Barbara Pompili signe une pétition et s’auto-interpelle…

Étonnamment, Barbara Pompili signe une pétition demandant au gouvernement (dont elle fait partie) « l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France ».

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Barbara Pompili signe une pétition et s’auto-interpelle…

Publié le 18 septembre 2020
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Par André Heitz.

Mme Barbara Pompili, ministre de la Transition Écologique a reçu le mardi 15 septembre 2020 une « délégation » de l’association – c’en est une, elle est enregistrée – Nous voulons des coquelicots. Celle-ci lui a remis les signatures de « 1 135 131 citoyens qui exigent la sortie des pesticides ».

Petite précision : des pesticides de synthèse. Pas de ceux qui sont utilisables et utilisés en agriculture biologique, et dont l’interdiction mettrait dans de beaux draps les sponsors et commanditaires de l’opération.

Rappelons que, loin d’être le fruit d’une génération spontanée, l’opération a été soigneusement préparée en amont, comme en témoigne le fait que le site Web a été enregistré par Générations Futures.

Jusque là, tout va bien. Enfin… que représentent ces « signatures » (Jules César a signé ! Bolobolo Kloop aussi !) ? Quel crédit le gouvernement peut-il accorder à cette opération ? Quel message est envoyé aux propagandistes de tout poil qui peuvent se sentir en droit de monter des opérations largement contestables ?

Mais voici que Mme Barbara Pompili signe l’« Appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides » – rappel : sur Internet, on a fini par préciser dans le titre : « de synthèse ». Un appel d’une profonde débilité (petit décryptage ici).

C’est là que commence à se poser un énorme problème pour la gouvernance de la France. Rien que le fait de signer une pétition selon laquelle « Nous exigeons » – elle exige – « de nos gouvernants » – donc d’elle-même – « l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes »

Une pétition outrancière et mensongère, qui débute par « Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant ». Qui prétend par exemple que : « Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. »

Une pétition d’une entité qui n’a eu de cesse de critiquer la gouvernance française et de dénigrer, voire diffamer, l’ANSES et ses dirigeants, une agence dont Mme Barbara Pompili est ministre de tutelle… De vilipender et dénigrer également l’agriculture et les agriculteurs qui nous nourrissent. Et, de temps à autre, d’appeler à la violence.

Non seulement elle signe, mais elle s’en vante :

Il va de soi que cette démarche a suscité un tollé sur les réseaux sociaux, à la hauteur du scandale.

En septembre 2018, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France écrivait dans « Attaques contre l’ANSES : une remise en cause inacceptable de la science »

« Il est aujourd’hui primordial que les ministères de tutelle de l’ANSES en charge de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement, du Travail et de la Consommation réaffirment tous leur confiance dans les travaux de l’agence et s’appuient sur ses avis scientifiques et non sur le lobbying de personnalités ou d’ONG environnementalistes. Celles-ci ont pris pour habitude de diffamer l’excellence du travail réalisé par l’ensemble de l’organisation sanitaire française (pouvoirs publics compris). Cette pression sur la science et les scientifiques est une nouvelle preuve du populisme écologique qui se développe en France et que l’on a vu à l’œuvre dans les débats sur la vaccination. »

Ce populisme est maintenant porté par la ministre de la Transition Écologique !

Pour quels résultats ?

Fabrice Nicolino commente dans Le Monde, dans « Quand la ministre Barbara Pompili signe une pétition réclamant l’interdiction des pesticides », avec en chapô un perfide mais très juste : « La ministre de l’Écologie soutient l’appel des « coquelicots » alors que le gouvernement s’apprête à réautoriser partiellement les néonicotinoïdes » :

« C’est un moment important, on sort de ce mépris épouvantable qui nous a obsédés pendant ces deux années. Le fait que la numéro trois du gouvernement accepte de contresigner notre appel, c’est tout de même une très bonne nouvelle, et ça clôt ces deux années d’efforts collectifs de manière plutôt heureuse. »

Il y a aussi ce commentaire assassin de M. Yannick Jadot :

« Signer d’une main le retour des néonicotinoïdes alors que l’usage des pesticides a augmenté ces dernières années et, de l’autre, signer des engagements portés par les mouvements de la société civile : on dépasse les limites de la duplicité. »

Il a peut-être raison, M. Yannick Jadot. Au-delà de la duplicité, il y a bien autre chose.

Fabrice Nicolino s’est-il réjoui ? Sur son site, dans « Ce que les coquelicots ont vraiment dit à Barbara Pompili… », le ton est fort différent ! Il est d’abord relevé que :

« … après la lecture du texte qui suit, la ministre de la Transition Écologique, sous les regards consternés de ses conseillers, a pris son stylo et signé l’Appel des coquelicots. »

Et ensuite ? Extraits de la déclaration :

« Nous ne pouvons plus attendre, et vous faites pourtant comme si. La crise de la vie sur Terre, et donc en France, est totale. Vous le savez, mais vous faites semblant qu’il n’en est rien, préférant miser sur une carrière politique qui a fait de vous le numéro trois du gouvernement. […]

Madame Pompili, vous êtes responsable. Vous êtes responsable personnellement, et nous n’acceptons pas les subterfuges habituels. Vous ne pouvez décemment vous abriter derrière des arguties. […]

C’est ce droit-là que vous devez défendre contre tous ceux, si nombreux, qui nous enfoncent dans une crise sans issue. Mais vous ne le faites pas. Et pour cette raison, le mouvement des Coquelicots dépose ce 15 septembre 2020 une plainte majeure contre vous. Elle n’est pas pénale, elle est morale. Et fondamentale. C’est une plainte solennelle pour non-respect de votre propre parole. C’est une plainte pour non-assistance à des milliards d’êtres vivants en danger de mort immédiate, dont le peuple des abeilles n’est qu’une première ligne. C’est une plainte qui restera. Cette flétrissure vous suivra tout au long de votre vie. À moins que ? »

Insultée de la sorte, une ministre de la République prend sa plume…

Et au détour d’un entretien sur Europe 1, on apprend qu’elle avait déjà signé « il y a quelques années ».

Au final, est-ce le summum de la duplicité comme le dit Yannick Jadot ? Du machiavélisme ?

Il sera maintenant difficile pour Mme Barbara Pompili de porter une loi qui permettra l’enrobage des semences de betteraves avec un néonicotinoïde pour lutter contre les ravages de la jaunisse. En fait, elle n’a plus sa place au gouvernement.

Voir les commentaires (52)

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  • on s’attendrait à une évaluation quantitative de l’effet des pesticides sur la santé publique..pas des peurs imaginaires..
    sinon…pur arbitraire…
    ça ne semble plus gêner les gens..interdire ce qui déplait..

  • Il leur manque une case à tous ces gens, veulent il aussi la disparition de tous les médicaments de synthèse, retour à l’herboriste et au sorcier vaudou ?

  • Elle est mal, la Benita Pompili.

  • “ Si on mettait un point rouge sur la tête des cons, le monde ressemblerait à un champ de coquelicots ! ”

    Audiard

  • Que j’en ai marre de voir des gouvernements et ministres nous bassiner avec « des causes que l’on doit tous défendre » et « des objectifs que l’on tous avoir »…

    • avec leur besoin de faire parler d’eux !!!

      « de tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent » (Desproges).

  • Il y a un bon acharnement à détruire la France. Ça fait une quarantaine d’années que les socialistes s’y emploient et maintenant ils se sont adjoint l’aide des pseudo écologistes qui vont essayer de détruire l’agriculture française après avoir détruit le transport ferroviaire et mis en place la destruction de la production d’électricité bon marché. Ce qui m’inquiète le plus c’est qu’ils y arrivent alors qu’ils ne sont même pas majoritaire. Soit ils ont la majorité et ils font des choses ou alors ils ne l’ont pas et ils les font quand même…

  • Les écolos ne sont pas seulement hors-sol. Ils sont avant tout hors-temps. Ils veulent le monde d’aujourd’hui avec la technologie fantasmée de demain. Ils veulent organiser le monde de demain en faisant l’impasse sur les problèmes d’aujourd’hui.

    Crise économique ? Crise sanitaire ? Vite promulguons la déclaration universelle des droits des sapins !

    Avec des ministres du contretemps au gouvernement, comment s’étonner de cafouillages dans la gestion du présent.

  • « C’est une plainte pour non-assistance à des milliards d’êtres vivants en danger de mort immédiate, dont le peuple des abeilles n’est qu’une première ligne »

    Commentaire des « coquelicots » ignoble, qui met les abeilles et autres animaux sur le même plan que les humains.

    • Bah, il y a plein d’ecolos qui n’aime pas la terre, c’est sale et elle est trop basse, alors ils ont un rucher et comme ce sont des ignares les abeilles meurent.

  • Il semble qu’il y ait de nos jours une attaque généralisée contre la science:
    – le RCA, non prouvé scientifiquement
    – la peur de la 5G
    – La crainte de toute la chimie
    – la crainte du nucléaire
    – la sottise de la transition énergétique
    – etc.
    Bref, une bande d’ignares, n’ayant jamais ouvert un livre depuis 5 générations (copyright Philippe Manière) tentent de convaincre nos dirigeants, qui ne sont guère plus évolués, de revenir en arrière et de taxer tout ce qui va de l’avant. La France veut-elle se rapprocher le plus vite possible de la situation de la Grèce qu’elle ne ferait pas autrement.

    • Tout à fait et ce n’est pas qu’une impression! Ces obscurantistes veulent nous ramener à l’état de nature, quand nous crevions de faim et de maladies!

    • le problème est pire, on a une politisation de beaucoup de scientifiques..qui veulent servir le monde plutôt que de chercher la vérité.. on entend des trucs surréalistes..le premier étant il faut CROIRE les scientifiques..

  • Ils feraient mieux d’interdire les produits et les poisons dangereux dans le bio, car c’est une arnaque qui empoisonne les consommateurs, au sulfate de cuivre, croyants que c’est sain et sans pesticides!

    • en fait non..et il ya du subjectif..de l’arbitraire..
      on interdit pas le tabac en dépit du tabagisme passif, les bbq en dépit de la pollution de l’air..la bagnole…
      mais chiche donnez une definition de ce qui doit permettre « d’interdire »..

      pour UN pesticide donné on a souvent jamais le début du commencement de preuve d’un e effet nocif mesurable sur la santé humaine!!!

  • Barbara Pomp.li fric?

  • Lorsque les pesticides auront tuer plus de personnes que son absence a tuer en provoquant des famines dans le monde, je serais d’accord avec ces kmers couleur pastèque

    • On commence à voir réapparaître quelques toxines qui avaient disparu grâce aux pesticides, plusieurs millions de fois plus cancérigènes que le glyphosate et à des doses conséquentes (achratoxines, aflatoxines,….).

  • Suppression du ministère de l’écologie.

  • La duplicité est une spécialité de nos politiciens. Rien à attendre de cette engeance macroniste.

  • « ….Barbara Pompili signe une pétition et s’auto-interpelle… »
    Peine perdue, la méthode Coué ne peut pas suffire a guérir une malade au dernier degré, de L’Ecologisme Infectieux , contagieux et Sur-aigu.

  • d’autant plus débile que les coquelicots sont toxiques et peuvent contaminer les cultures céréalières ils auraient dû se renseigner avant de choisir leur raison sociale ah oui j’oubliais toxiques mais naturels !!!! digne de pol pot

  • Petit rappel pour la bouillie bordelaise, utilisée pour les vins bio :  » « Le sulfate de cuivre, utilisé dans la bouillie bordelaise, est la forme de cuivre la plus toxique pour l’homme. Il provoque de sévères irritations cutanées et oculaires, tout en étant toxique en cas d’ingestion. »

    • et pourtant…ce fut un produit « précieux »..

      le problème est qu’on empêche pour des raisons idéologiques d’utiliser des produits avec un bénéfice risque/benefice plus faible!!!!! et ce de façon presque absolue ce qui est rare..
      voila le problème, la connerie idéologique ..le dogmatisme..

      • Le président de Biocoop avait avoué que le cuivre était un des produits phyto les plus toxiques utilisé en agriculture,mais que sa supression entrainerait la disparition du bio

  • Les commentaires sont fermés.

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pesticides
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Pourquoi se limiter aux #pesticides « de synthèse » ? Pour épargner les pesticides utilisés en #agriculture #bio ? Parce qu’ils ne seraient pas néfastes pour la #biodiversité ou la #santé humaine ? Où sont les études scientifiques les préservant du principe de #précaution ? https://t.co/u6DREAFCsE

— Frèd Le Piche (@lepiche) September 20, 2022

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