moins que Pierre Hurmic ait prétexté qu’il s’agissait d’une volonté de prendre une décision à caractère écologique pour mieux s’attaquer à une tradition ? En ce cas, il donnerait alors raison à ses détracteurs et à ceux qui ont lancé la pétition. Son énervement et ses propos désobligeants pourraient alors être interprétés comme une réaction qui trahirait le fond de sa pensée.

Quoi qu’il en soit, c’est cette « supériorité morale » qu’évoque David Desgouilles dans l’article du Figaro, qui est bien le sujet central. Sentiment que l’on peut, semble-t-il, trouver chez certains Verts dont le maire de Bordeaux (et celui de Lyon au sujet du Tour de France cycliste), et qui ne les honore vraiment pas.

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