Michael Shellenberger : Apocalypse Never ou la parabole du plastique

Face aux marchands d’Apocalypse, Michael Shellenberger nous annonce cette vérité toute simple : non, la fin du monde n’est pas pour demain. Greta peut retourner à l’école.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 1
Photo by Hans-Jurgen Mager on Unsplash - https://unsplash.com/photos/qQWV91TTBrE

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Michael Shellenberger : Apocalypse Never ou la parabole du plastique

Publié le 7 juillet 2020
- A +

Par Gérard-Michel Thermeau.

Apocalypse Never de Michael Shellenberger est un livre événement comme on dit. Il pourrait être une bombe. J’ai bien peur qu’il ne soit qu’un pétard mouillé.

Dans un monde saturé d’irrationalité, où l’écologisme s’est érigé en religion dogmatique, où le catastrophisme est chéri et célébré sur tous les tons, le langage de la raison ne peut guère se faire entendre. Si on ajoute que l’auteur est un partisan du nucléaire, c’est une raison supplémentaire soit pour jeter l’anathème sur son livre soit pour le passer sous silence.

L’amour de la nature et non la haine du progrès technique

J’avoue humblement mon ignorance, je ne connaissais pas son nom avant de lire son livre. D’un autre côté, l’écologie ne m’intéresse pas plus que cela. Citadin dans l’âme, comme tout un chacun, j’aime les petits oiseaux mais pas trop les punaises de lit. La biodiversité me laisse donc toujours un peu sur ma réserve. Je ne suis pas non plus un fanatique de ces documentaires animaliers où toutes les ressources de la technologie moderne sont mises à contribution pour nous faire découvrir les animaux dans leur habitat « naturel ».

Pourtant, Michael Shellenberger est un écologiste selon mon cœur. Il est animé par l’amour de la nature et non par la haine du progrès technique. Face aux marchands d’Apocalypse, il nous annonce cette vérité toute simple : non, la fin du monde n’est pas pour demain. Greta peut retourner à l’école.

Une histoire de paille en plastique

Au travers de douze chapitres au titre accrocheur, il démonte les mythes sur lesquels repose l’imposture catastrophiste. Comme le réchauffement climatique sent un peu le réchauffé, j’évoquerais son livre en utilisant une autre entrée. Aux yeux de Michael Shellenberger c’est d’ailleurs loin d’être le problème environnemental fondamental.

Je suis un peu fatigué de tous les discours sur le plastique. Certes, je trie mes déchets et remplis consciencieusement la poubelle jaune de mon immeuble. Mais bon le recyclage des déchets m’a toujours laissé un peu sceptique.

J’ai donc commencé par lire le chapitre 3 intitulé : Assez avec les pailles en plastique. Il illustre fort bien la méthode Michael Shellenberger très « américaine ». Il commence par la fable écologiste avant de nous montrer l’envers du décor.

La pauvre tortue souffrante

Nous sommes saturés d’images sur l’horrible pollution des océans par le plastique. Et tout commence avec une paille en plastique retirée de la narine d’une gentille tortue de mer toute souffrante et saignante. La vidéo a fait un buzz et provoqué un peu partout l’interdiction des pailles en plastique. À mon humble avis, s’il fallait interdire quelque chose, ce sont les boissons que l’on boit avec une paille qui auraient dû l’être, mais passons.

Michael Shellenberger cite ensuite toutes les études apocalyptiques sur tous ces pauvres animaux marins à l’estomac barbouillé pour cause d’ingestion de plastiques.

Bref, le plastique c’est mal, ça pollue et ça tue les tortues et les requins. Jusque là tout va bien.

Et puis notre auteur s’ingénie à démolir tout cela. Il démontre comment l’invention du celluloïd dans la seconde moitié du XIXe siècle a sauvé les tortues et les éléphants de l’extermination totale. Ce fut le point de départ de la production de matières plastiques. Grâce au plastique, on peut se passer de l’ivoire des éléphants comme de l’écaille des tortues.

Mais où sont donc passés les déchets plastiques ?

Il évoque aussi ces expéditions scientifiques visant à déterminer la quantité de plastiques présents dans les océans. À la grande surprise des chercheurs, la pollution plastique s’est révélée incroyablement faible. Alors même que nous rejetons dans la mer des quantités très importantes de plastiques, la plus grande partie de ces rejets semblait avoir mystérieusement disparu.

Un élément de réponse a été apporté concernant le polystyrène. Les activistes de l’environnement n’ont cessé de clamer qu’il était beaucoup trop dur pour la dent des bactéries (j’utilise une image, non les bactéries n’ont pas de dents) et que les déchets de polystyrène subsisteraient ainsi des millénaires.

Le polystyrène c’est comme les vampires

Pas de chance, à l’image des vampires de la Hammer, les polystyrènes ne résistent guère à l’action des rayons solaires. Je cite : « la lumière du soleil décompose le polystyrène en carbone organique et en dioxyde de carbone. Le carbone organique se dissout dans l’eau de mer, et le dioxyde de carbone pénètre dans l’atmosphère. » Nous sommes même en mesure (quand je dis nous, c’est façon de parler) « de modifier la façon dont nous fabriquons les plastiques pour permettre une désintégration plus rapide. »

Pour ce qui concerne la mortalité des tortues ou des requins, ces animaux sont moins victimes des déchets plastiques que de la surpêche nous dit Michael Shellenberger.

Nous retrouvons le gros problème qui est celui de l’absence de droit de propriété des océans. Les eaux internationales n’appartenant à personne, nul n’a intérêt à limiter la surpêche. Là où le droit de propriété est absent, là où tout est « public » c’est gaspillage et compagnie. Mais là c’est moi qui commente Shellenberger.

Au lieu d’acheter bio, lisez Michael Shellenberger

Le même chapitre règle par ailleurs son compte au bio et aux fameux sacs en papier. Le bioplastique porte davantage atteinte à la nature et à notre santé que le plastique chimique et les sacs en papier accroissent davantage les émissions de C02 que les sacs en plastique. Et le réchauffement des océans fait même du bien aux albatros, tant mieux pour eux.

Mais si vous voulez tout savoir et davantage encore, je vous invite à lire Apocalypse Never. C’est en anglais mais ce n’est pas du Shakespeare, cela se lit facilement. On peut l’acheter en format kindle sur Amazon.

Michael Shellenberger, Apocalypse Never, Harper 2020, 432 p.

Voir les commentaires (23)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (23)
  • Merci pour cette recension, simple et efficace.

    PS : Minuscule faute, l’auteur de l’article écrit « Shellenberg » à la place de « Shellenberger ».

    Modération Contrepoints >> Coquille corrigée. Merci.

  • Un livre intéressant semble t-il pour ne pas devenir écologogo.
    D’ailleurs maintenant que l’écologie est en pleine lumière, nous assisterons à la phase 2 : le déchirement fratricide entre les utopistes, réalistes, réformistes, castrophistes, bêbêtistes, etc. Le règne total s’annonce difficile sauf peut-être chez nous en Terre de France où le diabolique et stratosphérique Macron jouera du pipeau vert pour endormir tout ce petit monde..

  • Dis comme cela, le livre a l’air d’une collection d’une construction a posteriori dont les climatosceptiques ont le secret : poser la conclusion, faire la démonstration adéquate.
    Pour le polystyrène, ya un truc un peu embêtant : il ne flotte pas :-). Donc il est moins exposé aux rayons du soleil dont il ne se dégrade pas si facilement dans les océans.
    Enfin, quand l’auteur écrit « bioplastique » vs « plastique chimique », je crains qu’il ne doive alors suivre le même chemin que Greta et retourner à l’école.
    (Pour le mot « climatosceptique », le dernier article de Miche Negynas publié ici contenait une douzaine de fois ce mot… donc je pense pouvoir l’utiliser sans me faire critiquer :-))

    • Le polystyrène expansé frotte à la perfection…. Quand aux plastiques en général, si ils ne sont pas traités anti uv ne font long feu.. Et si ils ne flottent pas, ils coulent et sont vite enterrés par les sédiments.

      • Les pecheurs savent que le polystyrène flotte et même très bien..

      • C’est amusant cette discussion :-). Le polystyrène en bloc flotte à cause de l’air qu’il contient MAIS le polystyrène en micro-particules ne flotte pas :-). Pourquoi ? Simple : la densité (ben oui hein..)
        La masse volumique de l’eau de mer à la surface est d’environ 1,025 g/ml , celle du polystyrène est entre 1,03 et et 1,05.
        Voilà ! Dur la science, hein ?

    • https://www.simplyscience.ch/archives-jeunes/articles/le-bioplastique-quest-ce-que-cest.html
      Première page de recherche Google. Visiblement, l’école ne vous a pas appris à chercher un minimum avant de porter des jugements.

      • Bonjour Gally. Je suppose que, comme bon nombre de gens, vous ignorez ce qu’est un produit chimique, n’est ce pas ? Tout est chimique, ça n’a pas de sens d’opposer bioplastique et plastique chimique. Il existe même des plastiques non-issus du pétrole qui sont 100% la même molécule que celui issu du pétrole. Une molécule de polyetherphtalate d’éthylène (PET de bouteille d’eau) de l’un ou de l’autre a les mêmes propriétés chimiques et physiques. Sans compter que certains plastiques dit biodégradables le sont à des conditions pas très naturelles et à plusieurs mois. Genre 60° pendant 6 mois, c’est un peu dur à trouver dans la nature. Car en fait tout est biodégradable.. Même la canette en aluminium.
        Pour l’école, je vous inscris à la cantine ? 🙂

    • Les climatosceptiques ont aussi le toupet de regarder la réalité, de la comparer aux projections réalisées par les climatocroyants (climatocultistes? climatollahs? ) et de se marrer a posteriori à chaque fois que l’apocalypse fait un petit flop mou. Incroyable.

    • Comme d’habitude les collapsologues débitent des âneries car le polystyrène flotte. Donc avant de la ramener renseignez vous, car vous passez pour une buse sur ce site où il y a peu d’ignorants!

    • Bien essayé, Cactus, le dénigrement en usant du qualificatif de « climatosceptique », au lieu d’argumenter.

      Mais ça ne prend pas ici. L’auteur de ce livre, Michael Shellenberger, n’est pas du tout climatosceptique. C’est un célèbre écologiste, invité par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à être expert examinateur de son prochain rapport d’évaluation.

      • Merci pour cette information. Je n’ai en effet pas regardé qui était ce monsieur, je me suis basé à tort sur ce que j’en ai compris. Vu que la Pravda contrepointiste ne valide que les climatosceptiques, mon empressement peut s’excuser (un peu).

        • « Pravda contrepointiste » : vous êtes lourdeau. Passez donc à Lourdes pour le miracle…

          • Le miracle, c’est que vous sortiez un jour une bonne blagounette. Sinon, plus sérieusement, ce que je lis sur M. Shellenberger (après coup, j’avoue encore ma faute) me fait poser la question suivante : à part en étant pro-nucléaire, je ne vois pas en quoi il est encore écolo. (pour rappel, je suis aussi pro-nucléaire, accompagné de renouvelable et de baisse de consommation). Il est plus orienté capitalisme vert / croyance naïve dans le progrès technologique.

    • définissez donc ce qu’est un climatosceptique qu’on rigole.

      • Un climatosceptique (que je suis…) est tout simplement quelqu’un qui ne gobe pas sans s’interroger la « doxa » ambiante, permanente et abrutissante sur l’évolution du climat qui serait du à l’homme. C’est en fait assez simple.

  • Oh, des nounours polaires trop mignons. Il faut leur parachuter d’urgence des conserves de corned-baby-seal.

  • « ces animaux sont moins victimes des déchets plastiques que de la surpêche »

    La surpêche est un concept relatif. Les animaux, par réflexe de survie, se déplacent là où ils ne sont pas dérangés par les pêcheurs. Pas de pénurie de requins en vue. Le problème est plutôt économique, chasser (pêcher) des animaux sauvages étant un procédé de production de nourriture sous-optimal par rapport à un élevage rationnel, domaine où il reste à faire encore beaucoup de progrès.

    De même, l’interdiction de la commercialisation de l’ivoire est contre-productif. Exploiter l’ivoire rationnellement en élevant des éléphants dans ce but serait le meilleur moyen de garantir la survie de l’espèce. Les éléphants sont souvent chassés parce qu’ils nuisent aux populations locales. Le phénomène sera interrompu si l’éléphant devient une source de richesses pour ces populations au lieu d’être une nuisance.

  • Oh merci. Je dois absolument lire cet ouvrage. Quelle joie de voir les abrutis verts remis à leur place, tout en bas, en compagnie des cafards. Les propositions de ces illuminés n’auraient jamais dû passer le stade d’une association de quartier… les ajustements vont faire mal et l’Histoire en fera des ânes (surtout si le cycle solaire 25 met fin au réchauffement). Les plastiques et l’océan étaient mon seul point de convergence avec les verts. Adieu et merci. Respect, Michael

    • Excellente démonstration !

    • En gros, on fait passer une droite par 2 points grâce à des ordinateurs super puissants, on en déduit la fin du monde pour 2021. Comme on se contente de manipuler des chiffres et qu’on n’a aucune explication, on dit que c’est la faute de l’homme et Greta perd le sommeil.

      On se demande pourquoi on cherche des poux au Lancet alors que ceux-ci sont en voie d’extinction.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

« L'avion n'est pas un but : c'est un outil. Un outil comme la charrue. Antoine de Saint Exupéry » - Terre des Hommes - 1939.

Aujourd’hui, la polémique sur l’aviation d’affaires semble définitivement installée dans les médias. Si ce moyen de mobilité vient sur le devant de la scène médiatique, c’est avant tout parce que les journalistes qui s’en sont emparés ont une ignorance totale de cet univers, de son organisation et de son utilisation par les entreprises.

 

Rappel succinct du cadre normatif

Dans le contexte de f... Poursuivre la lecture

argent public
3
Sauvegarder cet article

Une fois encore, l’actualité nous interpelle sur les finalités de l’argent public. Comment peut-on en arriver, et sous prétexte d’intérêt général, à financer des actions hostiles aux lois du pays via un financement public, donc au nom des contribuables ? N’est-ce pas là pure hérésie ?

 

Une conception étonnante de l’intérêt général

Stupeur dans la ville de Poitiers : une association se définissant comme un « mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale », Alternatiba, organise – dans le cadre de ses rencontres ann... Poursuivre la lecture

Réputée avoir eu la peau de Superphénix, Dominique Voynet ne fit en réalité que cueillir les fruits de l'inlassable travail de sape accompli par Corinne Lepage durant la décennie 1987-1997. C’est donc à juste titre que la seconde traita la première d'usurpatrice dans les colonnes du journal Le Monde, en juillet 1997.

Toutefois, la plaignante oubliait à son tour de souligner le rôle terriblement efficace que, en tant que ministre de l'Environnement, la toute jeune et fraîche protégée du président Mitterrand, Ségolène Royal, joua dans la... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles